L'équipe d'Islande de football (en ) est la sélection de joueurs de football de nationalité islandaise représentant leur pays lors des compétitions internationales sous l'égide de la Fédération d'Islande de football. Ses joueurs sont surnommés « », nos garçons en français.

L'équipe nationale dispute la première rencontre de son histoire en 1930 face aux îles Féroé, match remporté sur le score de un but à zéro. À la suite de l'affiliation de la fédération à la FIFA en 1947 puis à l'UEFA en 1954, la sélection s'engage pour la première fois dans les éliminatoires d'une Coupe du monde en 1957.

Qualifiée pour sa première phase finale d'une compétition internationale à l'occasion de l'Euro 2016, l'équipe dispute ses rencontres à domicile au Laugardalsvöllur, stade de , construit en 1958 et situé dans la capitale, Reykjavik. Elle est entraînée entre 2012 et 2016 par le Suédois Lars Lagerbäck et son adjoint, Heimir Hallgrímsson, qui prend seul les rênes de la sélection au terme de l'Euro 2016Lägerback sur UEFA.com. Les Islandais qui ont atteint les quarts de finale de l'Euro 2016, ont terminé l'année au du Classement FIFA. La sélection obtient par la suite sa première qualification en Coupe du monde à l'occasion de l'édition 2018 et devient le premier pays avec moins d'un million d'habitants à s'y qualifier.

Histoire

Les débuts de la sélection islandaise (1946-1958) Le football s'implante en Islande dans les années 1910, alors que l'île est toujours sous contrôle du Danemark. Dès 1912 est créé un Championnat d'Islande de football.

Une équipe d'Islande officieuse se met en place en 1930 et affronte les Îles Féroé, autre territoire du Royaume du Danemark ; l'Islande s'impose 1-0. L'Islande proclame son indépendance totale vis-à-vis du Danemark le .. Le football ne tarde pas à en profiter puisque se déroule, dès 1946 le premier match officiel de la sélection islandaise. Au Melavöllur de Reykjavik, les Islandais doivent s'incliner face au Danemark (0-3).

Peu de temps après ces débuts, le , la fédération islandaise de football (Knattspyrnusamband Islands, ou KSI) est fondée, puis obtient son affiliation à la FIFA dans la foulée. Toujours en cette année 1947, Albert Guðmundsson devient le premier joueur islandais à pratiquer le football à un niveau professionnel, après avoir signé au FC Nancy. Surtout, le , il est le premier buteur de l'histoire de sa sélection alors qu'il inscrit un doublé lors d'un match face à la Norvège perdu 2-4. À noter que ce match voit débuter Ríkharður Jónsson, âgé de dix-huit ans, qui entame là sa longue et prolifique carrière internationale. C'est d'ailleurs lui qui, le , sécurise la première victoire de l'Islande grâce à un doublé face à la Finlande.

Le , pour son cinquième match officiel (près de deux ans après le quatrième et une défaite face au Danemark), c'est la Suède qui se dresse face à l'Islande. Les Suédois ont, à cette époque, des joueurs redoutables qui ont remporté le tournoi de football aux Jeux olympiques de Londres en 1948 et ont terminé troisième de la Coupe du monde 1950. Côté insulaire, pour la première fois, la sélection est entraînée par un Islandais, en la personne d'Óli B. Jónsson (qui effectue là le premier de ses trois mandats), éphémère international et petit frère de Sigurjón Jónsson, l'un des pionniers de 1930. Bien que les Suédois envoient une sélection inexpérimentée , les Islandais réalisent l'exploit de remporter ce match 4 buts à 3. Le héros du match n'est autre que Ríkharður Jónsson, auteur d'un quadruplé Morgunblaðið, édition du 30 juin 1951, page 12 . Il faudra attendre presque cinquante ans et un match du Championnat nordique en 2000 pour assister à une nouvelle victoire de l'Islande sur la Suède.

