vignette|Course à pied de type Cross country à Leer en Allemagne. La course à pied est, avec la marche, l'un des deux modes de locomotion bipèdes de l'être humain. Caractérisée par une phase de suspension durant laquelle aucun des deux pieds ne touche le sol, elle permet un déplacement à des vitesses allant d'environ (ultrafond) à plus de (sprint). Outre sa fonction locomotrice, elle est principalement pratiquée comme sport dans le cadre de l'athlétisme et en tant qu'exercice physique.

Histoire La course aurait pour origine la capacité acquise depuis au moins quatre millions et demi d'années par les Australopithèques à marcher debout sur leurs deux jambes dans les arbres, Australopithèques issus peut-être d'un primate primitif lui aussi bipède de d'années. Cette bipédie a été utilisée occasionnellement pour se déplacer dans les arbres mais de manière permanente pour la marche et la course.

Contrairement à la marche, et au trot et galop des quadrupèdes, elle présente une efficacité énergétique peu dépendante de la vitesse (environ d'oxygène par kilogramme et par kilomètre), ce qui permet un grand éventail de vitesses de locomotion. La course fait de l'être humain un piètre sprinter en comparaison des mammifères quadrupèdes mais lui confère une grande endurance, absente chez les autres primates et rare chez les mammifères.. Ces capacités seraient liées à une évolution anatomique apparue dans le genre Homo, la question de savoir si l'apparition de l'endurance à la course est un trait de l'évolution ou un effet collatéral de celle-ci reste ouverte.

La théorie proposée considère que le genre Homo s'est spécialisé dans la course de fond et que la course en est issue : le passage de la quadrupédie à la bipédie ayant fait perdre la possibilité de courir sur une faible distance à la vitesse la plus rapide possible, le genre Homo a développé la course d'endurance, il y a environ deux millions d'années, pour pratiquer le charognage puis la chasse à l'épuisement. La chasse à l'épuisement est très coûteuse en énergie, le charognage des débuts a permis à l'homme d'accéder à un régime plus riche en protéines et en lipides (graisses). Ce régime lui a apporté suffisamment d'énergie pour pouvoir être endurant et suivre ses proies jusqu'à ce qu'elles soient trop épuisées pour fuir. Cette aptitude a été permise par vingt-six adaptations morphologiques et anatomiques telles que le développement du ligament nuchal et des muscles fessiers, la multiplication de glandes sudoripares sur toute la surface du corps (contrairement à la plupart des animaux et mammifères), la rotation des épaules indépendamment de la tête et l'accroissement d'organes absorbant les chocs (tendon d'Achille, articulations du pied et du genou, disques vertébraux, long pied avec une grande voûte plantaire mais des orteils plus courts pour résister aux forces de tension générées par la course), etc.

Les compétitions de course à pied sont nées lors des fêtes religieuses antiques de diverses régions telles que la Grèce, l'Égypte, l'Asie et dans la vallée du Rift en Afrique. Les Tailteann Games, festival sportif d'Irlande fondé d'après la légende au , sont l'un des premiers témoignages de course de compétition..

La sédentarité de l'homme et l'établissement des civilisations antiques a fait de la course à pied un entraînement d'abord militaire, pour préparer les armées au combat. La Grèce antique a lié l'épreuve de la course à pied aux cérémonies religieuses dans le cadre des premiers jeux olympiques.. Les athlètes se mesuraient en temps de paix pour démontrer leurs performances physiques aux dieux. Notre époque moderne consacrée à la performance physique et au loisir a codifié certaines courses dans les disciplines d'athlétisme. La course à pied est devenue pour nombre de personnes un loisir ne suivant pas nécessairement les épreuves standards mais permettant un entretien de la santé ou un challenge personnel. L'avènement des techniques embarquées, comme les smartphones, permet récemment l'apparition de nouveaux athlètes spécialisés dans des courses non conventionnelles et suivant des entraînements de haut niveau. Ces athlètes visent des courses d'ultrafond, des trails sur des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, voire au-delà de . De ces défis personnels, sont apparues de nombreuses courses sur route ou sur chemin, organisées par des associations ou des communes, s'adressant également à des coureurs suivant un entraînement plus léger. Cela conduit au à une démocratisation de la course à pied..

En 2025, un article publié dans La Presse souligne l’intérêt croissant de la génération Z pour les courses de longue distance, comme les marathons et les ultramarathons. Ce phénomène est notamment associé à une recherche de dépassement de soi, de bien-être mental et de sens personnel. L’article met également en évidence le rôle des réseaux sociaux dans la popularisation de ces pratiques, en favorisant le partage d’expériences et la création de communautés autour de la course à pied.

La course à pied au sens de l'athlétisme

La course à pied est un sport consistant à courir sur des distances plus ou moins longues. Les compétitions peuvent se pratiquer sur une piste d'athlétisme, sur route ou sur divers terrains naturels comme en cross country. En France, les compétiteurs doivent être licenciés, fournir aux organisateurs un certificat médical d'aptitude ou, pour les non licenciés, un Pass Prévention Santé (PPS), en remplacement du Parcours de Prévention Santé, maintenant associé à une assurance en responsabilité civile.

Selon les distances parcourues et la vitesse, le type d'effort fourni est différent et peut solliciter les deux filières énergétiques, une de type aérobie et l'autre anaérobie que chaque coureur pourra maintenir plus ou moins longtemps.

Deux filières

Aérobie Les courses en aérobie, l'oxygène (par l'ATP) nécessaire aux muscles est fourni majoritairement par la respiration cellulaire (par exemple une course lente sur ). Un coureur utilisera son potentiel aérobie jusqu'au seuil de son volume de consommation maximale d'oxygène VO2max, qui correspond à sa vitesse maximale aérobie (VMA) qu'il pourra maintenir de quatre à douze minutes selon son niveau et et son entraînement.

