Les sont deux emaki (rouleaux peints) japonais datant de la fin du et décrivant les enfers de la pensée bouddhiste. Ils ont tous deux été reconnus trésor national japonais.
Présentation De nos jours, les dates de création et les auteurs de ces emaki ne sont pas connus Öjöyöshü, Université Emory, même s’ils sont communément datés de la fin du , durant l’époque Heian. Ils auraient à l’origine appartenu à l’empereur Go-Shirakawa et été entreposés dans le temple Sanjūsangen-dō (alors appelé Renge-ō-in), où seuls quelques privilégiés avaient le droit de les consulter (clergé, courtisans, etc.) Kinko Ito, A history of manga in the context of Japanese culture and society, Journal of Popular Culture, 2005.
Les rouleaux représentent les huit enfers brûlants et les seize enfers annexes du bouddhisme tels que décrits par le moine tendai Genshin, et plus précisément par le sūtra intitulé Kisekyō ; chaque enfer est illustré par une peinture et un texte rappelant les péchés sanctionnés. Les sept enfers représentés correspondent respectivement à l'enfer des excréments, l'enfer des mesures, l'enfer du mortier de fer, l'enfer du coq enflammé, l'enfer du nuage de sable noir, l'enfer de pus et de sang, et l'enfer des renards et des loups ; chaque section textuelle débute traditionnellement par la formule « Il existe encore un autre enfer ». Le but était avant tout pédagogique, en manifestant la volonté d’effrayer le peuple par des promesses d’horreur s’il ne suivait pas les enseignements religieux. De ce fait, les illustrations montrent un certain paradigme de l’enfer : tortures des pécheurs, créatures abominables, sang et flammes. Les Rouleaux des enfers font partie de l’ensemble connu sous le nom de Peintures des six voies (rokudo-e), tout comme le Rouleau des maladies ou les Rouleaux des êtres affamés. Parmi les scènes marquantes figure une cuisine infernale où des moines bouddhistes ayant trahi leurs vœux sont découpés et cuisinés, avant d'être ressuscités chaque matin pour subir à nouveau le même sort ; une autre scène montre un grand oiseau battant furieusement des ailes contre les personnes ayant maltraité des animaux dans une vie antérieure — une idée jugée nouvelle tant dans la littérature que dans les arts visuels de l'époque.
Ces deux rouleaux ont été reconnus trésor national japonais.
Les rouleaux
Les deux emaki sont entreposés respectivement au musée national de Tōkyō et au musée national de Nara (avec les Peintures pour chasser les démons) ; en outre, il existait auparavant un troisième emaki ayant appartenu à la famille Masuda.
Rouleau de Tōkyō L'emaki du musée de Tōkyō mesure de large pour une longueur de 地獄草紙 (Rouleau des Enfers), musée national de Tōkyō en ligne. De nos jours, il n’en reste plus qu’un rouleau ; une théorie laisse entendre que les calligraphies de ce rouleau et celles des Peintures pour chasser les démons seraient l’œuvre d’un même auteur Mark Schumacher, Hell Scrolls, onmarkproductions.com. Sa composition artistique repose sur l’usage presque exclusif des couleurs rouge et noire. Influencé par la peinture chinoise de la dynastie Song, ce rouleau semblait avoir pour fonction de repousser les démons.
Rouleau de Nara L'emaki du musée de Nara mesure de large pour une longueur de 地獄草紙 (Rouleau des Enfers), musée national de Tōkyō en ligne. Après avoir appartenu à l’empereur Go-Shirakawa, il a été conservé au temple Daishō-in de Higashiōkubo, à Tōkyō, jusqu'à l'ère Meiji, avant d'entrer en possession de la famille Hara de Kanagawa, puis d'être finalement cédé au gouvernement japonais. La composition est plus poussée que pour le rouleau de Tōkyō, notamment à travers le trait des dessins et le choix des couleurs. vignette|upright=3.4|centré|Rouleau des Enfers
Ancien rouleau de la famille Masuda On peut noter qu'un troisième emaki intitulé Rouleau des enfers de la famille Masuda (Masuda-ke-bon jigoku-zōshi) existait auparavant ; il a cependant été découpé à la fin de la Seconde Guerre mondiale en plusieurs kakemono et dispersés dans divers musées Mark Schumacher, Sendan Kendatsuba, photos on this page & below text, onmarkproductions.com. Ces principales sous-parties sont les Peintures pour chasser les démons (Hekija-e) et le Rouleau des Enfers des moines errants (Shamon jigoku-zōshi).
Annexe Articles connexes
Rouleaux enluminés Liste d'emaki Rouleaux illustrés du Dit du Genji (le plus ancien: du ) Rouleau des maladies () Rouleau des êtres affamés () Rouleaux des légendes du mont Shigi () Ban dainagon ekotoba (Rouleaux enluminés du grand courtisan Tomo no Yoshio, ou Histoire de Ban dainagon) () Roman enluminé du roman de Nezame (fin ) Chōjū-giga (Rouleaux enluminés des hommes et des animaux en folie) ( Rouleaux enluminés du journal intime de Murasaki Shikibu () Rouleaux illustrés du Dit de Heiji () Rouleaux enluminés de la procession nocturne des cent démons (entre le )
Autres articles connexes Emaki Yamato-e Peinture japonaise Art japonais Diyu
Liens externes Jigoku-zōshi sur l’Encyclopædia Britannica Rouleau de Tōkyō et rouleau de Nara, site du musée national de Tōkyō
Notes et références
Catégorie:Peinture japonaise Catégorie:Emaki Catégorie:Trésor national dans la préfecture de Nara Catégorie:Trésor national dans la préfecture de Tokyo Catégorie:Art bouddhique Catégorie:Œuvre conservée au musée national de Tokyo Catégorie:Œuvre conservée au musée national de Nara Catégorie:Japon au XIIe siècle