Jean-Pierre Chevènement Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API., né le à Belfort (Territoire de Belfort)Sous le prénom de Jean, Pierre, Paul dit "« Jean-Pierre »., est un haut fonctionnaire et homme politique français.
Député pendant sept législatures, maire de Belfort durant plus de vingt ans et sénateur de 2008 à 2014, il a par ailleurs longtemps été élu régional de Franche-Comté, dont il a brièvement présidé le conseil régional.
Soutien de François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de 1981, il est nommé ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Industrie dans les deux gouvernements dirigés par Pierre Mauroy avant de devenir ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Fabius.
Au terme de la première cohabitation, il est nommé ministre de la Défense par Michel Rocard, de 1988 à 1991, puis, sous la troisième cohabitation, ministre de l'Intérieur par Lionel Jospin entre 1997 et l'an 2000.
Longtemps membre du Parti socialiste, tenant d'une ligne anti-libérale et souverainiste, il fait campagne contre le traité de Maastricht, en faveur du lors du référendum de 2005 et dénonce le traité de Lisbonne ratifié par le Congrès réuni à Versailles par le président Sarkozy en . À l'origine du Mouvement des citoyens (MDC) et du Mouvement républicain et citoyen (MRC), il se présente à l'élection présidentielle de 2002 sur une ligne qualifiée de souverainiste, recueillant 5,33 % des voix.
Biographie Enfance et études Jean-Pierre Chevènement est le fils de Pierre Chevènement, instituteur, et de Juliette Garessus (1911-2003), institutrice. La famille Chevènement est une famille franc-comtoise d'origine suisse (canton de Fribourg), dont le nom était à l'origine Schwennemann, francisé en Chevènement au ..
Il est lauréat du concours général en grec et géographie, membre de la Conférence Olivaint (1957-1959)., il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1960) et élève de l'École nationale d'administration (ENA) dans la même promotion (Stendhal, 1963-1965) que Lionel Jospin, Jacques Toubon et Ernest-Antoine Seillière. En 1967, il a publié, sous un pseudonyme, avec son ami et premier collaborateur au Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES, alors courant de la SFIO), Didier Motchane, L'Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise, premier livre grand public traitant de l'ENA. Il est aussi diplômé d'allemand de l'université de Vienne (Autriche).
Le , il épouse, dans le de Paris, Nisa Grunberg, peintre et sculptrice. Le couple a deux fils : Raphaël (scénariste, réalisateur et journaliste) et Jean-Christophe.
Vie privée Amateur d’échecs, Jean-Pierre Chevènement participe à une partie simultanée contre Boris Spassky et assure la présidence d'honneur du Cercle d'échecs de Belfort..
Il est locataire, à partir de 1983, d'un appartement de cinq pièces dans le de Paris, propriété de la Régie immobilière de la ville de Paris.. Durant les années 2000, plusieurs articles de presse évoquent sa situationAinsi et sans recherche d'exhaustivité en 2000 une évocation dans , en 2008 dans ou en 2011 . par mois depuis le selon , qui rapproche ce montant du loyer mensuel moyen au mètre carré dans l'arrondissement qu'ils estiment à . Dans sa défense, telle que rapportée par l'article précité de 2008 du Nouvel Observateur, Jean-Pierre Chevènement fait observer que l'appartement n'excède que de peu la centaine de mètres carrés, est situé au troisième étage sans ascenseur et n'est doté que d'une salle de bain exiguë., bien que la légalité de cette location ne soit pas contestée..En 2007 pour la première, comme signalé par , en mai 2011 pour la seconde comme signalé dans l'article précité La Ville de Paris ne peut plus déloger Chevènement.. Jean-Pierre Chevènement refuse de donner suite aux propositions de deux adjoints au maire de Paris, Jean-Yves Mano et Pierre Aidenbaum, qui lui suggèrent de libérer ce logement La citation est de Pierre Aïdenbaum, cité dans l'article précité Quelques élus indélogeables ; les démarches de Jean-Yves Mano sont exposées dans l'article précité « Chevènement devrait quitter son appartement »., soulignant qu'il a déjà accepté une importante augmentation de loyerVoir l'article précité La Ville de Paris ne peut plus déloger Chevènement..
