Bruno Roy (né le - mort la nuit du .) est un écrivain, un professeur et un poète québécois.

Biographie Enfance et formation académique

Bruno Roy est né le . Il fut abandonné dès la naissance et confié aux soins de l'État. Il est placé à la Crèche de l'Hôpital de la Miséricorde à MontréalL'immeuble de l'Hôpital de la Miséricorde est situé au 1051 de la rue St-Hubert à Montréal. Il a changé de vocation ses dernières années..

Deux ans plus tard, il est envoyé à la Crèche St-PaulLa Crèche St-Paul, dirigée par les Sœurs de la Miséricorde, était situé au 1847 Boulevard Gouin est à Montréal. L'édifice fut démoli en 1971. à Montréal pour une période de cinq ans.

En 1950, alors âgé de 7 ans, on l'envoie au Mont-ProvidenceLe Mont-Providence était dirigé par la communauté des Sœurs de la Charité de la Providence et était situé au 7200, boulevard Gouin est à Montréal. Vendu au gouvernement du Québec en 1969, l'immeuble est devenu l'Hôpital Rivière-des-Prairies.. C'était un institut médico-pédagogique fondé à l'origine pour accueillir les orphelins dits éducables. Cependant, quatre ans plus tard, l'institut change d'orientation et devient un hôpital psychiatrique. Tous les orphelins qui s'y trouvaient sont déclarés « malade mental »Les termes « arriéré mental » ou « aliénation mentale » ont également été utilisés.Commentaire: en plus de Mont-Providence, les institutions Baie-St-Paul, Huberdeau, St-Jean-de-Dieu (hôpital Louis-H.-Lafontaine), St-Michel-Archange (Centre hospitalier Robert-Giffard), et St-Julien de Ferdinand d'Halifax ont procédé également à un changement de statut des orphelins afin d'obtenir plus de subventions. Source: Le Protecteur du Citoyen (Daniel Jacoby), document Les « enfants de Duplessis » : à l'heure de la solidarité, Sainte-Foy, 22 janvier 1997., ce qui implique qu'ils ne recevront plus d'instruction et seront utilisés comme main-d'œuvre pour aider les patients. Bruno Roy fera partie des centaines d'orphelins privés d'éducation et faussement étiquetés de « malade mental » parce que les communautés religieuses recevaient plus de subventions pour un malade mental que pour un orphelin. Tous ces orphelins seront baptisés Orphelins de Duplessis car cela coïncide avec l'époque où Maurice Duplessis était premier ministre du Québec.

En 1958, il est transféré à l'orphelinat St-Georges de Joliette, institut dirigé par les Clercs de St-Viateur, grâce à l'intervention de Sœur Olive-des-AngesSource: La Communauté des Sœurs de la Providence. Le nom civique de Sœur Olive-des-Anges était Yvonne Desmarais. Elle est décédée le 29 septembre 1977. Bien que traçant la vie de cette dernière, le nom "Sœur Odile-des-Anges" est un nom fictif et provient de l'œuvre romanesque "Les calepins de Julien". et de l'aumônier de l'orphelinat. Bruno Roy y complétera ses quatrième, cinquième et sixième années. En 1959, il complétera sa septième année et en 1960, il complétera ses huitième et neuvième années.

De 1960 à 1963, Bruno Roy fréquente le collège Louis-Querbes de Berthier (institution dirigé par les Clercs de Saint-Viateur) où il réussit avec succès sa dixième et onzième années. (Belles Lettres).

Après avoir travaillé dans des petits emplois entre autres à Radio-Canada, Bruno Roy rentre au noviciat des Clercs de Saint-Viateur de Joliette en 1964.

De 1965 à 1969, Bruno Roy fait son école normale chez les Clercs de Saint-Viateur de Rigaud où il obtient son brevet A d'enseignement. En 1969, il obtiendra également son baccalauréat en pédagogie de Université de MontréalInformation obtenue du Collège André-Laurendeau.. Au sujet des études de Bruno Roy, le Collège André-Laurendeau mentionne : Outre son bacc en enseignement de l’UdeM et son brevet de l’école normale St-Viateur, il a aussi un bacc de l’UQAM en études littéraires (1976), une maîtrise de l’UQAM en études littéraires (1981) et un doctorat de l’Université de Sherbrooke en études françaises (littérature) (1992)..

