vignette|Le régime de bananes est une infrutescence de 60 à 120 baies qui se développe sur le pseudo-troncCette tige est formée par l'emboîtement spiralé des pétioles des feuilles qui naissent directement du rhizome. d'une plante herbacée (et non un arbre), le bananier. Les fruits sont issus d'une inflorescence complexe qui se recourbe vers le sol, entraînée par son poids et par un géotropisme positif. La forme recourbée vers le ciel des bananes n'est pas due à une courbure phototropique mais au processus de géotropisme négatif, évitant à chaque fruit d'écraser son voisin.. vignette|Une main de bananes mûres (chaque fruit étant appelé un doigt, relié au coussinet du pseudo-tronc par un pédicelle).

vignette|Banane pelée (les fibres en longueur indiquant la présence de faisceaux de phloème, les nervures médianes des carpelles alternent régulièrement avec les sutures carpellaires qui opposent une moindre résistance lorsque l'on la « pèle »), banane entière et en coupe longitudinale (avec les ovules avortés brunâtres bien visibles).

La banane est le fruit ou la baie dérivant de l’inflorescence du bananier. Les bananes sont des fruits très généralement stériles issus de variétés domestiquées. Seuls les fruits des bananiers sauvages et de quelques cultivars domestiques contiennent des graines. Les bananes sont vertes avant d'être mûres et deviennent généralement jaunes avec des taches brunâtres à maturité.

Les bananes constituent un élément essentiel du régime alimentaire dans certaines régions, comme en Ouganda., qui offrirait une cinquantaine de variétés de ce fruit.

Étymologie Le mot « banane » est dérivé du portugais, lui-même emprunté au bantou de Guinée, dans l’expression en portugais rapportée en 1602 « » (« figuier portant bananes »). Il est néanmoins possible que le mot provienne de l’arabe « doigt » et non du bantou, comme indiqué par Dan Keppel, Banana, , 2008, 44.. Elle est appelée « figue », en créole, et aux Antilles.

Histoire Origine vignette|gauche|La forme sauvage Musa balbisiana. Les formes sauvages Musa acuminata et Musa balbisiana qui donnent les bananes actuelles se rencontrent encore aujourd’hui dans une grande partie du Sud-Est asiatique, de l’Inde à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. On retrouve dans ces régions des bananiers sauvages riches en graines et pauvres en pulpe dans les milieux ouverts (clairières, lisières des forêts)..

Le centre de domestication primaire semble être les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée, il y a avec Musa acuminata. Des traces de production bananière pour une consommation humaine datent environ de cette époqueAlistair Smith, La Saga de la banane, éditions Charles Léopold Mayer, 2010, . en Nouvelle-Guinée. Leur diffusion s'est rapidement étendue dans une zone qui va de l'Inde au sud de la Chine via la Birmanie, de Taïwan jusqu'au nord de l'Australie et la Polynésie via les Philippines, l'Indonésie et la Nouvelle-Guinée. Des preuves archéologiques de la culture du bananier se trouvent en Malaisie en avant notre ère, au Pakistan en avant notre ère, dans le centre de l’Inde avant notre ère et au Laos avant notre ère.

La diffusion en Afrique des plantains appartenant au sous-groupe AAB daterait de avant notre ère en Ouganda et de à au Cameroun. À l'Île de Pâques son introduction daterait de de notre ère. La première apparition au Moyen-Orient date de 300 de notre ère.

Une hypothèse récente est que la domestication des bananiers Eumusa s'est produite, il y a environ , dans les hautes terres de Nouvelle-Guinée. La variété Musa acuminata banksii, à l’origine de la plupart de celles qui sont cultivées aujourd’hui, y serait née et se serait ensuite répandue en Asie du Sud-Est où elle se serait hybridée avec les variétés localesJenny & al., 1999, Denham, 2005.. Les phytolithes de bananiers datés de 6 800 ans avant notre ère ont été découverts dans le site de Kuk Swamp, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, soutenant l’idée d’une domestication ancienne en Asie du Sud-Est.

