, né dans l'arrondissement spécial de Nerima à Tokyo le , est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ). Il est élu depuis 2000 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, au scrutin majoritaire pour le de Tokyo de 2000 à 2005 et depuis 2009, et à la proportionnelle dans le bloc législatif de Tokyo de 2005 à 2009.
Il est également ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales et Ministre d'État chargé de la Réforme des Retraites du au dans les 93 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan.
Origine et formation Fils d'un officier de la police métropolitaine de Tokyo « Cabinet's Who's Who », Asahi Shimbun, 18/09/2009, in SeRvIeTsKy, « LDP en crise, Taro Aso contesté !!! Qui pourra assumer l'après-Aso incessamment sous peu ? », p.2, post 9, 20/09/2009, Forum Japon, Akira Nagatsuma est né et a été élevé dans l'arrondissement spécial de Nerima. Il sort du lycée public métropolitain de ce dernier en 1979 et obtient son de la faculté de droit de l'université Keiō en mars 1984.
À l'université, il suit le séminaire de droit civil du professeur Satoshi Nitta, spécialiste des questions juridiques touchant à la copropriété et à l'immobilier. Il est également chanteur dans un groupe de rock étudiant, baptisé .
Ses études terminées, il est engagé en avril 1984 par le géant industriel de l'informatique et de la télécommunication NEC Corporation. Il s'y occupe tout particulièrement de la vente d'ordinateurs centraux. Il quitte toutefois l'entreprise en novembre 1989 et se reconvertit en journaliste pour le magazine hebdomadaire économique et financier Nikkei Business. Tout d'abord affecté aux questions touchant aux entreprises d'électronique, il se spécialise bientôt dans le reportage d'investigation sur les milieux financiers, l'administration et la classe politique. Il se fait notamment remarquer à l'époque pour ses enquêtes sur les prêts non-performants N. ONISHI, « No Longer a Reporter, but a Muckraker Within Japan’s Parliament », The New York Times, 19/07/2008 accordés par les organismes spécialisés dans l'emprunt immobilier, les Jusen. Il coécrit d'ailleurs dans le numéro du un article, intitulé dans lequel est dénoncée la fragilité du système financier japonais, ce qui pourrait rapidement replonger le pays dans une crise économique, ce qui sera le cas à partir de 1997 KUROSAWA Masatoshi, NAGATSUMA Akira, TANIGAWA Kenzō, KOYANAGI Takehiko, « 金融機関の整理やむなし 安易な救済はシステムリスク増大 », 日経ビジネス, 20/12/1993.
Ses prises de position dans les domaines économiques et financiers le font se rapprocher des cercles de réflexion politique réformateurs et libéraux.
Carrière politique Les premières tentatives électorales
Il participe le à la création du , à la fois think tank, mouvement politique et groupe de pression réformiste militant pour la réduction du poids de l'État et de l'administration, et donc la décentralisation, la privatisation et la déréglementation, autour du spécialiste mondial de stratégie économique des entreprises Ken'ichi Ōmae. Akira Nagatsuma en est le directeur exécutif délégué, et donc le numéro quatre. Il y fréquente plusieurs autres futures figures politiques, pour la plupart de jeunes cadres, journalistes ou universitaires, dont son secrétaire général Toshimitsu Motegi (représentant à partir de 1993 sous les couleurs du Nouveau parti du Japon de 1993 à 1994, du Shinshintō de 1994 à 1995 et du Parti libéral-démocrate depuis 1995), son directeur exécutif Akihisa Nagashima (représentant démocrate depuis 2003), son vice-directeur exécutif Naoki Kazama (élu préfectoral à Niigata de 1999 à 2007 et conseiller démocrate depuis 2007) ou son directeur exécutif adjoint Hiroki Hanasaki (représentant démocrate depuis 2009). De plus, cette association dispose de consultants tels que le président du groupe Kyocera Kazuo Inamori, le président du Rengō (principal syndicat japonais) de l'époque Akira Yamagashi, celui de Fuji Xerox Yōtarō Kobayashi, le rédacteur associé de l’Asahi Shimbun Yōichi Funabashi, le gouverneur socialiste de Hokkaidō Takahiro Yokomichi ou le maire d'Izumo Tetsundo Iwakuni.
