vignette|280x280px|Mâle adulte au Donjon des aigles de Beaucens (France - Hautes-Pyrénées).
Le Condor des Andes (Vultur gryphus) est une espèce de rapace diurne de l'ordre des Accipitriformes. Il est parfois appelé Grand Condor des Andes, du fait de sa taille. Appartenant à la famille des Cathartidae, ce rapace charognard est la seule espèce du genre Vultur. Il vit en Amérique du Sud, tout le long de la Cordillère des Andes et des côtes du Pacifique. Par son envergure de en moyenne, parfois plus de , il est le plus grand rapace et le plus grand oiseau volant terrestre du monde, n'étant aujourd'hui dépassé que par l'Albatros hurleur (Diomedea exulans), qui est pour sa part un grand oiseau marin pélagique, avec une envergure moyenne de , soit généralement de ..
C'est un grand vautour noir avec une collerette de plumes blanches autour de la base du cou et, en particulier chez le mâle, de grandes taches blanches sur les côtés. La tête et le cou sont presque déplumés et sont d'une couleur noire et rouge sombre. Ils peuvent recevoir brusquement un afflux de sang et donc changer de couleur en réponse à l'état émotionnel de l'oiseau. Chez le mâle, il y a une caroncule sous le cou, autour des yeux, et une grande crête sur le sommet de la tête débordant sur le bec. Contrairement à la plupart des oiseaux de proie, le mâle est plus grand que la femelle.
Vivant à des altitudes de , généralement sur des rochers inaccessibles, le condor est essentiellement charognard. Il préfère les grandes carcasses, telles que celles de cerfs, de bovins ou de camélidés des Andes (le lama et ses cousins).
Le Condor des Andes est un symbole national pour le Pérou, l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie et l’Équateur et joue un rôle important dans le folklore et la mythologie des régions andines. Le condor est considéré comme quasi menacé par l'UICN. Il est menacé par la perte d'habitat et par l'empoisonnement résultant de la consommation de carcasses de bêtes mortes elles-mêmes empoisonnées. Des programmes de reproduction en captivité ont été mis en place dans plusieurs pays.
Description
Mensurations Son envergure peut atteindre jusqu'à au maximum selon certaines sources (rares), mais elle est en moyenne de à . Sa taille moyenne est de , souvent ., mais peut aller jusqu'à avec un poids moyen observé de à Mensurations indiquées par le Smithsonian National Zoological Park ici (voir directement la page archivée) : . Ainsi que par le site oiseaux.net : .. Mais contrairement aux autres rapaces la femelle est plus petite que le mâle pour une raison inconnue. Adulte, le mâle pèse entre 11 et et la femelle entre 6 et Lutz, Dick; Lutz, Richard L. (2002). Ils .
Pour être précis sur cet oiseau champion du monde, le Condor des Andes est l'oiseau terrestre volant dont le poids moyen est le plus lourd du monde : soit , avec le poids moyen de pour le mâle et pour la femelle. Par exemple, le mâle de la Grande Outarde, autre gros oiseau volant terrestre de l'Ancien Monde, peut parfois aller jusqu'à peser (records avérés à en Espagne et en Mandchourie ), mais avec un poids moyen d'espèce autour de , en raison d'un fort dimorphisme sexuelOn parle de dimorphisme sexuel lorsque le mâle et la femelle d'une même espèce présentent une différence d'aspect et/ou de taille bien marquée. Lorsqu'ils se ressemblent au point d'être indiscernables les zoologues parlent de monomorphisme sexuel. (la femelle est beaucoup plus petite que le mâle, avec un poids moyen de ), et parce que les grands individus y sont plus rares que chez le condor. vignette|gauche|L'angle de vue de cette photo de condor des Andes mâle (sur un fond semble-t-il peint évoquant la haute vallée du Río Urubamba, la Vallée sacrée des Incas) permet d'apprécier sa surface alaire exceptionnelle expliquant l'extraordinaire portance qui lui permet de s'élever en planant jusqu'à des hauteurs non moins exceptionnelles.
