L'analyse transactionnelle, appelée aussi AT, est une théorie de la personnalité, des rapports sociaux et de la communication. Créée en 1958 par le médecin psychiatre américain, d'origine canadienne Éric Berne.. Il a introduit dans son livre « Analyse Transactionnelle et Psychothérapie »  l’esquisse d’un système cohérent de psychiatrie individuelle et sociale.

L’AT est une théorie permettant d’analyser les dynamiques intrapsychiques (ce qui se vit dans le psychisme de la personne) et les dynamiques interpersonnelles (ce qui se vit dans les relations). Il en découle 4 champs d’application : le conseil, l’éducation, la psychothérapie, l’organisation.

L’AT est une approche contractuelle. Pour Eric Berne, ce sont les gens qui décident de leur destinée et ces décisions peuvent être changées. Pour cette raison, il passait des contrats avec ses patients qui les engageaient à se mobiliser pour changer et guérir. Cette pratique contractuelle est encore au cœur des accompagnements en AT, quel que soit le champ.

Objectifs et principes L'analyse transactionnelle vise à permettre une prise de conscience ainsi qu'une meilleure compréhension de dans les relations entre deux personnes et dans les groupes. L'analyse transactionnelle propose des grilles de lecture pour la compréhension des problèmes relationnels ainsi que des modalités d'intervention pour résoudre ces problèmes.

L'analyse transactionnelle part du principe que chaque personne est fondamentalement positive et que ce sont les décisions prises dans notre enfance qui influent sur notre comportement ; son but est d'aider à reprendre le contrôle vers l'épanouissement.

L'exploration de la personnalité peut se réaliser à 2 niveaux ( à 14) : L'analyse structurale est l'étude des communications personnelles (verbales et non verbales) représentatives de la structure de la personne (Comment est ce qui est ?). l'analyse fonctionnelle est l'étude des comportements (comment cela fonctionne ?)

Histoire Eric Berne a présenté l'analyse transactionnelle comme une approche phénoménologique, ajoutant des données vérifiables à la construction philosophique de Freud. Sa théorie est bâtie sur les travaux de Wilder Penfield et René Spitz, combinés avec les idées néo-psychanalytiques de Paul Federn, Edoardo Weiss ou encore Erik Erikson.

Les origines de l'analyse transactionnelle remontent aux 5 premiers articles sur les 6 écrits par Berne sur l'intuition, qu'il a commencés en 1949. À cette époque, alors qu'il poursuivait des études pour devenir psychanalyste, ses articles attaquaient les concepts freudiens de l'inconscient.

En 1956, après 15 ans d'études de la psychanalyse, Berne s'est vu refuser l'admission à l'institut de psychanalyse de San Francisco. Il a pris la demande de plusieurs années de formation supplémentaires comme un rejet et a choisi d'abandonner la psychanalyse. Avant la fin de l'année il avait écrit deux articles fondateurs, publiés en 1957 : Le premier, Intuition V: The Ego Image, expliquait comment il était arrivé au concept des « États du moi », et incluait les idées de séparation entre l'Adulte et l'Enfant. Le second, Ego State in Psychotherapy, était basé sur le concept tripartite : Parent, Adulte et Enfant.

Concepts Outre les États du Moi, l'analyse transactionnelle propose de repérer les jeux psychologiques, des types d'échanges qui se répètent de manières semblables, et qui se terminent par un sentiment de malaise. Parmi les autres concepts de l'analyse transactionnelle, on trouve les positions de vie, des éclairages sur la gestion des signes de reconnaissance et des sentiments, la structuration du temps, les ou messages contraignants, les méconnaissances et les différents degrés de passivité.

Éric Berne postulait que les grandes orientations de la vie sont décidées dès l'enfance, et peuvent prendre la forme d'un scénario de vie. Berne définit également trois critères de bonne santé psychique : conscience, spontanéité et intimité ().

