L'histoire de l'utilisation du terme structure en psychopathologie relève de plusieurs champsAndré Rey, Marianne Tomi, Tristan Hordé, Chantal Tanet : Dictionnaire historique de la langue française, trois volumes, éditions "Le Robert" ., la neurologie et les idées de Jackson, de la philosophie où elle est définie comme

On retrouve encore l'utilisation du terme structure en linguistique (Troubetzkoï, Jakobson) et en psychologie avec Édouard Claparède (1916) et Paul Guillaume sans parler de l'usage bien connu de l'anthropologie de Claude Lévi-Strauss.

La Gestalt en fait usage également.

Médecine En médecine, le mot est utilisé dès les comme quasi synonyme d'« organisme ». Voici ce que dit Philippe Pinel :

Plus tard, Jules Soury a utilisé le terme dans son ouvrage Le système nerveux central, structures et fonctions, histoire critique des théories et des doctrines, qui a été couronné en 1899 par l'Académie des Sciences et l'Académie de Médecine (. Il cite régulièrement les travaux de Sigmund Freud sur l'uni- ou bipolarité des cellules ou sa contribution à la nosologie de syringomyélie, des paralysies motrices, parus dans les Archives de Neurologie de 1893 (n°77).

Psychologie En psychologie, la structure psychique s’édifie (psychogénétique...) lors de processus ou stimuli biologique, socio-historique, psycho-affectifs et relationnels vécus par un individu ou un groupe.

Psychologie sociale Attitude

Représentation du Soi

Psychiatrie En psychiatrie et en psychopathologie, le terme recouvre des sens différents selon l'approche : phénoménologique (Minkowski), ou autre.

DSM L'usage du terme a été radié des DSM à partir de leur troisième révision, ce qui fait que pour des psychopathologues qui s'inspirent de cette classification, de celle des CIM et du behaviorisme, .

Psychanalyse

Freud Freud est parmi les premiers à décrire la structure de l'appareil psychique dans son livre sur les rêvesSigmund Freud : L'interprétation des rêves (1900), PUF 2005 .. Il utilise le mot dans d'autres ouvrages mais l'une de ses utilisations les plus connues est celle de la métaphore du cristal :

Citant la métaphore de Freud, J. Bergeret voit l'appareil psychique structuré selon les lignes de fragilités qui se brisent telles celles des lignes invisibles d'un cristal selon sa nature (structure) minéralogique et non en fonction de la nature du choc ; il y a une structure névrotique et une structure psychotiqueLe symptôme est « le reflet relationnel visible d’une structure sous-jacente fixée et cachée » J. Bergeret La personnalité normale et pathologique, Paris, Dunod, 1974, rééd. 1996, , 2003 ..

Henri Ey Voici la définition que donnait Henri Ey en 1973Henri Ey, préface de Claude-Jacques Blanc : Traité des Hallucinations, Bibliothèque des Introuvables, 2004 . :

Jacques Lacan Dans la période théorique décrite par le linguiste Jean-Claude Milner comme « le premier classicisme lacanien », à forte inspiration linguistique, le psychanalyste Jacques Lacan énonce sa théorie selon laquelle et met en relation, quitte à s'en détacher plus tard, sa description de la structure en psychanalyse avec le courant structuraliste (notamment F. de Saussure, Jakobson et Lévi-Strauss).

Sur la fin de son enseignement, il fera équivaloir les structures psychiatriques classiques à des types de nœuds borroméens , comme le souligne la psychanalyste Anne Colombel-Plouzennec dans son ouvrage Lacan et les nœuds. Le nœud de trèfle relève ainsi de la paranoïa tandis que le lâchage d’un au moins des ronds de ficelle est équivalent à la schizophrénie. Elle explique que : « C’est par le nœud borroméen que Lacan choisit de représenter la structure du sujet, le R du réel, le S du symbolique et le I de l’imaginaire. ».

Jean Bergeret Jean Bergeret part de la distinction entre « structure », « caractère » et « maladie » pour fonder son système psychopathologique. Il reproche à la psychiatrie d'avoir souvent confondu les niveaux et d'avoir ainsi favorisé des confusions dommageables notamment avec des termes comme « parapsychose » Sa position est qu'il existe deux structures nettement distinctes : « la structure psychotique » et « la structure névrotique », et qu'entre deux vient se glisser le groupe des « états-limites » qui constitue une « astructuration » ou un aménagement. Il insiste encore sur le fait qu'au niveau clinique, un symptôme (névrotique, par exemple) ne signe pas une structureCe qui donne une idée de l'écart entre cette approche et celle tirée du behaviorisme reprise dans les DSM puis dans le CIM-10 pour qui l'attention est tout entière portée sur le symptôme « visible », quantifiable sans aucune référence à une vie intrapsychique et des conflits sous-jacents. et qu'un diagnostic doit reposer notamment sur l'appréciation du type d'« angoisses », de « relations d'objet » et de « défenses » pour permettre de poser un diagnostic de structure (névrose, psychose) ou d'astructuration ("état limite"). À partir de ces distinctions, Bergeret pose la question du normal et du pathologique dans ces termes : Dans l'ouvrage Psychologie pathologiqueJean Bergeret et coll. : Abrégé de psychologie pathologique, Masson éditions, éd., 2008, coll. Abrégés ., Bergeret revient sur les définitions de la notion de structure en lien avec celles de « symptômes » et de normalité : ().

À noter que l'approche structurale de Jean Bergeret est et a été très discutée parmi les psychopathologues et par des psychanalystes qui la considèrent trop rigide et « classificatrice »Vassilis Kapsambelis, « L'opposition entre « structure » et « travail psychique » en psychopathologie » L'Évolution psychiatrique, 2000, ..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie J. Garrabé, « De l'emploi du mot « structure » en psychiatrie », Évolution psychiatrique, juillet-, vol. 65, . Georges Lanteri Laura, « Généalogie du structuralisme », Évolution psychiatrique, juillet-, vol. 65, . Jean Bergeret, La dépression et les états limites, éditions Payot, 1992, collection Science de l'homme . Jean-Claude Milner, Le Périple structural, figures et paradigmes, Le Seuil, collection « La couleur des idées », 2002.

Articles connexes Psychopathologie, structuralisme, analyse psychopathologique.

Liens externes Structure psychique et maladie mentale, Paul WIENER. La structure du psychotique et le processus pathologique, Paul WIENER. La structure comme agencement scientifique de la clinique, Jean-Louis Chassaing.

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