Le château de Chaumont est un ancien château fort, du , dont les ruines se dressent sur la commune de Chaumont dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le château est le siège d’une châtellenie entre les .

Situation Les vestiges du château de Chaumont sont situés dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Chaumont, à d'altitude sur un promontoire rocheux terminant le Vuache au sud-est au-dessus des gorges du Fornant..

Cette position permet de verrouiller le passage de « Malpas » (mauvais passage.) et protégeait le nord-ouest du comté de Genève. Avec une large vue panoramique, c'est un endroit de passage et de péage obligé de la route médiévale de Genève à Seyssel, l'une des principales voie du comté de Genève, établit sur une route secondaire romaine, qui conduisait de Chambéry par Rumilly et Frangy. À ses pieds, , s'est développé un bourg, lui-même fortifié, qui reçut le ses franchises..

Historique Au ., le château de Chaumont faisait partie d'un fief relevant des comtes de Genève. Les comtes de Genève auraient peut être reçu le château des rois de Bourgogne. Un Guillaume de Chaumont, vassal du comte Aymon de Genève, est cité en 1124. comme témoin à l'accord de SeysselActe de l'année 1124 publié dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/267).

Au , les sires de Chaumont en font hommage aux comtes de Genève. Le château est attesté pour la première fois dans les textes, en 1174Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève. Étude des principautés et de l'habitat fortifié (), Annecy, Académie salésienne, 2003, 647 p., ., sous le terme castra. Il aurait été vendu au comte par les sires de Chaumont entre 1160 et 1178.

Le , Guillaume de Genève en rend hommage à son tour à l'abbé de Saint-Maurice d'AgauneActe du publié dans le Régeste genevois (REG 0/0/1/407).. Le médiéviste François Demotz donne pour la date l'année 1174 et précise ..

Le chevalier Pierre de Bossy rend hommage pour ses possessions dans le château au comte Aymon II de Genève, durant l'année 1273. Trois ans plus tard, le château est cédé avec celui de Sallenôves à Aymon de Sallenove. Il devait posséder le fief ou . Agnès de Châlons, dame de Chaumont et veuve d'Amédée II de Genève y réside en 1308..

Le fief de Chaumont passe à la maison de Savoie, à partir de 1355. Il conserve son rôle de chef-lieu de châtellenie ou mandement, dont ont été conservés les comptes de châtellenie depuis 1356.

En 1536, lors de la françaises du duché de Savoie par les troupes de François , le château est pris et démantelé. François y dort après être passé à Seyssel. Reconstruit par le duc Emmanuel-Philibert, le château est attaqué en 1589 et 1590 par les troupes bernoises et genevoises ; il est défendu alors par le seigneur de Thiollaz (Chaumont).

En 1630, le château sera complètement rasé par les troupes de Louis XIII. En 1681, Marc-Louis DeschampsIl est issu d'une famille originaire de Villefranche en Beaujolais, récemment installé en Savoie et dont l'un des fils, Joseph-Nicolas Deschamps de Chaumont, sera de 1741 à 1763, prince-évêque de Genève., conseiller d'État, verra ses terres de Chaumont érigées en marquisat ; le château étant quant à lui en ruines.

En 1774, Chaumont est acquis, auprès de la famille Deschamps, par Joseph-Nicolas de La Grange qui devient ainsi marquis du Vuache (Vulbens) et de ChaumontIl avait acquis précédemment le marquisat du Vuache..

Description

vignette|gauche|Une vue des ruines du château de Chaumont avec en arrière-plan la montagne de la Tournette. Le château était composé de deux, voire trois, enceintes successives, enceinte basse et enceinte haute. On accédait à la première enceinte ou plain-château du côté ouest après avoir emprunté un chemin taillé à flanc de rocher partant du bourg et qui longeait la courtine de la première enceinte sur une vingtaine de mètres avant de pouvoir accéder à la porte. De là, un chemin taillé partiellement dans le rocher traversait cette première enceinte qui occupe une superficie de plus de et donnait accès à une autre porte percée dans la seconde enceinte de qui se dressait au nord de la butte et entourait le château.

Dans cette enceinte haute, face à la porte se dressait, dans l'angle sud une tour quadrangulaire. L'angle est a probablement été renforcé par une tour ronde dressée au et l'ensemble est dominé, dans l'angle nord, par une tour maitresse quadrangulaire romane de . De par sa petite taille, elle s'apparenterait aux Bergfrieden abondamment répandus en terre d'Empire et en France méridionale. Construite en petit appareil, elle est caractéristique des tours romanes dressées aux . Cette dernière se dresse au point culminant du rocher contre l'enceinte, en surplomb sur le bourg, et un corps de logis lui était accolé. Quant au grand logis, il s'appuyait sur la courtine de l'autre côté de la cour. Les fouilles ont notamment permis d'établir que l'eau était amenée par des conduites en sapin..

La tour maîtresse a fait l'objet d'une restauration en 2009.

