L' est une maladie infectieuse transmissible par le sang et due au virus éponyme. L'hépatite (inflammation du foie) est le plus souvent asymptomatique et d'évolution chronique. La gravité des hépatites C est variable et peut aller d’une forme bénigne, d’une durée limitée à quelques semaines, à une maladie grave chronique pour la vie si elle n'est pas traitée. L’hépatite C est une cause majeure du cancer du foie. L'infection risquant d'évoluer vers une cirrhose (fibrose cicatricielle et dysfonctionnement du foie) voire un cancer du foie.
On estime que 71 millions de personnes sont porteurs chroniques de l’hépatite C, essentiellement infectés par transfusion de sang non soumise à un dépistage et la réutilisation d'aiguilles et de seringues non stériles. La prévention repose essentiellement sur le contrôle des produits sanguins à usage médical et sur l'utilisation de matériel à usage unique pour les prélèvements et injections.
L'infection peut être traitée par l'administration de médicaments anti-viraux. Depuis 2011, de nouveaux médicaments permettent de guérir de l'infection chez plus de 95 % des malades. Le risque de développement ultérieur d'un cancer du foie dépend des dommages que le foie a subis durant l'infection en plus d'autres facteurs (alcoolisme, médicaments…). L’accès au diagnostic et au traitement reste cependant limité dans le monde.
Histoire Au milieu des années 1970, Harvey J. Alter, responsable de la section des maladies infectieuses au département de médecine transfusionnelle des (NIH), a démontré avec son équipe que la plupart des cas d’hépatite post-transfusionnelles n’étaient pas dus au virus de l’hépatite A ni à celui de l’hépatite B. Malgré cette découverte, les efforts de recherche coordonnés au niveau international pour identifier le virus responsable de cette maladie, initialement baptisée « hépatite non A non B » (NANBH en anglais), sont restés sans résultat pendant une décennie. En 1987, Michael Houghton, Qui-Lim Choo, et George Kuo de la Chiron Corporation, en collaboration avec le DW Bradley du CDC, ont utilisé une nouvelle approche de clonage moléculaire pour identifier l'organisme inconnu 2000 Albert Lasker Award for Clinical Medical Research, The Lasker Foundation, consulté le 20 février 2008. En 1988, l’existence du virus a été confirmée par Alter qui a vérifié sa présence chez un groupe de patients atteints dhépatite non A non B. En , la découverte du virus, connu maintenant sous le nouveau nom de virus de l'hépatite C (VHC), a fait l’objet d’une publication dans deux articles de la revue .
Chiron a déposé plusieurs brevets sur le virus et ses méthodes de diagnostic sérologique Houghton M, Q-L Choo et G. Kuo, NANBV déposé le 18 novembre 1988.. Une demande de brevet concurrente déposée par le CDC a été abandonnée en 1990 après que Chiron a payé 1,9 million de dollars au CDC et à Bradley. En 1994, Bradley a poursuivi Chiron, pour faire invalider le brevet, se considérant lui-même comme co-inventeur, et demandant à recevoir des dommages et intérêts et des royalties. Il a renoncé en 1998 après avoir perdu devant une cour d'appel Paul Elias. « Hepatitis Drug-Maker Complaints Reviewed » The Associated Press, 27 février 2004..
En 2000, les docteurs Alter et Houghton ont reçu le prix Lasker pour leurs travaux novateurs qui ont abouti à la découverte du virus de l'hépatite C et au développement de méthodes de dépistage permettant de réduire les risques d’hépatite post-transfusionnelle aux États-Unis de 30 % dès 1970 et à le réduire à un niveau proche de zéro en 2000 2000 Winners Albert Lasker Award for Clinical Medical Research, The Lasker Foundation, consulté le 20 février 2008..
En 2004, Chiron a obtenu 100 brevets dans 20 pays atteints par l'hépatite C et a poursuivi avec succès devant les tribunaux de nombreuses entreprises qui avaient utilisé illégalement son procédé. Les scientifiques et les concurrents se sont plaints que la société entravait la lutte contre l'hépatite C en exigeant des redevances trop élevées pour utiliser sa technique.
Du fait de leur coût et de leur restriction dans les pays occidentaux, certains médicaments comme le sofosbuvir (Sovaldi) fabriqués en génériques en Inde entraînent la création de réseaux de vente parallèles, voire des déplacements des patients vers l'inde pour obtenir les médicaments désirés.. Le coût de certains de ces médicaments suscite la mobilisation de plusieurs associations basées sur le bénévolat de professionnels de la santé.Hépatite C : bataille pour l’accès à un traitement révolutionnaire, Le Monde, 22 janvier 2015.
En 2020, Harvey James Alter, Michael Houghton et Charles M. Rice ont conjointement reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs travaux amenant à la découverte du virus de l'hépatite C..
Virologie
Le virus de l'hépatite C (VHC) est un petit virus à ARN d’environ 60 nanomètres de diamètre, enveloppé et contenu dans une capside protéique icosaédrique. Son génome est un ARN monocaténaire linéaire de polarité positive. Il existe six grands génotypes du virus de l'hépatite C, qui sont indiqués par un nombre (par exemple, le ou le )
Le virus a été classé dans la famille des Flaviviridae qui se compose de trois genres : les Hepacivirus, dont le VHC (virus de l'hépatite C) ; les Orthoflavivirus, responsables d'arboviroses ; les , dont le virus de l'hépatite G ; les , qui ne causent de pathologies que chez les cétartiodactyles.
Génotypes Le VHC est une grande famille, ce virus à ARN a une variété de génome assez importante. On en connait huit principaux génotypes, notés de 1 à 7, et de nombreux sous-types. Ces génotypes ne sont pas responsables d'évolutions significativement différentes de l'hépatite. Quel que soit le génotype, la guérison grâce aux nouveaux traitements AAD (anti-viraux directes) est obtenue dans plus de 97 % des cas en 8 à ..
