vignette|Hôtel de Lalande. La ville de Bordeaux compte de nombreux hôtels particuliers, vastes et luxueuses maisons de ville, généralement bâtie sur plusieurs étages, et conçues pour être occupée par une seule famille (ainsi que son personnel de maison). Témoins de la richesse de la ville et de son port, en particulier au XVIIIe siècle, un grand nombre d'entre eux sont aujourd'hui des monuments historiques.
Certains édifices appelés "hôtels" ne sont en revanche pas des hôtels particuliers, car ils ne sont pas la propriété d'une seule famille. C'est le cas de l'hôtel de la Monnaie ou de l'hôtel de la Marine.
La liste suivante présentent les hôtels particuliers de Bordeaux dans l'ordre chronologique de leur construction.
Oustau de Carles ou Maison de Jeanne de Lartigue vignette|Maison de Jeanne de Lartigue. Situé au fond de l'impasse Rue-Neuve, l'oustau (hôtel ou maison en gascon) de Carles fut aussi la maison de Jeanne de Lartigue, épouse de Montesquieu.
Cette maison du se compose d'un escalier à vis, de deux passages couverts superposés, où s’ouvrent deux arcs en plein cintre. La façade Renaissance est décorée de deux bustes supportant la galerie du bas.
Mairerie de Bordeaux vignette|220x220px|Mairerie de Bordeaux.
Située 20 rue des Ayres, elle était la demeure du maire et de sa famille au .
Aujourd'hui, elle est aménagée en presbytère de l'actuelle église Saint-Paul-Saint-François-Xavier.
Hôtel Martin ou hôtel de Razac vignette|Hôtel Martin. Situé 44 rue du Mirail, il a été construit par le maître bordelais Henri Roche, entre 1607 et 1613 pour le conseiller au Parlement Raymond Martin. En 1615 Marie de Médicis en fut l'hôte à l'occasion du mariage royal de son fils le jeune Louis XIII avec Anne d'Autriche. L'hôtel restera dans la famille de Razac, descendants des Martin, jusqu'à la Révolution..
L'hôtel est désormais intégré au Lycée Montaigne.
Hôtel de Laubardemont vignette|Hôtel de Laubardemont. L'hôtel a été construit entre 1608 et 1612 par Henri Roche pour le compte de Mathieu Martin, sieur de Laubardemont, secrétaire du roi sur l'emplacement d'une maison dénommée jusqu'alors Bourse d'Espagne. L'hôtel particulier est actuellement situé au cours de Chapeau Rouge, anciennement fossés du Chapeau Rouge.vignette|Maison Acquart.
Maison Acquart Située 23, rue Ausone, cette ancienne maison de négociants date du début du siècle pour ses façades, de style maniériste, et du second quart du pour le reste de l'immeuble qui a été remanié. Le rez-de-chaussée présente un ensemble de salles voûtées qui faisaient sans doute office d'entrepôts.
Hôtel Pichon
Situé 4, cours de l'Intendance, il fut construit entre 1610 et 1614 pour le président du Parlement de Bordeaux, François de Pichon.
Hôtel de Ragueneau ou hôtel de l'Octroi vignette|Hôtel de Ragueneau. L'hôtel a été construit entre 1634 et 1656 par l'architecte Pierre Léglise pour le compte de Jeanne de Seurin, veuve de Pierre Ragueneau conseiller au parlement. L'hôtel a été classé au titre des Monuments historiques le . L'hôtel a appartenu au marquis de Lacaze. Il est situé 71, rue du Loup et a abrité les archives municipales de 1939 à 2014arkitekturhistorie : Hôtel de Ragueneau.
Hôtel de Secondat vignette|Hôtel de Secondat. Situé 21 rue Paul-Louis-Lande, il date de la première moitié du . Il est acheté en 1757 par Jean-Baptiste de Secondat, fils de Montesquieu, qui fait entreprendre d'ambitieux travaux jamais achevés.
Hôtel Lecomte ou hôtel de Puységur vignette|Hôtel Lecomte. Situé 36, rue du Mirail, il fut construit en 1650 pour Jacques Lecomte, captal de Latresne et conseiller à la cour du roi à Bordeaux. Quand celui-ci mourut en 1659, son fils François Artus en hérita. En 1735 la maison fut vendue au conseiller au parlement Pierre de Pichard, puis, en 1826, le comte de Puységur acheta la propriété.
