Figures II est un livre du critique littéraire et théoricien du récit Gérard Genette. L'œuvre est constituée de dix articles qui suivent deux directions principales : la théorie du récit et la poétique du langage.
Table Raison de la critique pure Rhétorique et enseignement La littérature et l'espace Frontières du récit Vraisemblance et motivation Le jour, la nuit Langage poétique, poétique du langage « Stendhal » D'un récit baroque Proust et le langage indirect
Analyse et commentaire Raison de la critique pure
Rhétorique et enseignement
La littérature et l'espace L'article commence par remarquer qu'il est car le texte se présente de façon 43.. Genette refuse d'aborder le sujet sous l'angle thématique, c'est-à-dire en se penchant sur les moments où la littérature décrit des espaces. Il estime que 44.. Remarquant que la peinture ou l'architecture, se déployant dans la spatialité, ne parlent pas de l'espace, mais font plutôt , il en vient à se demander s'il existe . Après avoir répondu par l'affirmative, Genette distingue différentes spatialités en littérature.
Primat de la spatialité dans la langue La langue semble plus apte à exprimer l'espace ce qui la conduit à user de métaphores construites sur des relations spatiales pour parler du temps. Bergson le notait et imputait au langage une trahison des processus de la conscience qui à son sens serait d'ordre essentiellement temporel. Les développements de la linguistique, lorsque Genette écrit, le conduisent à constater que Il nuance cette approche, en citant Blanchot qui précise qu'il s'agit d'une spatialité 45..
La mise en espace par l'écriture La prééminence de l'espace dans le système de la langue . Alors qu'on a longtemps perçu l'écriture, du moins en Occident, comme le simple moyen de fixer par des signes les sons, avec MallarméOn se reportera à Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. on s'aperçoit qu'elle dépasse cette assignation pragmatique. L'écriture montre par la mise en page et de façon symbolique . Elle nous rend sensibles à Partant, la lecture n'est plus un processus temporel orienté, mais elle est aussi la mise en relation d'. Genette en conclut que 46.
L'espace interstitiel : entre sens propre et sens figuré Genette aborde ensuite les conséquences des effets de sens de l'écriture littéraire. . Or le langage littéraire fonctionne rarement d'une manière univoque, car il joue de la polysémie des mots et recourt aux figures, ce qui conduit à admettre que l'expression 47.. Un espace se forme donc dans l'interstice sémantique ainsi créé, qui détruit l'apparence unilinéaire du discours. . Le temps ne peut jamais épouser parfaitement le texte car ce-dernier, par le concours des figures, du style, s'expose comme épaisseur de sens.
Atemporalité de la littérature Lors de l'ultime étape de la réflexion, nous sommes conduits à envisager la littérature dans son ensemble. Gérard Genette rappelle que Proust reprochait à Sainte-Beuve d'examiner Certes il ne s'agit pas de dénier à l'approche historique sa légitimité, mais il est nécessaire de demeurer sensible aux 48.
Le lieu même de la littérature se résume alors à la bibliothèque de Borges, La littérature, consignée dans l'espace labyrinthique de la bibliothèque, s'extrait du temps pour exister dans un pur présent en gésine des potentialités de lecture.
Frontières du récit Dans cet article Genette entame une réflexion à partir une définition positive et en apparence simple du récit : 49. Une telle définition laisse penser que le récit va de soi et que Loin de se laisser séduire par l'évidence, il choisit de poser une
Utilisant une série d'opposition, le critique s'embarque alors pour découvrir les limites du récit. La première d'entre elles lui est fournie par les Anciens.
Diégésis et mimésis Platon esquissait l'opposition entre diégésis et mimésis dans La République<ref>La République, .</ref>, opposition qui sera reprise avec une divergence dans l'acception des termes par Aristote dans La Poétique.
Platon : le récit et l'imitation Dans La République Socrate dénie au récit la capacité d'imiter mais il tient compte .Pour Platon, le domaine de ce qu'il appelle Le simple récit correspond à ce que le poète transmet La République, 393 a..