Le Comité présente une liste de dix noms, menée par Ken'ichi Ōmae, au scrutin proportionnel national lors du renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers, la chambre haute de la Diète, du , et Akira Nagatsuma y est présent en huitième position. Elle ne récolte que voix et 1,25 % des suffrages exprimés, et aucun élu Résultat de la liste du Comité de restauration Heisei au scrutin proportionnel national aux élections à la Chambre des conseillers de 1995, sur le site http://www.senkyo.janjan.jp. À la suite de cet échec, le Comité de restauration Heisei se dissout et Ken'ichi Ōmae retourne à des actions plus apolitiques dans la société civile. Akira Nagatsuma se maintient toutefois dans le milieu politique, et adhère au , petite formation centriste et réformatrice servant de force d'appoint dans le gouvernement de Grande coalition unissant le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) et le Parti socialiste japonais (PSJ, gauche socialiste). Et le , il fait partie de la moitié des parlementaires du mouvement, menée par Yukio Hatoyama et Naoto Kan, qui fait dissidence pour former avec également la moitié des membres de la Diète du Parti social-démocrate (PSD, nouveau nom du PSJ) le . Celui-ci défend l'idée d'une troisième voie social-libérale sur le modèle du New Labour britannique de Tony Blair ou de l'action du président démocrate américain Bill Clinton.
C'est sous cette nouvelle étiquette qu'Akira Nagatsuma fait sa deuxième tentative pour entrer à la Diète, avec un nouvel échec, aux élections législatives du . Il est candidat au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le de Tokyo, à savoir Toshima et la partie est de son arrondissement natal, Nerima. Il arrive en troisième position d'un vote plutôt serré, avec voix (19,45 %), derrière le libéral-démocrate Kōki Kobayachi ( votes, 30,66 %), déjà député de 1990 à 1993, et le sortant du Shinshintō (alors principal parti d'opposition, du centre droit libéral) Muneaki Samejima ( bulletins, 26,45 %), qui avait été élu en 1993 sous les couleurs du Nouveau parti du Japon (formation qui avait été créée en 1992 par des dissidents du PLD) Résultat des élections législatives de 1996 dans le de Tokyo, sur le site http://www.senkyo.janjan.jp.
Premiers pas à la Diète
Il est finalement élu aux élections législatives du . Muneaki Samejima ayant rejoint en 1998 le PDJ et ayant obtenu l'investiture du parti dans le de Tokyo (où il est d'ailleurs à nouveau battu par Kōki Kobayachi), Akira Nagatsuma se reporte sur la circonscription voisine du , soit les arrondissements spéciaux de Shibuya (connu pour ses quartiers commerciaux, comme un haut lieu de la mode japonaise et de la vie nocturne tokyoïte) et Nakano. Il y bat le sortant du PLD, Shigeru Kasuya, député depuis 1972 et ancien ministre d'État directeur des Agences de développement d'Okinawa et de Hokkaidō de 1987 à 1988. Malgré la présence face à lui de deux candidats de partis héritiers de l'ancien Shinshintō, pouvant mobiliser sensiblement le même électorat que lui, à savoir Sei'ichi Suetsugu du Parti libéral et Taizō Shibano (qui fut d'ailleurs député du Shinseitō puis Shinshintō de 1993 à 1996) du « Toshi Shintō » (petit parti créé sur la base de l'ancienne fédération de Tokyo du Shinshintō), il arrive en effet en tête avec voix et 35,71 % des suffrages exprimés contre (33,51 %) pour Kasuya Résultat des élections législatives de 2000 dans le de Tokyo, sur le site http://www.senkyo.janjan.jp.
