Luigi Comencini est un réalisateur italien, né le à Salò (province de Brescia, Lombardie) et mort le à Rome.
Il a dirigé les plus grands acteurs italiens, notamment Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida dans Pain, Amour et Fantaisie (1953), film avec lequel il a contribué à lancer la comédie à l'italienne dont il a été l'un des principaux représentants avec Mario Monicelli et Dino Risi.
Biographie Famille vignette|gauche|Silvana Pampanini et Alberto Sordi dans La Belle de Rome (1955). Luigi Vitaliano Comencini naît le à Salò, province de Brescia.
Au début des années 1920, dans le cortège des émigrés italiens, les parents de Luigi Comencini quittent les rives du lac de Garde pour le Sud-Ouest de la France à Colayrac-Saint-Cirq dans le Lot-et-Garonne. Le jeune Luigi passe donc une partie de sa scolarité, de 1930 à 1934, au lycée Bernard-Palissy d'Agen. Formation De retour en Italie, il étudie l'architecture à l'école polytechnique de Milan. Membre des Gruppi universitari fascisti, dont l'inscription est obligatoire, il participe aux Lictoriales de l'art et de la culture dont il remporte une édition.
Les débuts Dès ses débuts, son court métrage Bambini in città (1946) lui vaut le Ruban d'argent et une sélection au Festival de Cannes 1946. En 1948, son premier long métrage, De nouveaux hommes sont nés, montre également un intérêt pour l'enfance et l'adolescence, thème qui l'accompagnera toute sa vie. Le réalisateur porte un regard critique sur ce film : « assez gauche, car réalisé avec pas assez d'expérience ». vignette|Comencini est connu comme un cinéaste de l'enfance (ici L'Incompris, 1966).
Il travaille ensuite comme architecte et critique de cinéma. Il écrit des articles dans l'Avanti et le Tempo en même temps que des scénarios. Avec son frère Gianni et Alberto Lattuada, ils fondent la Cineteca Italiana où ils réunissent les premiers fonds d'archives du cinéma italien.
1953 : le succès avec Pain, Amour et Fantaisie vignette|gauche|Gina Lollobrigida et Vittorio De Sica dans Pain, Amour et Fantaisie (1953). Le succès arrive en 1953 avec Pain, Amour et Fantaisie , suivi l'année d'après par Pain, Amour et Jalousie, avec Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida. Avec ce chef de brigade des carabiniers venu du Nord qui prend son service dans un village pauvre du Mezzogiorno le néoréalisme se teinte de comédie. La critique invente le terme de « néoréalisme à l'eau de rose ». Un malentendu que le réalisateur se fera fort de démentir dans ses films suivants.
Après quelques films en demi-teinte, hormis Tu es mon fils, 1957, sorti discrètement et considéré aujourd'hui comme l'un de ses meilleursGianni Rondolino, Catalogo Bolaffi del cinema italiano 1956/1965), il dirige Alberto Sordi dans ce qui reste comme son chef-d'œuvre, La Grande Pagaille (1960), une tragicomédie sur l'Italie d'après l'armistice de Cassibile. La Grande Pagaille reçoit, en plus de prix nationaux, un prix spécial au Festival international du film de Moscou 1961. Sur le thème de la Résistance, il réalise aussi La ragazza (1963), d'après le roman éponyme de Carlo Cassola, La ragazza di Bubbe.
Le drame L'Incompris (1966) et Casanova, un adolescent à Venise (1969) sont également de grands succès. vignette|Laura Antonelli dans Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (1974). Dans la comédie à l'italienne, Comencini est réputé comme faisant les films les plus grinçants : La Grande Pagaille (1960), L'Argent de la vieille (1972) ou Le Grand Embouteillage (1979).
Mais son œuvre est protéiforme : Antoine Royer écrit sur le site DVDclassik:
« La filmographie de Luigi Comencini a de quoi faire enrager les colleurs d’étiquettes ou les arrangeurs de tiroirs. En naviguant constamment d’un registre à un autre, en adoptant des approches ou des regards singulièrement différents d’un film à un autre, le cinéaste aura composé une filmographie mouvante, complexe, irréductible à toute généralisation (typiquement, la question de l’enfance, absolument essentielle, n’englobe pour autant qu’une mince partie de son travail) et parfaitement rétive aux tendances dont il s’éloignait aussitôt qu’elles s’approchaient trop près de lui. Documentaire, néoréalisme (rose ou pas), comédie policière, satire sociale, mélodrame, série télévisuelle, et donc film noir comme [La Traite des blanches (1952)] [...]. Lorsqu’il évoque cette curieuse homogénéité protéiforme (disons-le ainsi) de l’œuvre de Comencini, cette capacité à insuffler sa personnalité au moindre de ses travaux, le journaliste et historien Giorgio Gosetti évoque, lui, un "don magique". L’expression peut sembler bien commode... mais on peine à trouver mieux ».
