L'équipe de Corée du Sud de football () est la sélection de joueurs de football sud-coréens représentant le pays lors des compétitions régionales, continentales et internationales sous l'égide de la fédération de Corée du Sud de football.
Après une affiliation de la fédération à la FIFA en 1948, la sélection dispute la première rencontre de son histoire la même année face à Hong Kong. Elle compte à son palmarès deux victoires en Coupe d'Asie des nations en 1956 et 1960, ainsi que quatre finales perdues (en 1972, 1980, 1988 et 2015), et a participé à 12 phases finales de Coupe du monde, avec pour meilleur résultat une place de demi-finaliste lors de l'édition 2002, coorganisée avec le Japon.
L'équipe des Guerriers Taeguk, comme elle est surnommée, dispute ses rencontres à domicile au Seoul World Cup Stadium, situé à Séoul.
Histoire Création et premiers succès (1948-1960) La fédération de Corée du Sud de football est créée en 1928. Elle ne devient membre de la FIFA que vingt ans plus tard, en 1948, année de la constitution des États de Corée du Nord et de Corée du Sud, issus de la division de la péninsule coréenne. Cette entrée dans le concert mondial permet à la sélection nationale de disputer son premier match, face à Hong Kong, qui joue également la première rencontre de son histoire. Les Sud-Coréens s'imposent largement 5-1 avant de partir pour Londres afin de disputer le tournoi de football lors des Jeux olympiques. La sélection, entraînée par Lee Young-min, surprend d'abord le Mexique, battu 5-3, avant de subir une très lourde défaite en quarts de finale, face aux Suédois, futurs médaillés d'or, sur le score de 12-0. Ce revers reste le plus lourd de toute l'histoire de l'équipe nationale. Chung Kook-chin auteur d'un doublé face aux Aztèques, termine meilleur buteur de la formation.
La sélection dispute ensuite trois tournées. La première a lieu en et se déroule à Hong Kong, Saïgon et Macao. Elle voit les Sud-Coréens jouer six rencontres face à Hong Kong, le Sud-Vietnam, Taïwan et Macao. L'année suivante, elle joue deux rencontres à Hong Kong contre la sélection locale et Taïwan. Enfin en 1953, lors d'une série de dix matchs à Hong Kong et Singapour, elle affronte Hong Kong, Taiwan et pour la première fois la Chine puis Singapour et la Malaisie.
En , les hommes de Lee Yoo-hyung prennent part pour la première fois aux éliminatoires de la Coupe du monde 1954, organisée trois mois plus tard en Suisse. À la suite du forfait de Taïwan, la place réservée à la zone Asie se joue en deux rencontres entre le Japon et la Corée du Sud, disputées au Meiji Stadium de Tokyo. La Corée du Sud se qualifie (victoire 5-1 puis match nul 2-2) et devient la deuxième nation d'Asie à participer à la Coupe du monde, après les Indes orientales néerlandaises en 1938.
Afin de préparer au mieux cette première compétition internationale, la sélection participe à la deuxième édition des Jeux asiatiques, organisés en à Manille aux Philippines et atteint la finale, battue par Taïwan. Elle part ensuite pour la Suisse où le tirage au sort la verse dans le groupe B où elle doit affronter la Turquie et l'un des favoris de la Coupe du monde, la Hongrie de Ferenc Puskás. Au Stade du Hardturm de Zurich, le baptême est douloureux pour l'équipe dirigée par Kim Yong-sik, étrillée sur le score-fleuve de neuf buts à zéro par les Hongrois. Ce score constitue le record absolu de toute l'histoire de la Coupe du mondeCet écart record de neuf buts a été égalé en 1974 lors de la victoire 9-0 de la Yougoslavie face au Zaïre et en 1982 lors du succès de la Hongrie contre le Salvador, sur le score de 10 à 1.. Le deuxième et dernier match des partenaires de Chung Kook-chin se termine sur une nouvelle lourde défaite contre la Turquie (0-7). Le bilan est terrible pour la sélection sud-coréenne avec aucun but marqué et seize encaissés, un autre record toujours inégalé en Coupe du monde.