Châtellenie de Chaumont Le château de Chaumont est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum).. Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève.. Le mandement de Chaumont est un territoire s'étendant sur les deux versants de la montagne du Vuache, notamment la haute Semine., elle ..

Dans la seconde moitié du , elle comprend les communes situées de part et d'autre du torrent de Fornant, affluent des Usses, soit les communes de .

Au , les armes du mandement de Chaumont se blasonnaient ainsi : Trois truffes de gueules..

Dans le comté de Genève., puis le comté de Savoie à partir de 1355, le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

Administration genevoise

Administration savoyarde - (également receveur pour la période) : Aymon de Sallenove (Salleneuve) ; - : Jean (de) Dardagny ; - : Pierre de Châtillon ; - (également receveur pour les périodes de à , du au ) : Guillaume de Grans (Grans ?) d'Annecy. Son lieutenant : Henry d'Amancy (-, puis -, puis - ) ; - (également receveur pour la période du au ) : Aymon de Lullier ; - (également receveur pour la période) : François de Montfalcon ; - : Yves Rode de Chambéry ; - (également receveur pour la période du au ) : Perceval de Moyraz ; - : Viviand Vieux de Chambéry ; - : Yves Rode de Chambéry, héritier du précédent ; - (également receveur pour la période du au ) : Jacques de Mouxy, seigneur d'Albens ; - (également receveur pour la période du au ) : François de Mouxy, fils de Jacques de Mouxy ; - (également receveur pour la période du au ) : Jean Oddinet, héritier de François de Mouxy ; - : Amé de Virieux (Famille de Virieu ?) ; - : Aymon de Virieux, fils d'Amé de Virieux ; - (également receveurs pour la période du au ) : Aymon et Jacques de Virieux, fils d'Amé de Virieux ; - (également receveur pour les périodes du au , puis du au ) : François (Bon) (I) et François (Bon) (II) d'Alinges, père et fils, co-châtelains, également châtelains de Montjoie (1467-1530) et de Ternier (1471-1485) ; - (également receveur pour la période) : François (Bon) (II) d'Alinges et Pierre de Loblaz ;

Administration de l'apanage de Genevois (1502-1659). 1512-1515 : Noble Pierre de Loblaz ; 1515-1516 : Noble Guillaume Béard ; 1517-1518 : Noble Aymé II de L'Alée ou Lalée ;

1521-1524 : Noble Jean Prière(s) ; - (également receveur pour la période) : De Loblaz, rendu par noble Jean Prière(s) ; 1522-1528 : Noble Pierre-Jean Métral ou Mestral ; - : De Loblaz, rendu par noble Pierre-Jean Métral ou Mestral, châtelain ; - : De Loblaz, rendu par noble Pierre-Jean Métral ou Mestral, châtelain ; 1529-1530 : Noble Catherin Dulcis ; 1535-1536 : Noble Louis Curtet ; 1536-1539 : Noble Pierre-Jean Métral ou Mestral ; 1540 : Noble Catherin Dulcis ; 1541-1545 : Noble Georges de Thiollaz ; 1544-1547 : Noble Jacques Collomb ; 1547-1550 : Noble Georges de Thiollaz ; 1550-1553 : Noble Annable de Grenaud, qui subroge la charge à maître ou noble Jean Duponthouz ; 1553-1556 : Noble Louis Du Nyèvre, qui subroge la charge à maître Aymé Bonein ; 1559-1565 : Noble Guillaume Pelard ; 1565-1568 : Maître Pierre Levrier et châtelain pour le fait de justice (1565) ; 1568-1571 : Maître Étienne Bojat ; 1571-1577 : Noble Gaspard de Thiollaz et maître Nicolas Gojon ; 1577-1586 : Maître Pierre Rebaton ; 1586-1592 : Noble Claude de Cusinens ; 1592-1598 : Maître Jacques Devens ; 1598-1604 : Maître Jacques Fège ; 1604-1616 : Maître François Petel ; 1616-1622 : Maître Jean-Jacques Bosson, qui subroge la charge à noble Boniface de Thiollaz pour la période de 1618 à 1622 ; 1622-1628 : Noble Boniface de Thiollaz ; 1628-1634 : Maître Claude Gojon ; 1634-1640 : Maître Bernard Mynut ; 1640-1646 : Maître Marc-Antoine Curtet ; 1646-1652 : Maître Marc Curtet ; 1652-1659 : Maître Jean-Jacques Collomb.

Voir aussi

Bibliographie . . . Antoine Girard S.J., Iovrnée de Svse, où les François forcerent le pas de Suſe, & défirent les Savoyars dans Les memorables iovrnees des François, ov sont descrites levrs grandes batailles, & leurs ſignalées victoires, Paris : J. Hénault, 1647, p. 310-318.

. . . Le de la revue Kronos, Archéologie, Histoire et Témoignages de l’Albanais (1986) reprend le chapitre dans ses pages (lire en ligne)

Fonds d'archives

Articles connexes

Liens externes ...

Notes et références Notes

Références

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