Richibouctou (courant en français), ou Richibucto (officiel)..., est une ville canadienne et une ancienne municipalité du comté de Kent, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Elle fait partie de la municipalité de Beaurivage depuis le .
D'abord centrée sur la construction navale et l'exploitation forestière, son économie est désormais basée sur la pêche, la fabrication et les services. La ville est d'ailleurs le principal centre commercial du comté et son port est l'un des plus importants de la province.
Richibouctou possède un triple culture acadienne, anglaise et micmacque.
Toponymie
La ville fut nommée Liverpool lorsqu'elle fut choisie chef-lieu du comté en 1826, en l'honneur de Robert Banks Jenkinson, de Liverpool (1770-1828), Premier ministre du Royaume-Uni de 1812 à 1827. Elle prit le nom actuel en 1836, d'après la rivière Richibouctou. Le nom officiel est Richibucto, mais il est généralement épelé Richibouctou en français.
Richibouctou provient du micmac kitchipogteo ou gtjipotog et signifie « le grand feu »..
Géographie
Richibuctou est situé au bord de la rivière du même nom, à une centaine de kilomètres au nord de Moncton.
La ville est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie..
Municipalités limitrophes
Géologie Le sous-sol de Richibouctou est composé principalement de roches sédimentaires du groupe de Pictou datant du Pennsylvanien (entre 300 et 311 millions d'années) ..
Logement La ville comptait privés en 2006, dont 600 occupés par des résidents habituels.. Parmi ces logements, 60,0 % sont individuels, 5,8 % sont jumelés, 0,0 % sont en rangée, 2,5 % sont des appartements ou duplex et 23,3 % sont des immeubles de moins de cinq étages. Enfin, 6,7 % des logements entrent dans la catégorie autres, tels que les maisons-mobiles.. 60,8 % des logements sont possédés alors que 39,2 % sont loués. 83,3 % ont été construits avant 1986 et 16,7 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,2 pièces et 0,0 % des logements comptent plus d'une personne habitant par pièce. Les logements possédés ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la province.
Histoire
thumb|Rue principale de Richibouctou en 1910. thumb|Rue principale de Richibouctou en 1940. Richibouctou est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Sigenigteoag, qui comprend l'actuel côte Est du Nouveau-Brunswick, jusqu'à la baie de Fundy. Les Micmacs possèdent un important village et un fort en pieux, à Richibouctou même ou peut-être sur l'île Indian, mentionné pour la première fois par Nicolas Denys en 1672. C'est l'un des rares endroits où ils pratiquent l'agriculture, notamment de blé d'Inde et de citrouilles.. De nos jours, les Micmacs habitent surtout à Elsipogtog et à Indian Island.
En 1682, Louis Damours de Chauffours achète trois arpents de terre probablement à Cap-de-Richibouctou et y construit un fort en pieux. Une seigneurie lui est concédée au même endroit en 1684. En 1755, au début de la Déportation des Acadiens, Richibouctou à proprement parler compte déjà quarante maisons. Des réfugiés s'installent à un endroit non déterminé, mais probablement sur le site de la ville, en 1760..
Solomon Powell, un Loyaliste de la vallée du fleuve Saint-Jean, s'établit avec ses frères et d'autres Loyalistes dans le haut de Richibouctou en 1787. Powell & Pagan développent un poste de traite et de construction navale très prospère, qui est longtemps le cœur économique de la région.
Les Acadiens fondent Richibouctou-Village et Aldouane en 1790. La mission catholique Saint-Charles-Boromée est établie à Petite-Aldouane en 1792.. La paroisse Saint-Charles-Boromée y est érigée en 1800 et une église y est construite en 1821. Une église est toutefois construite à Richibouctou, sur le site actuel du cimetière, mais beaucoup de paroissiens se rendent à Petite-Aldouane.
Après 1818, de nombreux immigrants d'Écosse et d'Irlande, surtout du Nord, s'établissent à Richibouctou. Cette immigration massive explique la population principalement anglophone de l'arrière-pays, notamment la paroisse de Weldford. En 1822 et en 1823, une grande partie de la réserve indienne de Richibouctou est ouverte à la colonisation afin d'accueillir ces nouveaux arrivants.