Un centre secondaire de biodiversité se trouve en Afrique de l'est avec le groupe des bananiers triploïdes des hautes-terres de l'est africain dit Groupe Mutika/Lujugira (AAA-EA). En Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment dans les zones forestières de la république démocratique du Congo, le plantain a développé une grande diversité génétique, avec de nombreuses variétés locales adaptées aux usages culinaires et culturels spécifiques. Par exemple, à Yangambi, dans le nord-est de la république démocratique du Congo, les communautés locales reconnaissent plus de cinquante variétés distinctes de plantains. La diversité de ces cultivars est le signe de l’ancienneté de leur intégration dans les pratiques agricoles locales.

Une légende indienne rapporte que la banane Musa ×paradisiaca était originaire de l'île de Ceylan, paradis terrestre duquel furent chassés Adam et Ève, leurs corps couverts de feuilles de bananier. Linné a d'ailleurs donné le nom de Musa paradisiaca au « Bananier du Paradis » (banane plantain) et celui de Musa sapientum au « Bananier des sages » (banane dessert), nommé aussi « figuier du Paradis » ou « figuier d'Adam ». Cette légende est en fait issue d'une tradition syrienne qui fait de la banane un fruit du paradis d'autant plus symbolique que lorsqu'elle est coupée, les fibres de sa tranche semblent dessiner une croix. Marco Polo aurait nommé ce fruit « pomme du Paradis »Marco Polo, "Le livre de l'Inde", Le livre des merveilles, chapitre 173, trad. L. Hambis, Klincksieck, Paris..

.

Diffusion mondiale Le bananier a été introduit en Afrique de l’Est, en Chine, en Mélanésie, dans le Pacifique Sud à partir du commencement de l’ère chrétienne. Sa culture commence à Madagascar vers 500 de notre ère. Il fut importé en Méditerranée (Afrique du nord et Espagne) par les Arabes à partir de 650. Début les Portugais l’implantent dans les Canaries et de là en 1516 le frère Tomas de Berlanga prélève des rejets dans le cloître des franciscains près de Las Palmas et les transporte à Hispaniola.

Période moderne À la fin du la culture du bananier devint un enjeu économique important influant même des choix politiques internationaux.

Dès 1870 arrivent les premières importations de bananes (variété Gros Michel) aux États-Unis depuis l’Amérique centrale, notamment la Jamaïque. La rentabilité du marché amène des entrepreneurs américains à investir dans le marché et à ouvrir des plantations industrielles de bananiers. Dès 1871, Minor Cooper Keith fait établir une liaison par chemin de fer avec le Costa Rica et y implante les premières plantations à grande échelle. En 1899, il créa la United Fruit Company qui devint une puissance néocoloniale au pouvoir politique énorme pendant . En 1911, un soulèvement populaire contre le gouvernement du Honduras voit l'intervention de l'armée des États-Unis. La raison officielle invoquée pour cette intervention est la protection des « travailleurs américains » de la United Fruit Company, qui a fait de ce pays son principal fournisseur de bananes. Entre 1930 et 1940, la United Fruit Company inclut la Colombie et l’Équateur dans ses exportateurs. Des coups d’État, dont celui au Guatemala en 1954, sont télécommandés par les États-Unis pour défendre les intérêts de la compagnie.

Cette puissance économique combinée à la menace militaire américaine transforme les fragiles États d'Amérique centrale en « républiques bananières » (l'expression vient de là), dont l'indépendance n'est plus qu'un simulacre. Cette hégémonie américaine a par ailleurs suscité la naissance du syndicalisme d'Amérique du Sud et l'engagement des premiers groupes tiers-mondistesMarie-Elisabeth Bonte, « La banane, un fruit en sursis », publication pour le Trade for Development Centre de la CTB, , ..

Les exportations (essentiellement la variété « Gros Michel »« La banane », dossier sur Futura Sciences.) au début du sont assurées par les navires à vapeur produisant du froid dans les cales. Le mode de transport par navire reefer s'impose dans les années 1950 alors que la demande des marchés développés s'accroît au nord.

