vignette|Les Tricoteuses jacobines, gouache de Jean-Baptiste Lesueur, 1793, musée Carnavalet. Les tricoteuses sont des femmes du peuple qui, pendant la Révolution française de 1789, assistaient aux séances de la Convention nationale, des clubs populaires et du tribunal révolutionnaire tout en tricotant.
D'abord surnommées « Jacobines, habituées des tribunes. », leurs appels véhéments à la Terreur, leur participation à la chute des Girondins leur valurent le surnom d'« enragées » ou de « furies de la guillotine ». Ce n'est que tardivement au cours du que le terme de tricoteuses désignera de façon plus générale toutes les femmes ayant participé aux mouvements revendicatifs entre 1789 et 1795. On appelait ainsi les femmes sans culottes qui étaient souvent tenancières de boutiques : elles se déplaçaient dans toute la France pour assister aux assemblées de la Révolution. Elles écoutaient en tricotant mais elles ne pouvaient pas parler. L'expression tricoteuses désigne des femmes aux idées révolutionnaires.
Naissance d'un mythe En , l'interdiction du club des jacobins (22 brumaire An III), puis le procès de Jean Baptiste Carrier (27 frimaire An III), deviennent pour les militants populaires les signes précurseurs d'un retour de la réaction et la société se fracture en deux partis. Les classes populaires, hommes et femmes confondus, placent immédiatement les élus de la majorité de la Convention dans le parti adverse. Si dans les rapports de police elles n'apparaissent pas comme une force particulière, assez rapidement se dégage un groupe de « femmes des tribunes » qui soutiennent les députés Montagnards, conspuent les tribunes des modérés, organisent la protestation et le désordre.
Le terme de « tricoteuse » apparaît en 1793 et finit par désigner l'ensemble des femmes appartenant au mouvement populaire féminin de la Révolution française.
Progressivement, au cours du , lui sera attaché l'image du sang et de la guillotine, sous l'influence notamment de Chateaubriand : ..
Le mythe est désormais posé, une image fantasmagorique de monstre féminin assoiffé de sang que l'on retrouve, plus tard sous la plume d’Anatole France :
Dans un article de 1989, Dominique Godineau cite plusieurs ouvrages relativement « grand public » parus à l'occasion du bicentenaire de la Révolution. Quelles que soient les sensibilités des différents auteurs sur la Révolution, ils associent les tricoteuses
Notes et références
Bibliographie Dominique Godineau, « Histoire d’un mot : tricoteuse de la Révolution française à nos jours », Langages de la Révolution, Paris, I.N.A.L.F.-Klincksieck, 1995.
Albert Mathies, La Vie chère et le mouvement social sous la Terreur, Paris, Armand Colin, 1927. Réédition : Paris, Payot, Vol. 1, Vol. 2, 1973.
Articles connexes Femmes citoyennes révolutionnaires Enragés Jacques Roux (1752-1794) Claire Lacombe Pauline Léon Société des républicaines révolutionnaires Jacques-René Hébert Insurrection du 12 germinal an III Insurrection du 1er prairial an III Pétroleuses, terme désignant les femmes de la Commune de Paris de 1871
Liens externes
Charlotte Denoël, « Les tricoteuses pendant la Révolution française », L'Histoire par l'image, . Dominique Godineau, « La « Tricoteuse » : formation d’un mythe contre-révolutionnaire », revolution-francaise.net, . Sofia Michaux, « Les tricoteuses: les femmes, le sang et la Révolution », Cairn.info [https://www.cairn.info/revue-insistance-2007-1-page-221.htm]
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