L'équipe de Bosnie-Herzégovine de football, créée en 1992, est l'équipe nationale représentant la Bosnie-Herzégovine en football masculin. Cette équipe est présentée par la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Fudbalski Savez Bosne I Hercegovine ), qui n'est affiliée à la FIFA que depuis 1996 et à l'UEFA depuis 1998. Jusqu'en 1992, les joueurs bosniens faisaient partie de l'équipe de Yougoslavie.

La première victoire de l'équipe nationale en tant que membre de la FIFA est un succès de prestige, obtenu le face à l'Italie, vice-champion du monde en 1994. L'équipe de Bosnie-Herzégovine doit attendre dix-huit ans avant de se qualifier pour la phase finale d'une compétition internationale : en 2014, les « Dragons » se qualifient pour la Coupe du monde de 2014, après avoir remporté leur groupe de qualification devant la Grèce. Avant ce succès, l'équipe avait plusieurs fois manqué de peu une qualification pour des tournois majeurs, notamment pour la Coupe du monde de 2010 et le Championnat d'Europe 2012 où le Portugal élimine à deux reprises les Bosniens en barrage. La Bosnie-Herzégovine passe également de justesse à côté du Championnat d'Europe 2004 ou de la Coupe du monde de 2006. Elle effectue son grand retour dans une compétition internationale à l'occasion de la Coupe du monde 2026, 12 ans après sa dernière participation et après plusieurs échecs en barrages lors des compétitions suivantes, à la suite d'un match historique en finale de barrages face à l'Italie le .

La Bosnie-Herzégovine organise ses matchs au Bilino Polje, dans la ville de Zenica et au Grbavica, dans la capitale Sarajevo. Le classement FIFA le plus élevé de la sélection est une occupée en . En octobre de la même année, la Bosnie-Herzégovine apparaît pour la première fois de son histoire en tête des anciennes républiques yougoslaves à ce classement.

Historique Période pré-indépendance (1905-1992)

Le football s'implante en Bosnie-Herzégovine au début du dans la ville de Mostar, avant que le sport ne se propage rapidement à Sarajevo, Banja Luka, Tuzla, Zenica et Bihac. Le pays vit sous domination austro-hongroise lors de l'organisation de la première compétition officielle en 1908, qui ne se déroule qu'à petite échelle au sein de chaque territoire occupé. Au début de la Première Guerre mondiale, il existe quatre clubs à Sarajevo et environ une vingtaine en dehors de la capitale. La création du royaume de Yougoslavie après 1918 voit apparaitre un certain nombre de championnats, puis un championnat national auquel participent notamment deux équipes de Bosnie-Herzégovine.

En 1920, le prédécesseur de la fédération de football de Bosnie-Herzégovine est fondée en tant qu'« association des joueurs de Sarajevo ». Une Fédération de football de Bosnie-Herzégovine est fondée après la Seconde Guerre mondiale et est affiliée à la Fédération de Yougoslavie de football.

thumb|left|Mehmed Baždarević, un Bosnien ayant joué pour la Yougoslavie puis pour la Bosnie-Herzégovine.|alt=Mécha Baždarević Les meilleurs clubs de Bosnie-Herzégovine jouent en première, deuxième et troisième divisions yougoslaves avec plus ou moins de succès, alors que les meilleurs joueurs bosniens intègrent la sélection yougoslave comme Vahid Halilhodžić, Safet Sušić, Josip Katalinski, Faruk Hadžibegić, Ivan Osim, Asim Ferhatović, Blaž Slišković, Mécha Baždarević, Dušan Bajević et beaucoup d'autres encore.

Les premières années (1992-2002) Peu de temps après l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, alors que l'on est au début de la guerre de Bosnie, une sélection de joueurs bosniens rassemblée sous le nom de Bosnia-Herzegovina Humanitarian Stars prend part en à deux matchs amicaux humanitaires hors de ses terres, face au KRC Genk et au FC Kaiserslautern. Blaž Slišković est le capitaine de cette première sélection de Bosnie-Herzégovine. Quelques mois plus tard, l'équipe joue son premier match contre une autre équipe nationale : la rencontre a lieu à Téhéran contre l'équipe d'Iran. Elle est remportée par la Bosnie-Herzégovine sur le score de trois buts à un, mais ce résultat n'a jamais été enregistré officiellement, l'équipe de Bosnie-Herzégovine n'étant pas encore reconnue par la FIFA.

