La Vie financière ou La Vie française est un hebdomadaire économique et financier français fondé par Didier Lambert le , qui a existé sous le titre La Vie française jusqu'en 1999, avant de devenir La Vie financière puis de disparaître en 2008.

Historique Didier Lambert (1910-1962), un ancien journaliste de 1935 à 1939, fonde l'hebdomadaire économique et financier La vie française le , soit trois jours avant le la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie. Son passé d'ancien résistant du réseau Combat lui permet d'avoir les appuis nécessaires pour obtenir l'autorisation administrative de paraître et surtout le papier qui était rationné au sortir de la guerre (jusqu'en 1951)Gérard Blandin, La Vie Financière, (Supplément) « »,‎ 21 octobre 2005, . Le premier numéro est tiré à et « compte six pages dont deux de cotations ».

En 1954, le magazine innove en lançant le « grand prix du rapport annuel de La Vie française ». Chaque année il récompense « la qualité de l'information financière diffusée aux actionnaires ». Il sera renommé plus tard en « prix du meilleur rapport annuel ». Pour Didier Lambert le but de l'initiative est que : « l'épargnant, naguère méprisé, soit de mieux en mieux informé ou, du moins, de moins en moins mal ».

Le titre rachète ensuite trois autres concurrents : La Tribune économique, Nouvelles économiques et en 1951, La Semaine économique, politique et financière.

Didier Lambert meurt d'un infarctus en 1962. Sa veuve, Anne-Marie, reprend la direction de La Vie française dont elle garde 5 % du capital. Son inexpérience dans les affaires effraie certains actionnaires historiques du journal qui vendent leurs parts entre 1964 et 1969, principalement à Jacques Maillet via la Société de journaux et publications périodiques (S.J.P.P.) et indirectement à Hachette. Toutefois, « [...] elle poursuit la stratégie de son mari. Priorité aux abonnés et méfiance à l'égard de la publicité, notamment financière [...] ». Ce qui permet à La Vie française, sous sa direction, d'obtenir des records de vente dans les années 1960 de plus de (sur un tirage de ). Ce n'est qu'aux débuts des années 1970, que la moitié restante du capital, détenue par « Jacques Maillet, PDG d'Intertechnique et ami de Jacques Chaban-Delmas », est cédée à Hachette.

Sans en informer Anne-Marie Didier-Lambert, Hachette revend La Vie française en "La presse économique et financière", par Jacques Henno (1993), page 35 et l'écarte de la direction. L'hebdomadaire est alors fusionné avec L'Opinion économique et financière titre édité par la Société d'éditions financières, économiques et politiques (Sefep), appartenant au gérant de portefeuille Roger Gicquel qui est directeur de l'hebdomadaire financier Fortune française et édite aussi le magazine Le Capital. Le titre est renommé La Vie française - L'Opinion en janvier 1974. René Sédillot devient le directeur et Claude Darsey, le rédacteur en chef.

Une partie de l'équipe de La Vie française, menée par Gérard Vidalenche, part alors et crée en 1974 un hebdomadaire financier concurrent : Investir.

En 1979, au moment de la création d'un autre concurrent Mieux vivre votre argent par Jean-Antoine Bouchez"Les mutations de la presse économique et financière" par Elisabeth Cazenave dans Matériaux pour l'histoire de notre temps (1997) numéro 46, pages 40 à 43, La Vie française est racheté par Bruno Bertez l'un de ses journalistes, avec l’aide de son ami banquier Jean-Pierre Peyraud et d’un autre journaliste, Noël Mettey"André Dussollier raconte l'histoire de L'Agefi en vidéo", pour les de l'Agefi.

Durant les années 1980, Bruno Bertez, est l'un des principaux actionnaires de l'entreprise et Mireille Rusinak la directrice de la rédaction. La ligne éditoriale, s'appuyant sur une diffusion importante et une équipe rédactionnelle reconnue, a conservé une dominante économique et financière, mais est devenue assez généraliste, avec des rubriques politiques, sociales, pratiques et culturelles relativement fournies, au point de se rapprocher quelque peu, dans sa présentation et ses niveaux de diffusion, des hebdomadaires d'information générale. L'activité de l'entreprise est très bénéficiaire, au point que les profits qu'elle génère contribuent à financer le lancement en 1985 du quotidien La Tribune. La Vie française est alors le seul des titres de presse appartenant à Bruno Bertez à gagner de l'argent..

En 1987, la vente de ce titre au Groupe Expansion par Bruno Bertez entraîne le départ de Mireille RusinakL'année suivant son départ, en 1989, Mireille Rusinak publie un ouvrage au titre plutôt évocateur, Les Bons, les brutes et les autres, aux Editions Pierre Belfond, http://catalogue.bnf.fr/servlet/biblio?idNoeud=1&ID=35024889&SN1=0&SN2=0&host=catalogue. et de plusieurs autres journalistes, dont Jean-Pierre Thiollet, le responsable de la rubrique immobilière. Elle s'est rapidement soldée par l'affaiblissement sensible du contenu et son inadéquation avec les attentes du lectorat, sonnant ainsi la fin de cet « âge d'or » de la publication.

En LVMH et CEP en lice pour la reprise du groupe Expansion", dans Les Échos du 22 décembre 1993 , LVMH se porte candidat à l'acquisition du Groupe Expansion, endetté de de francs. Mais la Compagnie européenne de publications, filiale à 39,6 % d'Havas, lui est préférée par l'hebdomadaire, qui compte parmi ses actionnaires Dow Jones (16 %), Handelsblatt (13 %), Fimalac (12 %) et Prisa (5 %). LVMH se concentre alors sur son nouveau groupe de presse.

En , le magazine La Vie française est rebaptisé La Vie financière par le Groupe Express-Expansion (Socpresse). Au début des années 2000 il ne cesse d'être fortement affecté par les changements de propriétaire, et les problèmes de gestion et de management qui en ont découlé. Redevenue un titre très spécialisé, aux ambitions plutôt limitées, il fait faillite en . Puis la publication est rachetée en partie fin 2008 par MoneyWeek France, société qui a été mise en liquidation judiciaire le MoneyWeek dépose le bilan, Zonebourse.com, 13 octobre 2011 ; http://www.societe.com/societe/moneyweek-france-504916909.html.

Dans la culture populaire Dans Bel-Ami, roman réaliste de Guy de Maupassant publié en 1885, le héros se fait engager dans un journal appelé lui aussi La Vie française, qui siège boulevard Poissonnière.

Dans Noirhomme (2007-2010), bande dessinée aux contours fantastiques située dans la France louis-philipparde, série signée Antoine Maurel (scénario) et Hamo (dessin), l'un des personnages centraux, Alceste Boursault, travaille également pour un journal du même nom.

Notes et références

Annexe Articles connexes Histoire de la presse économique et financière en France Groupe Express-Expansion

Liens externes

Article de Jean Billet de 1966 évoquant La Vie française

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