L'équipe de Serbie de football est la sélection de joueurs serbes représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la fédération de Serbie de football (FSS).
Bien qu'ayant pris forme dès 1920 sous le nom de "sous-association de Belgrade", la Fédération serbe de football, fondée au lendemain de la seconde guerre mondiale, resta longtemps sous la coupe de la Fédération de Yougoslavie de football (FSJ) (en tant que sous-fédération) avant de devenir fédération nationale à part entière en Cf. « L’insaisissable équipe de Serbie-et-Monténégro » dans Courrier International : malgré l’indépendance du Monténégro le 3 juin, la fédération sportive de l’ancien pays n’a été dissoute qu’après l’élimination de l’équipe de la coupe du monde pour permettre la participation au tournoi.. La sélection serbe n'eut ainsi pas d'existence propre entre 1920 et 2006 puisque la Serbie a été intégrée tour à tour au royaume des Serbes, Croates et Slovènes, au royaume de Yougoslavie, à la république fédérative socialiste de Yougoslavie, à la République fédérale de Yougoslavie puis à la Serbie-et-Monténégro.
L'équipe de Serbie est l'héritière directe de l'équipe de Yougoslavie et de l'équipe de Serbie-et-Monténégro, la FSS ayant obtenu par succession (en accord avec ) le siège de membre vacant de la FSJ (nommée FSSCG au moment de sa dissolution) à la FIFA et à l'UEFASerbie, FIFA.com.
Histoire De 1896 à 1919
Le football est introduit dans le royaume de Serbie en mars 1896.. par Hugo Buli (à l'époque, les clubs les plus puissants, après ceux d'Angleterre et d'Écosse étaient issus de la communauté juive d'Europe centrale cf SC Hakoah Vienne) après avoir terminé ses études en Allemagne. Il fait découvrir le football à ses amis à Belgrade, il avait rapporté avec lui un ballon comme souvenir de ses études à Berlin. Le jeu intéresse très vite la jeunesse belgradoise et le , au sein d'un lycée belgradois, l'association « SOKO » (« Faucon » en français), fondé une section sportive du nom de Loptačku (en serbe latin), les Balloniers en français. Dès la même année, des matchs s'organisent, entre les sections des différentes écoles qui très vite prennent modèle sur les équipes anglaises pour devenir des clubs amateurs comme le club de Soko.
En mai, 1899, un championnat de Serbie (non officiel) est créé sous le nom de « друштва за игру лоптом » en Serbe cyrillique (« Association de jeux de ballon » en français). En 1905, on traduit les règles du « jeu de pied » d'un livre de règle allemand, avant cela, les règles du match était établies entre les deux équipes avant le match ! Cela permet au football de se développe encore plus vite dans toute la Serbie.
Et en 1911, le premier match non officiel d'une sélection de Serbie a lieu à Agram (aujourd'hui Zagreb) en Autriche-Hongrie contre le HAŠK. Les Serbes s'inclinent 8-0. Même si le premier match était à l'extérieur, il est intéressant de note que la majorité des spectateurs croate soutenait l'équipe de Serbie. La presse d'Agram rendit même hommage au courage des Serbes contre la puissante équipe autrichienne.
L'héritage de la Yougoslavie
La première Yougoslavie, le royaume des Serbes, Croates et Slovènes, est créée en décembre 1918. S'ensuivront le royaume de Yougoslavie (de 1929 à la seconde guerre mondiale) et la république fédérative socialiste de Yougoslavie de 1945 à 1992. La Fédération de Yougoslavie de football (FSJ) est fondée en 1919. Elle est affiliée à la FIFA en 1921 et est membre de l'UEFA depuis sa création en 1954. La Fédération de Serbie de football (Фудбалски савез Србије) ou FSS (qui existait déjà en tant que "sous-association de Belgrade" depuis 1920), est établie sous son nom actuel le . Longtemps sous-fédération membre de la FSJ, la FSS attendra jusqu'en 2006 pour devenir fédération nationale principale, soit après la séparation de la Serbie et du Monténégro et la dissolution de la Fédération de Yougoslavie de football. Depuis 1994, l'équipe nationale yougoslave était déjà principalement composée de Serbes, car la Croatie, la Bosnie, la Macédoine du nord, la Slovénie avait déjà pris leur indépendance de la Yougoslavie. En 2006, la Fédération Serbe de Football hérite donc du siège de membre historique de la fédération yougoslave à la FIFA et à l'UEFA. Grâce à la continuité de l'affiliation, la Serbie peut en outre récupérer le palmarès de feu la Yougoslavie et la Serbie-et-Monténégro..