À cheval sur le tigre (1961), cette peinture d'un sans-grade de la vie carcérale, est une « dénonciation de la manière dont la société corrompt un homme bon et pauvre ». Le Grand Embouteillage (1978), où figurent Alberto Sordi, Annie Girardot, Marcello Mastroianni, Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere, est une « farce tragique, mais aussi un appel au secours que Comencini enferme dans la bouteille à la mer du cinéma ».
Les documentaires et téléfilms pour la Rai vignette|gauche|Marcello Mastroianni et Jean-Louis Trintignant dans La Femme du dimanche (1975). I bambini e noi en 1970 Dans I bambini e noi, divisé en six épisodes, réalisé pour la Rai en 1970, et diffusée en 1978 avec l'ajout de quelques enregistrements ultérieurs, Comencini interroge des enfants de différentes régions italiennes et de différentes conditions sociales, mais principalement les plus pauvres à la périphérie des grandes villes ou à la campagne.
Il déclare : « Je ne me suis jamais mis dans la position de quelqu'un qui veut "illustrer" ses idées, mais j'ai essayé de me faire une idée à travers l'examen de la réalité ». I bambini e noi, qui a inspiré une grande partie de sa production ultérieure, est considéré comme « une déchirure dans la carrière de Comencini, une lacération par laquelle le réel s'introduit dans son cinéma, contaminant la fiction, la rendant malade de la réalité ». L'un des enfants interrogés, Domenico Santoro, jouera en 1972 le rôle de Lucignolo dans le feuilleton télévisé Les Aventures de Pinocchio. vignette|Dans ses fictions ou ses documentaires, Comencini ne se prive pas de filmer les quartiers délabrés et pauvres (ici dans Un vrai crime d'amour, 1974).
Luigi Comencini réalise ensuite les feuilletons à succès : Les Aventures de Pinocchio (1972), Cuore (1984) et La storia (1986). Les Aventures de Pinocchio sont considérés comme un hymne à l'insoumission, l'actrice Gina Lollobrigida se plaignant d'avoir été embarquée dans « un Pinocchio communiste ». L'amore in Italia en 1978 Luigi Comencini est à nouveau engagé par la Rai en 1976 pour un documentaire sur l'éros « vu » par l'Italien moyen. L'enquête, intitulée L'amore in Italia Olivia Fiorilli ; Federica Paoli, Vogliamo anche le rose, Storia e problemi contemporanei : 66, 2, 2014 (Milano : Franco Angeli, 2014)., a été diffusée en par la Rai Uno en cinq épisodes et a été signée également, en tant que coauteurs, par Fabio Pellarin et Italo Moscati. Les interviews ont été filmées dans toute l'Italie entre et . À la suite de sa diffusion, en 1979, un livre, portant le même titre, est publié par Arnoldo Mondadori Editore, reprenant les interviews, y compris celles qui n'ont pas été diffuséesBianco & nero : magazine trimestriel du Centro sperimentale di cinematografia. Fascicolo 560, 1/2008, 2008..
Ses derniers films sont : Eugenio (1980), L'Imposteur (1982), Un enfant de Calabre (1987), Joyeux Noël, bonne année (1989) et Marcellino (1991) (le remake de Marcelin, Pain et Vin (1955) de Ladislas Vajda). Mort Il prend congé après ce dernier film en raison de l'aggravation de sa maladie de Parkinson diagnostiquée une quinzaine d'années plus tôt.
Après avoir publié son livre autobiographique : Infanzia, vocazione, esperienze di un regista (1999), Luigi Comencini meurt à Rome le , à l'âge de .
Il est enterré au cimetière Flaminio.
