thumb|right|250px|Benoît XVI en papamobile (modèle Fiat Campagnola) en 2005. La ou papemobile (québécisme) est le nom informel donné au véhicule utilisé par le pape lors de ses déplacements en public et qui, à partir d'une certaine date, a été spécialement conçu pour lui. Lui permettant d'être plus facilement vu des fidèles lors des cérémonies, la papamobile a des origines anciennes avec la sedia gestatoria (littéralement « chaise à porteurs ») qui était un trône mobile utilisé dans le même but.
L'immatriculation de la papamobile est : « SCV 1 ». « SCV » correspond à « Stato della Città del Vaticano », ce qui veut dire en italien : État de la Cité du Vatican, dont toutes les plaques d'immatriculation – les premières ayant été émises en 1930 – portent un sceau de plomb frappé des armoiries du VaticanS.C.V.: State City of Vatican The first plates were not that different from those that you can see nowadays: black on white, with the letters SCV and then a serial number. On motorcycles, tractors and other vehicles of this kind, the serial number started with the digit 0..
Papamobiles actuellement en service Aujourd'hui, le pape utilise principalement deux papamobiles : Mercedes-Benz G 580 EQ , entrée en service en , la première papamobile électrique, utilisée principalement pour des événements sur la place Saint-Pierre (équipée d'un couvercle en verre pour le pape, applicable si nécessaire). Deux Mercedes-Benz Classe M blindées, avec le numéro d'immatriculation bleu 6 224, entrées en service le , destinées aux déplacements en dehors du Vatican (jamais utilisées par le pape François). alt=|thumb|La plaque d'immatriculation des voitures du pape : SCV 1. Depuis , la pratique consistant à attribuer des plaques d'immatriculation de « SCV 2 » à « SCV 9 » aux papamobiles a cessé, selon le principe selon lequel toute voiture utilisée par le pape doit avoir le sigle « SCV 1 » comme numéro de plaque d'immatriculation. La première papamobile à être immatriculée avec cette plaque d'immatriculation fut la Mercedes-Benz Classe M, entrée en service en . Dans le cas où le pape doit utiliser une voiture qui ne fait pas partie de la flotte de véhicules du Vatican, une paire de plaques d'immatriculation SCV 1 y est apposée et déposée aux bureaux des véhicules automobiles du Vatican pour être utilisée si cette éventualité se présente.. Normalement, pour les grandes occasions publiques, le protocole prévoit l'utilisation de la papamobile blindée officielle. Celle-ci est chargée sur des avions-cargos ou des camions spéciaux pour être transportée avant l'arrivée du pape sur le lieu de visite. Cependant, d'autres papamobiles utilisées lors de visites à l'étranger restent dans le pays hôte pour être réutilisées lors de visites futures. Avant d'être utilisé par le pape, chaque véhicule est toujours régulièrement inspecté par un service spécial de la Garde suisse.
Véhicules de série
Alors qu'un film des Frères Lumière tourné en 1896 montre Léon XIII se déplaçant en carrosseLeo XIII ., la toute première voiture d’un pape ne fut offerte à Pie X qu'en 1909 par John Murphy Farley, évêque de New York, mais à cette époque, la Question romaine n'est pas résolue, et le pontife est confiné à Rome depuis 1870.