En cette même année 1951, l'Úrvalsdeild sacre pour la première fois un club originaire d'une ville autre que Reykjavik, l'ÍA. Emmené par ses canonniers internationaux Ríkharður Jónsson et , le jeune club met fin à l'hégémonie de la capitale et préfigure le visage de la sélection pendant la décennie à venir. L'ÍA fournit en effet à l'équipe nationale un gros contingent de joueurs, sorte de colonne vertébrale. Ainsi, lors d'un match face à la Norvège en 1954, pas moins de sept titulaires jouent pour le club d'Akranes . Lors de ce même match, le capitaine Karl Guðmundsson fête sa dixième et dernière sélection, cependant qu'il entame sa longue carrière de sélectionneur. Le brassard échoit naturellement à Ríkharður Jónsson. Il y a, à nouveau, sept joueurs de l'ÍA dans l'équipe qui défie les États-Unis en août 1955, à l'occasion de la première confrontation face à une nation non-européenne (match remporté 3-2) . Ils sont même neuf, un an plus tard, pour affronter l'Angleterre amateur, qui s'impose trois buts à deux..

Ce match face aux Britanniques est le quinzième de la sélection islandaise, après dix ans d'existence. À l'aube de ses premiers matchs à enjeu, le bilan est de quatre victoires et onze défaites, vingt-trois buts marqués et quarante-trois buts encaissés.

Car, pour son seizième match, l'Islande prend part au tour préliminaire de la Coupe du monde 1958, sa première expérience en compétition officielle. Le , au stade Marcel-Saupin (à l'époque stade Malakoff), les Islandais sont défaits huit buts à zéro par la France d'Albert Batteux, grâce notamment à des doublés de Jean Vincent et Roger Piantoni. Résumé vidéo du France-Islande 1958 sur le site de l'INA . Une entrée en matière délicate, confirmée trois jours plus tard par une nouvelle défaite face au troisième membre du groupe, la Belgique. Au stade du Heysel, les Diables rouges s'imposent en effet huit buts à trois, Rik Coppens, Victor Mees, Richard Orlans et marquant chacun deux buts.

Les matchs retour ont lieu à Reykjavik trois mois plus tard, au Laugardalsvöllur, le tout nouveau stade national. Inauguré le lors d'un match perdu face à la Norvège Morgunblaðið, édition du 9 juillet 1957, page 1 , il vient remplacer le vieillissant Melavöllur, qui sera dès lors exclusivement utilisé pour diverses rencontres de clubs. Leur nouvelle enceinte n'empêche pas les insulaires de subir deux nouveaux revers: 1-5 contre la France et 2-5 contre la Belgique, en dépit de l'ouverture du score de Ríkharður Jónsson après quinze secondes de jeu Morgunblaðið, édition du 5 septembre 1957, page 3 . Ce dernier, qui n'a manqué que le tout premier match de la sélection depuis sa création, est par ailleurs félicité par le président de la fédération Björgvin Schram pour sa vingtième sélection et ses services rendus. Il faut noter que, non content d'être recordman de sélections, recordman de buts et capitaine, Ríkharður Jónsson est également entraîneur-joueur de l'ÍA (six fois champion sous ses ordres) et meilleur buteur du championnat (à sept reprises). Au reste, l'Islande termine dernière du groupe tandis que la France se qualifie pour le Mondial suédois, qu'elle terminera à la troisième place.

Cette première campagne de qualification a permis aux Islandais de se jauger face à de bonnes nations continentales. Mais l'année 1957 se termine avec six matchs et six défaites, et le sélectionneur écossais Alexander Weir quitte alors son poste. Il est remplacé par Óli B. Jónsson qui revient aux commandes le temps d'une rencontre face à l'Irlande amateur, la seule disputée en 1958. Ce match amical a priori anecdotique revêt tout de même une importance particulière puisqu'il voit trois joueurs honorer leurs dernières sélections. Deux joueurs de l'ÍA, le milieu de terrain aux seize sélections Guðjón Finnbogason. et l'attaquant Þórður Þórðarson, alors second meilleur buteur de la sélection avec onze buts en dix-huit matchs.. Mais c'est surtout la dernière apparition d'Albert Guðmundsson sous le maillot national. S'il n'a pas eu la carrière en sélection qu'il méritait (six capes seulement), Monsieur Albert, son surnom en France Fiche d'Albert Guðmundsson sur un site de supporters de l'AC Milan ., demeure une légende du football islandais.

