La famille Rothschild (prononcé en allemand : ; en anglais : ; en français : ) est une famille d'origine juive allemande ashkénaze, qui a essaimé dans plusieurs pays et dont les membres sont aujourd'hui de différentes nationalités et confessions.

Elle a formé au début du cinq branches, à Francfort-sur-le-Main, Vienne, Naples, Londres et Paris, dont seules les deux dernières subsistent aujourd'hui.

Les Rothschild se sont fait connaître depuis le principalement dans les domaines de la banque et de la finance, mais ils ont développé aussi d'autres activités, en investissant notamment dans les industries minières et ferroviaires au , ou dans le vignoble bordelais au . Ils sont également célèbres pour leur philanthropie et leur mécénat.

La famille Rothschild est régulièrement l'objet de théories du complot, dont beaucoup ont des origines antisémites.

Histoire thumb|La maison Rothschild dans la Judengasse (« ruelle des Juifs »), à Francfort.

Le patronyme Rothschild fut adopté par leur ancêtre Isaac Elchanan Rothschild, né en 1577, qui emprunta son nom de famille à la petite maison étroite qu'il occupait avec sa famille dans la Judengasse (ruelle des Juifs) de Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Cette patronymisation est une pratique courante à cette époque dans la communauté juive dont les membres, faute de véritable état-civil, font de leur adresse, du blason ou de l'enseigne qui décore leur demeure leur nom de famille. Le nom Zum rothen Schild, (orthographe actuelle : Zum roten Schild) c'est-à-dire en français : « À l'Écu rouge », ou encore « À l'Enseigne rouge », donne ainsi naissance à un nouveau patronyme : « Rothschild »..

vignette|gauche|Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la dynastie. Mayer Amschel Rothschild, né Mayer Amschel Bauer (1744-1812), transforma le modeste commerce de prêt sur gages créé par son père Amschel Moses Rothschild en une banque reconnue et devient le gérant de la fortune de Guillaume , électeur de Hesse-Cassel.

Il eut dix enfants, dont cinq fils qu'il envoya créer ou prendre la tête d'une filiale de la banque familiale à Londres, à Paris, à Vienne, à Naples et à Francfort, donnant les cinq branches de la famille, symbolisées par les cinq flèches de leur emblème ornant leurs très nombreuses résidences européennes.

Sa fille ainée se maria avec Benedikt Moses Worms, de la dynastie bancaire Worms.

Le , l'empereur d'Autriche François éleva au rang de baronsLa date du 29 septembre 1822 est fournie par une notice historique trouvée sur le site du Groupe LCF Rothschild.

La Wikipedia anglophone, dans l'article :en:Rothschild family, indique quant à elle une élévation à la baronnie par l'empereur d'Autriche en 1816 pour quatre des frères et en 1818 pour le dernier (Nathan Mayer, fondateur de la branche dite « de Londres »). les cinq fils du fondateur de la dynastie, Mayer Amschel, ainsi que leurs descendants légitimes masculins et féminins portant le nom de Rothschild sans distinction de nationalité.

Des mariages entre branches permirent à la famille de garder le contrôle de ses activités. La collaboration leur permit de se développer dans plusieurs domaines de l'activité bancaire, leur capacité de financement ouvrant ensuite des perspectives d'investissements. Ainsi, au cours du , ils devinrent d'importants financiers et actionnaires dans l'exploitation minière et le développement du rail, deux des piliers du développement des économies industrielles en Europe.

En 1832, la famille accorde les prêts des Rothschild au Saint-Siège.

Les changements à la tête des gouvernements et autres évènements politiques influèrent peu sur la fortune de la famille, à l'exception de trois évènements majeurs : les révolutions de 1848, la grande dépression des années 1930 et la montée du nazisme durant la Seconde Guerre mondiale.

Seules les branches anglaise et française subsistent aujourd'hui, les branches allemande, autrichienne et italienne s'étant éteintes.

La famille Rothschild, la guerre et l'après-guerre Les guerres napoléoniennes À partir de 1809, la maison N.M. Rothschild & Sons devient un acteur incontournable du financement de l’effort de guerre britannique en devenant le payeur direct de l'armée britannique sur le continent. En 1814 et 1815, Nathan Mayer Rothschild obtient l'accord du gouvernement britannique pour approvisionner les troupes de Wellington en pièces d’or, convoyées illégalement à travers la France, contribuant directement à la logistique militaire qui mène à la bataille de Waterloo. Entre 1814 et 1816 la banque Rothschild gère également les subsides versés par le gouvernement britannique aux puissances alliées de l'Angleterre (Russie, Prusse, Autriche).

La guerre de Crimée Pendant la guerre de Crimée (1853-1856), qui opposa l'Empire russe à une coalition composée de l'Empire ottoman, de la France, de la Grande-Bretagne et du Royaume de Sardaigne, les Rothschild continuent de jouer un rôle majeur. Pour financer son effort de guerre, le gouvernement ottoman contracta trois prêts en 1854, 1855 et 1858, dont le dernier de 5 millions de livres sterling fut garanti par la France et l'Angleterre. Simultanément, la banque Rothschild leva 16 millions de livres sterling pour l'effort de guerre anglais.

La guerre de sécession Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le rôle des Rothschild est indirect. Une étude de Claude Fohlen, publiée dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine, montre que les agents de la banque Rothschild étaient chargés d’acheter et de financer le commerce de tabac, sucre, or et coton en provenance des États confédérés. La banque Rothschild agissait comme intermédiaire financier dans le commerce franco-américain, sans pour autant jouer un rôle de premier plan dans le financement direct des belligérants.

