thumb|Bâtiment historique du conseil municipal de Jérusalem, au sud de la cité municipale. La cité municipale de Jérusalem est un ensemble de bâtiments abritant la mairie de Jérusalem. Elle a été créée dans les années 1990 autour de la et du jardin Daniel. Elle permet de rassembler l’ensemble des activités de la mairie de Jérusalem qui étaient auparavant dispersées dans différents à travers Jérusalem. Le site de la cité municipale a été choisi dans le milieu des années 1980 car il se trouvait au centre de la ville, entre l’est et l’ouest, à proximité de la Vieille ville et sur la rue historique principale de la ville, la rue Jaffa.
Comme ce site se trouve au centre de la ville, différentes considérations ont été prises en compte afin de ne pas porter atteinte au caractère architectural et historique du quartier tout en permettant une utilisation fonctionnelle des bâtiments répondant aux besoins de la mairie. Ces considérations ont conduit à la conservation de différents bâtiments historiques, qui ont été rénovés, et à la construction de deux bâtiments modernes autour de trois places, dont la principale est la place Safra.
Histoire des bâtiments de la mairie de Jérusalem Époque ottomane Jusqu’au milieu du , Jérusalem n’avait pas d’administration municipale. Seul un conseil local, appelé madjali el idara siégeait dans la ville ; il s’agit du second niveau de l’administration locale ottomane derrière le conseil de district, le madjali umumi. Les travaux de construction dans Jérusalem étaient gérés par le conseil de district, et même souvent directement par le pouvoir central ottoman. Un conseil municipal est créé au milieu du sous l’influence du mode d’administration locale de la France. La mairie de Jérusalem est l’une des premières mairies mises en place dans l’empire ottoman. Elle est établie en 1867 et le conseil municipal se réunit dans le (construit en 1388), qui se trouve dans la Vieille Ville, près de l’un des accès au mont du Temple.
Hors des murailles de la Vieille Ville thumb|350px|les premiers quartiers juifs construits hors des murailles. 1. rouge : Mishkenot Sha’ananim 2. orange : Machane Yisrael 3. jaune : Nachalat Shiva 4. bleu : Beit David (1873) 5. vert : Mea Shearim (1874) Jusqu’au milieu du , les habitants de Jérusalem résidaient à l’intérieur des murailles de la Vieille Ville. Avec l’assouplissement de la législation ottomane, sous l’influence des puissances européennes, l’achat de terres et la construction en dehors de la Vieille Ville débutent dans les années 1860. Le premier bâtiment d’habitation construit hors des murailles est la maison du consul britannique James Finn dans le secteur de . À la même époque, l’archevêque protestant Samuel Gobat fonde une école sur le mont Sion (1856). Dans les années qui suivent, des quartiers juifs sont créés hors des murailles : Mishkenot Sha’ananim, , , , du nom du philanthrope David Reyes, en 1873. En 1874, la construction de Méa Shéarim commence, puis celle de Nahalat Tsvi en 1881, Batei Yosef (1868), Batei Perlman (1887). En plus des quartiers juifs, des quartiers musulmans sont construits au nord de la porte de Damas et de la porte d’Hérode. Le secteur de la porte de Jaffa devient le quartier commerçant de la Vieille Ville. À proximité des hôtels ( et des banques sont construits. La population de la ville passe de au début du à à la fin du .
Le développement de la ville, sa croissance et l’augmentation de sa population conduisent la municipalité à élargir ses activités. Le Palais du Sérail ne suffisant plus à accueillir ses bureaux, ils sont transférés en 1896 dans un nouveau bâtiment construit à l’angle des rues Mamilla et Jaffa. Dans ce bâtiment, situé en face de l’hôtel , des magasins occupaient le premier niveau et des appartements d’habitation occupaient le dernier étage. Seul un niveau servait pour les bureaux de la municipalité.
Ce bâtiment servit également pour l’administration mandataire jusqu’à la construction d’un bâtiment dédié en 1932, l’. Le bâtiment à l’angle des rues Mamilla et Jaffa servit peu de temps et est appelé Ex Municipal Offices. Il est acheté en 1946 par Hadj Daoud Avraham en vue de construire un nouveau bâtiment de commerce. Il est finalement détruit pendant la guerre d’indépendance d’Israël.
Mandat britannique Le début du mandat britannique conduit à des changements significatifs dans le statut de Jérusalem. De ville d’étude, elle redevient une capitale pour la première fois depuis la chute du Royaume de Jérusalem. De plus, les Britanniques adoptent pour la ville les normes occidentales en termes d’administration locale et d’urbanisation. Le conseil municipal ottoman (qui comptait dont seulement et un juif) est dissous. Un conseil de est mis en place (, et ). La surface du bâtiment de la mairie n’est plus suffisante pour l’administrateur britannique de la ville. La mairie, qui possède un terrain à l’angle de la rue de Jaffa et de la place Allenby (aujourd’hui ), recherche alors à financer la construction d’un nouveau bâtiment moderne. La banque Barclays finance la construction pour livres palestiniennes en échange de la location du niveau inférieur à la banque pour une durée de (du au ). Le bâtiment est construit dans le style international par l’architecte Clifford Holliday.
Comme ce site se trouve au centre de la ville, différentes considérations ont été prises en compte afin de ne pas porter atteinte au caractère architectural et historique du quartier tout en permettant une utilisation fonctionnelle des bâtiments répondant aux besoins de la mairie. Ces considérations ont conduit à la conservation de différents bâtiments historiques, qui ont été rénovés, et à la construction de deux bâtiments modernes autour de trois places, dont la principale est la place Safra.
