André Boniface, né le à Montfort-en-Chalosse et mort le à Bayonne, est un joueur international français de rugby à XV qui évolue au poste de centre et d'ailier du milieu des années 1950 jusqu'à la fin des années 1960.
Il compte quarante-huit sélections en équipe de France entre 1954 et 1966. Il marque , dont 11 essais. Fidèle au club du Stade montois, après avoir débuté avec l'US Dax, il est un des acteurs de la victoire française lors de quatre Tournois des Cinq Nations (1954, 1955, 1959 et 1962). Il participe à la tournée en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1961. Il est champion de France de rugby à XV en 1963 et finaliste en 1953 et en 1959.
Il évolue en club et en équipe de France aux côtés de son frère Guy Boniface, également trois-quarts centre et de l'ailier Christian Darrouy.
Biographie Jeunesse André Boniface naît le à Montfort-en-Chalosse. dans les Landes. Son grand-père paternel, Albert Boniface, vit à Mugron ; son père, Jean (1910-1994), qui a passé son enfance et sa jeunesse à Mugron, s'installe, après son mariage en 1933 avec Madeleine Froment (1911-1994), à Montfort-en-Chalosse où il exerce le métier de sellier-bourrelier..
Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père est prisonnier de guerre. Montfort-en-Chalosse étant en zone occupée, il survie avec sa mère et son jeune frère Guy, grâce au travail de sa grand-mère maternelle, seule couturière du village. Avec ses camarades de classe, André Boniface joue au rugby lors des récréations à l'école de Montfort-en-Chalosse : . Leur ballon est alors constitué d'un béret rempli de papier et cousu par son père.
Lors de la saison 1947-1948, André Boniface intègre le club de Montfort-en-Chalosse, l'Association sportive montfortoise. Il joue son premier match officiel en catégories minimes auprès de son frère, à Tartas ; jouant pieds nu n'ayant pas de chaussures de sport, les Tangos s'imposent sur le score de avec trois essais d'André. Lors du match suivant, il affronte l'Union sportive dacquoise de Pierre Albaladejo en lever de rideau de la rencontre entre l'US Dax et le CA Bègles, contribuant à la victoire des siens avec deux essais inscrits.
Enfant de chœur avec son frère à Montfort-en-Chalosse et faisant partie avec son frère des Cœurs vaillants, il fréquente dès 1950 Anny Deyris, la fille d'un négociant en grains, président de l'AS Montfort, qui deviendra sa femme le ..
vignette|droite|alt=Photographie en noir et blanc imprimé en sépia sur carte postale. De jeunes gens jouent sur un terrain de rugby avec un bâtiment qui domine le terrain, derrière les poteaux de rugby.|André Boniface étudie dans sa jeunesse à l'École supérieure de Dax (ci-contre en arrière-plan derrière le terrain de rugby du champ de Cuyès). Il devient interne à l'École supérieure de Dax, qui se situe à une vingtaine kilomètres de distance de Montfort-en-Chalosse. Pratiquant l'athlétisme à l'Union sportive dacquoise (vitesse, longueur, poids), il joue également au rugby à XV avec l'équipe scolaire des Genêts, tout d'abord avec les cadets au poste de centre avec lesquels il est sacré champion d'académie en 1950. L'année suivante, il est à nouveau champion d'académie, cette fois-ci en catégorie junior.
Première sélection en équipe de France junior et débuts en équipe première en club Vers 1951, il est sélectionné avec l'équipe de Côte basque qui remporte la Coupe des comités. Il est par la suite appelé à disputer un match de sélection à Romans-sur-Isère durant lequel il inscrit un total de . Il est ainsi sélectionné avec l'équipe de France junior, affrontant le pays de Galles à l'Arms Park de Cardiff ; tout juste âgé de , il est l'un des plus jeunes joueurs de l'équipe. Reprenant le ballon sur une passe d'Amédée Domenech, Boniface marque un essai qu'il transforme, sur une course de près de conclu sous les poteaux d'en-but et permettant une victoire . En club, il évolue déjà avec l'équipe senior de l'AS Montfort. Cette saison, il permet aux Tangos d'accéder à la troisième division nationale, notamment grâce à un essai de inscrit à Parentis-en-Born.
