Le Rassemblement national des indépendants (RNI) (amazighe : , ) est un parti politique marocain de centre droit, d'idéologie libérale, fondé en 1978 par Ahmed Osman, ancien Premier ministre et beau-frère du roi Hassan II.
Il est fréquemment décrit comme le « parti de la bourgeoisie », du fait qu'il abrite en son sein un bon nombre de riches hommes d'affaires et de cadres dirigeants.
Historique Fondation Le parti est créé le par les élus au parlement sans appartenance politique et présidé par Ahmed Osman, Ancien Premier ministre et beau-frère de Hassan II.
Il participe ensuite au gouvernement d'alternance formant ainsi une coalition centriste.
Ahmed Osman nommé Premier ministre pour la période de 1972-1979, et Mohammed Haddou Echiguer nommé ministre de l'Intérieur pour la période de 1973-1976 ont conduit la Marche Verte en 1975. Ahmed Osman a présidé le Parlement durant deux législatures (1984-1992).
À la suite des élections législatives de 1977, création d'un groupe parlementaire composé de 167 députés sans appartenance politique au sein de la chambre des représentants.
Le parti compte tenu de ses orientations politiques appelant à une application effective et à une responsabilisation de tous les acteurs politiques, a participé au Gouvernement d'alternance en 1998 et continue d'occuper des postes ministériels au sein de l'actuel gouvernement.
Le parti a connu une scission donnant naissance au Parti national-démocrate (PND) en 1981, mais continue à occuper les devants de l'échiquier politique national avec une forte présence au niveau de la première et la deuxième chambre.
Nouvelle ère Le RNI peine depuis l'amorce de l'ère de démocratisation à effacer l'image de «parti de l'administration» qui lui a été affublée durant le régime de Hassan II.
Ce parti essaie depuis 1997 et surtout depuis 2002 de se situer clairement comme étant un parti de droite modérée libérale économiquement et prônant la démocratie.
Ahmed Osman a été renversé en à la suite d'un coup de force mené par une partie du bureau politique mécontente de la gestion des affaires. Le RNI a organisé un congrès le 21-22- qui a abouti sur l'élection de Mustapha Mansouri, ministre de l'emploi, face à Mustapha Oukacha.
Mustapha Mansouri, donné perdant au tout début des tractations, a bénéficié d'une campagne de presse très favorable mais aussi du ralliement providentiel de l'ancien ministre des droits de l'Homme, Aoujar, après que celui-ci retira sa candidature à la présidence du parti.
Élection de Mezouar Le à Marrakech, Salaheddine Mezouar a été élu président du Rassemblement national des indépendants, après avoir écarté Mustapha Mansouri grâce à son courant réformateur.
Élections législatives de 2011 Lors des élections législatives de 2011, Salaheddine Mezouar crée la surprise en annonçant la mise en place d’une coalition composée de huit partis politiques : le RNI, le PAM, le MP, l’UC, le Parti travailliste (PT), le Parti socialiste (PS), celui de la Renaissance et de la vertu (PRV), et le Parti de la gauche verte (PGV). La presse marocaine surnomme cette coalition le G8 ..
Réélection de Mezouar Le , il est reconduit dans ses fonctions lors du ordinaire du parti tenu à Rabat, avec contre 115 pour son concurrent Rachid SassiCongrès du RNI, Mezouar garde les commandes, Le Matin, 29/04/2012.
Dans le gouvernement El Othmani (2017-2019), le RNI compte sept portefeuilles ministériels.
Présidence Akhannouch
Aziz Akhannouch est élu président du parti en 2016. Lors des élections législatives de 2021, le RNI obtient 102 sièges, le plus grand nombre de sièges parmi les partis et forme un gouvernement dirigé par Akhannouch.
Selon les statuts du RNI, le président du parti ne peut effectuer plus de deux mandats. En , Akhannouch annonce qu'il ne se représentera pas à la présidence du parti à la suite de la CAN 2025 et des manifestations de la GenZ au Maroc. Mohamed Chaouki, unique candidat, est élu président lors d'un congrès extraordinaire le .. Une quinzaine de parlementaires quittent le parti en 2026 pour rejoindre le Parti authenticité et modernité, autre composante du bloc gouvernemental.
Le parti subit un revers aux élections législatives de 2026, lors desquelles il recueille 16 % des voix et perd près de la moitié de ses députés. Le politologue Mustapha Sehimi y voit « une forme de dégagisme contre la personne du chef du gouvernement, mis en cause dans plusieurs affaires de conflits d’intérêts, et contre son parti, qui n’a pas été capable de répondre aux préoccupations sociales des Marocains. »
Idéologie Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est généralement classé parmi les partis politiques marocains de centre à centre-droit, avec une idéologie caractérisée par un pragmatisme politique prononcé et une combinaison de références au libéralisme économique et à une social-démocratie modérée. Depuis sa fondation en 1978, le parti ne s’est pas inscrit dans une doctrine idéologique rigide, mais s’est plutôt construit comme une formation d’orientation gestionnaire, privilégiant l’efficacité de l’action publique, la stabilité institutionnelle et l’adaptation aux priorités socio-économiques définies par l’État marocain. Cette approche contribue à son positionnement comme un parti « attrape-tout », visant à rassembler des électorats divers autour d’objectifs de gouvernance et de développement plutôt que d’un corpus idéologique strictement structuré.