États du Moi

Berne a conclu, dans le cadre des observations liées à sa pratique que, dans certains contextes, ses patients agissaient comme le faisait l'un de leurs parents, sans avoir toujours conscience de l'origine de ces comportements, ainsi que des émotions et manières de penser qui y étaient associées. À d'autres moments, des résurgences des comportements issus de l'enfance de ses patients se reproduisaient, également avec les affects et les états d'esprits d'alors. Il décrit un de ses patients, M. Segundo, un avocat, dont le rapport à l'argent était de trois typesEric Berne, Analyse transactionnelle et psychothérapie, Petite Bibliothèque Payot, 1977, . :

À d'autres moments, il Il En outre, il lui arrivait de voler Et il le faisait avec

Berne a défini un État du Moi comme un Du point de vue de la structure de la personne, il distingue trois types d'états du MoiEric Berne, Principes de traitement psychothérapeutique en groupe, Éditions d'Analyse Transactionnelle, 2006, . :

Le Parent correspond aux pensées, émotions, et comportements d'une personne qu'elle a fait siens par imitation de figures parentales ou éducatives marquantes. L'Adulte caractérise les émotions, pensées et comportements qui sont congruents avec la réalité de l'"ici et maintenant". L'Enfant correspond aux pensées, émotions, et comportements qui sont une reviviscence de notre propre enfance.

Dans l'exemple de M. Segundo ci-dessus, Eric Berne décrit les trois types de rapport à l'argent de son patient, respectivement au droit de l'Adulte, du Parent, et de l'Enfant. Dans l'analyse de Berne, les termes Parent, Adulte et Enfant ne sont pas en relation avec l'âge de la personne. Par exemple, en contexte scolaire, un enfant qui réexplique la leçon à un de ses camarades de la même manière que le fait son maître ou sa maîtresse active son État du Moi Parent.

Enfin, Les trois États du Moi de l'analyse transactionnelle ne sont pas synonymes du , du et du de la psychanalyse freudienne.

Eric Berne et ses disciples ont proposé une dynamique des États du Moi et ses dysfonctionnements : Prise de contrôle, contamination, exclusion. ()

Transactions Une transaction est le nom donné à un échange verbal et comportemental entre deux personnes ( et 23). On distingue le stimulus, ou message, envoyé d'une personne à l'autre, de la réponse de celle-ci. Les transactions peuvent ainsi être observées et analysées en termes d’États du Moi. Il existe des transactions simples (complémentaires ou croisées) où se répondent alternativement un état du moi seulement chez chacun des deux protagonistes, et des transactions doubles où se répondent en apparence des États du Moi spécifiques (exemple Parent) et en même temps, à un niveau sous-jacent, d'autres États du Moi (exemple Enfant).

Simples complémentaires Les transactions sont complémentaires lorsque les deux partenaires s'adressent à l'État du Moi dans lequel l'autre se trouve.

Exemple 1 : « Avez-vous pu rédiger le rapport ? » « Oui - je suis sur le point de vous l'envoyer par courriel. » (Échange Adulte-Adulte)

Exemple 2 : « Voulez-vous passer après cette réunion et aller voir un film avec moi ? » « Avec plaisir - Je n'en peux plus de travailler, que pourrions-nous aller voir ? » (Échange Enfant-Enfant)

Exemple 3 : « Tu aurais dû avoir fini de ranger ta chambre !» (Parent-Enfant) « Arrête de me pourrir la vie, je vais le faire !» (Enfant-Parent)

Des échanges sur ce mode peuvent continuer indéfiniment. Évidemment, ils s'arrêtent au bout d'un certain temps, mais ce mode de communication ne cause pas de conflits entre les deux partenaires, sauf dans le cas Enfant-Parent. .

Simples croisées La communication s'arrête ou change de mode lorsque les transactions sont croisées : lorsqu'une personne s'adresse à un autre État du Moi que celui dans lequel se trouve son partenaire.

