Malines (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. ; en , prononcé [ˈmɛxələ(n)]) est une commune et ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province d'Anvers, chef-lieu de l'arrondissement. Malines compte (2026). C'est la sixième ville de Flandre en nombre d'habitants et la deuxième ville de province, après Anvers. Elle est aussi la deuxième ville sur la Dyle, après Louvain.

Elle est née de la fusion des anciennes communes de Malines, de Walem, d'Heffen, d'Hombeek, de Leest et de Muizen.

Elle est depuis 1559 le siège de l'archidiocèse de Malines, devenu en 1962 l'archidiocèse de Malines-Bruxelles.

Géographie

Situation La commune de Malines est située à égale distance entre Bruxelles au sud et Anvers au nord.

Sections de la commune

# Section Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Malines 28,07 72 232 2 573 12025A 2 Heffen 6,98 2 231 320 12025D 3 Hombeek 9,66 4 525 468 12025B 4 Leest 9,37 2 735 292 12025C 5 Muizen 7,42 5 844 788 12025E 6 Walem 4,30 2 088 486 12025F

Communes limitrophes

Voies de communication et transports La gare principale est située par les lignes 25 de Bruxelles-Nord à Anvers-Luchtbal, 27 de Bruxelles-Nord à Anvers-Central via Machelen et Mortsel et 53 entre Schellebelle et Louvain.

Conçue en 1835 pour être le centre du réseau ferroviaire belge naissant, cette gare bénéficie d'une desserte importante.

La gare de Nekkerspoel, un peu plus au nord, est desservie par un nombre moins important de trains.

Les trains sont en correspondance avec les bus du réseau De Lijn qui assurent des liaisons urbaines et interurbaines.

L'autoroute A1 (E19) traverse la commune à l'ouest de la ville, qui est desservie par les sorties Malines-Sud (route N109) et Malines-Nord (N16). Les autres routes notables traversant la commune sont la N1, la N14, la N15 et la N16.

Hydrographie La limite nord de la commune est constituée par le cours de la Nèthe, qui la sépare de Rumst.

La commune est traversée par la Dyle, affluent du Rupel, par la Senne et par le canal Louvain-Dyle.

Relief

C'est un relief de plaine de faible altitude.

Toponymie Lors du partage de l'empire de Lothaire entre Charles le Chauve, roi des Francs, et Louis le Germanique le , Malines serait mentionnée comme Maalinas dans la part due à Charles. Le nom néerlandais de Malines est Mechelen (Mecheln en allemand ; au Moyen Âge, Mechlinia en latin, parfois Meclinia).

Histoire vignette|gauche|Malines à l'intérieur de son enceinte médiévale sur la Carte de Ferraris (1770-1778) Moyen Âge Selon la tradition, Malines a été évangélisée au par saint Rombaut, un moine venu d’Irlande, dont la vie et les miracles sont retracés sur des panneaux peints visibles dans le déambulatoire de la cathédrale.

À défaut de sources fiables et de fouilles archéologiques probantes, les historiens de Malines en sont réduits à des conjectures et recourent à la géographie pour expliquer la genèse de la ville. La rive gauche de la Dyle est légèrement surélevée et protégée des inondations : c'est là que se serait développée au cours du haut Moyen Âge, voire dès l'époque romaine, un premier noyau d'habitat autour de l'actuel Korenmarkt.

Sur la rive droite, très marécageuse, un deuxième noyau s'est développé ensuite autour du chapitre de Saint-Rombaut.

Vers 1300, est construite une enceinte pourvue de douze portes englobant toutes les paroisses de la ville, située sur l'emplacement de l'actuel Ringlaan, le boulevard qui entoure le centre historique de la ville.

La seigneurie de Malines a longtemps été une possession de la principauté de Liège enclavée à l'intérieur du duché de Brabant.

Jusqu'au début du , elle est dominée par une grande famille de propriétaires terriens, les Berthout, fréquemment en conflit avec leur seigneur, les princes-évêques. Le dernier représentant de leur lignée est Florent Berthout, mort en 1331.

