, né à Nagoya dans la préfecture d'Aichi le , est un homme politique japonais, vice-président de la Chambre des représentants depuis 2017 et membre du Parti démocrate du Japon (PDJ).

Il est élu depuis 1990 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, d'abord au vote unique non transférable pour l'ancien d'Aichi de 1990 à 1996, puis au scrutin majoritaire pour la nouvelle de cette même préfecture de 1996 à 2005 et de 2009 à 2012, et à la proportionnelle dans le bloc législatif de Tōkai de 2005 à 2009 et depuis 2012. Il est également ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche dans le Cabinet du Japon dirigé par Yukio Hatoyama du au .

Origine, formation et carrière professionnelle

Un héritage familial socialiste Hirotaka Akamatsu est issu d'une famille engagée en politique au sein du Parti socialiste japonais (PSJ). Son père, Isamu Akamatsu (1910-1982), dont il est le quatrième enfant et le fils aîné, fut député socialiste à la Chambre des représentants pour l'ancien d'Aichi (soit l'ensemble de la ville de Nagoya) de 1946 à 1967 puis pour son ancien (soit la moitié sud de la ville de Nagoya, créé en 1967 à partir d'une partie du ) de 1969 à 1976.

Isamu fut de plus président du Comité des Affaires de la Diète du Parti socialiste de gauche de Mosaburō Suzuki (né d'une scission momentanée, entre 1952 et 1955, entre une aile droite social-démocrate et une aile gauche marxiste du PSJ) de janvier 1954 à octobre 1955, puis vice-président du Comité central du PSJ durant la présidence de Tomomi Narita de décembre 1974 à janvier 1977 Historique des dirigeants du PSJ, sur le site www.geocities.co.jp.

Un membre de la « génération Zenkyōtō »

Hirotaka Akamatsu fait sa scolarité dans le privé, d'abord à Nagoya jusqu'au collège (qu'il passe au collège - lycée de la compagnie scolaire Tōkai situé dans l'arrondissement de Higashi), puis à Tokyo. Il fréquente ainsi le lycée de l'université Waseda dans le quartier de Kamishakujii et l'arrondissement spécial de Nerima d'avril 1964 à mars 1967. Il intègre ensuite la faculté de sciences politiques et économiques de Waseda, dont il sort en mars 1971 . Il a notamment eu pour condisciple au lycée et à l'université Hisayoshi Matsumura (1949-2008), qui va devenir plus tard le président d'un petit parti d'extrême droite, le Parti de la restauration - Vent nouveau, de 2007 à son décès en 2008.

À partir du lycée, il participe activement aux mouvements de protestations lycéennes et étudiantes de gauche de la fin des années 1960, généralement appelés au Japon la , du nom du principal, du plus actif et du plus radical des syndicats étudiants, la . Hirotaka Akamatsu participe notamment aux grèves et manifestations à son lycée puis à l'université Waseda contre la hausse des frais d'inscription ou encore la signature le du traité nippo-sud-coréen rétablissant des relations diplomatiques entre le Japon et la Corée du Sud du président autoritaire Park Chung-hee. Alors qu'il est encore mineur (la majorité étant à 20 ans au Japon), il adhère en 1966, à 18 ans, à la ou , le mouvement de jeunesse du PSJ « 【知っておきたい新閣僚の裏表】 “気骨の人”と評判・赤松広隆農水相 », littéralement « "Je veux connaître la face cachée du gouvernement" - La réputation d'"homme de caractère" du ministre de la Pêche », Zakzak, 28/09/2009.

Un agent de voyage et syndicaliste Un mois après l'obtention de son diplôme, il intègre l'agence de voyages semi-publique Nippon Express. Il est par ailleurs syndiqué à l'Union des syndicats japonais des transporteurs ou , elle-même membre du , plus connu sous le nom de , la plus influente confédération syndicale du secteur public japonais, fortement liée au PSJ.