Avec la croissance de la ville, la mairie a besoin de locaux encore plus grands. Le , le conseil municipal décide de la construction d’une nouvelle mairie dans le secteur du parc Blumfield, entre l’ et la . Pour les besoins de cette construction, la mairie exproprie l’église orthodoxe grecque du terrain qui valait à l’époque . La mairie organise un concours d’architectes pour le bâtiment, mais à cause du Mouvement de Rébellion hébraïque, le projet est gelé et la mairie est obligée de louer les terrains du bâtiment de la Poste turque, qui se trouvait à côté de l’hôtel , là où est aujourd’hui l’hôtel .
Après l'Indépendance En , en préparation de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, les organisations sionistes de la ville créent la mairie hébraïque séparée de Jérusalem. Cette mairie s’installe au 68 de la rue de Jaffa. À la suite du blocus de la ville et de la guerre de Palestine de 1948, Jérusalem est en fait placée sous un gouvernement militaire et c’est le gouverneur militaire qui dirige la ville. Le , le conseil municipal hébraïque se réunit pour la première fois et il demande au gouvernement israélien l’annexion de la ville, son intégration en tant que partie de l’État d’Israël et qu’elle devient la capitale de l’État.
Entre 1949 et 1950, Daniel Auster exerce la fonction de maire de Jérusalem-Ouest. Pendant son mandat, la mairie est installée au 32 de la rue de Jaffa. En 1963, le maire, Mordechai Ish-Shalom décide que le conseil municipal et le bureau du maire s’installeront dans l’immeuble historique de la mairie de Jérusalem, au de la rue de Jaffa.
Les projets pour une Cité municipale Les grandes vagues d’immigration (alya ou montée vers Israël) qui ont suivi la création de l’État d’Israël ont conduit à une croissance significative de la population de Jérusalem. En 1948, habitaient dans la partie ouest de la ville. En 1963, le nombre d’habitants s’élève à . Seuls le conseil municipal et le bureau du maire sont regroupés au 22 de la rue de Jaffa : à cause de la taille de la ville et des services publics que la mairie doit fournir, la plupart de ses activités sont dispersées à travers la ville.
Dès 1950, un projet prévoit la création d’un édifice central destiné à rassembler les bureaux de la mairie. Le projet consistait en la construction d’un bâtiment entre les rues King Georges, Shmouel ha-Nagid et Beeri. Ce terrain qui était proche de la , lieu où la Knesset devait siéger, était central et permettait de concentrer les institutions gouvernementales.
La mairie n’ayant pas eu les moyens de financer cette construction, elle se tourna vers différents promoteurs en vue d’un projet ressemblant à celui qui avait conduit à la construction du bâtiment historique de Jérusalem : la mairie réaliserait le bâtiment grâce à des fonds privés et en donnerait une partie en location aux investisseurs pour une longue durée. Dans le cadre de ce projet, un grand centre d’affaires devait être construit selon la proposition de l’architecte . Selon le projet, le centre devait inclure une salle de théâtre et des bureaux. La société s’intéresse au projet et propose que dans la zone soit construite une grande salle de cinéma. La Fox propose un prêt de pendant . En échange, la Fox recevra la salle de cinéma. Malgré l’opposition de membres du conseil municipal (qui refusent que le bâtiment de la mairie accueille un cinéma), il est décidé en 1951 de poursuivre le projet. À cause des retards, la société Fox décide d’abandonner la collaboration et en 1965, la Menorah de la Knesset est installée sur le terrain.
Le maire de Jérusalem-Ouest, Mordechai Ish-Shalom, choisit d’autres sites pour la mairie, dont le site de l’, en face du palais des Nations, et à proximité du quartier (où furent construites les tours Wolfson). Le conseil municipal refusa que la mairie soit construite à l’entrée de la ville, comme elle repoussa plus tard le projet de construction sur l’, en face du bâtiment de la banque d'Israël.
Finalement, la mairie décide la construction du nouveau bâtiment entre la rue et le parc de l’Indépendance. Un comité présidé par l’ingénieur Shlomo Gur est créé en 1962. Il propose la construction d’une mairie rue King Georges et propose que le bâtiment soit doté d’une place pour les cérémonies municipales et qu’on puisse avoir un panorama de Jérusalem depuis la salle du conseil.
Le projet Mansfeld thumb|Hôtel Plaza. Ainsi aurait été la mairie de Jérusalem si le projet Mansfeld avait été accepté. En , la mairie lance un concours d’architectes. Le premier prix du concours est de . sont proposés pour le concours. Le projet du professeur de Haïfa arrive en tête. Un autre projet de Mansfeld arrive en seconde position.
En 1965, Teddy Kollek est élu maire de Jérusalem. Il décide de ne pas construire la mairie sur le site qui avait été retenu. Un grand immeuble correspondant au second projet de Mansfeld sera finalement construit, l’hôtel Plaza.
Le projet Kahana À la suite de l’abandon du projet Mansfeld de construction rue King Georges, Arieh Kahana, ingénieur de la municipalité de Jérusalem, prépare dans les années 1966-1967 un projet de construction d’une mairie au nord du , à côté du Complexe russe. Le projet, rendu public en comprend deux phases. Une première phase prévoit la rénovation de l’, de la , de l’ et de l’, et la démolition de l’ afin de rassembler dans ces bâtiments les activités de la mairie.
Dans une deuxième phase du projet, l’, l’, l’, l’immeuble du consulat de Russie et le musée de la Bravoure devaient être démolis pour construire un grand bâtiment moderne. La conservation de bâtiments historiques au centre de la capitale était moins importante que la grande valeur des terrains.
Le projet Hashimshoni