Signes et symptômes Le virus peut rester plusieurs années à l'état latent. Le patient est alors ce qu'on appelle un porteur sain, c'est-à-dire qu'il n'a aucun symptôme, mais peut transmettre la maladie. Le danger est que de nombreux patients sont infectés par le virus sans le savoir, et peuvent donc contaminer leurs proches. D'où l'importance du dépistage pour tous.
Quand la maladie se déclare, elle peut avoir plusieurs conséquences parmi lesquelles la survenue d'une cirrhose (affection chronique du foie). Le virus favorise également le cancer du foie (10 % des cas).
Généralement, l’hépatite C ne produit aucun signe ou symptôme au cours de ses premiers stades. Lorsque les signes et symptômes se présentent, ils sont généralement bénins et grippaux et peuvent inclure : de la fatigue ; de la fièvre ; des nausées ; des vomissements ; des pertes d’appétit ; des douleurs musculaires ; des douleurs articulaires ; une sensibilité au niveau de la zone abdominale où se trouve le foie ; un ictère (jaunissement de la peau et du blanc des yeux) ; une coloration grisâtre des fèces ; une coloration sombre des urines.
Les premières études de charge virale chez onze porteurs asymptomatiques de l’hépatite C ont montré que la charge virale dans le plasma sanguin variait de 100/ml à /ml.
Hépatite C aiguë Après la contamination et une phase d'incubation d'environ sept semaines Marcellin P, « Hepatitis C: the clinical spectrum of the disease » J Hepatol. 1999;31:9-16 survient la phase aiguë de l'infection.
La phase de l'hépatite C aiguë désigne la période allant du début de l'infection jusqu'aux six premiers mois. Cette phase est asymptomatique (sans symptôme) dans 60 à 70 % des cas. Chez une minorité de patients on retrouve des symptômes non spécifiques, tels qu'une perte de l'appétit, un état de fatigue, des douleurs abdominales, un état pseudo-grippal, un pruritDega H, Frances C, Dupin N, Lebre C, Simantov A, Callot C, Chosidow O. , « Prurit et virus de l'hépatite C », Annales de dermatologie et de vénéréologie 1998;125(1):9-12. ou un ictère. La durée des symptômes est, en règle générale, inférieure à trois mois.
Le virus de l'hépatite C est habituellement détectable dans le sang une à trois semaines après le début de l'infection, et les anticorps contre le virus apparaissent généralement en moins de 3 à 12 semaines.
Au cours de cette phase : environ 20 à 30 % des personnes infectées éliminent spontanément le virus, comme en témoigne la normalisation des niveaux des enzymes hépatiques telles que l’alanine aminotransférase (ALAT) et l’aspartate aminotransférase (ASAT), ainsi que la disparition du plasma de l’ARN du VHC (phénomène connu sous le nom d’élimination « spontanée » du virus). Attention, le virus n'est plus détectable mais est toujours présent dans l'organisme ; environ 70 à 80 % des personnes infectées évoluent vers une hépatite C chronique, c'est-à-dire une infection persistant plus de six mois.
Les formes gravissimes, dites , sont rarissimes et se retrouvent essentiellement chez des patients déjà infectés avec le VHB, ou après une surinfection par le VHA.
Hépatite C chronique L'hépatite C chronique est définie par une infection persistant depuis plus de six mois. Cliniquement, cette maladie est souvent asymptomatique et généralement de découverte fortuite. Les complications de l'hépatite chronique vont apparaître 20 ou 30 ans après phase aiguë.
L’évolution naturelle de l'hépatite chronique C varie considérablement d'une personne à l'autre. Pratiquement toutes les personnes infectées par le VHC présentent des signes d’inflammation à la biopsie hépatique ; le taux de progression vers la cicatrisation des lésions du foie (fibrose) est toutefois très variable selon les individus.
L'évolution sans traitement se fait : dans un tiers des cas vers une hépatite chronique modérément active ou très active qui peut aboutir à une cirrhose en 10 à 20 ans. Parmi ces cas, certains développeront un carcinome hépatocellulaire, ou cancer primitif du foie ; dans un autre tiers vers une hépatite chronique peu active qui peut soit ne pas évoluer, soit aboutir à une cirrhose après 30 ans ; le reste des patients semblent avoir une fibrose qui progresse si lentement qu'ils ont peu de chances de développer une cirrhose dans le cours normal de leur vie.
L’évolution de l'infection dépend de facteurs aggravants tels que l'âge, le sexe (chez les hommes la progression de la maladie est plus rapide que chez les femmes), la consommation d’alcool, la stéatose hépatique, l’excès de poids, la co-infection par le VIH (associée à une nette augmentation du taux de progression de la maladie) et le type de virus (parmi les six génotypes identifiés).
Les symptômes évocateurs d'une maladie du foie sont généralement absents jusqu'à la cicatrisation des lésions hépatiques. Toutefois, l'hépatite C est une maladie systémique et les patients peuvent présenter une grande variété de manifestations cliniques allant de l'absence totale de symptômes à une maladie avérée, jusqu’au développement d’une maladie hépatique avancée. Les signes et les symptômes associés à une hépatite C chronique, sont une fatigue, une perte de poids importante, un état pseudo-grippal, des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, une fièvre peu élevée et intermittente, des démangeaisons, des troubles du sommeil, des douleurs abdominales (en particulier dans le quadrant supérieur droit), des troubles de l'appétit, des nausées, de la diarrhée, des troubles dyspeptiques, des troubles cognitifs, des troubles dépressifs, des maux de tête, et des sautes d'humeur.