Lors d'un voyage de retour d'Europe avec son groupe de touristes le , il est présent sur le Boeing 747 « Mississippi » de KLM assurant la liaison entre Amsterdam et Tokyo qui est détourné, alors qu'il survole l'espace aérien irakien au niveau de Bagdad, par trois militants Palestiniens. Akamatsu, parlant couramment l'anglais, joue alors un rôle d'interprète, notamment entre les 247 passagers, essentiellement japonais, les membres d'équipage voire les terroristes, expliquant la situation « avec calme » et « évitant de brusquer les criminels, communiquant avec eux avec le sourire », selon le témoignage d'un des touristes présents dans l'avion, le professeur Hirokazu Shiraishi de l'Université pour femmes Shōwa. Les passagers, dont Akamatsu, ainsi que 8 membres féminins de l'équipage sont relâchés à l'aéroport international de Luqa à Malte, où l'avion s'est posé après un atterrissage dangereux (l'aéroport n'étant pas équipé alors pour les gros porteurs) pour obtenir du carburant, grâce aux négociations menées par le Premier ministre maltais Dom Mintoff. Les 11 otages restant (dont le premier vice-président chargé des opérations de KLM qui s'est offert en compensation de la libération des passagers) vont finalement être libérés à Dubaî par les pirates de l'air en échange de l'assurance de ne pas être arrêtés et d'être reconduits à la frontière Récit du détournement du Boeing 747 "Mississippi" de KLM en 1973, Büttni-Malta « When Malta saved 247 passengers on hijacked plane », Times of Malta, 26/11/2009.

Carrière politique Les premiers pas à l'échelon préfectoral

Hirotaka Akamatsu se lance finalement en politique en se faisant élire à l'Assemblée préfectorale d'Aichi pour l'arrondissement de Nakagawa à Nagoya (à l'ouest de la ville) Asahi nenkan, vol. 2, éd. Asahi Shinbunsha, 1990 lors des élections locales unifiées du , à 30 ans. Il y siège au sein du groupe socialiste et est réélu le et le .

Il gravit les échelons au sein de la fédération préfectorale du PSJ, et en devient le vice-président en octobre 1989 Portrait de Hirotaka Akamatsu, Jiji, secondant ainsi Minoru Kawashima.

Une ascension rapide au PSJ

L'élection à la Diète Pour les élections législatives du , il est présenté par le PSJ dans l'ancienne circonscription de son père, le d'Aichi. Depuis la défaite d'Isamu Akamatsu en 1976, le candidat socialiste qui a succédé à ce dernier, Kaneo Yokoe, n'a réussi à remporter qu'une seule fois un siège en quatre tentative (élu en 1983, il est battu en 1979, 1980 et 1986) Résultats des élections législatives dans le d'Aichi, politics.free-active.com. Qui plus est, il s'est compromis dans un scandale financier éclaté en 1988 : bien que non poursuivi, il aurait reçu pendant son cours passage à la Diète près d'un million de yens d'une compagnie accusée plus tard d'évasion fiscale « Daily summary of Japanese press », American Embassy in Japan, 1989. Yokoe ayant mis fin à sa carrière politique à la suite de cela, Hirotaka Akamatsu prend le relais.