De 1920 à 1992
L'équipe de Yougoslavie est, durant son existence, l'une des sélections européennes les plus solides et redoutées. Elle présente un beau palmarès : demi-finaliste de la Coupe du monde en 1930 et 1962, finaliste du championnat d'Europe des nations en 1960 et 1968, ainsi que demi-finaliste en 1976, championne olympique en 1960 et triple médaille d'argent aux Jeux en 1948, 1952 et 1956.
Lors du premier mondial en 1930, la sélection yougoslave qui atteint le dernier carré ne comprend que des joueurs serbes car, en raison d'une querelle à propos du déménagement de Zagreb à Belgrade du siège de la fédération yougoslave de football, les internationaux croates refusent d'intégrer le groupe pour se rendre en Amérique du Sud.
De 1994 à 2006
Exclue de l'Euro 1992 peu avant le début de la compétition, en raison des guerres qui ravagent le pays et des sanctions prononcées par l'ONU, l'équipe de Yougoslavie connaît un véritable coup d'arrêt. Lorsque l'équipe retrouve le terrain à la fin de l'année 1994, après plus de deux ans d'interruption due à sa suspension, elle est toujours présentée par la même fédération (FSJ). En revanche elle ne représente plus la Yougoslavie telle qu'on la connaissait, mais la République fédérale de Yougoslavie (une Yougoslavie réduite à la Serbie et au Monténégro). La nouvelle équipe de Yougoslavie est désormais composée uniquement de joueurs serbes et monténégrins (elle prendra d'ailleurs le nom d'équipe de Serbie-et-Monténégro en ). Le premier match officiel de la nouvelle Yougoslavie (République fédérale) est disputé à Porto Alegre (Brésil), le contre le Brésil (défaite yougoslave sur le score de 2 à 0).
Succession : les débuts de la sélection de Serbie en 2006
170px|thumb|right|le meilleur défenseur d'Angleterre en 2008 Nemanja Vidić et vice-capitaine de la sélection de Serbie.
130px|thumb|left|Branislav Ivanović, l'une des quatre tours de la Serbie, avec Nemanja Vidic, Nikola Žigić et Neven Subotic
À la suite de la proclamation de l'indépendance du Monténégro, la Fédération de Serbie-et-Monténégro de football (ex-FSJ) est dissoute le UEFA.com - Associations membres, cédant ainsi la place aux deux fédérations serbe et monténégrine qui deviennent chacune fédération nationale principale. Il existe donc depuis deux nouvelles équipes nationales : celle de Serbie, et celle du Monténégro. Le premier match de l’équipe de Serbie de football (Фудбалска репрезентација Србије) est disputé à Uherské Hradiště, en République tchèque, le , contre la Tchéquie (victoire serbe sur le score de 3 buts à 1). C'était le dernier match de l'emblématique joueur tchèque Pavel Nedvěd. Une des plus larges victoires de la Serbie est enregistrée à Bakou, en Azerbaïdjan, contre l’Azerbaïdjan, le , dans le cadre des éliminatoires de l’Euro 2008, les Serbes s'imposant sur le score de 6 buts à 1 (doublé de Nikola Žigić et buts de Duško Tošić, de Danko Lazović, de Boško Janković et de Milan Jovanović). La Serbie dispute les qualifications pour l’Euro 2008 après avoir héritée de la place de l'équipe de Serbie-Monténégro (empêchant à l'équipe monténégrine toute possibilité de participer, les inscriptions étant en effet déjà closes et le tirage effectué). Elle est éliminée, échouant à la troisième place du groupe derrière la Pologne et le Portugal, tout en ne perdant que deux fois, contre le Kazakhstan et la Belgique.
