Forlì (), anciennement orthographié Forly en français, est la ville chef lieu de la province de Forlì-Cesena en Émilie-Romagne en Italie.

Géographie

La ville est située dans la partie sud-est de la plaine du Pô, en Romagne, dans une zone de transition entre la plaine alluviale et les premières collines des Apennins de Forlì, à environ 5 km des contreforts et à 26 km de la côte adriatique.

Hameaux Bagnolo, Barisano, Borgo Sisa, Branzolino, Carpena, Carpinello, Casemurate, Caserma, Castiglione, Cava, Collina, Coriano, Durazzanino, Forniolo, Grisignano, Ladino, Magliano, Malmissole, Massa, Para, Pescaccia, Petrignone, Pianta, Pieve Acquedotto, Pievequinta, Poggio, Ponte Vico, Quattro, Ravaldino, Roncadello, Ronco, Rotta, Rovere, San Giorgio, San Leonardo in Schiova, San Lorenzo in Noceto, San Martino in Strada, San Martino in Villafranca, San Tomé, San Varano, Vecchiazzano, Villa Rovere, Villa Selva, Villafranca di Forlì, Villagrappa, Villanova

Communes limitrophes Bertinoro, Brisighella (RA), Castrocaro Terme e Terra del Sole, Faenza (RA), Forlimpopoli, Meldola, Predappio, Ravenne (RA), Russi

Toponymie Le gentilé de Forlì, forlivesi, dérive du nom de la commune, Forum Livii, dans l'Antiquité. Forlì (Furlè en dialecte romagnol, Forum Livii en latin) est une ville de plus de habitants de la province de Forlì-Cesena, dont elle est le chef-lieu. Durant presque tout le , Forlì fut le chef lieu de la province de Forlì, qui englobait aussi le territoire qui maintenant fait partie de la province de Rimini.

Forlì est une ville d'Émilie-Romagne mais se situe en Romagne, dont elle constitue la zone centrale (, précise Dante dans De Vulgari eloquentia). Sa primauté est aussi linguistique, car le forlivois constitue le typique dialecte romagnol, toujours selon Dante. Le romagnol tend à subir les influences des zones environnantes et perd de ses racines au fur et à mesure qu'il avance vers la périphérie de la Romagne.

Histoire thumb|left|La place Calboli avec le palais Paolucci de Calboli.

Moyen Âge Scarpetta Ordelaffi règne sur la ville de 1295 à 1315, avec une courte interruption de quelques années, et y fonde une dynastie familiale. D'origine noble et gibeline, très bien implantée en Romagne, le clan élimine ses rivaux, les familles Orgogliosi et Calboli, pour prendre le contrôle de la ville. Il parvient à sauvegarder ses possessions malgré la progression de la reconquête pontificale. Tous les membres du clan sont excommuniés en 1296 quand trois frères, Sinibaldo, Cecco et Scarpetta, avec la condotta familiale, participent au siège d'Imola. Devenu capitaine général de l'armée gibeline, Scarpetta expulse les guelfes présents à Forli et y confisque le pouvoir.

thumb|left|130px|Arcades menant à la place Saffi.

Au , se succèdent au pouvoir les Ordelaffi de 1411 à 1422, les Visconti de 1424 à 1426, la papauté et ses légats de 1426 à 1433, puis de nouveau les Ordelaffi qui considèrent la ville comme leur propriété, de 1433 à 1480, et enfin les Riarii de 1480 à 1500. C'est autour du contrôle sur la ville de Forli après la mort de Giorgio Ordelaffi qu'éclate la guerre entre Milan et Florence en 1423, rejointe par Venise en 1425. La ville échoit aux États pontificaux après la paix de Ferrare.

Temps modernes La région de Forli a notamment été le fief de la famille Vespignani, famille noble romaine et de la famille Savorelli, héritier de la famille Muti - Papazzuri. Les Vespignani possédaient le château de Monte Mauro à Brisighella de 1503 jusqu'au .