Autre exemple, le poids du Pélican frisé peut lui aussi aller jusqu'à , mais avec un poids moyen pour les mâles entre et , et pour les femelles, donc un poids moyen d'espèce en dessous de . Et de plus c'est un oiseau aquatique, comme le Cygne trompette que le condor devance lui de justesse . Bien sûr, parmi les oiseaux terrestres cette fois, l'autruche d’Afrique (Struthio camelus) est beaucoup plus grande () et beaucoup plus lourde (maximum toujours pour le mâle) que le condor des Andes, mais elle ne vole pas.
De même, pour ce qui est des ailes, le Condor des Andes est l'oiseau volant dont la surface alaire est la plus grande du monde. Il est aussi l'oiseau terrestre volant qui a l'envergure la plus longue du monde (moyenne : 3,00 à , maximum : selon de rares sources), n'étant dépassé que par l'Albatros hurleur (moyenne : à , mais maximum : pour certaines sources ., pour un poids moyen d'espèce de . ), et par le Pélican frisé (moyenne : 2,70 à , maximum : , lui aussi), mais ce sont là encore des oiseaux aquatiques ou pélagiques. .
Morphologie générale Portrait
Le Condor des Andes est un oiseau facilement reconnaissable sauf peut-être quand il plane très haut dans le ciel où on peut le confondre avec l'Urubu à tête rouge (Carthates aura) ou bien l'Urubu noir (Coragyps atratus) qui sont tous deux charognards et présents dans l'aire du condor, et tournent au-dessus des carcasses d'animaux. Mais il se distingue nettement par sa très grande taille et sa collerette blanche bien marquée.
Comme la plupart des oiseaux charognards, il ne porte pas de plumes sur la tête, à l'exception d'un léger duvet plus clairsemé que celui de son lointain cousin eurasiatique le Vautour fauve par exemple. Ils se sont adaptés ainsi car leur mode d'alimentation fait que leur tête est très souvent recouverte de sang et que cet endroit leur est particulièrement difficile à nettoyer. Or la peau nue est plus facile à nettoyer et à tenir propre et sèche que les parties recouvertes de duvet épais et long ou de plumes Notre traduction de l'. .
Son bec, adapté à son mode alimentaire, est puissant, en forme de crosse, large, crochu et tranchant ; il est gris foncé à la base et couleur ivoire au bout. Le mâle et la femelle adultes ont une collerette duveteuse et immaculée déjà évoquée à la base du cou, protégeant l'animal du froid en altitude. . Celle-ci est plus fine chez la femelle. Le mâle et la femelle adultes ont le plumage noir dans l’ensemble, excepté sur les ailes où les couvertures alaires supérieures et les rémiges secondaires sont blanches.
La tête est noire ou brun-rougeâtre foncé dans l'ensemble chez le mâle, mais la peau nue de la tête et du cou peut changer de couleur en fonction de l'état émotionnel de l'oiseau, comme on l'a vu : du rose rougeâtre au bas du cou, au rosâtre tacheté ou au jaune plus haut. Le rouge peut devenir plus vif, comme le jaune. Cette aptitude peut avoir une fonction de communication entre individus, par exemple pour les parades d'intimidation entre mâles, pour la nourriture, ou lors des parades amoureuses. Le mâle adulte présente une crête importante sur la tête et débordant sur le bec, ainsi que d'autres caroncules sur la face et sous le bec, ainsi que des lobes charnus sur le cou. Les yeux du mâle sont bruns-dorés. Les paupières sont dépourvues de cils. .