La Coupe du monde 2010
L’équipe de Serbie de football dispute les éliminatoires de la coupe du monde de football 2010 dans le groupe 7, composé de la France, de l’Autriche, de la Roumanie, des Îles Féroé et de la Lituanie. À mi-parcours des éliminatoires, 35 buts ont été marqués dans le groupe, dont 14 par la Serbie. L'arrivée à la tête de la Serbie de Radomir Antić (l'unique entraîneur dans l'histoire à avoir entraîné les clubs du Real Madrid, de l'Atletico Madrid et du FC Barcelone), une semaine avant le match contre la France en , a permis à la Serbie de créer un groupe solide et équilibre dans tous les domaines du jeu, que ce soit au milieu ou en attaque. Antic appelle ses joueurs ses enfants. Un capitaine de ligne a été désigné par l’entraîneur, le défenseur central de Manchester United Nemanja Vidic pour la défense, Dejan Stankovic de l'Inter de Milan pour le milieu, et Nikola Zigic pour l'attaque. Autour d'eux, des joueurs revanchards, et des jeunes, l'équipe des moins de 21 ans de Serbie a été deux fois de suite en finale de grandes compétitions, Euro et Mondial..
Le , la Serbie se qualifie pour la Coupe du monde 2010 en battant la Roumanie sur le score de 5-0, dont un doublé de Milan Jovanović, ce qui constitue par ailleurs une de ses plus larges victoires. À la suite du tirage au sort du 4 décembre, la Serbie est placée dans le groupe D, où elle est opposée au Ghana, à l'Allemagne et à l'Australie. Après une défaite contre le Ghana (0-1) lors de leur premier match sur un penalty d'Asamoah Gyan à la minute, les Serbes se reprennent et créent la surprise en battant l'Allemagne (1-0) grâce à un but de Milan Jovanović à la minute, tandis que la Mannschaft a manqué un penalty au cours de cette rencontre. Une seconde défaite contre l'Australie (1-2, Marko Pantelić ayant réduit le score à la minute) lors du dernier match élimine la Serbie de la compétition et qui termine dernière de son groupe particulièrement serré.110px|thumb|right|Miloš Krasić
Absence des tournois majeurs de 2012 à 2016 Au tirage au sort du , la Serbie est placée dans le groupe C avec l'Italie, de l'Irlande du Nord, de la Slovénie, de l'Estonie et des îles Féroé.
Lors du match contre l'Italie, des hooligans serbes sèment le trouble dans les gradins du Stade Luigi-Ferraris de Gênes. Le match est arrêté au bout de six minutes. Après enquête, l'UEFA accorde une victoire d'un score forfaitaire de 3-0 pour l'Italie sur tapis vert. Au coude à coude avec l'Estonie pour la seconde place du groupe synonyme de barrage, la sélection serbe ruine ses derniers espoirs en faisant match nul contre l'Italie (1-1) et en perdant son dernier match face à la Slovénie sur un but de Dare Vršič. La Serbie termine troisième du groupe à un point de l'Estonie et est éliminée. En poste depuis un an, le sélectionneur Vladimir Petrović, démissionne de ses fonctions le , à la suite de cette non-qualification, le capitaine Dejan Stanković annonce lui sa retraite internationale après avoir porté le maillot de la sélection à 102 reprises depuis 1998. Peu de temps après Nemanja Vidić l'imite en annonçant à son tour son volonté de se retirer de l'équipe nationale.
L'adjoint de Vladimir Petrović, Radovan Ćurčić assure l'intérim pour quatre matchs avec une seule victoire face à l'Arménie en , avant que Siniša Mihajlović ne soit promu au poste de sélectionneur. Dès son arrivée à la tête de l'équipe, il instaure un code de conduite aux joueurs sélectionnés avec notamment l'obligation de chanter l'hymne serbe, ce que refuse le joueur de la Fiorentina Adem Ljajić pour des « raisons personnelles », celui-ci est alors exclu du groupe.
Lors des éliminatoires pour la Coupe du monde 2014, l'équipe serbe perd à deux reprises face à la Belgique, favorite du groupe, réalise un match nul en Écosse, perd contre la modeste Macédoine sur un penalty de Agim Ibraimi en et bat deux fois le pays de Galles, dont une victoire 6-1 à domicile au match aller représentant un des plus larges succès de l'histoire de la sélection. Ces résultats décevants semblent notamment le fait de la jeunesse de la sélection de Mihailovic.