En 1825, Richibouctou est touché par les Grands feux de la Miramichi, qui dévastent entre et dans le centre et le nord-est de la province et tuent en tout plus de ... Le bureau de poste est ouvert en 1825..
En 1826, Richibouctou devient le chef-lieu du comté de Kent. Le plan de la ville est tracé en 1829. Grâce au commerce du bois, la ville atteint son apogée en 1850.
En 1861, l'église de Petite-Aldouane est abandonnée et on sépare la paroisse en deux, avec une église à Saint-Charles et une autre à Richibouctou. La paroisse Saint-Louis-de-Gonzague de Richibouctou est d'abord desservie par des missionnaires de Saint-Louis puis de Saint-Charles. En 1864, une nouvelle église est inaugurée.
Les Anglais développent les industries de la construction navale, de la conserverie de homard, de l'exploitation forestière, du tourisme et de l'exportation du bois vers l'Angleterre, faisant du port le troisième en importance au Nouveau-Brunswick au .. Des centaines de navires construits dans des chantiers navals comme le Richibucto Liverpool Shipyard assoient la réputation de la ville. Vers la fin du siècle, les principales familles marchandes sont les Cunard, Desbrisay, Jardine, Noble, O'Leary et Powell.
Des promoteurs voulant exporter le charbon extrait des mines le long du chemin de fer Intercolonial par le port de Richibouctou entament la construction du chemin de fer Kent Northern, qui est inauguré sept ans plus tard en 1883. Des rails en fer usagés provenant de l'Île-du-Prince-Édouard sont utilisés pour sa construction. Le chemin de fer n'a pas l'utilité escomptée. Un train mixte circule toutefois sur la voie et un embranchement est exploité jusqu'à Saint-Louis-de-Kent jusqu'en 1900 ..
Richibouctou obtient un premier curé résident en 1884. En 1898, Richibouctou compte déjà 15 magasins, 3 hôtels, une manufacture de calèches, une scierie à vapeur, une tannerie et des homarderies. Il y a également deux phares et quatre églises.
Au , l'économie de Richibouctou se recentre sur le commerce de détail et la pêche.
L'église Saint-Louis-de-Gonzague est agrandie en 1907. La caisse populaire de Richibouctou, la première en Acadie, est fondée en 1916 mais n'a pas de succès.. Une nouvelle Caisse populaire de Richibouctou est fondée en 1939.. Une nouvelle école est inaugurée en 1949. Un centre d'emploi et d'immigration ouvre ses portes en 1969.
Le chemin de fer est abandonné en 1984 et démantelé deux ans plus tard. Richibouctou est constitué en municipalité le ..
L'école Soleil-Levant est inaugurée en 1991 .. Richibouctou est l'une des neuf villes hôtesses du Congrès mondial acadien, en août 1994. La ville accueille la XVI finale des Jeux de l'Acadie en 1995. La caisse fusionne avec celle de Richibouctou-Village en 2000 pour former la Caisse populaire Kent-Centre, à laquelle s'ajoute celle de Rogersville en 2001. L'aréna J.-Charles-Daigle est détruit dans un incendie le . Un chapiteau est inauguré à cet endroit en 2011 ..
Le , la ville est fusionnée avec le village de Saint-Louis-de-Kent pour former la municipalité de Beaurivage, dans le cadre de la réforme territoriale de la province..