En 1976, il devient titulaire d'un baccalauréat en études littéraires de l'Université du Québec à Montréal. En 1981Commentaire: les services de la bibliothèque de l'Université du Québec à Montréal datent la thèse de 1980, alors que le Collège André-Laurendeau indique l'obtention de la maîtrise en 1981., il obtient une maîtrise en études littéraires de l'Université du Québec à Montréal. Sa thèse de maîtrise s'intitule Partout la poésie pratique d'écriture poétique en classe Référence: banque de données des bibliothèques de l'Université du Québec à Montréal.Commentaire: publié en 1984 sous le titre Imaginer pour écrire chez l'éditeur Nouvelle Optique et réédité en 1988 en format poche par VLB éditeur dans la collection « Second souffle ».. Et en 1992, il obtient un doctorat en études françaises (littérature) de l'Université de Sherbrooke. Sa thèse de doctorat s'intitule Chanson québécoise : dimension manifestaire et manifestation(s) : (1960-1980) Référence: banque de données des bibliothèques de l'Université de Sherbrooke..

Bien que l'ayant ignoré pendant plus de cinquante ans, Bruno Roy apprit que son nom était celui de son grand-père maternel donné par sa mère à sa naissanceSource : Texte de Bruno Roy que l'on retrouve aux pages 31 à 34 du SÉMINAIRE MONDIAL DE L’OMEP: NOURRIR LA PAIX AVEC LES ENFANTS Québec 2008. OMEP-Canada est le comité national canadien de l’Organisation Mondiale pour l’Éducation Préscolaire (OMEP)..

Enseignement

Enseignement secondaire 1969-1970 : Bruno Roy enseigne au Collège Champagneur de Rawdon et information obtenue du Collège André-Laurendeau..

1970 : Bruno Roy enseigne à l'Institut des sourds-muets à MontréalL'immeuble de l'Institut des sourds-muets était situé au 7400, boulevard Saint-Laurent, au coin de la rue Castelnau, dans le quartier Villeray à Montréal. L'immeuble a changé de vocation..

1971 : Animateur des loisirs au Collège Beaubois des Frères de St-Gabriel à Pierrefonds.

1972-1974 : Professeur d'histoire, d'écologie et de français en secondaire au Collège Beaubois à Pierrefonds.

1974-1976 : Professeur de français à l'École secondaire Jean-de-la-Mennais (Frères de l'Éducation Chrétienne) à Montréal.

1976-1993 : Professeur de français au Collège Mont-Saint-Louis en secondaire .

Enseignement collégial

1988-1989 : Professeur de littérature et société québécoise au Collège de Rosemont .

1993-1997 : Professeur de littérature au Collège André-Laurendeau de l'arrondissement Lasalle à Montréal.

Enseignement universitaire

1978-1985 : Professeur des cours sur la Musique et la chanson au Québec, Littérature et société, et Littérature québécoise à Université de Montréal.

1985-1992 : Professeur des cours sur la chanson québécoise, Pratiques littéraire et , et Immersion et culture québécoise à l'Université du Québec à Montréal.

1987-1989 : Professeur des cours sur la chanson québécoise et la littérature québécoise à l'Éducation permanente de l'Université de Montréal.

Militantisme

Il militera pour plusieurs causes, dont celle des orphelins de Duplessis ainsi que celle de la défense de la langue française..

Il contribuera à la fondation ou à l'essor de plusieurs sociétés littéraires. Notamment, à Joliette et à Laval.

À compter de 1982, il a occupé plusieurs postes au sein du conseil d’administration de l’Union des écrivaines et écrivains québécois. Il sera président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois de 1987 à 1996, puis de 2000 à 2004..

En , il a témoigné à l’émission L'Envers de la médaille « un enfant de Duplessis » à Radio-Canada. En , il a témoigné à l’émission Second regard « Les Enfants de Duplessis » à Radio-Canada. En 1994, il devient porte-parole et président du Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis. Il est coauteur d'une mini-série sur le sujet des orphelins, intitulée Les Orphelins de Duplessis.

Dans les années 1990, il a également été secrétaire général de la Fédération internationale des écrivains de langue française.

En 1993, il devient le deuxième québécois à recevoir la médaille d'honneur de l'Association des écrivains de la langue française. En 1999, le département des lettres du Collège André-Laurendeau crée un prix littéraire qu'il nomme, en son honneur, le prix Bruno Roy, afin d'encourager la relève littéraire chez les étudiants.