L'hôtel devient « maison d’enseignement » en 1850 avec la congrégation de la Sainte-Famille. L'Institution du Mirail innove en 1998 en devenant le lycée du Matin.
En 2004, la façade et l’escalier du sont rénovés.
Hôtel Journu (place du Palais) vignette|Hôtel Journu de la place du Palais.
Il existe plusieurs hôtels particuliers appartenant à la famille Journu à Bordeaux. Celui de Claude (1680-1742) est situé aux 26 et 27 place du Palais. D'abord installé rue de la Rousselle, ce marchand droguiste a fait fortune dans le négoce de denrées coloniales puis dans l'industrie du raffinage du sucre de canne. Sa richesse lui permet de se faire construire cet immeuble pour montrer sa réussite et y loger sa très nombreuse famille.
Hôtel de l'Intendance vignette|Vestiges de l'hôtel de l'Intendance.
Construit sur les fondations mêmes des remparts datant de l'Antiquité romaine, cet hôtel est situé dans l’ancien château de Puy-Paulin, qui a été vendu au roi Louis XIV en 1707 par Henri-François de Foix Candale, héritier des ducs d’Épernon. Il devient alors le logement de fonction des intendants de Guyenne, parmi lesquels le Marquis de Tourny.
À la Révolution, avec la suppression des intendances, l’hôtel devient pendant un an l'hôtel de département, puis est vendu à sept copropriétaires parmi lesquels les frères Pereire. Au début du , l’hôtel devient la propriété du riche négociant Auguste Journu.
Hôtel Pichon-Longueville
Situé 9, rue Poquelin-Molière, il a été construit en 1722. Hôtel Lecomte de Latresne vignette|Hôtel de Latresne.
Situé 8, rue de Cheverus, il fut édifié en 1739 par l'architecte André Portier, pour le compte d'un riche parlementaire bordelais, le marquis Lecomte de la Tresne. Cet hôtel particulier fut un temps la résidence de l'archevêque de Bordeaux, et a aussi abrité le siège du quotidien Sud Ouest.
L’Hôtel de Nesmond vignette|Hôtel de Nesmond.
Situé au 17 bis, rue Vital-Carles, cet hôtel a été fortement remanié par le maréchal duc de Richelieu entre 1757 et 1766. À l'origine la propriété appartenait à la famille d’Esmond, riche famille de parlementaires d’origine irlandaise qui, en 1630, y fit bâtir une première demeure. En 1659, la Ville l'acquiert pour y loger le maire, en remplacement de l'ancienne mairerie. Elle devient ensuite, en 1691, la propriété du gouverneur de la province de Guyenne et de ses services. C'est à ce titre que le duc de Richelieu, alors chargé du poste, transforme la vieille demeure en palais dont l'entrée était située rue de la Porte-Dijeaux.
À la Révolution, l'hôtel devient bien national, puis en 1830, une pension de jeunes filles. L'État achète le site en 1862 afin d'y installer l'archevêché. Le cardinal Donnet quitte alors l'hôtel de la Tresne, rue de Cheverus, pour cette résidence plus confortable.
Après la séparation de l'Église et de l'État en 1905, l'hôtel de Nesmond est revendu au département de la Gironde et affecté à la résidence privée du préfet de la Gironde.
En 1914, puis en 1939, lors des replis du gouvernement français à Bordeaux, les présidents Poincarré et Lebrun y habitèrent.
Hôtel Raba
Située cette demeure fut construite pour l'officier louvetier François Lartigue entre 1745 et 1750, avant d'être rachetée en 1779 par la très riche famille Raba, armateurs juifs d'origine portugaise.
Hôtel Gradis thumb|Hôtel Gradis Situé 138, cours Victor-Hugo, l'hôtel est édifié en 1750 pour le négociant et armateur négrier bordelais Abraham Gradis.
