Le clédalisme est un concept inventé par le peintre Salvador Dalí, inspiré par son personnage de Solange de Cléda, issue de son roman Visages cachés. Dalí en fait d'abord une pratique sexuelle orchestrée avec une précision théâtrale, complétant la trilogie amorcée par le sadisme et le masochisme, mais aussi une expérience esthétique et artistique, empreinte de frustration et de désir.

En définitive, pour Salvador Dalí, , qu'il soit sexuel ou non. Dans cette cosmologie personnelle, le thème de l’apesanteur occupe une place symbolique majeure.

Étymologie Le clédalisme tire son nom de Solange de Cléda, héroïne de Visages cachés, l'unique roman de Salvador Dali, elle-même nommée d'après Léda, figure mythologique abusivement séduite par Zeus métamorphosé en cygne, et Clélia, personnage de La Chartreuse de Parme de Stendhal, jeune femme pure obligée d'aimer son amant Fabrice à distance.

Principes et définitions Un fantasme dalinien Pour Salvador Dalí, Dans Les Passions selon Dalí, le peintre explique à Louis Pauwels le fonctionnement de cette pratiqueDali/Pauwels, Les Passions selon Dali, éditions Denoël, 2004 : pour lui, il s'agit d'abord de convaincre une quinzaine de participants à se livrer aux fantasmes sexuels du maître selon une organisation méticuleusement préparée et consignée par écrit par des « notaires ». Les participants sont choisis pour leur beauté et leur raffinement, voire leur innocence. Il faut ensuite réunir tout le monde dans un lieu propice et minutieusement préparé pour que chaque séquence soit un théâtre ou un tableau vivant. D'après Salvador Dalí : . Salvador Dalí affirme par ailleurs qu'il organise des séances de clédalisme à Paris, New York ou Figueras, souvent dans de grands hôtels (comme le San Regis de New York). Selon lui, il faut parfois plusieurs années pour mener à bien l'organisation pratique, son plaisir suprême étant d'annuler brutalement et au dernier moment la partie préparée depuis si longtemps, sans parler des moments où la situation tourne au ridicule parce qu’une position un peu compliquée fait tomber du lit l’un des participantsCatherine Millet, Dalí et moi, extraits, art press, n° 317 (lire en ligne : https://www.artpress.com/wp-content/uploads/2014/12/1985.pdf).

Un « art de l'orgasme du voyeur » ? Pour Robin Chatelain, le clédalisme , Dali ne cachant pas son angoisse de la pénétration et de l'impuissance (dont il se libère un peu selon lui après sa rencontre avec Gala). C'est, de même, pour Catherine Millet, Meredith Etherington-Smith définit le clédalisme comme Selon Catherine Millet, Dali apparaît en effet lors de ces séances comme , pratiquant l'onanisme, , pendant lequel il lui arrive même d'avoir des hallucinations.

Jean-Louis Ferrier, reprenant ces définitions , reconnaît le clédalisme dans l'épisode de Visages cachés où Solange rejoint le lit du comte de Grandsailles pour en ressortir aussi rapidement, Pour Pierre Brunel, et Ainsi, pour Jean-Louis Ferrier,

Une clé de compréhension de l'univers dalinien Pour Pierre Brunel, la définition de Meredith Etherington-Smith , Pierre Brunel préférant la définition donnée par Salvador Dali lui-même : De même, pour Jean-Louis Ferrier, le clédalisme n'est pas d'abord un concept érotique , mais une forme d’expérience esthétique et artistique, où le plaisir, la frustration et la souffrance se mêlent et sont transcendés par une très forte identification avec l’objet du désir (que ce soit une personne, une idée ou une œuvre d’art)Jean-Louis Ferrier, « Dali, Léda atomica, anatomie d’un chef-d’œuvre », Denoël-Gonthier, Médiations, n° 166, 1980, p. 33-34. Pour Pierre Brunel, le concept est donc pour Dali et une clé pour comprendre la manière dont il invite le spectateur à ressentir ses œuvres.

L'apesanteur, thème clédaliste par excellence vignette|L'apesanteur, dont Jean-Louis Ferrier fait le thème clédaliste par excellence, est un sujet récurrent de l'univers dalinien, comme en témoigne (1948), photographie du peintre par Philippe Halsman. Leda atómica apparaît à la droite de l'image. Pour Jean-Louis Ferrier, le clédalisme est et Leda atómica (1949) , de même que le Tristan fou de 1944 ou l’Éléphant spatial de 1961. Pierre Brunel reprend cette analyse :

Notes et références

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