Lors du scrutin, le PSJ bénéficie tant des scandales qui touchent le PLD (surtout le scandale Recruit qui a forcé le Premier ministre Noboru Takeshita à la démission en 1989) que de la popularité de sa présidente Takako Doi. Le parti obtient ainsi son meilleur résultat lors de législatives depuis 1967, avec 24,39 % des suffrages exprimés et 136 de ses 149 candidats élus, soit une progression de 7,16 points par rapport aux élections précédentes de 1986. Dans ce contexte, Hirotaka Akamatsu est lui-même élu en arrivant en tête des candidats de sa circonscription au vote unique non transférable (le premier socialiste à s'y être classé premier depuis son père en 1972), avec voix et 26,26 % des suffrages exprimés Résultats des élections législatives japonaises de 1990 dans l'ancien d'Aichi, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Un membre de l'aile droite du PSJ Bien que son père ait fait partie en son temps de l'aile gauche du parti, Hirotaka Akamatsu intègre en son sein le ou . Cette faction fut créée en 1981 par Tsuruo Yamaguchi (secrétaire général du PSJ de 1986 à 1991) afin d'en rassembler la nouvelle aile droite, favorable à une évolution vers la social-démocratie (et donc à l'abandon définitif des thèses marxistes) et à une alliance anti-communiste et anti-PLD avec les petites formations du centre (le Kōmeitō et le Parti démocrate socialiste). Hirotaka Akamatsu devient lui-même l'un des principaux porte-paroles en faveur de la transformation du parti vers ce qu'il appelle « une version japonaise du socialisme démocrate occidental » et d'une modération, voire de l'abandon, de certaines des positions principales du parti. Ainsi souhaite-t-il mettre fin à l'opposition du PSJ à l'existence des Forces japonaises d'autodéfense (FAD, tout en ne remettant pas en cause l'aspect pacifique de la constitution, il s'agit pour lui surtout de reconnaître un état de fait), au traité de sécurité nippo-américain de 1960 (tout en continuant à vouloir l'aménager, notamment afin de réduire la présence militaire des États-Unis sur le sol japonais) ainsi qu'aux accords avec la Corée du Sud qu'il avait lui-même dénoncés dans sa jeunesse mais qui ont désormais perdu tout aspect controversé avec la démocratisation progressive du régime de Séoul depuis 1987, ou encore lui faire accepter le recours à l'énergie nucléaire A. S. BANKS, Political Handbook of the World 1993, éd. CSA Publications, 1993, p. 424.

Or ces positions commencent à se développer au sein du parti, surtout depuis l'effondrement du bloc soviétique à partir de 1989. Lorsque l'un des membres du Seikōken, Makoto Tanabe, devient président du Parti socialiste le , il place Hirotaka Akamatsu à la tête de la division du Travail de sa nouvelle direction. Cette ascension atteint son point culminant le lorsque le nouveau président, Sadao Yamahana le choisit comme secrétaire général du Bureau exécutif et donc le numéro 2 effectif du PSJ. Cette nomination est critiquée tant par l'aile gauche en raison des positions politiques d'Akamatsu, mais aussi par plusieurs figures du parti du fait de son jeune âge (à 44 ans, il est le plus jeune secrétaire général de l'histoire du parti) et de son arrivée récente sur la scène politique nationale (il n'est alors membre de la Diète que depuis trois ans). Or, ce poste est généralement confié à des hommes politiques d'expérience chargés de négocier en coulisse des accords électoraux ou politiques avec leurs homologues des autres partis, de la majorité ou de l'opposition The Weekly Japan digest, Vol. 4, n°1-16, 1993, p. 19.

Un artisan de la coalition anti-PLD

À ce poste, il organise les pressions sur le PLD et le gouvernement de Kiichi Miyazawa de dissoudre la Chambre des représentants après un nouveau scandale politico-financier touchant le vice-président du parti majoritaire, Shin Kanemaru Reuter, « Miyazawa pressured to call early elections », New Straits Times, 16/03/1993, p. 23, ou encore à la suite de la mort en mai, dans une embuscade, d'un officier de police et d'un volontaire civil japonais engagés auprès de l'APRONUC au Cambodge L. M. SIMONS, « Deaths in Cambodia tests Japan's desire for international role », The Dallas Morning News, 13/05/1993. Le vote le d'une motion de censure déposée par le PSJ pour protester contre le projet de réforme électorale proposée par le Cabinet Miyazawa (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle) par 255 voix contre 220 à la Chambre des représentants, rendu possible par le ralliement de plusieurs groupes dissidents de la majorité, entraîne la chute de cette dernière et la convocation d'élections législatives anticipées pour le suivant 嘘つき解散, article japonais sur la motion de censure de juin et l'organisation des législatives anticipées de juillet 1993.