Carrière professionnelle À sa sortie de l'IEP, il est élève officier à l'École militaire de Cherchell avant de devenir attaché, puis conseiller commercial au ministère de l'Économie et des Finances (1965-1973).
Jean-Pierre Chevènement est sous-préfet d'Oran (Algérie) par intérim lors du massacre du 5 juillet 1962 commis sur des pieds-noirs et des Algériens pro-français.. Il cite le nombre de fourni par ses services, nombre qu’il estime devoir être légèrement minoré, des habitants ayant peut-être gagné le port ou l'aérodrome, et trouvé un départ. Il préfère pour sa part se résoudre à parler de centaines de victimes. Sous-lieutenant, Jean-Pierre Chevènement était alors chef de cabinet adjoint du préfet d'Oran depuis , chargé des liaisons militaires « pour aider l'Algérie à accéder à son indépendance dans l'amitié avec la France » selon le Quotidien d'Oran.. Le général Joseph Katz le jugeait trop curieux sur la question des disparus et Jean-Pierre Chevènement écrit avoir après avoir été menacé par un auxiliaire de police algérien. Dans une lettre publiée par L'Humanité, il dénonce la torture « utilisée par certains éléments de l'armée française »..
Après avoir été en poste à Oran, il travaille à l'ambassade de France à Alger, jusqu'en . Il est membre de l'association France-Algérie, qui entend œuvrer à l'amitié entre les deux peuples..
Jean-Pierre Chevènement a brièvement travaillé hors de la fonction publique entre 1969 et 1971 en tant que directeur des études à la société Eres, une entreprise privée d'études et de recherches économiques, avant de se consacrer entièrement à sa carrière politique et à ses mandats électifs.
Parcours politique
Ascension Les journalistes Joseph Confavreux et Marine Turchi écrivent à son sujet : ..
Membre de la SFIO à partir de 1964, il se montre partisan d'une rénovation du socialisme. Dans cet esprit, lors du congrès d'Épinay de 1971 qui fonde le PS, il apporte son soutien à François Mitterrand, qui prend la tête du nouveau parti. Dirigeant le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES), qui constitue l'aile gauche du PS, il est chargé par Mitterrand d'élaborer le programme du PS et favorise le rapprochement avec le PCF, concrétisé par la signature du Programme commun de gouvernement en 1972. Cependant, son discours, jugé trop radical, ainsi que l'arrivée au sein du PS de Michel Rocard, auquel il s'oppose, entraînent sa mise à l'écart.
Il se forge par ailleurs une assise d'élu local en devenant député du Territoire de Belfort en 1973 (réélu en 1978 et 1981), conseiller régional de Franche-Comté (1974-1988), premier adjoint au maire de Belfort et président du conseil de district de l'agglomération belfortaine (1977-1983). À partir de , il est constamment élu maire de Belfort ; il devient cependant premier adjoint de sa ville en 1997, lorsque Lionel Jospin demande à ses ministres de choisir entre leurs fonctions gouvernementale et locale. En tant que maire, il développe le tissu universitaire (notamment grâce à ses actions comme ministre de l'Éducation nationale), contribue à la fondation de la communauté d'agglomération belfortaine (grâce à la loi qu'il fait voter en tant que ministre de l'Intérieur), à la rénovation et à la colorisation du centre-ville, ainsi qu'à la promotion du projet de LGV Rhin-Rhône.
En 1979, avec le CERES, il soutient François Mitterrand au congrès de Metz, contre Michel Rocard et Pierre Mauroy. François Mitterrand l'emportant, il a la charge de rédiger le programme socialiste en vue de la présidentielle de 1981. La même année, il est élu président du conseil régional de Franche-Comté.