En 1333, le comte de Flandre Louis de Nevers achète la seigneurie au prince-évêque de Liège. Elle est ensuite cédée au duc de Brabant Louis de Male par la paix d'Ath, qui met fin à la guerre de succession de Brabant (1357).

À sa mort en 1384, Malines passe à sa fille Marguerite, et par le mariage de celle-ci avec le duc de Bourgogne Philippe le Hardi aux ducs de Bourgogne de la maison de Valois, qui prennent peu à peu possession des fiefs néerlandais du Saint-Empire (duché de Brabant...) ou du royaume de France (comté de Flandre...), constituant un ensemble appelé « Pays-Bas bourguignons ».

Membre du conseil du duché de Bourgogne à l'époque du duc Philippe le Bon, chevalier de la Toison d'Or, Jean de Luxembourg (vers 1400-1466), le « bâtard de Saint-Pol », occupe la charge de haut bailli de Malines, la plus haute magistrature des Pays-Bas bourguignons.

Pays-Bas bourguignons thumb|Charles le Téméraire par Rubens (vers 1618). Musée d'histoire de l'art à Vienne (Autriche). thumb|Marguerite d'Autriche (vers 1495).

Déjà prospère grâce à sa situation sur la Dyle, elle devient sous Charles le TéméraireMalgré les émeutes entre fermiers et marchands que le nouveau duc doit mater en juillet-août 1467. le siège d'une cour supérieure des Pays-Bas bourguignons, le parlement de Malines (par analogie avec le parlement de Paris). Cette cour est supprimée en 1477 par le Grand Privilège de Marie de Bourgogne. Elle est rétablie en 1504 comme cour supérieure sous le nom de Grand Conseil de Malines par l'époux (veuf depuis 1482) de Marie, l'empereur Maximilien de Habsbourg.

Temps modernes

Pays-Bas espagnols En 1504 le Grand Conseil de Malines est reconnu par tous, et va pendant près de trois siècles élaborer une jurisprudence impartiale et qualifiée : aucun ordre des souverains ne pouvait suspendre, annuler ou modifier la procédure du Grand Conseil. Les conseillers du Grand Conseil de Malines devaient avoir un grade académique en droit..

C'est à Malines que nait à la fin du le premier réseau postal européen avec François de Tassis.

La ville connaît son apogée dans la période où sa fille Marguerite d’Autriche, tante de Charles Quint, gouvernante des Pays-Bas de 1507 à 1530, y réside. Après elle, la gouvernante Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint, réside plutôt à Bruxelles, qui devient la capitale des Pays-Bas.

vignette|gauche|Malines mise à sac par les Espagnols en 1572

En 1546, l'explosion de la Zandpoort, un entrepôt de poudre, est une catastrophe. Elle provoque la mort de quelque habitants et la destruction de nombreux immeublesCet épisode est illustré dans Le Livre des miracles, publié à Augsbourg vers 1550. Réédité en 2013 par Till-Holger Borchert et Joshua P. Waterman. Les palais de Marguerite d'York et de Marguerite d'Autriche, situés à proximité, sont gravement endommagés.

Au début du règne du fils de Charles Quint, le roi d'EspagnePhilippe II est roi d'Espagne en tant que descendant des rois catholiques, et souverain des Pays-Bas (duc de Brabant, comte de Flandre, comte de Hollande, etc.) en tant que descendant de Charles le Téméraire. La formulation usuelle de « Pays-Bas espagnols » est juridiquement inexacte : les Pays-Bas ne font pas partie de l'Espagne, mais de l'Empire, précisément du cercle de Bourgogne. Philippe II, la ville profite de la réorganisation des diocèses des Pays-Bas en devenant le siège de l'archidiocèse de Malines.

Mais peu après, les Pays-Bas deviennent le théâtre d'un conflit à la fois religieux et politique, avec la révolte des Gueux et les débuts de la guerre d'indépendance (1568-1648), alors dirigée par Guillaume d'Orange. Le , les troupes espagnoles du duc d'Albe s'emparent de la ville et la mettent au pillage. En 1580, les insurgés de l'union d'Utrecht reprennent la ville, mais celle-ci est reprise définitivement par Alexandre Farnèse en 1585, avant Anvers, tandis que les sept provinces septentrionales restent indépendantes (de fait jusqu'en 1648), formant la république des Provinces-Unies.