Vie privée Luigi Comencini épouse la princesse Giulia Grifeo di Partanna avec laquelle il a quatre filles : la chef-décoratrice Paola (née en 1951), les réalisatrices Cristina (née en 1956) et Francesca (née en 1961) — qui ont collaboré à la réalisation de sa dernière œuvre, Marcellino — et la directrice de production EleonoraDate ou année de naissance inconnue à ce jour.. Son petit-fils, Carlo Calenda, fils de Cristina, a été ministre dans les gouvernements Renzi et Gentiloni.
Son épouse Giulia Grifeo di Partanna est décédée en 2018.
Filmographie vignette|Claudia Cardinale dans La ragazza (1963). vignette|Patrick Dewaere lors du tournage du film Le Grand Embouteillage en 1978 à Cinecittà, en Italie. Cinéma 1937 : (documentaire) 1946 : Bambini in città (documentaire) 1948 : De nouveaux hommes sont nés () 1949 : L'Empereur de Capri () 1950 : (court métrage) 1950 : (court métrage) 1951 : Les Volets clos () 1952 : La Traite des blanches () 1952 : Heidi 1953 : La valigia dei sogni 1953 : Pain, Amour et Fantaisie () avec Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida 1954 : Pain, Amour et Jalousie () avec Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida 1955 : La Belle de Rome () avec Silvana Pampanini 1956 : Tu es mon fils () 1957 : Maris en liberté () 1958 : Épouses dangereuses () avec Sylva Koscina 1959 : Lendemain de week-end () 1959 : Les Surprises de l'amour () 1960 : La Grande Pagaille () avec Alberto Sordi 1961 : À cheval sur le tigre () 1962 : Le Commissaire () avec Alberto Sordi 1963 : La ragazza () avec Claudia Cardinale 1964 : Pour trois nuits d'amour (), segment 1964 : Ma femme (), segment avec Alberto Sordi et Silvana Mangano 1965 : Les Poupées (), segment 1965 : Une fille qui mène une vie de garçon () 1965 : Don Camillo en Russie () 1967 : L'Incompris () 1968 : Les Russes ne boiront pas de Coca-Cola () 1969 : Casanova, un adolescent à Venise () 1969 : Sans rien savoir d'elle (Senza sapere niente di lei) 1972 : L'Argent de la vieille () avec Alberto Sordi 1974 : Un vrai crime d'amour () 1974 : Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? () avec Laura Antonelli 1975 : Les Aventures de Pinocchio () (version cinéma de 135 minutes) 1975 : La Femme du dimanche () avec Marcello Mastroianni et Jean-Louis Trintignant 1976 : Mesdames et messieurs, bonsoir () 1976 : Gardez-le pour vous (), segment 1976 : La Fiancée de l'évêque (), segment avec Alberto Sordi et Stefania Sandrelli 1977 : Qui a tué le chat ? () 1979 : Le Grand Embouteillage () avec Alberto Sordi 1980 : Eugenio () 1982 : L'Imposteur () 1984 : Cuore (version cinéma de 115 minutes) 1987 : La storia (version cinéma de 135 minutes) 1987 : Un enfant de Calabre () 1988 : La Bohème 1989 : Joyeux Noël, bonne année () 1991 : Marcellino ()
Télévision 1970 : (documentaire en 6 épisodes) 1972 : Les Aventures de Pinocchio () (version télévisée de 321 minutes) 1978 : (documentaire) 1983 : , segment 1984 : Cuore (version télévisée de 360 minutes) 1987 : La storia (version télévisée de 240 minutes) 1988 : Les Français vus par les Français, segment Pèlerinage à Agen
Distinctions Prix cinématographiques Mostra internationale d'art cinématographique de Venise : Prix Pietro Bianchi Mostra internationale d'art cinématographique de Venise : Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière. Berlinale 1954 : Ours d'argent - Pain, amour et fantaisie Prix David di Donatello 1967 : Meilleur réalisateur - L'Incompris Ruban d'argent : 1947: meilleur documentaire - Bambini in città 1982: meilleur sujet original - L'Imposteur
Distinctions 1996 : chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne 1987 : grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne
Rétrospectives 2013 : « Intégrale Luigi Comencini » à la cinémathèque française à Paris.
Notes et références
Bibliographie Tullio Masoni, Paolo Vecchi, Luigi Comencini, un autore popolare, Comune di Reggio Emilia, Reggio Emilia 1982