D'une manière plus générale, c'est la fin d'une certaine époque, celle de l'omniprésence des joueurs de l'ÍA. Car c'est désormais l'ossature du KR qui va prédominer en sélection.

Une sélection en manque de résultats (1959-1972) En 1959, la sélection dispute le tournoi qualificatif pour les Jeux olympiques de Rome, où l'Islande affronte les sélections danoise et norvégienne. Avec sept joueurs du KR au coup d'envoi, l'Islande ne peut empêcher le Danemark de remporter le premier match 2-4, malgré les débuts réussis de Þórólfur Beck qui inscrit un but. Lors du second match, l'Islande s'impose 1-0 face à la Norvège, devant les du Laugardalsvöllur, grâce à un but tardif de Ríkharður Jónsson. Il s'agit de la première victoire depuis quatre ansLa dernière victoire islandaise remontait à un match face aux États-Unis. Les hommes de Karl Guðmundsson terminent le tournoi par un match nul contre le Danemark puis une défaite face à la Norvège, ce qui les classe à la deuxième place.

En 1960, non qualifiée pour le premier Euro, l'Islande ne dispute que des matchs amicaux, tous perdus à l'exception d'une victoire 4-3 face aux Pays-Bas amateur. En 1962, les Islandais prennent part aux éliminatoires de l'Euro 1964. Après ceux de la Coupe du monde 1958, il s'agit de leur seconde participation à des éliminatoires. À cette époque, les équipes s'affrontent en matchs aller-retour afin d'accéder au tour suivant. L'Islande se retrouve opposée à l'Irlande dont tous les joueurs évoluent en championnat d'Angleterre. À l'aller, les Islandais s'inclinent 4-2, livrant une prestation de haut vol au Dalymount Park de Dublin. Le président de la fédération d'alors, Björgvin Schram, déclare à la radio après le match que ses compatriotes Morgunblaðið, édition du 14 août 1962, page 15 . Son fils Ellert B. Schram, l'expérimenté gardien Helgi Daníelsson, et le défenseur Hörður Felixson sont salués pour leurs performances par le capitaine irlandais Charles Hurley. Axel Einarsson, le reporter dépêché par le Morgunblaðið, félicite en plus des trois précités Þórólfur Beck ainsi que Ríkharður Jónsson, auteur des deux buts islandais et entraîneur adjoint de la sélection, convenant du fait qu'un match nul et même une victoire n'auraient pas été immérités. Le match retour a lieu quelques semaines plus tard et vient confirmer l'excellente tenue de l'équipe de Karl Guðmundsson, qui obtient un match nul 1-1 à Reykjavik.

En dépit de cette belle performance, il faudra attendre dix ans pour revoir l'Islande s'inscrire à un tournoi qualificatif de l'UEFA ou de la FIFA.

Au sortir des qualifications de l'Euro, les Islandais enchaînent néanmoins par d'autres matchs à enjeu au travers du tournoi qualificatif pour les Jeux olympiques de Tokyo. En septembre 1963, opposée à l'équipe de Grande-Bretagne olympique, l'Islande est balayée sur ses terres 6-0 au match aller, puis 4-0 au match retour, de grosses désillusions après les promesses entrevues face à l'Irlande. Pour autant, cette dernière rencontre revêt un caractère spécial. En effet, parmi les huit joueurs du KR qui débutent la rencontre se trouvent les trois frères Felixson, Hörður, Bjarni et Gunnar. C'est la seule occurrence répertoriée où trois frères jouent ensemble sous le maillot bleu. Si tous comptent plusieurs sélections, ils ne rejoueront jamais tous les trois en même temps. Les années suivantes, tandis que les clubs islandais fêtent leur première participation en coupe d'Europe (honneur au KR de l'incontournable Karl Guðmundsson en 1964 en Coupe des clubs champions), la sélection collectionne les matchs amicaux. Le , l'Islande affronte les Bermudes à l'occasion du tout premier match officiel de la sélection nord-américaine. Deux doublés d'Ellert Schram et du désormais joueur des Rangers (transfert le plus cher de l'histoire du club à l'époque.) Þórólfur Beck sécurisent la victoire de l'Islande quatre buts à trois.