Démographie
La ville comptait habitants en 2006, soit une baisse de 3,8 % en cinq ans. Il y a en tout 600 ménages dont 410 familles. Les ménages comptent en moyenne 2,1 personnes tandis que les familles comptent en moyenne 2,5 personnes. Les ménages sont composés de couples avec enfants dans 13,3 % des cas, de couples sans enfants dans 33,3 % des cas et de personnes seules dans 29,2 % des cas alors que 24,2 % des ménages entrent dans la catégorie autres (familles monoparentales, colocataires, etc.). 63,4 % des familles comptent un couple marié, 8,5 % comptent un couple en union libre et 28,0 % sont monoparentales. Dans ces dernières, une femme est le parent dans 87,0 % des cas. L'âge médian est de 48,1 ans, comparativement à 41,5 ans pour la province. 86,0 % de la population est âgée de plus de 15 ans, comparativement à 83,8 % pour la province. Les femmes représentent 50,8 % de la population, comparativement à 51,3 % pour la province. Chez les plus de 15 ans, 32,0 % sont célibataires, 46,4 % sont mariés, 5,4 % sont séparés, 7,2 % sont divorcés et 9,0 % sont veufs. De plus, 10,4 % vivent en union libre.
Les autochtones représentent 5,4 % de la population. et personne fait partie d'une minorité visible.. Les immigrants représentent 1,9 % de la population et il n'y a pas de résidents permanents.. Tous les habitants ont la citoyenneté canadienne et 94,7 % des habitants âgés de plus de 15 ans sont issus de familles établies au Canada depuis trois générations ou plus. En date du , 82,1 % des gens avaient la même adresse depuis au moins un an alors que 14,4 % habitaient auparavant ailleurs dans la même ville, que 1,2 % habitaient ailleurs dans la province, que 1,6 % habitaient ailleurs au pays et que 0,8 % habitaient ailleurs dans le monde.. À la même date, 61,6 % des gens avaient la même adresse depuis au moins cinq ans alors que 20,8 % habitaient auparavant ailleurs dans la même ville, que 14,4 % habitaient ailleurs dans la province, que 3,2 % habitaient ailleurs au pays et que 0,8 % habitaient ailleurs dans le monde.
La langue maternelle est le français chez 67,8 % des habitants, l'anglais chez 30,6 % et les deux langues chez 1,2 % alors qu'il n'y a pas d'allophones.. Les deux langues officiellesLe Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue, c'est-à-dire que l'anglais et le français ont un statut égal. sont comprises par 79,8 % de la population alors que 5,4 % des habitants sont unilingues francophones, que 14,3 % sont unilingues anglophones et que personne ne connait ni l'anglais ni le français. Le français est parlé à la maison par 62,8 % des gens, l'anglais par 35,7 % et les deux langues officielles par 1,6 %. Le français est utilisé au travail par 50,8 % des travailleurs et l'anglais par 41,7 % alors que 2,3 % des travailleurs utilisent les deux langues officielles..
Évolution des langues maternelles (en %) Légende Sources..:
Chez les plus de 15 ans, 49,3 % n'ont aucun certificat, diplôme ou grade, 18,2 % ont uniquement un diplôme d'études secondaires ou l'équivalent et 32,0 % détiennent aussi un certificat, un diplôme ou un grade post-secondaire; par comparaison, ces taux s'élèvent à 29,4 %, 26,0 % et 44,6 % au provincial.. Parmi la même tranche d'âge, 10,7 % des gens possèdent un diplôme d'un programme d'un an au CCNB ou l'équivalent, 9,3 % détiennent un diplôme d'un programme de trois ans au CCNB ou l'équivalent, 4,0 % ont un diplôme ou un certificat universitaire inférieur au baccalauréat et 8,0 % ont un certificat, un diplôme ou un grade universitaire plus élevé. Parmi ces diplômés, 13,7 % sont formés en enseignement, aucun en arts ou en communications, aucun en sciences humaines, aucun en sciences sociales ou en droit, 31,5 % en commerce, en gestion ou en administration, 4,1 % en sciences et technologies, 4,1 % en mathématiques ou en informatique, 9,6 % en architecture, en génie ou dans des domaines connexes, 9,6 % en agriculture, en ressources naturelles ou en conservation, 8,2 % en santé, parcs, récréation ou conditionnement physique, 16,4 % en services personnels, de protection ou de transport et aucun dans d'autres domaines. Les diplômés post-secondaires ont terminé leurs études à l'extérieur du pays dans 2,7 % des cas.
Économie
Travail et revenu