Les doigts solides et les pattes puissantes sont grisâtres à gris foncé, recouverts d'écailles rondes et souvent blanchis par les déjections, comme leurs perchoirs habituels. En effet, le Condor des Andes, comme plusieurs vautours du Nouveau Monde, pratique l’urohydrose1 (uriner volontairement sur les écailles de ses pattes) pour refroidir par évaporation son corps en cas de grandes chaleurs, un peu comme le corps humain le fait en transpirant. L'orteil central est très allongé, et l'orteil postérieur (ou le « pouce ») est en revanche peu développé, placé haut et non opposable aux autres doigts. Les doigts sont comparativement droits, les pieds posés à plat sur le sol, et les griffes des serres émoussées par l'usure de la marche : de fait les pieds du condor sont plutôt adaptés à la marche sur les rochers. D'ailleurs ses territoires sont généralement non boisés et rocheux, en raison des altitudes qu'il affectionne, et parce que le climat peut y être semi-désertique, et aussi parce que les étendues dégagées facilitent la recherche des carcasses. À la différence de ceux des oiseaux de proie ou des vautours de l'Ancien Monde par exemple, ses pieds ne sont donc pas ou peu utilisables comme arme, ni comme organe de préhension (il ne peut emporter une proie par exemple, et pour le condor donc, « c'est à consommer sur place !... ») . ; et ils rendent aussi un déplacement arboricole plus difficile que la marche au sol. En revanche, le condor est donc meilleur marcheur que ses cousins.
La femelle adulte a un plumage semblable à celui du mâle, mais elle n’a ni caroncule, ni crête, ni lobes au cou. Sa tête est nue et uniformément noire en temps habituel. Néanmoins, bien que dans des proportions moindres et moins souvent que le mâle, elle a elle aussi la faculté de faire changer la couleur de la peau de sa face et de son cou nus, en fonction de son état émotionnel, notamment lors de la saison de l'accouplement, pour indiquer son état de disponibilité. À la différence de son conjoint, ses yeux sont rouge sombre et elle est légèrement plus petite et plus fine que le mâle. Ainsi, comme le dit Travis Kidd sur le site Animal Diversity Web, base de données zoologiques de l'Université du Michigan, « les condors des Andes sont la seule espèce de cathartidés à présenter un dimorphisme sexuel [à la fois] aussi manifeste » [et comme inversé pour ce qui est de la taille] : par exemple, chez son plus proche cousin, le Sarcoramphe roi , le mâle et la femelle ont des morphologies parfaitement identiques tant en taille qu’en apparence (mêmes couleurs de plumes et de peau, et mêmes caroncules), comme chez ses autres cousins moins grands et moins colorés que le Sarcoramphe, les Urubus. C'est seulement chez les Urubus à tête rouge, que les deux sexes, tout en étant d'apparence identique, présentent toutefois un léger dimorphisme pour la taille, mais chez eux, comme chez la plupart des rapaces, c'est la femelle qui a tendance à être plus grande et plus lourde que le mâle. Chez le Condor des Andes, la face, la couleur et la taille de la femelle et du mâle présentent des différences très remarquables, qui font qu'on les reconnaît et distingue de loin, et c'est la femelle qui est plus petite ; un mystère de plus chez ce grand vautour.
Le plumage des immatures mâle et femelle est indifféremment de couleur beige à brun sale, avec la peau nue brunâtre, les yeux brun foncé et le bec couleur corne. La collerette blanche apparaît seulement quand l'animal devient adulte, vers six à huit ans, au même moment que la mue du plumage de brunâtre à noir et blanc (les plumes blanches n'apparaissent qu'à la fin de la mue).
Vol En exploitant les courants ascendants, il atteint parfois les d'altitude grâce à sa très grande surface alaireon aurait vu des condors jusqu'au sommet du volcan Chimborazo qui culmine à en Équateur ! , ce qui a pour effet de le faire disparaître à l’œil nu dans l'azur. , même par temps clair. Cette caractéristique en a fait pour les peuples précolombiens un intercesseur entre la terre et le ciel. , un messager de transcendance, et par exemple « les Incas déposaient des momies dans ses nombreuses niches [abandonnées] car ils croyaient que le condor transportait les âmes vers l’au-delà ».