Une réserve importante, la graisse corporelle, peut être aussi sollicitée lors de l'utilisation en début de cette filière énergétique de type aérobie, et représente une quantité très importante de stockage. Par contre, elle demande une allure faible pour une transformation plus lente et une consommation d'eau plus conséquente que l'utilisation des réserves énergétiques de glycogène déjà transformée et plus rapidement disponibles mais alors dédiée aux allures plus rapides et un temps d'utilisation plus court.

Anaérobie Les courses en anaérobie, l'oxygène (par l'ATP) nécessaire aux muscles n'arrive plus en quantité suffisante, la VO2max (débit maximum d'oxygène qu'un individu peut consommer musculairement) est donc atteinte. Pour alimenter suffisamment le muscle en énergie, le glycogène est issu du glucose, stocké principalement dans le foie ou plus directement dans les muscles pour être consommé. Après son utilisation, il est oxydé via l'acide pyruvique en tant que métabolite intermédiaire, et est transformé en acide lactique, qui produit aussi de l'énergie (partielle) par sa fermentation, mais qui empêche par saturation à un moment donné de continuer l'activité anaérobie, le taux de calcium dans les muscles devenant trop élevé (par exemple une course rapide sur ).

VO2max et VMA Les athlètes de course à pied évaluent régulièrement leur performance aérobie à consommation maximale d'oxygène (VO2max). Ce test s'effectue simplement à travers un test de vitesse maximale aérobie (VMA), sur tapis-roulant ou sur piste, comme par exemple avec un test du demi-Cooper sur six minutes. vignette|Test de VO2max sur vélo fixe en laboratoire. La VO2max,elle, se teste en laboratoire par des prises de sang successives afin de mesurer le taux de lactates et des mesures de consommation d'oxygène, qui indiquent la quantité maximale d'oxygène que l'organisme est capable d'absorber. Ce test s'effectue sur tapis mais aussi sur vélo stationnaire en laboratoire afin d'évaluer la PMA (Puissance Maximale Aérobie) pour une utilisation concrète en course à pied.

La VMA est la vitesse à partir de laquelle la consommation d'oxygène est maximale soit VMA = vVO2max. VO2max et VMA étant liées, ce sont deux indicateurs de performance qui permettent d'ajuster et cibler l'entraînement en calibrant les différentes allures de courses, tant en aérobie qu'anaérobie, exprimées alors en pourcentage de VMA.

Différentes allures Les courses sur piste vont du au , les courses de cross-country, de . Les courses sur route peuvent être de n'importe quelle distance, mais les distances courantes sont le , le , le semi-marathon () et le marathon (). L'épreuve de est une épreuve de course à pied appartenant à la famille du grand-fond. Le plus mythique des français, discipline assez confidentielle (moins de ), est celui de Millau.

Les compétitions de course à pied, sur piste ou sur route, sont soumises, pour la France, aux règles de la Fédération française d'athlétisme (FFA) et à l'international par l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF). Elles sont ouvertes au handisport. D'autres fédérations sont concernées par les épreuves multi-disciplines, comme le triathlon, le pentathlon moderne, le raid nature et la course d'orientation (course et lecture de carte).

Différentes catégories de courses à pied Courses de sprint

Le sprint regroupe les courses à pied au cours desquelles le sprinteur doit courir sur une faible distance à la vitesse la plus rapide possible. Le sprinter, outre des aptitudes physiques particulières, doit développer une séquence de mouvement et de posture conditionnant la vitesse finale qu'il atteint. Un athlète travaille : sa technique de départ en starting-blocks ; sa réactivité au coup de feu ou autre signal donné, dans toutes sortes de postures ; dans les premières foulées, la stabilisation de sa vitesse ; tout au long de la course, à produire de la vitesse (verticalité-horizontalité), à basculer et à créer de la vitesse (économie).

Toutes ces phases sont travaillées dans le but d'obtenir la course parfaite. Le travail peut aussi se réaliser en binôme pour obtenir la meilleure position et toujours viser le meilleur gain de temps global.

Courses de demi-fond

Le demi-fond regroupe l'ensemble des courses d'athlétisme comprises entre le sprint et le fond (de à ) et qui se déroulent dans une enceinte sportive ou extérieure. Seuls le , le , et le steeple sont au programme des Jeux olympiques. Il est primordial qu'un coureur de demi-fond ait la possibilité d'enchaîner des accélérations rapides, fasse preuve d'une grande concentration et réactivité durant l'épreuve où ses muscles sont sollicités tout au long du parcours, d'une maîtrise de sa respiration et enfin ait mis en place une tactique de course.

Courses de fond

La course de fond est une activité d'endurance qui requiert un bon équilibre énergétique et une forte volonté mentale. Les courses de fond s'effectuent sur des distances supérieures à comme le , le , le cross-country, le semi-marathon et le marathon. Le cross-country a lieu en campagne. En raison de la diversité des conditions et des lieux, il n'y a pas de record mondial dans cette discipline. Les courses de cross-country dépassent rarement .

Courses d'ultrafond

Pour toutes les courses supérieures au marathon, l'appellation est le grand fond et même l'ultrafond. Les courses de fond peuvent se dérouler, non sur une distance imposée, mais sur un temps imposé. Il s'agit alors d'une épreuve de durée, comme les courses de 24 heures ou de . Concernant les épreuves de distance, les plus populaires sont les courses de , avec plus de 300 manifestations à travers le monde chaque année (416 en 2016).