L'époque des Pays-Bas autrichiens En 1714, à la fin de la guerre de Succession d'Espagne, les Pays-Bas espagnols sont cédés à la maison d'Autriche, dont le chef est en général empereur, devenant les Pays-Bas autrichiens.

En 1746, pendant la guerre de Succession d'Autriche, l'armée française commandée par le prince de Soubise s'avance vers Malines, qui capitule immédiatement, n'étant pas en mesure de se défendre.

Époque contemporaine Pendant la Révolution française, les Pays-Bas autrichiens sont attaquées durant l'automne 1792 par les armées de la République, déjà victorieuses à Valmy. Le , après la victoire de Jemmapes, le général Stengel prend Malines, mais la ville revient sans combat aux mains de l'empereur François II au printemps suivant, les armées françaises étant alors contraintes de battre en retraite. Le , les troupes françaises qui ont repris l'offensive prennent une deuxième fois Malines.

Après la conquête française des Pays-Bas, la seigneurie de Malines est incorporée en 1795 au département des Deux-Nèthes (chef-lieu : Anvers), dont elle est une sous-préfecture.

Le , durant la guerre des Paysans, la ville est prise par les insurgés, mais reprise par les républicains le lendemain. 41 prisonniers sont fusillés devant la cathédrale.

À l'époque de Napoléon, les murailles sont totalement détruites.

En 1815, après la chute de Napoléon et le congrès de Vienne, le département est incorporé au royaume des Pays-Bas et devient la province d'Anvers.

En 1835, la première ligne de chemin de fer public du continent européen relia Malines à Bruxelles.

En 1863, le Congrès de Malines réunit, à l'initiative du théologien bavarois Ignaz von Döllinger, plus de cent théologiens. Les débats prenant un tour de plus en plus libéral, le pape Pie IX ordonne la clôture du Congrès et publie le Syllabus errorum.

En 1866 , la ville connaît une importante épidémie de choléra, qui se répète quelques années plus tard, mais n'est plus aussi intense.

En 1914, la ville fut bombardée par les Allemands les 27 et (Grande Retraite). Plusieurs bâtiments historiques, notamment sur l'IJzerenleen et le Schoenmarkt, ont été partiellement ou complètement détruits. Ces bâtiments ont été reconstruits dans un style rétro après 1918, après un concours d'architecture.

En 1944, les Britanniques bombardèrent la ville et firent environ 300 morts. Encore une fois, de nombreuses maisons ont été rasées. Dans le Mechels Broek, de nombreux cratères de bombes de cette époque sont encore très visibles dans le paysage aujourd'hui.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1942 à 1944, la Caserne Lieutenant-Général Baron Dossin de Saint-Georges, mieux connue sous le nom de Caserne Dossin, servit, sous le nom de SS-Sammellager-Mecheln, de lieu de rassemblement pour et de Belgique avant leur départ pour le camp d’extermination d’Auschwitz.

Le , le pape Jean-Paul II a visité la ville à l'occasion de son anniversaire..

Héraldique

Politique et administration

Élections communales de 2018 Le bourgmestre Bart Somers est à la tête d'un cartel Open Vld-Groen-m+, qui dispose d'une majorité de 25 sur 43 sièges. De 2019 à 2023, Alexandre Vandersmissen est désigné comme bourgmestre faisant fonction en remplacement de Bart Somers nommé ministre des Affaires intérieures, de l’Administration, de l’Intégration et de l’Égalité des chances de au sein du gouvernement flamand Jambon. Le , Bart Somers annonce sa démission du poste de ministre des Affaires intérieures, de l’Administration, de l’Intégration et de l’Égalité des chances de au sein du gouvernement flamand Jambon pour reprendre son poste de bourgmestre de Malines. +Élection du conseil communal de Malines PartiVoix%+/-Sièges+/-Open Vld - Groen47,7 13,8 9N-VA16,4 6,8 3VB9,6 0,9 1sp.a9,2 9,0 5CD&V9,2 3,2 2PVDA4,4 1,4 1Autres3,5 2,9 0Total100,043 0

Élections communales de 2024