Ministre sous la présidence Mitterrand vignette|gauche|redresse|190px|Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en 1989.
Le , il est nommé ministre d'État, ministre de la Recherche et de la Technologie, avec Claude Nicolet comme conseiller officieuxFrance Culture, À voix nue, Entretien avec Gérard Courtois, épisode 3/5 :https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-35-le-grand-schisme-europeen . Au conseil des ministres du , Chevènement fut désavoué par le président Mitterrand qui rappela et qui demanda au gouvernement M.Mitterrand incite le gouvernement à respecter l'autonomie des entreprises publiques, Le Monde, 3 février 1983. C'est à l'issue de ce conseil des ministres que Chevènement lança sa célèbre phrase : Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne, Le Monde, 4 février 1983. Dans le troisième gouvernement Mauroy formé le , Jean-Pierre Chevènement avait été remplacé par Laurent Fabius.
Le , il est nommé ministre de l'Éducation nationale, exerçant cette fonction jusqu'en . Il rétablit à cette occasion l'enseignement de l'éducation civique dans le primaire, abandonné depuis 1969. Dans les programmes des collèges il donne une place prépondérante à la maîtrise de l’image comme moyen d’expression et de communication, au même titre que l’écrit et l’oralProgrammes et instructions du 12 décembre 1985, Livre du Ministère de l’Éducation nationale, préfacé par Jean-Pierre Chevènement, coédité par le CNDP et Le Livre de Poche, : en officialisant clairement comme enjeu de société l’analyse et l’interprétation critique des images, de même que la réalisation d’un montage audiovisuel ou d’un film par les collégiensProgrammes et instructions du 12 décembre 1985, , : . Ce choix déterminant vient en prolongement des travaux réalisés de 1979 à 1982 par le programme interministériel Jeune Téléspectateur Actif (JTA)Brigitte Chapelain, CNRS, La revue , éditions Hermès, , février 2007, : , et ceux initiés dès 1971 par Michel Bourdais pour les projets fondés sur la fabrication d’images dans le cadre large de l’éducation à l’image, pour la première fois durant le temps scolaireRevue Sonovision, , janvier 1979 : Revue Education 2000, , : .
Il marque les esprits en annonçant en 1985 vouloir mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat.. Il est de nouveau élu député du Territoire de Belfort en 1986 et 1988.
Ministre de la Défense des gouvernements Rocard I et II, il démissionne le pour protester contre l'engagement de l'armée française dans la guerre en Irak. Il précise au sujet de cette guerre ..
Il retrouve son siège à l'Assemblée nationale lors d'une élection partielle en 1991, et est réélu en 1993 et 1997. En 1992, il fait campagne contre la ratification du traité de Maastricht, puis, critiquant la « dérive gestionnaire » des socialistes, il quitte le PS en 1993, et transforme le Mouvement des citoyens (MDC), fondé en 1992, en parti politique, dont il prend la présidence.
Ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin Le , il est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin. La circulaire du , passée un an après l'expulsion de l'église Saint-Bernard, décidée par son prédécesseur, Jean-Louis Debré, aboutit à la régularisation de sur , dont une majorité d'origine africaine (71 %)..
Dans un contexte de mobilisation du mouvement de l'immigration et d'une partie de la gauche (Verts, PCF), ces derniers critiquent des critères trop stricts de régularisation« Régularisations : les sans-papiers ne renoncent pas », L'Humanité, 19 septembre 1997.. À l'inverse, la droite dénonce des régularisations « massives ». Le , Chevènement déclare au Sénat, en réponse à une question de Jean-Pierre Camoin (RPR) : Régularisation des sans-papiers ; législature ; question d'actualité au gouvernement 0017G de M. Jean-Pierre Camoin (Bouches-du-Rhône - RPR), publiée dans le JO Sénat du 28 novembre 1997, p. ..