Époque contemporaine

Monuments et lieux remarquables Le vieux Forlì Piazza Aurelio Saffi thumb|left|Vue de la place Aurelio Saffi. Il s'agit de la place principale de la ville, le cœur de la vie sociale et économique de Forlì. Elle fait de long et 87 de large, au milieu se trouve la statue d'architecture fasciste d'Aurelio Saffi, triumvir pendant la République romaine et personnage symbole de la ville, auquel la place est dédiée. Les plus importants bâtiments de la ville donnent sur cette place : le palais des postes (1931-1932), lui aussi d’époque fasciste ; l’hôtel de ville de l’an 1000, qui a été résidence de la famille Ordelaffi et dont la façade date de 1800, la tour de l’horloge qui a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruite en 1975 ; également, le palais Albertini bâti au , d’art vénitien, et qui est le siège aujourd'hui d’expositions d’art contemporain. Enfin, l’abbaye ou basilique dédiée à saint Mercurial et son clocher.

Abbazia di San Mercuriale thumb|210px|L'abbaye Saint-Mercurial. thumb|210px|La cathédrale de la Sainte-Croix. L'abbaye est le monument le plus célèbre de la ville. Elle a été bâtie en 1181 sur les ruines d'une église très importante dédiée à Saint Étienne, en honneur de l'évêque de la ville après un incendie qui a détruit la moitié de Forlì. L'incendie qui eut lieu en 1173, avait été causé par les luttes entre les guelfes et les gibelins, les deux groupes qui existaient pendant le Moyen Âge, le premier en faveur du Pape et l'autre de la monarchie.

Aujourd'hui on peut admirer une église en style romain-lombard. Le clocher est la première chose que l'on remarque grâce à un effet d'optique créé par les fenêtres qui le rendent beaucoup plus haut qu'en réalité. Il fait en effet seulement mais quand on l'a construit au il était considéré une des merveilles du pays. Il faut aussi remarquer la lunette du qui se trouve au-dessus de l'entrée principale et décrit à travers un haut-relief l'Adoration des mages et le cloître du 1400 qui a été ouvert pour mettre en communication la place principale et celle du tribunal d'époque fasciste. À l'intérieur se trouvent des œuvres de l'artiste Marco Palmezzano et le sépulcre de Barbara Manfredi. La légende raconte qu'elle était la fille du seigneur de Faenza, qui l'avait promise à Pino Ordelaffi quand elle avait seulement sept ans. Comme Pino et son frère Cecco avaient tenté de s'entretuer à la mort de la jeune fille, son père avait immédiatement accusé Pino d'homicide. Lui-même, tout en refusant l'accusation, avait ordonné la construction d'un monument dans le but, dit-on, d'atténuer son sentiment de culpabilité.

Cattedrale della Santa Croce

La cathédrale, communément appelée Duomo (Dôme) par les habitants de Forlì, a été commencée au . Au elle a été profondément remaniée et en 1619 les travaux pour la construction de la chapelle de la « Madonna del fuoco » (Vierge du Feu) ont commencé. Sur la façade on remarque six grandes colonnes bâties en 1841. En 1944 les Allemands, en se retirant ont fait sauter le clocher qui a été refait plus bas en 1970. L'intérieur est formé par trois nefs divisées par des colonnes en trois chapelles par côté et un grand presbytère. On peut admirer aussi de nombreuses fresques et toiles intéressantes comme l'œuvre du peintre de Forlì Pompeo Randi L'invention et la reconnaissance de la Croix ou celle de Tagliaferri Saint Giacomo et Saint Dominique adorant la Sainte Famille.

thumb|230px|Caterina Sforza, 1480-1481,Lorenzo di Credi,Pinacoteca Civica.