La guerre de la Triple Alliance La banque Rothschild, aux côtés de la Barings et de la banque de Londres et d'Amérique du sud, a été l’un des principaux financiers de la guerre de la Triple Alliance (1865-1870), qui oppose le Paraguay au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay et durant lequel périrent environ 400 000 personnes dont 300 000 paraguayens. Le ministre argentin des finances de l'époque, Lucas González, aurait déclaré que la guerre visait à «obtenir des bénéfices très grands pour le commerce du monde, très spécialement du commerce anglais qui trouvera dans le Paraguay libre et civilisé un grand marché à exploiter».En 1865, le gouvernement impérial brésilien contracte un emprunt de guerre auprès de la "Casa Rothschild" d'un montant de 6, 963 millions de livres sterling.

La guerre prussienne Le rôle le plus documenté est celui d'Alphonse de Rothschild à la tête de la banque parisienne de Rothschild Frères. Suite à la défaite française, le traité de Francfort de Mai 1871 imposa le paiement d'une indemnité de cinq milliards de francs à la Prusse, dont 2,75 milliards furent avancés par les Rothschild, permettant un départ anticipé des troupes prussiennes du territoire français. La collaboration entre le financieur de l'armée de Bismarck, le banquier prussien Gerson von Bleichröder et les Rothschild avant le début de la guerre, est mise en avant par Benjamin Constanty, chercheur à l'EHESS, dans son article « Les grands emprunts de 1871 et 1872 pour le paiement des cinq milliards d’indemnités de guerre ».

Les emprunts d’indépendance

Brésil L'indépendance du Brésil, reconnue par le Portugal en 1825, est conditionnée à la reprise par le Brésil du remboursement d’un prêt de 1,5 million de livres sterling contracté par le Portugal en 1823. Nathan Mayer Rothschild gère cette opération puis émet un second prêt de 2 millions de livres sterling garanti sur les futurs revenus douaniers du Brésil. La banque N.M. Rothschild & Sons devient l’intermédiaire financier du gouvernement brésilien sur les marchés londoniens. Dès lors, le Brésil entre dans une période de dépendance vis-à-vis de la banque Rothschild, jusqu'à devenir son plus gros client à la deuxième moitié du XIXe siècle.

Grèce Après la Guerre d'indépendance grecque (1821-1829), les trois puissances influentes (Grande-Bretagne, Russie, France) garantissent un emprunt de 60 millions de drachmes pour le nouvel État grec. L’émission est confiée à la maison Rothschild qui reçoit une commission en plus des intérêts. James de Rothschild, en étroite relations avec les gouvernements concernés, est personnellement chargé d'évaluer les risques financiers.

Belgique Après l'indépendance de la Belgique en 1831, les Rothschild participent au financement du nouvel État. Le contrat d’emprunt du 19 décembre 1831 entre la banque Rothschild et le gouvernement belge inclut une clause de conditionnalité militaire explicite, profitant de leur position dominante, les Rothschild imposent aux puissances européennes de ne pas intervenir dans la guerre entre la Belgique et la Hollande, sans quoi ils suspendraient leurs financements, favorisant ainsi un processus de paix en protégeant la Belgique.

La première guerre mondiale

Position globale à la veille de la guerre Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la banque Rothschild reste la plus grande banque du monde. Ses intérêts s'étendent bien au-delà de la finance. La famille a créé et dominé le marché moderne des obligations internationales, et son influence politique et financière est telle que peu de gouvernements résistent à l'idée de se tourner vers elle en temps de crise. Les Rothschild contrôlent le réseau ferroviaire trans-européen ; un empire minier international garantissant des ressources stratégiques en cuivre, mercure, plomb, nickel, souffre et pétrole mais aussi en or et diamants.

Rôle financier et commercial pendant la guerre Les banques des Rothschild disséminées sur plusieurs continents financent plusieurs belligérants, notamment la France, le Royaume-Uni et le Brésil. Tandis que leur réseau commercial et ferroviaire permet l'acheminement des armes, des troupes et des ressources stratégiques.

Seconde guerre mondiale Contexte général : persécution, exil et spoliations Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs membres des différentes branches de la famille Rothschild, en particulier en France et en Autriche, furent touchés par les politiques antisémites, les confiscations de biens, l'exil forcé et les persécutions menées par l'Allemagne nazie et ses États collaborateurs. En France, l'occupation allemande et la législation antisémite de Vichy frappèrent directement des membres de la famille ainsi que leurs banques, collections d'art, immeubles et domaines viticoles.

Les spoliations artistiques et patrimoniales Les Rothschild comptèrent parmi les principales victimes du pillage artistique nazi en France. Les services de l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), appuyés par l'ambassade d'Allemagne à Paris et par les mécanismes de séquestre mis en place sous l'Occupation, saisirent une partie importante des collections Rothschild. Les archives diplomatiques françaises conservent ainsi des inventaires spécifiques des collections Rothschild passées par l'ERR, notamment celles de Maurice de Rothschild. Le ministère français de la Culture souligne que les collections de Maurice de Rothschild, entreposées à Argelès-Gazost, furent placées sous séquestre dès puis déplacées à plusieurs reprises avant d'être intégrées aux circuits du pillage allemand. Les outils de recherche de provenance de l'ERR et du Rothschild Archive montrent en outre que de nombreuses œuvres issues des collections Rothschild furent transférées en Allemagne, puis partiellement récupérées après 1945 dans le cadre des restitutions alliées.

La situation des banques et des avoirs en France