L'année 1974 est marquée par les « guerres de la banane ». L'Union des pays exportateurs de bananes veut prendre le contrôle du commerce bananier mais doit céder face aux grandes compagnies qui conservent leur position oligopolistique..

Les années 1970 à 1990 voient les armateurs accumuler d'importantes capacités de transport en ligne pour s'adapter au mieux à la massification et à la conteneurisation des exportations bananières en défiant la concurrence. Le mode de transport bascule dans les années 1990 du navire reefer vers le conteneur à 55 %.

Le commerce international de la banane a triplé entre les années 1970 et 2010 et est caractérisé par une forte concentration de ses acteurs : en 2010, cinq pays (l'Équateur, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala et les Philippines) représentent 83 % des exportations alors que le commerce mondial est dominé par cinq grands groupes (, , , Fyffes et Grupo Noboa [Bonita]).

Botanique Description

Les gaines foliaires forment un pseudo-tronc, au centre duquel émerge l'inflorescence qui est un épi complexe constitué d'un pédoncule sur lequel les fleurs sont arrangées en grappes nodales, chaque grappe étant protégée par une feuille modifiée (large bractée florale généralement richement colorée, appelée spathe) qui se détache éventuellement, le tout formant une « main » (ou « patte ») de bananes. Le nombre de fleurs par nœud varie de 5 à 15 et le nombre de nœuds par inflorescence peut varier entre 5 et 20. Chaque fleur, trimère et zygomorphe, est composée d'un périanthe de 5 tépales jaunâtres dont 5 sons soudés et 1 libre ; de l'androcée constitué de 5 ou 6 étamines (chez les fleurs femelles, ces étamines sont réduites à des staminodes) ; du pistil formé de 3 carpelles et d'un ovaire infère (chez les fleurs mâles, ce pistil est petit et parfois transformé en nectaires)..

La banane est une baie allongée légèrement incurvée, souvent regroupée sur le bananier en grappes nommées « régimes » dont il est facile de la détacher. Le fruit est constitué d'une « peau » (épicarpeLa "peau de banane" est en fait formée par la soudure du conceptacle et de l'épicarpe légèrement coriace de la fleur, faisant de cette baie un faux-fruit. Cf . jaune, vert ou rouge, selon les espèces et le niveau de maturité, recouvrant une zone sous-épidermique chlorophyllienne) et d'une pulpe (mésocarpe à grosses cellules ovoïdes amylifères, donnant à la chair un goût sucré et une consistance généralement fondante, et endocarpe entourant les ovules avortés). Les cavités carpellaires médianes comportent les ovules et leurs placentas, ainsi que des poils microscopiques mous amylacés.

La cueillette de banane est faite 6 à après la plantation.

La banane sauvage est une baie polycarpique, c'est-à-dire contenant de nombreux pépins anguleux durs. Les variétés commerciales sont souvent triploïdes stériles produisant ainsi des baies parthénocarpiques formées sans fécondation ne contenant donc pas de graines (si on fend cette « banane domestique » dans le sens de la longueur, on observe une série longitudinale de petits points noirs qui sont des ovules non fécondés). L’arôme principal de banane est l’acétate d’isoamyle.

La chair du fruit est généralement blanc crème. Les bananes mûres sont riches en sucres. Elles sont très nourrissantes (/) et très digestes en raison de leur faible teneur en graisses.

Fruit climactérique, les bananes sont cueillies vertes dans les plantations, aussi appelées bananeraies. Moins fragiles que les bananes mûres, elles supportent mieux le transport. Elles sont immédiatement acheminées vers les centres de distribution (marchés d’exportation), où le processus de maturation est parfois activé en ajoutant aux fruits de l’éthylène qui est fabriqué par la plante elle-même en conditions naturelles..

Le mot « banane » ou « fausse banane » désigne également les fruits des plantes du genre Ensete.