Dans la chapelle de la Vierge blessée, bâtie selon la volonté de Caterina Sforza, il y a trois autels avec des fresques. Dans la chapelle de la vierge du Feu dans l'arque d'entrée se trouve une fresque nommée Le miracle de la vierge du Feu. En effet, en 1428, pendant la nuit du 4 au , un incendie s'est déclaré dans une école publique de la ville. Alors que l'incendie progressait, de nombreuses personnes présentes sur les lieux ont dit avoir vu la Vierge du Feu. Il s'agissait d'une image en papier soutenue par une table en bois qui datait 1400. L'image sacrée appartenait à l'école depuis 1425 et les enfants lui chantaient éloges et lui adressaient leurs prières. Quand les flammes s'éteignirent, resta seulement les murs et l'image de la Vierge. Tout le monde conclut à un miracle. Aujourd'hui, près de l'église, se trouve le trésor de la Vierge du Feu ainsi que la célèbre xylographie de la vierge peint par Felice Cignani en 1688. Chaque , depuis 1428 se tient un marché, qui s'étend de la place de la cathédrale jusqu'à la Piazza Saffi, où l'on vend surtout des victuailles et en particulier le typique pain sucré de forme ovale aux raisins et anis.

L'église San Biagio L'église san Biagio se situe dans le centre historique de Forlì. L'édifice actuel est le résultat de la reconstruction, en date de 1953, sous des formes à peu près similaires, d'une église antérieure, détruite par les bombardements de 1944 . Cette dernière contenait ladite chapelle Feo, oeuvre de Melozzo da Forli et Marco Palmezzano ainsi qu'une immaculée conception de Guido Reni.

Musées

Les musées de San Domenico contiennent la pinacothèque où l'on trouve le portrait de Caterina Sforza par Lorenzo di Credi, dont la ressemblance avec la Mona Lisa de Léonard de Vinci a été soulignée. Le musée abrite également des expositions temporaires, deux à l'année, alternant art moderne et classique. Les musées ont été aménagés dans les locaux d'un ancien couvent dont on peut encore aujourd'hui admirer le réfectoire et ses fresques, bien qu'il tienne désormais lieu de salle de conférence.

Architecture fasciste Sous Mussolini, Forlì est devenu un centre urbain, la ville du Duce, avec toutes les caractéristiques symboliques qui en dérivent. À cette époque-là les travaux de restauration changèrent complètement le centre-ville : la Piazza Saffi, en 1931, le Piazzale della Vittoria et le Viale della Libertà, qui va de la gare jusqu'à la place où se trouve le monument au soldat inconnu et la statue d'Icare, tous les deux typiques de l'architecture fasciste.

Piazzale della Vittoria 140px|thumb|left|Base de l'une des fontaines latérales ornées de masques, Cesare Bazzani. 210px|thumbnail|Monument au soldat inconnu. La place de la victoire a été ainsi nommée après la construction du monument dédié aux soldats inconnus de toutes les guerres, réalisé par l'architecte romain Cesare Bazzani qui avait gagné un concours national. Le monument fait en hauteur, 22 seulement pour la colonne dorique en pierre de Trani qui soutient une composition sculpturale en bronze représentant la victoire sur les trois niveaux : au ciel, sur terre et sur l'eau, avec les bras au ciel. Les trois figures qui soutiennent une flamme ont été réalisées par le sculpteur romain Bernardo Morescalchi. À la base on trouve deux fontaines décorées avec des bas-reliefs qui représentent les moments les plus importants de la vie d'un héros: l'attaque, la défense, le sacrifice et le triomphe. L'eau qui coule est, au contraire symbole du retour permanent de la victoire. Le monument a été inauguré le , le dixième anniversaire de la révolution fasciste. En arrivant par le Viale della Vittoria à gauche on peut admirer une statue d'Icare qui est dédiée au fils de Mussolini. À droite, se trouvent les palais jumeaux, à la même place où dans le passé se trouvait la douane et donc l'entrée principale de la ville. Les deux édifices semblent identiques mais ils sont en réalité différents dans leurs intérieurs et, en plus, à cause des difficultés économiques on les a construit en plâtre, le matériel qui ressemble le plus au marbre Les balcons du dernier étage étaient utilisés pour assister aux manifestations et aux parades qui avaient lieu sur la place.

Ex édifice Balilla