Le l'équipe de Bosnie-Herzégovine joue un match humanitaire contre le Fortuna Düsseldorf, qui compte dans son équipe technique deux Bosniens, Aleksandar Ristić, l'entraîneur, et Enver Marić, chargé des gardiens de but. Haris Škoro inscrit un doublé permettant aux Bosniens de repartir avec un score de parité de deux buts partout.

Le premier match amical de l'équipe reconnu par la FIFA se joue à Tirana le , neuf jours après la signature des accords de Dayton qui mettent fin à la guerre de Bosnie. Alors que la république de Bosnie-Herzégovine n'est pas encore créée, les accords de Dayton ne prévoyant la création d'un État bosnien que le , l'équipe nationale de football obtient un statut provisoire de la part de la FIFA pour jouer ce match. Les Bosniens portent en guise de maillots des t-shirts achetés dans des magasins de sport une heure avant de s'envoler pour l'Albanie. Sous les ordres de l'entraîneur Fuad Muzurović, l'équipe bosnienne est composée d'Ismir Pintol, de Vedin Musić, d'Ibrahim Duro, de Muhamed Konjić, de Senad Begić, de Nedžad Fazlagić, d'Esmir Džafić, d'Enes Demirović, de Husref Musemić, d'Asim Hrnjić et d'Almir Turković. Elle s'incline contre l'équipe d'Albanie deux buts à zéro.

thumb|upright|Almedin Hota, milieu de terrain bosnien ayant joué quatorze matchs entre 1998 et 2002.|alt=Almedin Hota L'équipe nationale de Bosnie-Herzégovine devient un membre officiel de la FIFA en , mais n'est affiliée à l'UEFA qu'en 1998, faisant de la Bosnie-Herzégovine le seul pays en cette fin de siècle à devenir membre de la FIFA avant d'être membre de sa propre confédération continentale.

La sélection se lance dans sa première campagne de qualification pour une compétition majeure pour la Coupe du monde 1998. Elle se retrouve dans le groupe de la Grèce, du Danemark et de deux anciennes républiques yougoslaves, la Croatie et la Slovénie. Le , avec Mécha Baždarević pour capitaine et Fuad Muzurović comme sélectionneur, la Bosnie-Herzégovine connaît des débuts officiels difficiles en s'inclinant trois buts à zéro en Grèce. Elle finit quatrième de son groupe, avec deux victoires de prestige face à la Slovénie et au Danemark, sur le score de trois buts à zéro, alors que les Scandinaves pointent en tête du groupe. Le match opposant la Bosnie-Herzégovine à la Croatie est organisé au stade Renato Dall'Ara de Bologne en raison des fortes tensions qui existent encore entre les deux pays.

Lors des éliminatoires de l'Euro 2000, la sélection, confiée à Mišo Smajlović, remporte trois matchs, fait deux matchs nuls et s'incline à cinq reprises. Quatre des cinq défaites le sont face aux deux favoris du groupe, la République tchèque et l'Écosse. L'équipe termine troisième du groupe, devant les îles Féroé et à égalité de points avec la Lituanie et l'Estonie, devancées lors des confrontations directes. Le , la Bosnie-Herzégovine joue un match à but humanitaire pour les orphelins de Bosnie, contre le FIFA's World Stars XI, au stade Koševo de Sarajevo. Devant près de personnes, le match se termine sur le score d'un but à zéro en faveur de la sélection mondiale, qui compte notamment dans ses rangs Dunga, Ali Daei et Roberto Baggio, buteur sur penalty.

Pour la Coupe du monde 2002, les Bosniens n'arrivent toujours pas à se mêler à la lutte pour les places qualificatives. Ils terminent à la quatrième place de leur groupe derrière l'Espagne, l'Autriche et Israël, en s'imposant seulement à deux reprises contre le Liechtenstein. À la suite de cette campagne calamiteuse, Blaž Slišković remplace Mišo Smajlović.