En 1956, la sélection s'engage dans les éliminatoires de la toute première édition de la Coupe d'Asie des nations. Deux ans plus tôt, en à Manille, en marge des Jeux asiatiques, la fédération sud-coréenne est devenue l'un des douze membres fondateurs de la Confédération asiatique de football. L'une des premières décisions de la nouvelle institution continentale est la mise en place d'une compétition regroupant les meilleures sélections asiatiques tous les quatre ans et dont l'édition inaugurale est organisée en à Hong Kong. Durant la campagne qualificative, les Sud-Coréens battent les Philippines avant de s'imposer contre Taïwan. La phase finale de la compétition regroupe quatre équipes au sein d'une poule unique. En plus d'Hong Kong, qualifié d'office en tant que hôte, la Corée du Sud affronte Israël et le Sud-Vietnam. Elle est d'abord accrochée 2-2 par le pays organisateur (après avoir compté deux buts de retard) avant de battre Israéliens et Sud-Vietnamiens, ce qui lui permet de terminer en tête du classement à l'issue de la compétition et d'inscrire son nom au palmarès de l'épreuve. C'est le premier titre majeur des « Guerriers Taeguk », une nouvelle fois dirigés par Lee Yoo-hyung. La sélection ne peut par contre pas s'engager dans les éliminatoires pour la Coupe du monde 1958 organisée par la Suède. En effet, la Fédération internationale de football association refuse l'inscription de la fédération, tout comme celle de l'Éthiopie, pour une raison inconnue.
En 1960, la Corée du Sud accueille à Séoul la deuxième édition de la Coupe d'Asie des nations. Qualifiée d'office (à la fois comme tenante du titre et pays hôte), la sélection retrouve dans la poule finale Israël et le Sud-Vietnam, déjà présents en 1956 ainsi que Taïwan. Les hommes de Kim Yong-sik remportent les trois matchs qu'ils disputent au Hyochang Stadium et conservent leur titre de champion d'Asie. Cho Yoon-ok termine meilleur buteur de l'épreuve avec quatre buts inscrits.
Un long passage à vide (1961-1985) Peu de temps après ce deuxième succès en Coupe d'Asie, la Corée du Sud est engagée dans les éliminatoires de la Coupe du monde 1962 au Chili. Elle affronte la seule autre sélection asiatique engagée, le JaponUne troisième équipe asiatique, l'Indonésie était inscrite mais déclare forfait avant le début des éliminatoires. en matchs aller et retour. Les « Guerriers Taeguk » battent les Nippons à deux reprises et sont opposés au vainqueur d'un des groupes de la zone Europe, la Yougoslavie, finaliste du tout premier Championnat d'Europe. Face aux partenaires de Milan Galić, les Sud-Coréens sont sèchement éliminés sur deux défaites, à Belgrade qu'à Séoul. Ils disputent ensuite les Jeux asiatiques à Jakarta en 1962 et en fin d'année 1963, les qualifications pour le tournoi olympique des Jeux olympiques de Tokyo démarrent. Les Sud-Coréens éliminent Taïwan, les Philippines (qui déclarent forfait) et enfin le Sud-Viêtnam et obtiennent leur billet pour la phase finale. Cette campagne est interrompue par la troisième édition de la Coupe d'Asie, disputée en Israël. Le groupe emmené par Chung Kook-chin connaît pour la première fois la défaite dans la compétition, s'inclinant face à l'Inde et Israël, qui est sacré après avoir gagné ses trois matchs. Lors des Jeux olympiques, la sélection est défaite lors des trois rencontres qu'elle dispute, face à la Tchécoslovaquie, au Brésil et à la République arabe unie qui lui inflige un sévère 0-10 lors de la dernière rencontre de poule.