Hôtel Copmartin Pierre Copmartin (1718-1782), avant-dernier subdélégué (secrétaire de l'Intendant) de Bordeaux de 1768 à 1782 et président de l'élection de Guyenne, fit édifier vers 1770 un hôtel particulier de style Louis XVI au de la rue Castillon. Au départ, seuls le logis au fond de la cour et l'aile nord sont bâtis; l'aile sud, quant à elle, n'était pas encore achevée à la mort de Copmartin. Située à quelques pas de l'hôtel de l'Intendance, cette demeure de prestige se distingue par le garde-corps chiffré (P.C. et J.M.C.) en fer forgé du balcon qui surplombe la porte cochère et qui court tout le long de la façade. La rampe de l'escalier d'honneur présente un travail de ferronnerie similaire, et le salon de l'étage noble un parquet à rosace d'époque Louis XVI.
Hôtel de Lalande vignette|Hôtel de Lalande.
Cet hôtel particulier, entre cour et jardin, fut bâti en 1778 par l’architecte Etienne Laclotte pour Pierre de Raymond de Lalande, conseiller au parlement de Bordeaux depuis 1747. Riche représentant de la noblesse de robe de Bordeaux il possédait également, par son mariage avec Jeanne de Lalande-Gayon, dame d’Urtubie, de vastes plantations de café et de canne à sucre, ainsi que leurs esclaves, à Saint-Domingue. Les revenus de ces investissements placent les Lalande parmi les premières fortunes de Bordeaux. La demeure change de main dès 1828, puis à plusieurs reprises avant d'être acquise en 1878 par la Ville de Bordeaux qui y installe un hôtel de police. L'hôtel accueille désormais le Musée des Arts décoratifs et du design. Hôtel Leberthon - Crédit Municipal de Bordeaux vignette|Hôtel Leberthon.
André-François-Benoît Leberthon (ou Le Berthon), père d'André-Benoît-François-Hyacinthe Le Berthon, premier président du Parlement de Bordeaux, fait édifier entre 1742 et 1747 un hôtel particulier par l'architecte André Portier, à l’emplacement d’une maison complètement ravagée par un incendie, sur une propriété faisant partie du patrimoine de la famille Leberthon avant 1573. Les Leberthon reçoivent en dédommagement de leur demeure incendié une subvention publique exceptionnelle de 100 000 livres. L'immeuble de style Louis XV est situé en retrait au sein d’une cour fermée sur les côtés par deux ailes basses et un mur ouvrant sur la rue par un porte encadrée de doubles colonnes, signe d'un personnage de haut rang, et surmontée d'une balustrade. L’escalier d’honneur et l’escalier de service en pierre de taille traduisent du savoir-faire en matière de stéréotomie des maîtres maçons du . Une rampe en fer forgé souligne chacun de ces deux escaliers. On y retrouve les fenêtres à arceaux et les toits mansardés caractéristiques des façades d’ensembles situés autour de la place Gambetta ou de la place de la Victoire.
L’hôtel est situé 29, rue du Mirail, et est occupé depuis 1801 par la Caisse de Crédit MunicipalArtémisia :Hôtel Leberthon.
Hôtel Marbotin
Situé 28, rue Blanchard-Latour, il a été construit en 1770. Hôtel de Lisleferme vignette|Hôtel de Lisleferme.
Situé dans le Jardin public, il fut construit en 1771 par l'architecte Richard-François Bonfin pour le compte de Pierre-Romain Nicolas de Lisleferme, seigneur du Bosc, avocat au parlement de Bordeaux, jurisconsulte, poète et amis des arts, président de l'Académie de Bordeaux, d'une famille protestante de La Rochelle.
Il abrite depuis 1862 le Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.
Hôtel MacCarthy Cet hôtel particulier, qui donne sur le Jardin public, a été construit entre 1770 et 1772 par les frères Laclotte. Il est d'abord occupé par le comte de Fumel., jusqu'à son achat en 1777 par Denis MacCarthy (1719–1796), négociant irlandais jacobite installé à Bordeaux et propriétaire du Château MacCarthy à Saint-Estèphe. Dès 1779, l'hôtel est revendu à Mme Dufaure de Lajarte..
Son entrée est située au du cours de Verdun. La cour d'honneur est fermée côté rue par un corps de logis de style néo-rocaille 1900.
Palais Rohan (siège de l'actuel Hôtel de Ville) vignette|Palais Rohan.