Riadh Sidaoui (), né le à Bou Hajla., est un intellectuel, journaliste, écrivain et politologue. tuniso-suisse.

Il est directeur du Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps) basé à Genève.. et rédacteur en chef des sites web d'information arabophone Taqadoumiya () depuis 2010.. et La Progressiste (Taqadoumiya en français) depuis 2011. qui est censuré en Arabie saoudite. Il publie par ailleurs de nombreux articles, notamment dans des journaux arabes basés à Londres comme Al-Hayat, Azzaman ou encore Al-Quds al-Arabi. et fait régulièrement des apparitions sur des chaînes de télévision d'information internationales comme France 24, RT, la BBC et Voice of America, ainsi que sur des radios comme la Radio télévision suisse, la Deutsche Welle ou Monte Carlo Doualiya.

Spécialiste du monde arabe., notamment de l'Algérie, des mouvements islamistes et du processus de démocratisation dans cette région, il est l'un des partisans de la démocratisation du monde arabe et de l'émancipation de la femme musulmane. Il est opposé au wahhabisme saoudien et à ses dérives qu'il considère comme un ensemble de dogmes réactionnaires empêchant toute réflexion intellectuelle. Sidaoui pense que les fondements politiques de l'islam résident dans l'esprit républicain démocratique et non l'esprit monarchique wahhabite. Pour lui, le wahhabisme saoudien est donc un danger qui menace l'islam, les musulmans ainsi que l'humanité entière. En 2001, il attire l'attention sur la thèse selon laquelle de nombreux combattants islamistes fanatiques ont fait des études de sciences exactes..

Durant le printemps arabe, il appelle à l'instauration de l'État-providence, qui protège le citoyen, ainsi qu'à l'organisation d'élections locales pour instaurer une vraie démocratie et apaiser la colère des communautés qui refusent le pouvoir central.. Dénonçant les autorités et la politique qatarie, qu'il qualifie de dictature absolue en coupure totale avec la démocratie, il préside le « Comité international pour la libération du poète qatari Mohammed Ibn al-Dheeb al-Ajami des cellules du dictateur de Doha », rattaché au Conseil des droits de l'homme des Nations unies..

Sidaoui explique l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 comme le début d'un nouvel ordre mondial.. Ceci est une poursuite de l'intervention russe en Syrie, vu que lors des précédentes interventions militaires occidentales, en Irak et en Libye notamment, les Russes sont restés passifs dans les renversements de régimes irakien et libyen.. Selon Sidaoui, ce changement a commencé avec le printemps arabe de 2011 dans le cadre d'une entre des puissances économiques internationales, certaines anciennes et d'autres émergentes..

Biographie Formation Riadh Sidaoui naît en 1967 à Bou Hajla, une ville rattachée au gouvernorat de Kairouan dans le centre de la Tunisie. Il suit ses études primaires et secondaires dans sa ville natale. Après avoir obtenu son baccalauréat littéraire, Sidaoui poursuit ses études à l'Institut de presse et des sciences de l'information de Tunis, où il obtient une maîtrise en journalisme (spécialisation en journalisme politique) en 1992, puis à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis dont il sort avec un diplôme d'études approfondies en sciences politiques en 1995. Il part en Suisse et poursuit ses études à l'Institut universitaire d'études du développement de l'université de Genève où il obtient un diplôme d'études supérieures en études du développement en 1997« Université de Genève, session de mars 1997 : diplômes réussis entre le mars et le 30 juin 1997 », Tribune de Genève, juillet 1997. puis un diplôme d'études supérieures en science politique de la faculté des sciences économiques et sociales de l'université de Genève en 1998.. Par la suite, il prépare une thèse de doctorat intitulée Mouvements islamistes et régimes politiques dans le monde arabe : analyses comparatives d'interaction, sous la direction de Jan-Erik Lane, à l'université de Genève..

Interventions Médias Régulièrement invité par des chaînes de télévisions, dont France 24, la BBC Arabic., Voice of America. et Léman bleu., et de radios, dont la radio suisse alémanique DRS 2., la Deutsche Welle.., la RTL. ou encore la Radio télévision suisse., il publie de nombreux articles universitaires, notamment dans des journaux arabes basés à Londres comme Al-Hayat, Azzaman ou Al-Quds al-Arabi.

D'autre part, Sidaoui est invité pour participer à un talk-show sur Al Jazeera et reçoit des instructions pour « attaquer » l'armée algérienne, ce qui le pousse à décliner cette invitation..

Conférencier Par ailleurs, il participe à des séminaires et colloques, particulièrement en Europe, et donne chaque année une série de conférences sur l'idéologie arabe contemporaine, les mouvements islamistes, la crise de la démocratie dans le monde arabe ou encore la crise algérienne à l'université de Genève.. Il est invité aussi en tant que conférencier à l'université de la Suisse italienne (2008). et comme conférencier d'honneur à l'université de Turin (2011).. Il est invité en 2012 par l'Institute for Epistemological Studies à Bruxelles.. En , il donne une conférence à propos de la sociologie du printemps arabe à Vienne..

Le , Sidaoui est invité à participer, avec Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies et Sylvia Naef, professeur à l'unité d'arabe de l'université de Genève, au débat organisé par la Tribune de Genève à Plainpalais à propos de l'avenir des révolutions arabes...

En 2015, à Paris, Sidaoui donne une conférence-débat avec Patrick Haimzadeh, diplomate français en Libye à l'Institut du monde arabe sur la deuxième guerre civile libyenne.. Durant la même année, il participe au Forum de Lisbonne du Conseil de l'Europe..