Une fois à la Diète, il est de manière éphémère membre de la commission de recherche sur la Constitution de la Chambre des représentants, mais démissionne dès le Rapport final de la Commission de recherche sur la Constitution de la Chambre des représentants du Japon, 04/2005. Il reste néanmoins attentif à cette question et, étant partisan d'une forme de realpolitik et, dans une certaine mesure, de l'alliance avec les Américains (il considère ainsi que le traité de sécurité américano-japonais favorise une stabilité de l'approvisionnement en nourriture et en énergie, une libre activité économique et la stabilité régionale en Asie, tout en appelant à une réduction de la présence militaire américaine sur le territoire japonais) en matière de politique de sécurité, il se prononce en octobre 2001, comme le président du PDJ de l'époque Yukio Hatoyama, en faveur de la loi sur les mesures spéciales anti-terroristes proposées par le gouvernement du libéral-démocrate Jun'ichirō Koizumi. Elle permet le déploiement des Forces japonaises d'autodéfense pour des missions de « soutien logistique » dans le cadre de la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis (et concrètement aboutit à l'envoi de soldats pour la protection de camp de réfugiés en Afghanistan et au Pakistan et l'organisation de missions de ravitaillement en matériel et essence des troupes engagées dans la guerre d'Afghanistan). Il défend ainsi la réforme de l'article 9 de la Constitution japonaise afin de reconnaître le droit du pays à l'autodéfense collective qui selon lui est inévitable dans le monde de l'après « 11 septembre ». Selon lui, la participation du Japon à la guerre contre le terrorisme aux côtés des États-Unis se justifie à cette époque avant tout au nom de la défense de la « sécurité du Japon » ainsi que de la « démocratie et de la liberté dans le monde ». Il considère en revanche « en tous les cas difficiles » le recours à l'autodéfense dans un cadre et pour des intérêts purement individuels, et critique fortement le système japonais de gestion des crises Fiche d'Akira Nagatsuma sur la Base de données politique et des hommes politiques (政治家・政策データベース), Japan Initiative, 10/2001. Toujours dans une optique de défense des intérêts Japonais et d'une forme d'indépendance nationale, il estime que le pays doit « rompre avec sa dépendance des pressions américaines » et « a besoin de penser par lui-même, de décider par lui-même » L. J. SCHOPPA, « Neoliberale economic policy preferences of the "New Left" : Home grown or an Anglo-American import », in R. KERSTEN, D. WILLIAMS, The Left in the Shaping of Japanese Democracy - Essays in honour of J. A. A. Stockwin, éd. Routledge, coll. « Leiden Series in Modern East Asian History and Politics », 2006, p. 129.
Libéral et favorable à une forte décentralisation, il définit sa vision de celle-ci en ces termes : « Une des priorités principales du parti est la décentralisation en réorganisant le gouvernement en onze États [correspondant plus ou moins aux régions géographiques]. C'était notre promesse numéro un lors des dernières élections. Ces unités auraient un pouvoir fiscal et le pouvoir de décider des réglementations. Le gouvernement central serait radicalement rétréci. Il déterminerait un "minimum civil" (faisant des redistributions entre les régions et mettant en place un filet de sécurité sous lequel personne ne serait autorisé de tomber), mais le reste serait laissé aux États. Si l'un d'entre eux voulait baisser les salaires, réduire les régulations et baisser les impôts pour attirer des entreprises, il pourrait. Il pourrait concurrencer la Chine pour les entreprises industrielles. Le problème au Japon est que tout est fait de manière uniforme à travers les préfectures, si bien que les collectivités locales ne peuvent développer les moyens d'être compétitifs et d'attirer emplois et industries » L. J. SCHOPPA, Ibid., p. 124.
Adepte des questions et investigations parlementaires