Bruno Roy a également été Président d'honneur du Marathon d'écriture du Collège André-Laurendeau de .

Ardent pacifiste et souverainiste convaincu, il était membre de l'association des Artistes pour la Paix dont il était le secrétaire depuis ..

En décembre 2009, il subit un accident vasculaire cérébral un peu avant Noël. Il décède la nuit du à l'âge de 66 ans. Il laisse dans le deuil, en plus de nombreux parents et amis, ses deux filles Isabelle et Catherine. Bruno Roy avait perdu son épouse Luce Michaud en . Elle partageait sa vie depuis le début des années 1970.

Stanley Péan le considérait comme un père spirituel.

Bibliographie Essai 1977 : Panorama de la chanson québécoise, Leméac 1979 : Et cette Amérique chante en québécois, Leméac 1984 : Imaginer pour écrire, Nouvelle Optique. Réédité en 1988 en format poche par VLB éditeur dans la collection « Second souffle » 1991 : Pouvoir chanter, VLB éditeur 1994 : Mémoire d'asile, Boréal Enseigner la littérature au Québec, XYZ éditeur 2002 : Consigner ma naissance, Éditions Trois-Pistoles 2003 : Journal dérivé . La lecture 1974-2000, XYZ éditeur 2004 : Naître, c'est se séparer, XYZ éditeur 2005 : Journal dérivé . L'écriture 1972-2000, XYZ éditeur 2006 : Journal dérivé . L'espace public 1970-2000, XYZ éditeur 2008 : L'Osstidcho ou le désordre libérateur, XYZ éditeur 2009 : Les cent plus belles chansons québécoises, Fides (illustré par Diane Dufresne) Journal dérivé . L'espace privé 1967-2000, XYZ éditeur

Poésie 1984 : Fragments de ville, Arcade 1988 : L'envers de l'éveil, Triptyque 1992 : Peuple d'occasion, Écrits des Forges 1994 : Les racines de l'ombre, XYZ éditeur. Réédité en format poche en 2004 par XYZ éditeur 1999 : Les mots conjoints, aphorisme, XYZ éditeur 2002 : Le détail de la langue, Écrits des Forges 2006 : Tellurique d'amour, Écrits des Forges 2008 : Brûlés par la nuit, Écrits des Forges

Roman 1998 : Les calepins de Julien, XYZ éditeur et également aux Éditions Québec-Loisirs et à Production Braille. Réédité en format poche à XYZ éditeur en 2004 2001 : Les heures sauvages, XYZ éditeur 2004 : L'engagé, XYZ éditeur 2007 : N'oublie pas l'été, XYZ éditeur

En collaboration 1989 : Nous reviendrons comme des Nelligan (anthologie de poèmes étudiants), VLB éditeur 1997 : Les Orphelins de Duplessis, télésérie en quatre épisodes, production Télé-Action, diffusion Société Radio-CanadaSource: La Presse, 15 mars 1997, D. Arts et spectacles, page D2 - Un article de Louise Couisineau "Les Orphelins de Duplessis: une oeuvre dure et essentielle - Hyperlien:

https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2183583?docpos=2 ; Et La Presse, 15 mars 1997, Télé plus, page 3 - Les orphelins de Duplessis - Hyperlien:

https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2183593?docpos=3 1997 : Gilles Vigneault, Entre musique et poésie, 40 ans de chansons, choix des textes et présentation de Bruno Roy, Montréal, Bibliothèque québécoise 2002 : Georges Dor, Mémoire d'un homme de parole, introduction et choix de textes par Bruno Roy, Fides 2002 : La route, l'île et l'été (chansons, musique de Gilles Bélanger), et Ce qu'il faut dire (poème) dans Je marche à toi, de Chloé Sainte-Marie, OCCD9198

Bruno Roy a également écrit de nombreux articles dans les journaux et les revues sur la chanson québécoise, la littérature, le théâtre, l'enseignement, la culture, l'actualité.

Prix et distinctions

1993 : Médaille d'honneur de l'Association des écrivains de langue française (ADELF). 1999 : Prix Condorcet du Mouvement laïque québécois pour sa contribution à la promotion de la laïcité au Québec et à la défense de la liberté de conscience.