La montée en puissance (2002-2012) La campagne de qualification pour l'Euro 2004 voit les joueurs bosniens manquer de justesse une première qualification pour une compétition majeure. La campagne ne commence pourtant pas brillamment puisque les hommes de Blaž Slišković s'inclinent à domicile face à la Roumanie, qui marque trois buts dans les trente premières minutes, puis en Norvège. En l'équipe se relance en battant le Luxembourg puis le Danemark, à Copenhague, deux buts à zéro. Après une nouvelle défaite contre la Roumanie, à Craiova, la Bosnie-Herzégovine reprend goût à la victoire contre la Norvège à Zenica, grâce à un but tardif de Zlatan Bajramović, puis le Luxembourg. La Bosnie-Herzégovine est alors , deux points derrière la Roumanie, qui a joué tous ses matchs, et le Danemark. Les Bosniens ont les cartes en main avant leur dernier match contre les Danois à Sarajevo, une victoire les envoyant directement à Euro au Portugal. L'équipe bosnienne encaisse un but dès la par Martin Jørgensen, puis égalise dès la : sur une longue passe d'Emir Spahić, Hasan Salihamidžić perce côté droit et sert Elvir Bolić qui inscrit le but égalisateur de la tête. Mais les Bosniens ne retrouveront pas le chemin des filets. Ce match nul repousse les Bosniens à la quatrième place du groupe, alors que le Danemark, contre qui la Bosnie-Herzégovine a pris quatre points en deux matchs, termine en tête.

thumb|upright|Zvjezdan Misimović, attaquant bosnien ayant commencé sa carrière internationale en 2004. Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2006, les Bosniens obtiennent deux matchs nuls face à l'Espagne, une victoire et une défaite face à la Belgique et un nul et une défaite face à la Serbie-et-Monténégro. Tenue en échec à domicile (où elle est restée invaincue) par la Lituanie, la Bosnie-Herzégovine termine troisième du groupe, à quatre points de l'Espagne, deuxième, et à six points de la Serbie-et-Monténégro.

Bénéficiant d'un tirage au sort relativement favorable, la Bosnie-Herzégovine entame la campagne de l'Euro 2008 par une victoire cinq buts à deux sur Malte. Cependant les défaites à domicile face à la Hongrie et la Grèce, suivies d'un match nul face à la Moldavie à Chișinău, ont raison de Blaž Slišković qui cède sa place à l'ancien sélectionneur de l'équipe Fuad Muzurović. En parallèle se trame une crise politique au sein du football bosnien puisque treize joueurs de l'équipe première refusent désormais de jouer pour l'équipe nationale tant que quatre hauts responsables de la Fédération de football de Bosnie-Herzégovine, Milan Jelić, Iljo Dominković, Sulejman Čolaković et Ahmet Pašalić, n'ont pas démissionné. De jeunes joueurs comme Senijad Ibričić, Boris Pandža, Edin Džeko, Vedad Ibišević et Sejad Salihović, qui ont participé aux éliminatoires du Championnat d'Europe espoirs 2007, en profitent pour commencer leur carrière internationale en remplacement des joueurs mutins.

La sélection se relance en s'imposant sur la Norvège à Oslo, puis à domicile la Turquie, trois buts à deux, et Malte. Edin Džeko et Elvir Rahimić honorent leur première cape contre la Turquie à Sarajevo. Mais l'embellie est de courte durée et l'équipe enchaîne ensuite cinq défaites consécutives, dont deux à domicile. Les Bosniens terminent à la quatrième place de leur groupe. Meho Kodro remplace Fuad Muzurović, mais est remercié à son tour après seulement quelques mois.

thumb|upright|Emir Spahić, capitaine bosnien lors des deux confrontations avec le Portugal en match de barrage.|alt=Emir Spahić Pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2010, la Fédération de Bosnie-Herzégovine nomme Miroslav Blažević, l'ancien sélectionneur de la Croatie. En , l'équipe se qualifie pour la première fois de son histoire pour les barrages d'une compétition internationale en terminant à la seconde place de son groupe derrière l'intraitable équipe d'Espagne, championne d'Europe en titre et future championne du monde. Edin Džeko est le meilleur buteur du groupe et est le second meilleur buteur dans la zone Europe avec neuf buts, juste derrière le Grec Theofanis Gekas, auteur d'un quadruplé contre la Lettonie. La Bosnie-Herzégovine affronte le Portugal lors des matchs de barrage et s'incline à deux reprises sur le score d'un but à zéro.