En 1965, la fédération, comme une très grande partie des autres fédérations d'Asie, décide de boycotter les éliminatoires de la Coupe du mondeLa FIFA décide pour la Coupe du monde 1966 de n'attribuer qu'une seule place en phase finale pour l'ensemble des zones Afrique et Asie. Ces deux zones avaient droit à une demi-place chacune lors de l'édition 1962, avec un barrage face à une sélection européenne.. La sélection doit attendre pour disputer les qualifications pour la Coupe d'Asie, organisée en Iran. Après trois éditions terminées sur le podium, la Corée du Sud est absente pour la première fois de la compétition continentale : ils ne terminent que de leur poule des éliminatoires, derrière Taïwan et le Japon. Après une qualification pour le tournoi olympique de Mexico manquée de très peuC'est le Japon, futur médaillé de bronze, qui se qualifie pour le tournoi grâce à une meilleure différence de buts., les Sud-Coréens entament une nouvelle campagne de matchs pour tenter de participer à la Coupe du monde 1970. Versé dans le groupe 1 de la zone Asie-Océanie, les hommes de Chung Kook-chin sont devancés par l'Australie, qui s'impose notamment à Séoul. L'année 1969 se termine par une victoire lors de la King's Cup, un tournoi amical organisé par la Thaïlande à Bangkok.
Dans un contexte où l'accès aux phases finales de Coupe du monde est très sélectif pour les sélections asiatiques, la Corée du Sud ne parvient pas à se qualifier aux éditions de 1974, après une défaite lors du barrage décisif face à l'Australie en trois matchs, 1978, où seul l'Iran la devance ni de 1982 où elle est devancée par le Koweït.
Sur la scène continentale, les résultats de la sélection sont irréguliers : elle atteint la finale de la Coupe d'Asie 1972 à Bangkok mais s'y incline face à l’Iran, tenante du titre, deux buts à un après prolongation. Quatre ans plus tard, elle ne se qualifie pas à la phase finale, comme en 1968. En 1980, les Coréens atteignent de nouveau la finale, en écartant au passage la Corée du Nord en demi-finale, mais s'inclinent contre le pays organisateur, le Koweït, sur le score de trois buts à zéro. Choi Soon-ho termine co-meilleur buteur du tournoi. Enfin en 1984, elle ne remporte aucun des quatre matchs du premier tour et termine dernière de son groupe.
L'habitué des Coupes du monde (1986-2000)
Le « Pays du Matin calme » met en place en 1983 un championnat national professionnel, le premier en Asie. Deux ans plus tard, sa sélection fait son retour au plus haut niveau international en se qualifiant pour la Coupe du monde 1986 au Mexique, après sa première apparition. Alors que l'Asie bénéficie pour la première fois de deux places pour le tournoi, les Sud-Coréens écartent lors du barrage décisif les Japonais. Après une défaite logique contre l’Argentine de Diego Maradona, futur vainqueur (1-3, but de Park Chang-sun, premier buteur sud-coréen en Coupe du monde), les coéquipiers de Cha Bum-kun obtiennent le point du match nul contre la Bulgarie (1-1), sous des déluges d'eau. L'égalisation de Kim Jong-boo offre à la Corée du Sud son premier point en Coupe du monde. Pour leur dernier match, ils s’inclinent contre l'Italie, tenante du titre, en offrant une résistance saluée. Tenus à égalité à une demi-heure de la fin, les Italiens l'emportent finalement trois buts à deux (buts coréens de Choi Soon-ho et de Huh Jung-moo).
De nouveau qualifiée pour la Coupe du monde de 1990 au bout d'un duel épique avec la Corée du Nord, l’équipe de Corée du Sud repart cette fois avec trois défaites contre la Belgique (0-2), l’Espagne (1-3, triplé de Míchel) et l’Uruguay (0-1, but de Daniel Fonseca dans les arrêts de jeu). Son tournoi n'est éclairé que par le superbe but sur coup franc de Hwangbo Kwan contre les Espagnols.
En , les Sud-Coréens s'assurent encore l'une des deux places qualifications pour la prochaine Coupe du monde en devançant les Japonais à la différence de buts. À la Coupe du monde aux États-Unis, ils débutent par une grande performance en accrochant l’Espagne, rapidement réduite à dix. Menés 2-0, ils égalisent en fin de match par Hong Myung-bo et Seo Jung-won. Après un nul contre la Bolivie (0-0), ils ont la possibilité de se qualifier pour les de finale mais sont battus lors du match décisif par l’Allemagne, tenante du titre. Menés 3-0 après une demi-heure, ils inscrivent deux buts par Hwang Sun-hong et Hong Myung-bo après la pause, en vain. Avec deux points, la Corée du Sud réalise là son meilleur parcours dans la compétition.