En 2016, invité par le Club suisse de la presse, Sidaoui donne une conférence avec Birol Ertem, député d'Antakya pour le Parti républicain du peuple, sur le rôle international de la Turquie et des différents intervenants dans le conflit syrien..

En 2017, Sidaoui donne deux conférences organisées par l'Académie de géopolitique de Paris, l'une sur le financement du terrorisme. et l'autre sur l'implication saoudienne dans la guerre civile au Yémen au Parlement européen..

En 2018, Sidaoui participe à un colloque international organisé par l'Académie de géopolitique de Paris au Centre spirituel et culturel orthodoxe russe ; son intervention porte sur le retour de la Russie dans le monde arabe..

En , Sidaoui participe aux travaux du Forum intergénérationnel pour le soutien de l'action arabe commune en amont du sommet de la Ligue arabe organisé à Alger..

Entretiens journalistiques Durant sa carrière professionnelle, Sidaoui obtient plusieurs entretiens journalistiques et académiques avec des personnalités comme le ministre algérien Ahmed Taleb Ibrahimi, mais aussi le premier président algérien Ahmed Ben Bella, avec qui il entretient des relations amicales., Mohammed Fawzi, Ahmed Hamrouche, Moncef Marzouki ou encore son professeur à l'université de Genève, devenu son ami personnel, Jean Ziegler, avec qui il voyage dans les Alpes...

Durant l'été 1992, au Caire, Sidaoui passe plusieurs jours avec Sami Sharaf, l'un des fondateurs du service de renseignement général égyptien. Grâce à ce dernier, Sidaoui achève l'écriture de son livre Heikal ou le dossier secret de la mémoire arabe. En effet, Sharaf n'avait pas accordé d'entretiens avant Sidaoui depuis une dizaine d'années..

En 1998, Sidaoui part en Algérie pour un travail pour le compte de la Société suisse de radiodiffusion et télévision et obtient des entretiens avec plusieurs hommes politiques algériens comme Abdallah Djaballah, Louisa Hanoune et Chérif El Hachemi.

Activités Riadh Sidaoui fonde le Centre arabe de recherches et d'analyses (Cara) à Genève, dont il est le directeur, avec l'aide du Tunisien Hamadi Redissi., du Marocain Mohamed Maati Elmenjel et de Jean Ziegler. Le centre est renommé en Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps) en 2010.

Le programme du centre est centré sur les problèmes du monde arabe et comprend des conférences, des colloques réguliers, la publication de plusieurs ouvrages en diverses langues et du magazine AverroèsPrésentation du Centre arabe de recherches et d'analyses à l'émission Ahzab Wa Tayyarat animée par Naima Ben Mouhoub sur la chaîne Democracy.. Le centre change de nom en 2010 et devient le Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps).

Fin 2011, Sidaoui fonde le site web d'information Le Progressiste, associé au Caraps. Il s'agit selon lui de créer un site pour « répandre la démocratie et l'émancipation de la femme arabe, et diffuser l'islam de manière rationnelle pour lutter contre la nouvelle culture produite par le pétrodollar ». Le site présente plusieurs nouveautés, notamment un intérêt porté aux services de renseignement arabes via la diffusion de plusieurs documents secrets, ce qui est considéré comme une innovation dans le domaine des médias arabes. Le site, censuré en Arabie saoudite, est disponible en arabe, français et anglais.

En 2013, l'ancienne épouse du roi d'Arabie saoudite Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, la princesse Alanoud D. Alfayez, charge l'avocat et ancien ministre français des Affaires étrangères Roland Dumas et le juriste Max Coupé de s'occuper du ; la princesse demande aussi à Sidaoui d'être son représentant personnel. En effet, cela fait près de douze ans que les filles d'Alanoud, princesses d'Arabie saoudite, sont placées en résidence surveillée..

Théories Sidaoui propage l'idée selon laquelle, pour réussir, une révolution doit regrouper trois facteurs principaux. : la radicalisation de l'opposition populaire qui ne demande plus seulement des réformes mais veut la tête de celui qui incarne le régime ; une division au sein de l'élite au pouvoir, un esprit de corps fragmenté ; la neutralité de l'armée ou sa trahison envers le régime (des divisions au sein de l'armée conduisent à une guerre civile).

D'autres facteurs secondaires entrent en ligne de compte selon lui, tels que l'explosion démographique, la jeunesse de la population (pour les révolutions arabes par exemple) et les nouvelles technologies et réseaux sociaux tels Facebook qui ne permettent plus le contrôle de l'information.

Pensée Islamistes Islamistes et armée en Algérie En ce qui concerne l'Algérie, Sidaoui montre, dans L'Armée algérienne, 40 ans de mutations internes, que l'armée algérienne qui a connu plusieurs évolutions profondes avec Ahmed Ben Bella et Houari Boumédiène, était en conflit avec les islamistes. En effet, le deuxième tour des élections législatives de 1991 a été interrompu pour empêcher l'arrivée au pouvoir des islamistes. Ce fait est considéré comme un appel à l'éradication du phénomène islamiste, malgré son implantation au sein d'une large partie de la société algérienne ; tout cela a conduit à une guerre civile, dont les pertes humaines et matérielles ont été lourdes, et au refus total de toute possibilité de dialogue avec les islamistes, malgré les occasions multiples et les nombreuses médiations internes et externes pour établir un dialogue sérieux afin de mettre fin à la guerre. Toutefois, l'armée est restée solidaire et unie face aux menaces des islamistes, ce qui a empêché l'effondrement de l'État. Paradoxalement, contrairement à ce qui s'est passé avec l'armée du Chah en Iran, l'armée algérienne a été une armée nationale, forgée dans une institution qui ne dépend pas pour sa persistance des individus.