Le Parti socialiste (PS) est un parti politique belge social-démocrate classé au centre gauche et à gauche, présent en Belgique francophone.
Le mouvement socialiste joue un rôle important sur la scène politique belge francophone depuis la fin du . Le Parti socialiste est issu de la scission en 1978 du Parti socialiste belge (lui-même né sur les cendres du POB) en une aile flamande, le Socialistische Partij (SP, aujourd'hui Vooruit) et une aile francophone. Le parti est aujourd'hui le deuxième parti francophone de Belgique et était présent à tous les niveaux de pouvoir (Gouvernement fédéral, Région wallonne, Communauté française, Région de Bruxelles-Capitale, Communauté germanophone de Belgique), depuis 1988, où il participait à des gouvernements de coalition. Il a finalement été exclu du pouvoir fédéral le avec la mise en place du Gouvernement Michel, mais est toujours présent dans les gouvernements des entités fédérées jusqu'en , où le parti est relégué dans l'opposition en Wallonie à la suite du choix du cdH de ne plus gouverner avec lui. Le parti revient au pouvoir dans les entités fédérées à la suite des scrutins de 2019.
À l'exception d'une brève période entre 2007 et 2010 où il fut supplanté par le parti libéral MR, le PS est très longtemps resté, depuis la création des régions, le plus grand parti francophone de Belgiqueen termes d'électeurs et de sièges à la Chambre des représentants lors des élections législatives fédérales. Mais la situation change lors du triple scrutin du 9 mai 2024, le parti perd à nouveau son leadership au profit du MR, et est renvoyé dans l'opposition au niveau des entités régionales et fédérales..
Histoire
1885-1940 : le Parti Ouvrier Belge (POB) Voir Parti ouvrier belge pour l'histoire du socialisme en Belgique avant 1940.
Charte de Quaregnon
Résultat d'un travail de commissions installées à Gand, la déclaration de principes et le programme seront discutés au Congrès socialiste de Bruxelles les 25 et avant d'être adoptés lors du congrès de Quaregnon (dans le Borinage) des 25 et .
1940-1978 : le Parti socialiste Belge (PSB) Voir Parti socialiste belge pour l'histoire du socialisme en Belgique avant 1978.
Depuis 1978 : le Parti socialiste (PS)
Si la Flandre a effectivement obtenu en 1970 l'autonomie culturelle qu'elle souhaitait, la Wallonie n'a eu que la promesse de la régionalisation économique qu'elle réclamait.
Tous les efforts des socialistes francophones tendront au cours de la décennie à la concrétisation de cette revendication, que la crise économique rend encore plus justifiée à partir de 1975. Dans ce contexte, les tensions et les divergences entre socialistes du nord et du sud du pays - comme dans les autres familles politiques - aboutissent à la constitution d'un Parti socialiste et d'un Socialistische Partij en 1978. C'est l'aboutissement d'une évolution alors en cours depuis quarante ans. André Cools devient le premier président des socialistes francophones. En 1981, il est remplacé par Guy Spitaels qui exerça la fonction jusqu'en 1992.
En 1980, un nouveau gouvernement social-chrétien-socialiste fait voter les lois concrétisant la régionalisation. Mais celle-ci n'est encore que limitée. Comme celle de 1970, l'étape de 1980 n'est qu'un pas vers une Belgique fédérale. Il faudra attendre 1988 et le retour des socialistes au pouvoir, après sept ans d'opposition, pour qu'une nouvelle étape soit franchie lors d'une nouvelle réforme de l'État qui voit notamment enfin la création de la région Bruxelles-Capitale.
Années 1990
En 1992, Philippe Busquin succède à Guy Spitaels au poste de président du parti.
Le processus institutionnel conduisant à la création d'un véritable État fédéral est poursuivi par le gouvernement socialiste-social-chrétien lors de la réforme en 1993.
À la suite des élections de mai 1995, la même majorité est reconduite avec un programme centré sur les problèmes socio-économiques. Pour le Parti socialiste, il s'agit de faire de l'emploi la priorité du gouvernement fédéral notamment par la redistribution et la réduction du temps de travail. S'engageant à maintenir la concertation sociale, l'indexation des salaires et des allocations sociales, le Parti socialiste se prononce en faveur d'une réforme de la sécurité sociale qui préserve les mécanismes de solidarité entre les personnes et les générations. S'opposant à toute fédéralisation ou privatisation de la sécurité sociale, le PS exige et obtient le financement alternatif qui met à contribution les revenus du capital. Exprimant leur loyale volonté de faire fonctionner au mieux les institutions fédérales qu'ils ont contribué à mettre en place, les socialistes francophones, tant wallons que bruxellois, réaffirment, lors de leur congrès respectif tenu à Ans, le , et à Bruxelles, le , leur entière solidarité et leur détermination à renforcer l'alliance Wallonie-Bruxelles.
Convaincu par ailleurs de la nécessité d'une Europe forte et unie, le PS a toujours œuvré en faveur de la construction européenne, facteur de progrès, de sécurité et de paix. Face à la crise économique particulièrement grave et au moment où l'Europe cherche un nouveau souffle, le PS, membre du Parti socialiste européen, réaffirme son engagement en faveur d'une véritable Communauté basée sur la démocratie parlementaire, les droits de la personne et l'État social. Considérant que l'espace communautaire ne peut se réduire à un simple marché, les parlementaires du PS exigent tout à la fois la mise en œuvre d'une véritable politique sociale européenne, l'harmonisation fiscale et le développement de la coopération en matière environnementale.