L'exemple utilisé par le philosophe est tiré du chant I de l’Iliade lorsque Chrysès pour racheter sa fille prononce un discours à l'adresse des Achéens. Au sens de Platon, seul le discours durant lequel Homère feint d'être devenu Chrysès La République, 393 e. relève de l'imitation. Si Homère avait souhaité poursuivre le récit, il aurait pu raconter les paroles de Chysès, c'est-à-dire utiliser le style indirect.
Il découle de cette distinction entre 51..
Aristote: deux modes de l'imitation Aristote aborde le problème différemment. Dans sa conception l'imitation se présente sous deux modes. Le premier est le récit, qu'il nomme diégésis, l'autre, la mimésis, est la représentation directe par des acteurs parlant et agissant devant des spectateursPoétique, 1448 a.. Genette en déduit qu'il y a .
En effet la classification d'Aristote diffère notoirement de celle de Platon car elle fait de toute poésie une imitation, et distingue 51 et 52. Par ailleurs Aristote ne classe pas l'épopée dans la catégorie d'un genre mixte, il la considère comme relevant du mode narratif pur. Cela peut s'expliquer du fait qu' 52., mais aussi parce que . Mais en affirmant la supériorité d'Homère sur d'autres poètes épiques au motif qu'il privilégie les parties dialoguéesPoétique, 1460 a., Aristote reconnaît implicitement le
Leurs conceptions n'opposent donc pas les philosophes. Le fond commun de leurs analyses repose sur la distinction entre le dramatique et le narratif . Par contre leurs axiologies sont antithétiques : Platon souhaite un poète qui exerce son art de façon aussi peu mimétique que possible tandis qu'Aristote valorise la tragédie au détriment de l'épopée. 53..
Ut pictura poesis Ni Platon ni Aristote ne mentionnent que l' Or le poète exerce précisément son activité dans le champ linguistique. Si des vers narratifs forment une représentation verbale d'actions et que comme le rappelle William James, des vers rapportant le discours d'un personnage sont ce discours lui-même Dès lors se pose la question de la définition même du mot imitation. Genette entreprend une comparaison du travail poétique avec la peinture qui représente par ses moyens propres une réalité non-picturale et plus exceptionnellement procède à des mises en abyme. Ce parallèle amène à estimer que la véritable imitation réside non dans le décalque d'un matériel linguistique par des outils linguistiques, les mots, mais bien dans les 54.
Cette comparaison, que Genette reconnaît être simpliste, permet de percevoir la nature profondément hétérogène du récit « mixte » selon Platon, . Le récit historique se distingue néanmoins de la fiction. Dans le premier cas l'auteur doit être plus sensible que dans le second au passage de la narration des événements à la . La fiction au contraire tend à gommer la différence entre dire des actes, qui nécessite toute une série de transpositions mentales pour aller du réel à une diction de celui-ci, et dire des paroles. Pourtant 55. car elle ne distingue pas la fiction de la représentation. Or en tant que lexis, par différence avec logos, le langage ne peut imiter que lui-même et cette imitation se réduit à une tautologie.
. De sorte que même si Platon oppose mimésis à diégésis, en différenciant imitation parfaite et imparfaite, puisque la seule imitation parfaite se résume à la chose mêmeCratyle, seule l'imitation imparfaite demeure imitation. 56
Narration et description
Après avoir défini la « représentation littéraire », qui se confond avec le récit « au sens large », Gérard Genette entend examiner une distinction postérieure à Platon et Aristote, celle qui sépare la narration de la description''. Il note que cette opposition Cependant elle ne serait pas
Un statut inégal
Vraisemblance et motivation Le jour, la nuit
Langage poétique, poétique du langage
« Stendhal »
D'un récit baroque
Proust et le langage indirect
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Gérard Genette Narratologie Transtextualité
Liens externes
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