Adrien Charles Salanson, né le à Florac (Lozère) et mort le à Chartrettes (Seine-et-Marne), est un général de division français, commandant de l'École polytechnique, membre du comité des fortifications, inspecteur général des Armées et gouverneur de la place de Verdun.
Biographie Début Adrien Charles Salanson naît le à Florac (Lozère)Acte naissance, AD 48 () ; il est le fils de Joseph Eugène Salanson (1796-1857), docteur en médecine, receveur particulier des finances à Florac, et d'Aimée Rodier de Salièges (1796-1844).
Après des études au Collège royal de Saint-LouisLe Livre d'honneur des élèves de l'université : annuaire d'émulation, bureau du Livre d'honneur (Paris), 1839 , il entre à l'École polytechnique en 1843Fiche matricule d'Adrien Charles Salanson sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique et en sort le avec le grade de sous-lieutenant. Il est ensuite élève à l’École d'application de l'artillerie et du génie de Metz puis est nommé lieutenant deux ans plus tard, le . Après être passé par le du génie, à Montpellier () et à Arras (), il est envoyé au corps expéditionnaire de Rome du au et se signale déjà comme officier d'avenir.
Italie, Algérie et Crimée Promu capitaine le , il sert en Algérie, à Alger et à Mostaganem, du au . À partir du , il est de nouveau à Rome, jusqu'au jour où il est désigné pour faire partie de l'armée d'Orient, le .
Au siège de Sébastopol, le capitaine Salanson témoigne des plus belles aptitudes militaires ; avec le , que commande le général Bosquet, il prend part aux affaires les plus dures des attaques de droite : assauts du (Mamelon-Vert)Le – La bataille du Mamelon Vert , du et du (Petit redan). Sa bravoure calme, son dévouement à toute épreuve le font citer comme un modèle de conduite militaire. Il est blessé légèrement les , et . Les services remarquables qu’il rend lui valent la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur., le , et, en outre, une première proposition pour le grade supérieur. Mais il n'a alors pas même six ans de grade ce qui explique que cette proposition n'ait pas abouti du premier coup.
Il retourne en Algérie de 1856 à 1858 et est employé aux travaux de construction du chemin de fer d'Alger à Blida.
Ingénieur du Génie Il ne tarde pas à être rappelé en France et en 1858, alors qu'il n'a encore que trente-trois ans, sur la proposition du comité des fortifications, il est inscrit au tableau d'avancement pour le grade de chef de bataillon. Il est alors aide de camp du général Dalesme en 1859, puis du général Frossard en 1864. L'un et l'autre ont apprécié, en Orient, les services qu'il est capable de rendre.
Le , sur les instances de son général, qui le signale comme un , le chef de bataillon Salanson est chargé de l'importante chefferie de Toulon et y justifie si complètement ces prévisions que, moins de trois ans après, le , il est choisi pour remplir le même emploi à Metz sur le renforcement de laquelle se portent alors les principaux efforts des ingénieurs militaires. Sous son impulsion, les travaux considérables à exécuter autour de la place sont conduits avec un art, une méthode, une activité que les inspecteurs généraux déclarent absolument remarquables.
Guerre franco-prussienne de 1870 Lieutenant colonel en 1868, il est sous-chef d'état-major de l'armée du Rhin au début de la guerre de 1870. Il est conduit bientôt à quitter ces fonctions pour reprendre son poste antérieur à Metz. Pendant le blocus, il poursuit, fiévreusement la mise en état de la ligne de défense des forts, mais ceux-ci ne sont pas attaqués ; il faut céder à la famine et le , le dernier chef du génie de Metz est emmené prisonnier avec l'armée. Deux ans plus tard, le , cité comme témoin au procès du général Bazaine, accusé de trahison, il déposera sur la question des munitions en tant que commandant du génie à Metz en 1870Procès Bazaine (capitulation de Metz), Paris, 1873 . Au retour de captivité, il est dirigé en 1871 sur l'armée de Versailles, où il remplit les fonctions de chef d'état-major du génie du d'armée placé sous les ordres du général Courtot de Cissey.
Pendant la Commune de Paris, il se distingue dans les opérations du second siège de Paris comme il l'avait fait devant Sébastopol. Il participe notamment aux attaques des forts d'Issy et de Vanves ( au ), mais également dans les combats à l'intérieur de Paris. écrit, à la suite de ces tristes jours, son chef direct, M. le général Séré de Rivières. Le , il est nommé Colonel.
Vient alors l'époque où le corps du génie va accomplir une grande œuvre : la reconstitution des défenses de la frontière de la France et la protection de la capitale. Le colonel Salanson, devenu chef d'état-major du génie de l'armée de Paris le , se consacre tout entier à cette œuvre. Homme de progrès, il contribue, dans une large mesure, à l'évolution qui se produit alors dans l'art de l'ingénieur militaire, et son entente de la fortification s'affirme de nouveau d'une manière si frappante, que l'éminent général Lebrettevillois, sous les ordres duquel il sert, signale, dès cette époque, l'intérêt qu'il y aurait à le voir le plus tôt possible siéger au comité des fortifications.