Dans les années 1990, le parti est secoué par le scandale de l'affaire Agusta-Dassault. Des ministres socialistes sont condamnés pour avoir accepté des sommes en échange de l'attribution d'un marché public (l'achat d'hélicoptères pour l'armée belge). Liée à cette première enquête, l'« affaire Dassault »", aboutit, en 1998, à la condamnation d'une douzaine de dirigeants socialistes de premier plan, dont Guy Spitaels, ancien président du PSJean-Pierre Stroobants, En Belgique, le PS francophone reste englué dans les scandales, lemonde.fr, octobre 2005.
Ces affaires, ainsi que la mauvaise gestion de l'affaire Dutroux et de la crise de la dioxine, conduit à de mauvais résultats électoraux. Ainsi, aux élections législatives et régionales de 1999, le parti voit une partie de l'électorat de gauche se détourner de lui au profit d'Ecolo et sa position de premier parti francophone menacée par le PRL-FDF-MCC (aujourd'hui le Mouvement réformateur).
Le PS reste cependant au pouvoir à tous les niveaux, dans des gouvernements de coalition avec le PRL-FDF-MCC (aujourd'hui le Mouvement réformateur) et Ecolo. Une majorité symétrique fut formée en Flandre (SP, VLD et Agalev). Cette majorité fut surnommée la majorité arc-en-ciel (ou paars-groen en néerlandais).
Elio Di Rupo devient président en octobre 1999.
Années 2000 et 2010
thumb|Le logo du parti en 2008. Lors du , Di Rupo lança un appel en faveur de la création d'un « pôle des gauches ». Cet appel se concrétisera le par l'établissement des « convergences à gauche » avec Ecolo.
Grâce à une nouvelle direction et à un effort de modernisation, le parti réussit à se redresser et enregistre coup sur coup deux très bons scores électoraux, aux élections législatives de 2003 et surtout aux régionales de 2004. Sa position de premier parti francophone est alors incontestée et le parti est dans la majorité à tous les niveaux de pouvoir dans des coalitions différentes. Au gouvernement fédéral, son partenaire est le MR (et symétriquement, les partis flamands VLD et SPA), cette coalition est qualifiée de violette (paars en néerlandais), car alliant le bleu libéral et le rouge socialiste. À la Communauté française et à la Région wallonne, il gouverne avec le CDH. À la Région de Bruxelles-Capitale, il s'agit d'une coalition PS-CDH-Ecolo.
Dans les années 2000, le parti reste « englué dans les scandales » :
En mars 2005, le parti est secoué par une « affaire » : Anne-Marie Lizin, présidente du Sénat, a écrit une lettre à la présidente de la cour d'appel de Liège dans laquelle elle incite la juge à être bienveillante envers une des parties dans une affaire strictement privée.. Anne-Marie Lizin s'explique et présente ses excuses devant l'assemblée, mais garde son poste..
Fin 2005, c'est l'affaire de La Carolorégienne : gestion des sociétés d'habitations sociales de Charleroi qui affaiblit le parti. Il s'agit alors de malversations dans la gestion d'une société de logements sociaux de Charleroi.. Trois échevins PS de Charleroi sont privés de leur mandat par le conseil communal et l'un d'eux, Claude Despiegeleer, est incarcéré préventivement et inculpé.. Déstabilisé, une autre personnalité socialiste, Jean-Claude Van Cauwenberghe, ministre-président de la Région wallonne, démissionne de son posteVan Cauwenberghe démissionne Article de La Libre Belgique du 30 septembre 2005. Elio Di Rupo le remplace et promet une « traque aux parvenus » au sein du PS.
Le PS de la ville de Charleroi fait encore parler de lui en mai 2006. Il s'agit à nouveau de malversations dans la gestion de sociétés publiques : l'ICDI, intercommunale de traitement des déchets de la région et le Foyer marcinellois, autre société de logement social.. Un échevin carolo, Lucien Cariat, est privé de ses compétences, inculpé et incarcéré préventivement. Simultanément, d'autres dossiers, impliquant des personnalités du PS carolo, font surface : l'un concernant le passé de curateur de faillite d'un membre du Collège provincial et l'autre un homme d'affaires proche du PS..
À Fontaine-l'Évêque, près de Charleroi, le bourgmestre sortant Georges Rovillard est placé le sous mandat d'arrêt pour détournements de fonds par fonctionnaire public.. Le , c'est au tour du bourgmestre carolo sortant Jacques Van Gompel d'être placé sous mandat d'arrêt dans le cadre de l'affaire de la « Carolorégienne ». À peine vainqueur des dernières élections communales, il est inculpé de faux, usage de faux et de détournement par fonctionnaire public. Les hauts fonctionnaires Jean-Pol Incecca et Patrick Roeland, ont également été inculpés dans ce dossier..
Dans le même temps, à Namur, le bourgmestre sortant Bernard Anselme, l'échevin Jean-Louis Close. et le secrétaire communal Jean-Marie Van Bol. sont inculpés d'entrave à la liberté des soumissions, de prise d'intérêt et de faux et usage de faux dans le cadre de l'affaire « Sotegec ».
À la suite de ces affaires, les électeurs sanctionnent durement le parti socialiste aux élections fédérales de juin 2007. Le parti fait son plus mauvais score historique et est, pour la première fois, dépassé par les libéraux du Mouvement réformateur en Wallonie. Malgré cette défaite, le PS sera appelé à participer au pouvoir. En effet, après qu'Yves Leterme a échoué dans ses tentatives de constituer une coalition orange-bleue, Guy Verhofstadt forme un gouvernement rassemblant les familles libérale et socio-chrétienne et le PS.
Début 2009, Anne-Marie Lizin fait encore parler d'elle lorsqu'il est révélé qu'elle a effectué pour de dépenses non justifiées avec la carte de crédit de l'hôpital de Huy (commune dont elle est bourgmestre). Sous la pression, la direction du PS décide de la suspendre provisoirement de sa qualité de membre.