On offrit par la suite à Benoît XV une Bianchi 155 en 1922 et une Bianchi 20 en 1926, mais aucune d'elles ne sera utilisée et ce n'est que Pie XI qui abandonnera l’utilisation des voitures à cheval. Il se verra offrir un certain nombre de véhicules des marques Fiat, Bianchi ou CitroënPresidents, Popes or Potentates: Cars of heads of State The first car given to a Pope was a 1929 Fiat 525, which was personally delivered to Pius XI by champion racing driver Felice Nazzaro. Other cars followed, including an Isotta-Fraschini (the “Rolls-Royce of Italy”), an American Graham (the car in which the Pope left the Vatican for the first time to end the Pontiff’s “voluntary reclusion”) and a Citroen Italiana, which had one of the most ornate interiors of its day.. La toute première voiture offerte à Pie XI fut une Fiat 525 N, la même que celle du roi Victor-Emmanuel III ; il s'agissait d'un cadeau du champion de course Felice Nazzaro. Elle sera réquisitionnée par Benito Mussolini. André Citroën offrit un modèle Lictoria C6, dont l'intérieur est aménagé comme un salon vénitien de style avec un trône papal ; sa carrosserie bicolore est noire et amarante, avec des chromes d'or. Offerte en 1930 par une usine italienne de Citroën afin de fêter la réconciliation entre l'Église et l'État italien, elle n'a en réalité guère été utilisée à cause de son côté trop luxueux (192 km au compteur). Elle est conservée dans les musées du VaticanCaroline Pigozzi, « Visite privée au Vatican », Paris Match, semaine du 2 au 9 janvier 2018, p. 50-59.« Citroën – Lictoria C6 », museivaticani.va, consulté le 8 janvier 2019..
C'est seulement après la signature des accords du Latran que le , Pie XI fait sa toute première sortie officielle en Italie, dans une Graham-Paige., pour se rendre à la basilique Saint-Jean de LatranVatican : exposition des voitures des papes.. Offerte en 1929 par les frères Graham, et reprise en deuxième main par Pie XII, elle ne sera remisée qu'avec au compteurKnights of Columbus and Rome: Looking back at 90 years of friendship The exhibit’s largest item is a U.S. Graham-Paige limousine, presented to Pope Pius XI in 1929 by the Graham brothers, members of the Knights of Columbus. Later that year, when the Lateran Pacts finally allowed popes to go freely outside Vatican City walls, the pope used it to travel across the city to the Basilica of St. John Lateran. The Graham-Paige later became the favorite car of Pope Pius XII, and when it was retired it had more than 30,000 miles on the odometer..
Modèles spécifiques
L'ancêtre de la papamobile, en tant que véhicule conçu pour les tâches pontificales, est la Lictoria, équipée d’un petit trône, et offerte par André Citroën à Pie XI en 1930Lechler restaure l’historique Citroën « Lictoria Sex » du Pape Pie XI Monseigneur Pietro Amato, directeur des musées historiques du Vatican rapporte : « Le 14 décembre 1992, date de démarrage de la restauration, la voiture ne comptait que 159 km. Sa Sainteté ne l’avait utilisée qu’une seule fois, le 12 mai 1936, avec le Conte Bezzi-Scali au volant. Les 159 km ont été parcourus dans l’enceinte du Vatican, dans le seul but de la faire rouler et de faire tourner le moteur..
C'est à la même époque que la firme Mercedes-Benz fait son entrée sur la scène vaticane en offrant au Saint-Père une Nürburg 460La première papamobile de Mercedes L’auto est une Mercedes-Benz Nürburg 460. Pie XI se déclara très impressionné à sa première descente de l’auto, qu’il qualifia de « chef-d’œuvre de modernisme »..
La Seconde Guerre mondiale interrompt ces relations et, en 1940, c'est la firme Cadillac qui offre à Pie XII une limousine Fleetwood Standard Series 75 noire dont l'intérieur est spécialement aménagé : finition chrome, or et noisetier, un siège arrière unique entouré d'une radio et d'une tabletteCadillac and La Salle Chassis, 1940 - 1942..
D'une certaine manière, l'essor industriel des années 1960 s'exprime dans la qualité de l'écurie automobile pontificale : Jean XXIII recevra une Mercedes-Benz 300d en 1960Vatican : une Mercedes 300D sur mesure Une Mercedes 300D Pullmann Landaulet a été réalisée sur mesure pour le souverain pontife Jean XXIII en 1960. La banquette arrière a été remplacée par un unique fauteuil.. Paul VI recevra une Mercedes 600 Landaulet en 1963La Mercedes 600 Landaulet de Paul VI sort de son musée Cette Mercedes Type W100 très spéciale bénéficie d'un pavillon surélevé et de portières sensiblement allongées., puis une Lincoln Continental en 1964, elle aussi adaptéeThe Evolution Of The Popemobile: 1964: Lincoln Continental Lehmann-Peterson Also customized in the Landaulet style, in this case the Pope's throne seat was equipped with a hand crank which elevated the Pontiff 12 inches into the air so the crowds could get a better look..