Exemple 1 bis « Avez-vous pu rédiger le rapport ? » (Adulte-Adulte) « Arrêtez de me pourrir la vie, je vais le faire ! » (Enfant-Parent)

Cette transaction croisée est susceptible de causer des problèmes entre les personnes. « A » pourrait répondre avec une transaction de Parent à Enfant, comme : « Si vous ne changez pas d'attitude, vous serez viré ! »

Exemple 2 bis « Est-ce que ta chambre est enfin rangée ? » (Parent-Enfant) « Regarde, je suis en train de le faire. » (Adulte-Adulte)

Cette transaction croisée change l'équilibre entre les protagonistes.

Transactions doubles ou piégées Dans ce type de transactions, une conversation se déroule à un niveau social, explicite, et en même temps, d'autres transactions sont échangées à un niveau psychologique, non-dit (). Par exemple :

« J'ai besoin que vous restiez au bureau ce soir avec moi. » (Mots Adulte) - cette phrase étant prononcée avec un langage corporel qui suggère une intention sexuelle (Enfant flirtant). « Bien sûr. » (Réponse à la déclaration Adulte) - accompagné d'un sourire ou clin d'œil (l'Enfant accepte le motif caché).

Transactions tangentielles L'un des interlocuteurs prend "la tangente" en répondant à côté du message initial. Elles évitent souvent une situation inconfortable ()

Économie des signes de reconnaissance Éric Berne utilise un terme polysémique en anglais : « » qui signifie à la fois caresse et coup de pied. Ce terme est soit conservé tel quel dans les textes français, soit traduit par « Signe de reconnaissance ». Les signes de reconnaissance sont classés selon des critères conditionnels (portant sur le faire) ou inconditionnels (portant sur l'être), et selon deux polarités : positifs ou négatifs. L'économie des signes de reconnaissance requiert la capacité de savoir les donner, savoir les recevoir, savoir les demander, savoir les refuser et savoir se les donner à soi-même. Ces capacités sont variables d'une personne à une autre. Pour Berne, chaque individu recherche en permanence des signes de reconnaissance car ils sont vitaux pour lui. Une des lois fondamentales de l'économie des signes de reconnaissance observe qu'une personne accepte plutôt (à défaut de signes de reconnaissance positifs) des signes de reconnaissance négatifs que pas de signe de reconnaissance du tout. Le poids du conditionnement éducatif se vérifie souvent ici : une personne habituée dès le plus jeune âge à recevoir des signes de reconnaissance négatifs sera plus encline à en recevoir toute sa vie, voire à refuser les signes de reconnaissance positifs.

Il existe deux croyances limitantes, l'une concerne la rareté (exemple : il n'y en a pas assez pour tout le monde) et l'autre le contrôle (exemple : seuls quelques privilégiés peuvent en donner).

Structuration du temps Berne observe et décrit six manières de structurer le temps. Ces différentes séquences sont classées selon leurs apports quantitatifs/qualitatifs en signe de reconnaissance, du plus faible au plus intense. ()

le retrait : la personne se met à l'écart physiquement ou psychologiquement. le rituel : il s'agit de séquences normalisées, standardisées (par exemple se saluer), d'échanges codifiés socialement. Permet d'échanger des signes de reconnaissance. Chaque groupe a ses propres rituels. le passe-temps : caractérise les conversations aux sujets stéréotypés telles que les conversations de salon. l'activité : comme son nom l'indique, il s'agit ici de séquences dont le but est de faire quelque chose. les jeux psychologiques : permettent des échanges de signes de reconnaissance intenses, mais négatifs. l'intimité : correspond aux moments où la communication est ouverte, basée sur la confiance, le respect, et l'acceptation de l'autre. Permet des échanges de signes de reconnaissance positifs de grande qualité et de grande intensité.

Positions de vie

L'enfant acquiert des certitudes sur lui et les autres. Ces certitudes seront à la base du scénario de vie par le choix préférentiel mais pas exclusif d'une position de base parmi les positions de vie suivantesVoir aussi le schéma dans l'article Assertivité: