thumb|upright=1.2|La cathédrale Saint-Jean de Besançon.
La cathédrale Saint-Jean de Besançon recèle au total 35 toiles classées monuments historiques au sein même de l'édifice, dont des chefs-d'œuvre des artistes Fra Bartolomeo, Jean-François de Troy, Charles-Joseph Natoire ou encore Charles André van Loo. La majorité des œuvres fut exécutée au cours du , bien que certaines aient été réalisées aux . Les plus grandes toiles sont accrochées dans l'abside du Saint-Suaire ainsi que dans la chapelle dite du Sacré-Cœur, mais d'autres œuvres sont également entreposées dans des salles non-ouvertes à la visite, rendant impossible leur contemplation. Actuellement, la cathédrale Saint-Jean est, à Besançon, l'édifice qui conserve le plus grand nombre de toiles après le musée des beaux-arts et d'archéologie et loin devant l'église Sainte-Madeleine ou encore l'observatoire de la ville.
Histoire de la peinture au sein de la cathédrale
La destruction de l'église Saint-Étienne (1669) thumb|L'abside dite du Saint-Suaire, où sont accrochées les plus belles toiles.En 1669, à la suite de la décision prise par Vauban de détruire l'église Saint-Étienne sur le mont, quelques œuvres sont transférées à la cathédrale Saint-Jean. Le Suaire de Besançon et la Vierge aux saints de la chapelle de la famille Carondelet sont notamment concernés.thumb|left|Charles-Joseph Natoire.
La reconstruction du chœur oriental thumb|left|Charles André van Loo, en 1764.
Après l'effondrement du clocher en 1729, c'est l'abbé Humbert qui définit la nouvelle iconographie de l'abside dite du Saint-Suaire, le La cathédrale Saint-Jean de Besançon, page 63.. Celle-ci met en scène cinq épisodes des derniers moments de la vie de Jésus, permettant ainsi une meilleure mise en valeur du Saint-Suaire. Les chanoines, dans un souci d'excellence et de prestige, s'adressent à l'un des meilleurs peintres français de l'époque, l'artiste Charles André van Loo. Le chanoine Courchetet indique le qu'il est en communication avec l'artiste, qui demande la coquette somme de livres pour l'ensemble des cinq toiles, soit livres l'unité. Cependant, le diocèse ne dispose pas de ressources financières suffisantes pour payer les services de Van Loo, et décide alors de commander une seule toile au peintre. C'est ainsi que, le , Charles André van Loo s'engage auprès du père Mignot à peindre la résurrection pour la somme de livres, le chapitre insistant particulièrement sur l'introduction du Saint-Suaire dans sa toile. Une fois achevée, l'œuvre est placée dans la salle capitulaire vers 1750, en attendant la fin des travaux. La même année, le chanoine Arvisenet commande à l'artiste Jean-François de Troy le Martyre de Saint-Étienne, œuvre destinée à orner la chapelle consacrée à ce saint située au nord de l'abside.
Des dons permettent l'avancement du cycle principal et l'abbé Mignot obtient, le , la réalisation des quatre autres œuvres par Charles André van Loo pour la somme de livres à la seule condition que l'on offre à sa femme une reproduction en drap d'or du Saint-Suaire bisontinLa cathédrale Saint-Jean de Besançon, page 64.. Bien que l'artiste augmente au fur et à mesure ses exigences, il s'engage en à exécuter deux tableaux pour livres : La descente de la croix et la Sépulture de Notre-Seigneur. En même temps qu'ont lieu les négociations avec Van Loo, le chapitre de Saint-Jean demande au peintre Jean-François de Troy de réaliser deux des premières toiles du cycle, le Christ au jardin des Oliviers et le Christ portant sa croix dans le Calvaire (le ). Le choix de cet artiste par le diocèse de Besançon est expliqué par la reconnaissance de plus en plus grande de Jean-François de Troy comme peintre religieux, ainsi que pour la rapidité de l'achèvement de ses œuvres. En effet, celles-ci sont terminées dès et expédiées de Rome via la ville de Marseille en . Furieux, Charles André van Loo refuse de peindre les deux toiles qu'il s'était engagé à réaliser en prétextant qu'il refusait de voir ses tableaux accrochés à proximité de toiles provenant de Rome. En vérité, Van Loo tente par tous les moyens de se défaire de son engagement, n'ayant plus la volonté d'achever d'autres œuvres en cette période. C'est alors que le clergé de la capitale comtoise fait appel à Charles-Joseph Natoire.
Charles-Joseph Natoire accepte sans difficultés de se charger des peintures délaissées par Van Loo et écrit, le , une lettre à l'archevêché de Besançon pour s'engager à peindre le tableau des Saint-Ferréol et Saint-Ferjeux pour livres. Le , l'archevêque de l'époque décide alors de prendre financièrement en charge les deux derniers tableaux commandés auprès de Natoire et, le , ce dernier accepte d'être payé livres par toile. La prédication de Saint-Ferréol et de Saint-Ferjeux est achevée fin 1754 et l'œuvre arrive à Besançon en . Les magistrats municipaux, ravis de la qualité du tableau, décident de s'acquitter de l'achat du cadre doré et y font graver une mention rappelant leur générosité. On inscrit en lettres noires sur la toile : . Une lettre de Natoire au marquis de Marigny datée du dit :
Les toiles sont réunies et placées dans la nouvelle abside en , et un ouvrier nommé Flammand fait la pose et fournit les matériaux nécessaires pour la somme de 330 livres. Le , les autels du Saint-Suaire, de Saint-Étienne et des Saints Ferréol et Ferjeux sont consacrés par l'archevêque Antoine-Clériade de Choiseul-Beaupré.
Une certaine madame Gauthier raconte durant l'un de ses voyages en 1790 en Franche-Comté :
Les œuvres inaccessibles au public proviennent quant à elles de l'ancien chapitre de Saint-Étienne, détruit en 1674. Elles ne sont pas entreposées comme les autres toiles, probablement par manque de place, mais accrochées dans les pièces réservées au clergé de la ville.
Les œuvres accessibles au public
Abside orientale
Le Christ au jardin des Oliviers thumb|Le Christ au jardin des Oliviers.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : Le Christ au jardin des Oliviers sur Utpictura18 (consulté le ). - classement : monument historique (consulté le )..
Le Christ au jardin des Oliviers ou Jésus au jardin des Oliviers est une œuvre du peintre Jean-François de TroyBiographie de Jean-François De Troy sur le site officiel du Larousse (consulté le ). achevée en et fut au préalable commandée en mars de la même année par le chapitre de Besançon pour la somme de 1500 livres, payée par quatre membres du diocèse : MM de la Rochelle, du Tartre, de Chargney ainsi que de Chavanne. L'artiste s'inspira de l'Évangile selon Luc pour exécuter ce premier tableau du cycleChristophe Leribault, JF de Troy, Arthena, 2002, P.336, p. 414 ; reproduction en couleurs p. 156.. Cette toile fait l'objet d'un classement au monument historique depuis 1992.
Comme on peut le voir à l'arrière-plan sur la droite du tableau, Judas, vu de profil, guide une troupe de soldats s'avançant à l'aide d'une torche dans le clair-obscur, et demande le silence à l'aide de son doigt. Le sculpteur Jean-Jacques Caffieri, qui connut Jean-François de Troy durant ses dernières années, écrit :
Le Portement de la croix thumb|Le Portement de la croix.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : - note : signé et daté sur une pierre en bas à droite « DETROY ECr A ROME/1751 »Le Portement de la croix sur Utpictura18 (consulté le ). - classement : monument historique (consulté le )..
Le Portement de la croix est une œuvre du peintre Jean-François de Troy exécutée en à Rome et au préalable commandée par le chapitre de Besançon en mars de la même année. La Vierge, située à gauche du tableau, a les mains jointes en signe d'affliction, et Véronique, qui est vue de dos, serre dans ses mains le voile qu’elle va donner au ChristLa cathédrale Saint-Jean de Besançon, page 66..
Christophe Leribault écrit dans son étude sur l’artiste : Cette toile est classée monument historique depuis 1992.
La Descente de croix thumb|left|La Descente de Croix. thumb|L'Élévation de la croix, triptyque de Pierre Paul Rubens.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : - classement : monument historique (consulté le ).
La Descente de croix est une œuvre du troisième quart du réalisée par le peintre Charles-Joseph Natoire. Cette peinture est fortement inspirée de la toile intitulée L'Élévation de la croix de Rubens conservée au cœur de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers. Parmi les hommes positionnés sur des échelles posées sur la croix ou au pied de cette dernière pour y décrocher le corps du Christ, on aperçoit Nicodème en haut à gauche, ainsi que Jean vêtu en rouge, soutenant le corps du défunt. On reconnaît au premier plan Marie-Madeleine grâce à sa longue chevelure rousse, et la Vierge installée dans la pénombre au pied de la croix, les mains jointes de douleur. L'accent est mis sur la grande arabesque du linceul, le long duquel descend la dépouille du Christ, en accord avec le vocable de l'abside. Simon de Cyrène tient le bout de ce linceul, coiffé d'un turban. Pierre Rosenberg a découvert un dessin préparatoire ainsi qu'une esquisse peinte de l'œuvre lors d'une vente, qui font à présent partie d'une collection particulière. Cette toile est classée monument historique depuis 1992.
La Mise au tombeau thumb|La Mise au tombeau.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : - classement : monument historique (consulté le )..
Cette œuvre de Charles-Joseph Natoire, elle aussi non-datée, est une scène du chapitre 15 de l'Évangile selon Marc : Des hommes portent la dépouille du Christ vêtue du linceul devant un tombeau creusé dans un roc. Le jeune homme habillé de rouge, à gauche, est très probablement l'apôtre Saint-Jean et le vieillard placé dans la pénombre à l'arrière-plan n'est autre que Simon de Cyrène. La Vierge est soutenue par une sainte femme après s'être évanouie de chagrin et de douleur et on aperçoit à côté Marie-Madeleine, avec les cheveux défaits, qui se tord les mains. Au premier plan, on reconnaît la couronne d'épine posée au sol, avec la tenaille ainsi que les clous ayant servi à la crucifixion du Christ. Les croix du Calvaire sont nettement visibles à l'arrière-plan, et l'on peut également voir un homme qui tient une échelleLa cathédrale Saint-Jean de Besançon, page 67.. L'œuvre fait l'objet d'un classement au monument historique depuis 1992.
La Résurrection
thumb|left|La Résurrection.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : classement : monument historique (consulté le )..
La Résurrection est une œuvre datant du troisième quart du (probablement 1750) exécutée par l'artiste Charles André van LooBiographie de Charles André van Loo sur le site officiel du Larousse (consulté le ).. Cette scène représente la résurrection du Christ : les gardes terrassés sont dans l'étonnement et l'épouvante (on peut apercevoir Saint Longin, avec sa lance) devant le Christ lumineux s'élevant hors de son sépulcre, le visage transfiguré et les bras ouverts. On peut voir des deux côtés du Christ deux anges joyeux, dont l'un habillé de bleu qui soulève la pierre qui recouvrait le tombeau, et l'autre saisissant et déployant le suaire dont se défait Jésus. Il est écrit dans le manuscrit numéro 88 de Baverel : Cette toile est classée monument historique depuis 1992.
Le Martyre de Saint-Étienne thumb|Le Martyre de Saint-Étienne.
Peinture à l'huile - hauteur : - longueur : - note : Signé et daté en bas à droite « DETROY Cr.Sr A ROME/1750 »Le Martyre de saint Étienne sur Utpictura18 (consulté le ). - classement : monument historique (consulté le )..
Le Martyre de Saint-Étienne ou La lapidation de Saint-Étienne est une œuvre de Jean-François de Troy achevée en 1750. La scène que le tableau représente est tirée du chapitre VI des Actes des Apôtres : Le chanoine Quinnez fait une description de l'œuvre en 1914 :