Commandant de l'École polytechnique Le , il est mis à la tête du du génie, à Versailles, où il fait voir qu'aux qualités de l'ingénieur, il unit les plus remarquables aptitudes au maniement des troupes. Pendant la même période, comme membre de la commission supérieure des chemins de fer, il participe d'une manière très active à la rédaction des nouveaux règlements sur les transports militaires. Le , il est fait commandeur de la Légion d’honneur. Promu général de brigade le , il est chargé le du commandement de l'École polytechnique.
Après l'avoir exercé pendant deux ans, il prend le le commandement de l'École d'application de Fontainebleau transférée de Metz après la défaite de 1870 et l’annexion prussienne. En même temps, il siège au Conseil supérieur de l'instruction publique. Dans ces hautes fonctions, le général Salanson se fait remarquer par sa grande connaissance de toutes les questions concernant l'enseignement, tandis que, par sa prudence, son esprit de justice, sa constante sollicitude pour les intérêts de ses jeunes subordonnés, il gagne l'estime, l'affection et le respect des promotions confiées à ses soins.
Comité des fortifications Appelé le au comité des fortifications, il s'applique particulièrement à l'étude des nombreuses questions que soulève alors l'organisation des défenses de la frontière. Très ferme, très indépendant dans ses opinions, il les défend avec énergie, en basant ses dires sur la grande expérience acquise par lui à Sébastopol et à Metz, et sait prendre d'emblée, parmi ses collègues, une situation prépondérante. Comme inspecteur général des et du génie, il laisse, à la même époque, dans les places, des ordres qui témoignent à la fois de l'étendue de ses connaissances et de sa fermeté de décision.
Promu au grade de général de division le , il est placé le à la tête de la d'infanterie, à Avignon. Il ne tarde pas à s'y faire distinguer comme un habile conducteur d'hommes : écrit le général de Colomb, son commandant de corps d’armée.
Il retourne en Afrique en 1882 et, le , il est rappelé pour occuper le poste de commandant du génie du gouvernement militaire de Paris, fonction délicate et difficile pour laquelle le ministre juge indispensable de faire appel aux lumières, au bon sens, au dévouement d'un officier général distingué entre tous. Il est nommé Inspecteur général des Armées en 1885 et par décision ministérielle en date du , membre du comité spécial consultatif des poudres et salpêtres.
Gouverneur de la place de Verdun Mais, en 1886, c'est de nouveau vers la frontière que les événements provoquent l'attention générale. Toutes les places sont munies précipitamment de gouverneurs ; et, le , un décret le désigne pour prendre les fonctions de commandant supérieur de la défense de Verdun et commandant de la place de Verdun considérée comme la plus susceptible d'être attaquée à l'improviste. C'est dans cette place que, le , lui est conférée la dignité de Grand-officier de la Légion d'honneur. Il compte alors 45 années de services, 11 campagnes, 4 blessures ou contusions de guerre. Le suivant, il est admis en retraite et s'occupe alors d'œuvres caritatives. En 1898, il préside aussi le conseil d'administration de la compagnie d'assurance l'UrbaineJournal des assurances terrestres, tome XLIX, Paris 1898 .
Le général de division Salanson décède le à Chartrettes (Seine-et-Marne)AD 77, État civil, registres paroissiaux, état civil et tables décennales, Chartrettes (Seine-et-Marne ; 77), de 1900 à 1900, 6E99/13 1900-1909 () dans le château du Pré qu'il avait acquis en 1876Histoire générale illustrée de Seine-et-Marne, Chartrettes, Maurice Pignard-Péguet, 1911 ; il est inhumé le 7 au cimetière de la commune. Marié le à Paris avec Zoé Mathilde du Rivau, veuf le , le général Salanson laisse un fils unique Eugène Hippolyte, officier d'infanterie et maire de Chartrettes de 1901 à 1908.
Décorations
65px Grand officier de la Légion d’honneur (1887) 65px Officier de l’Ordre royal de Léopold (Belgique) 65px Médaille commémorative de Crimée (Royaume-Uni) 65px Chevalier de l’Ordre de Pie IX (Vatican) 65px Chevalier de l’Ordre du Médjidié (Turquie) 65px Grand officier de l'Ordre du Soleil levant (Japon)Ordre du Soleil levant, classe .
Voir aussi Bibliographie
Iconographie Articles connexes Liens externes
Sa biographie sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique Le génie dans les campagnes du second Empire sur le site military-photos.com
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Général français Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Directeur général de l'École polytechnique Catégorie:Naissance en avril 1825 Catégorie:Décès en novembre 1900 Catégorie:Naissance à Florac Catégorie:Décès à 75 ans