Jean-Pierre Michel, né le à Nîmes et mort le à Trévenans, est un magistrat et homme politique français. Il est notamment maire d'Héricourt de 1983 à 2004, député de la Haute-Saône entre 1981 et 2002 et sénateur de 2004 à 2014.
Biographie Jeunesse et formation Jean-Pierre Michel est le fils de Léon Michel, un pharmacien, et d'Yvette de Bonadona.
Il fait ses études aux collèges de Tanger et d'Orange, au lycée Corneille à Rouen, à la Faculté de droit de Paris, à l'Institut d’études politiques de Paris et à l'Institut de criminologie de Lille. Il est licencié en droit, diplômé d’études supérieures en droit public, d’études supérieures en criminologie.
Carrière de magistrat Il est magistrat au ministère de la Justice de 1968 à 1972, juge à Corbeil-Essonnes de 1972 à 1974 et chef de bureau de la législation à la direction des affaires criminelles de 1974 à 1980, et substitut au tribunal de grande instance de Créteil de 1980 à 1981. Il est également secrétaire général du Syndicat de la magistrature de 1972 à 1974.
Parcours politique Après un échec en 1978, il devient député de la Haute-Saône lors de la vague rose de 1981 pour le compte du Parti socialiste et est constamment réélu jusqu'à sa défaite face à Maryvonne Briot lors de l'élection législative de 2002.
En 1985, Jean-Pierre Michel est à l'origine de l'amendement qui pénalise les discriminations contre les homosexuels, qu'il fait adopter malgré les réticences du gouvernementCompte rendu des débats du 23 mai 19851985, les mœurs au parlement, Thomas Dupuy, Centre Lgbt Paris. Avec Gisèle Halimi, il est un des initiateurs de la disposition permettant de donner le nom de la mère aux enfantsBertrand Le Gendre, La transmission du nom ou le privilège des pères, Le Monde, 27 juin 1983.
Il est à l'origine de l'amendement devenu article 20 de la loi du relative au financement des partis politiquesLoi n° 90-55 du 15 janvier 1990 relative à la limitation des dépenses électorales et à la clarification du financement des activités politiques, article vivement critiqué par la suite car permettant une « autoamnistie » des hommes politiques confrontés à des inculpations d'abus de biens sociaux. Le quotidien Le Monde commente alors : « Les commissaires socialistes sont déjà passés à l'acte... (Ils) ont introduit un amendement... (qui) n'est ni plus ni moins qu'un article de dépénalisation.» Le sénateur communiste Charles Lederman avance que cet article « blanchit » les hommes politiques impliqués dans des affaires politico-financièresLE VEAU D'OR, Charles Lederman, humanite.fr, 23 janvier 1992.
Après avoir été membre au sein du PS du CERES pendant de nombreuses années, il adhère en 1992 au Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement, ancien animateur du CERES. Il le quitte en 2002 pour fonder l'Association pour une gauche républicaine (AGR). En , il rejoint le Parti socialiste au courant Nouveau Monde et est élu sénateur de la Haute-Saône en .
Dès 1991, avec deux militants homosexuels, Jan-Paul Pouliquen et Gérard Bach-Ignasse, il rédige une proposition de loi sur un contrat d'union civile (CUC) mais n'arrive pas à convaincre d'autres députés de gauche de la déposer. Au cours des années suivantes, Jean-Pierre Michel est l'auteur ou le coauteur de plusieurs autres propositions de loi sur le même thèmeGaëlle Dupont, « Jean-Pierre Michel, héraut des homos », lemonde.fr, 5 avril 2013, qui n'aboutissent pas. Avec le retour de la gauche au pouvoir en 1997, le projet est relancé. Jean-Pierre Michel est, avec Patrick Bloche et Jan-Paul Pouliquen, un des pères du Pacte civil de solidarité (PACS), adopté le Pacs: la sortie de Jean-Pierre Michel indigne les magistrats, Blandine GROSJEAN, Libération.fr, 15 octobre 1999.
Il est élu sénateur en 2004.
Il est notamment nommé le rapporteur du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexehttp://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20121112/lois.html#toc2 Compte rendu de la Commission des lois du 14 novembre 2012.. Il intervient médiatiquement à plusieurs reprises contre les adversaires du projet. Le journal Valeurs actuelles avance qu'il joue un rôle central dans l'adoption de cette nouvelle loiMariage homo : le deuxième round, Fabrice Madouas, valeursactuelles.com, 21 mars 2013. Il refuse de recevoir le collectif la Manif pour Tous lors de l'examen en commission. Il se déclare favorable à la gestation pour autrui pour les couples hétérosexuels et homosexuels.
Dans le scandale du « mur des cons », il soutient le Syndicat national de la magistrature en estimant que les Hugo Domenach, Mur des cons : "Des magistrats ont été humiliés", Le Point.fr, 25 avril 2013.
En 2014, il est rapporteur de la réforme pénale au Sénat. Il fait adopter une nouvelle version de la contrainte pénale, qui devient une peine complètement autonome que les juges auraient l'obligation d'appliquer. Cette peine se substituerait ainsi à la prison en cas de « vol, recel de vol, de filouterie, de dégradation, d'usage de stupéfiants et de certains délits routiers ». Il propose également la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs et de la rétention de sûretéRéforme pénale : la gauche anti-prison contre-attaque, lefigaro.fr, 18 juin 2014.
La même année, Jean-Pierre Michel annonce sa candidature à un second mandat de sénateur. Il est battu par le candidat présenté par l'UMP le .
Il meurt le à l'hôpital Nord Franche-Comté, à Trévenans (Territoire de Belfort), après plusieurs mois d'hospitalisation, à l'âge de 82 ans. Il est inhumé à Héricourt (Haute-Saône).
Détail des mandats et fonctions 1981 - 2002 : député 1983 - 2004 : maire d'Héricourt 1992 - 2011 : conseiller général de la Haute-Saône (canton de Héricourt-Ouest) 2004 - 2014 : sénateur de la Haute-Saône
Vie privée Jean-Pierre Michel est marié à une femme et homosexuel. En , le magazine d'extrême droite Minute révèle contre leur gré l'homosexualité de plusieurs parlementaires, parmi lesquels Jean-Pierre MichelHugo Bouvard, « Chapitre 4. Faire élire des militant·es vs pousser des élu·es au coming out : bifurcation de la cause depuis les années 1990 »Gays et lesbiennes en politique. Représenter les minorités sexuelles en France et aux États-Unis, Presses universitaires du Septentrion, 2024, : Lire en ligne. À partir de 1997, le magazine gay Têtu et son rédacteur en chef Thomas Doustaly font pression sur Jean-Pierre Michel et sur un autre député, Patrick Bloche, pour qu'ils fassent leur coming out au moment où ils défendent le PACS à l'Assemblée, leur reprochant leur discrétionHugo Bouvard, Gays et lesbiennes en politique. Représenter les minorités sexuelles en France et aux États-Unis, Presses universitaires du Septentrion, 2024, . Jean-Pierre Michel résiste cependant à cette injonction. Il finit par accepter une ; Doustaly écrivant dans Têtu en : Thomas Doustaly, « éditorial », Têtu, n° 25, juin 1998, cité par Hugo Bouvard, Gays et lesbiennes en politique. Représenter les minorités sexuelles en France et aux États-Unis, Presses universitaires du Septentrion, 2024, . Interviewé dans Têtu le mois suivant, Jean-Pierre Michel assume s'être fait le relais des revendications des homosexuels depuis les années 1980 mais déclare :
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