Sur le plan économique, le RNI défend une orientation clairement libérale, fondée sur la promotion de l’économie de marché, le renforcement du secteur privé et l’encouragement de l’initiative entrepreneuriale. Le parti soutient des politiques visant à améliorer le climat des affaires, à attirer les investissements nationaux et étrangers et à réduire les entraves administratives à l’activité économique. Cette vision repose sur l’idée que la croissance économique et la création de richesse constituent des leviers essentiels pour le développement social et la réduction des inégalités. Dans ce cadre, le rôle de l’État est conçu principalement comme celui d’un régulateur et d’un facilitateur, chargé de créer les conditions favorables à l’investissement et à la compétitivité, plutôt que comme un acteur économique centralisé ou interventionniste.
Parallèlement à cette orientation libérale, le RNI revendique une dimension sociale-démocrate, notamment dans son discours sur la justice sociale, la cohésion nationale et l’égalité des chances. Le parti affirme la nécessité de politiques publiques visant à renforcer la protection sociale, à améliorer l’accès aux services essentiels, en particulier l’éducation et la santé, et à favoriser l’inclusion économique des populations vulnérables. Toutefois, cette référence à la social-démocratie demeure très modérée et s’inscrit dans une logique de soutenabilité budgétaire et de complémentarité avec le secteur privé, plutôt que dans une perspective de redistribution extensive ou de remise en cause des structures économiques existantes.
Perception de l'opinion publique Dans le débat public, le Rassemblement National des Indépendants (RNI) est fréquemment critiqué pour sa composition sociologique, ce qui lui vaut souvent les qualificatifs de « parti de la bourgeoisie » ou de « parti des patrons ». Cette caractérisation s’appuie sur le profil de ses dirigeants et de ses cadres, parmi lesquels figurent de nombreux hommes d’affaires, chefs d’entreprise, grands exploitants agricoles et hauts cadres du secteur privé. La forte représentation de profils issus du monde économique a contribué à forger l’image d’un parti étroitement lié aux intérêts des classes aisées et des milieux entrepreneuriaux, alimentant la perception d’une formation politique structurellement alignée sur ceux du grand capital.
Pour ses détracteurs, cette imbrication entre pouvoir économique et pouvoir politique crée une confusion des rôles, le parti étant perçu non comme un médiateur entre la société et l’État, mais comme un instrument de défense des privilèges d’une élite financière. Cette perception est renforcée par le mode de recrutement du RNI, historiquement fondé sur la cooptation de notables locaux disposant d’un ancrage financier solide, au détriment de l’émergence de cadres issus du militantisme de base ou des classes populaires.
Cette sociologie partisane se reflète également dans les priorités programmatiques du RNI, souvent considérées comme davantage centrées sur la performance économique, la compétitivité et l’attractivité des investissements que sur les questions de redistribution et de réduction des inégalités structurelles. Bien que le parti évoque la justice sociale et l’égalité des chances dans ses discours officiels, ces thématiques occupent une place secondaire par rapport aux objectifs de modernisation économique et de soutien au secteur privé. Selon ses critiques, les propositions du RNI en matière sociale s’inscrivent généralement dans une logique d’accompagnement de la croissance plutôt que dans une remise en cause des déséquilibres socio-économiques existants.
Organisation interne Le conseil national du RNI, constitué de plus de 700 militants, élit le comité central (403 membres) qui constitue son parlement, son instance dirigeante.
Le comité, quant à lui, désigne le bureau exécutif (33 membres) constitué d’un conseil d’administration et d’un organe de gestion.
Organisations parallèles
Fédération Nationale de la Jeunesse RNIste. Organisation des Avocats RNIstes Association Nationale des Commerçants “Indépendants” Association des ingénieurs RNIstes Fédération Nationale des Femmes du RNI Organisation nationale des cadres et du personnel du secteur de la santé RNIstes Instance nationale RNIste du secteur des taxis Association des professeurs universitaires du RNI Organisation Al Hamama pour l’éducation et le scoutisme Organisation des Etudiants du RNI Organisation des Experts Comptables et Financiers du RNI Organisation nationale des fonctionnaires et cadres administratifs RNIstes Association Marocaine de Secours Civil Association Amal Al-Ahrar pour les personnes ayant des besoins spéciaux
Représentation au sein du gouvernement marocain
Dans le gouvernement Akhannouch (depuis 2021) : +MinistrePortefeuille Nadia Fettah AlaouiMinistre de l'Économie et des Finances Chakib BenmoussaMinistre de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports Ahmed El Bouari Ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts Fatim-Zahra AmmorMinistre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire Mohcine JazouliMinistre délégué chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'évaluation des Politiques publiques Mustapha BaïtasMinistre chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement
Résultats électoraux Élections législatives Année Résultat RangEn nombre de voix. Sièges GouvernementVoix % 1984 7,18 1993 13,24 1997 11,07 2002 9,28 2007 10,50 2011 11,33 Opposition (2011-2013), Benkiran (2013-2017) 2016 9,65 El Otmani et 202127,58 Akhannouch et 202614,66
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Politique du Maroc Partis politiques marocains Élections au Maroc
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