Dans les années 1970, affirmant les idées du concile Vatican II, Paul VI acquiert, afin d'être plus visible et proche des fidèles, une Toyota Land Cruiser, peinte en blanc et munie d'une plate-forme surélevée. Les mêmes modifications sont effectuées sur une Mercedes, une Range Rover et une Fiat Campagnola.
Après l'attentat de 1981
Les premières « papamobiles » étaient découvertes, sans aucune protection particulière. La verrière est apparue après la tentative d'assassinat dont a été victime Jean-Paul II en 1981, dans la Fiat Campagnola qui lui avait été offerte en 1980.
Le pape étant constamment susceptible d'être victime d'un attentat, spécialement en déplacement, un blindage (vitres, mais aussi carrosserie) fut ajouté. Il est normalement conçu pour résister à des armes de tir puissantes (mitrailleuses de calibre , fusil d’assaut de type AK-47…) ainsi qu'aux dernières générations de grenades. Pour éviter un effet de serre trop important, le verre est traité et une climatisation a été ajoutée.
Le pape Benoît XVI, pour la messe inaugurale de son pontificat, avait réutilisé l'ancienne papamobile découverte, un 4x4 Fiat Campagnola.
Les papamobiles étaient jusqu'il y a peu basées sur la classe G de Mercedes, un 4x4 robuste, mais moins confortable que le ML. En 2011, c'est une Mercedes classe ML modifiée, pourvue d'une cabine vitrée, dans laquelle prend place le souverain pontife, et qui lui permet de saluer et de bénir la foule sur son passage. Lors des JMJ de 2023, le pape François a utilisé une classe G et une Toyota Landcruiser.
En 2011 a été envisagé un véhicule hybride développé à partir d'une Mercedes M, ce type de motorisation étant préféré à un modèle tout électrique, car permettant une accélération plus forte en cas d'attentatNouvelle Papamobile : un Mercedes M hybride rechargeable Un tout terrain de couleur blanc nacré de la Classe M, avec un moteur hybride et une batterie rechargeable permettant 30 km d’autonomie zéro émissions, construit sur base de la technologie présentée en 2009 sur la Classe S500 plug-in..
Véhicules propres aux visites pastorales
Dans certains voyages et par souci d'en simplifier la logistique, un véhicule spécial est fourni au souverain pontife, ce qui arriva fréquemment avec les très nombreux voyages de Jean-Paul II à l'étranger. Ces véhicules sont réalisés dans le pays hôte par une firme locale, souvent sur un châssis de véhicule utilitaire, et rendent donc hommage à l'industrie et aux travailleurs de ce pays, mais aussi à l'entreprise à qui cet honneur échoit. Utilisés pour ces occasions uniques, ils terminent en général dans un musée ou sont vendus aux enchères à de riches - et pieux - collectionneurs, les bénéfices de ces ventes allant à des organisations caritativesUne papamobile aux enchères… ! Une « papamobile » blindée ayant transporté Jean Paul II lors d'une visite en Écosse en 1982 sera vendue aux enchères en septembre, a annoncé jeudi la maison Thomson Roddick Scottish Auctions. :
dès 1979, lors de sa première visite pastorale en Pologne, Jean-Paul II se déplace à bord d'un camion de la marque Fabryka Samochodów Ciężarowych « Star », adapté d'un châssis du modèle 266 Au premier pèlerinage vers la patrie du Saint-Père en 1979, le FSC a développé le châssis du véhicule Starachowice, quand le pape s'est rendu dans le pays. ;