Après cette saison réussie sous le maillot orange et noir, les dirigeants du club l'incitent à rejoindre l'Union sportive dacquoise afin d'évoluer à haut niveau, en première division du championnat de France.
Le trois-quarts centre de l'Aviron bayonnais Jean Dauger renforce l'équipe de Dax pour un match contre une équipe britannique en tournée, le comté de Clamorgan ; il montre à André Boniface l'importance du rôle de passeur...
. Le président du Stade montois, Camille Pédarré, a un garage à Mont-de-Marsan, c'est pour cette raison que le père d'André donne son accord.. (à cette époque d'amateurisme pur et dur, les transferts sont sévèrement règlementés et la Fédération punit d’une année blanche tout joueur changeant de club, sauf avis contraire du club d'origine).
André Boniface est devenu pensionnaire au lycée de Mont-de-Marsan, puis il fait son service militaire en compagnie de Pierre Albaladejo (Dax) et de Guy Calvo (FC Lourdes), à la base aérienne de Bordeaux avant de le terminer à celle de Mont-de-Marsan..
Débuts avec le Stade montois, en équipe de France et premières victoires dans le Tournoi vignette|gauche|alt=Un joueur de rugby à la course avec le ballon, d'autres courent derrière ou dans sa direction.|La finale de la Coupe d'Europe FIRA 1954 entre la France et l'Italie est le international officiel d'André Boniface. vignette|droite|alt=Trois hommes en costume cravate discutent près d'un stade de rugby à XV.|À Lourdes en 2008, Michel Crauste, François Moncla et Pierre Albaladejo, trois coéquipiers d'André Boniface en équipe de France. André Boniface reçoit sa première cape internationale à l'âge de 19 ans et demi le contre l'équipe d'Irlande lors du Tournoi des Cinq Nations 1954. Il est à l'aile à côté des trois-quarts centres Maurice Prat et Roger Martine. Il est impliqué sur les deux essais français ; sur le premier, André Boniface a un ballon d'attaque, il fait un recentrage au pied qui profite à Maurice Prat sur une erreur de la défense, le Lourdais marque. La balle est transmise à l'aile droite à Boniface, qui donne à Maurice Prat sur la ligne des 22 mètres irlandaise ; par des crochets, il échappe à toute la défense et marque un deuxième essai.
Entre deux matchs du Tournoi, la France reçoit la Nouvelle-Zélande et s'impose 3-0. André Boniface relativise : .
La presse porte les joueurs aux nues ; les Gallois, remontés, entament déterminés la partie et battent les coéquipiers d'André Boniface. La composition de l'équipe de France est modifiée après la défaite contre le pays de Galles. Après le succès de prestige (3-0) contre la Nouvelle-Zélande, l'échec au pays de Galles est une déception ; quatre joueurs sont changés : l'arrière Pierre Albaladejo fait ses débuts internationaux. Si la France peut gagner le Tournoi, l'Angleterre a gagné la Triple Couronne et peut gagner le Tournoi, avec quatre victoires sur quatre matches (Grand Chelem). Douze des quinze joueurs sont issus du Bassin de l'Adour (Dax, Mont-de-Marsan, Lourdes, Bayonne, Biarritz, Le Boucau). Dans la première mi-temps, André Boniface récupère au rebond le ballon dégagé d'un coup de pied et trompe la vigilance de la défense anglaise pour marquer un essai en coin. La France gagne le match et le Tournoi. La France est enfin parvenue à gagner le Tournoi, à égalité avec l'Angleterre et le pays de Galles (trois victoires, une défaite). C'est la première équipe française à remporter le Tournoi.
Les sélectionneurs le retiennent quelques jours plus tard dans le cadre de la Coupe d'Europe FIRA 1954, compétition organisée par la Fédération internationale de rugby amateur, pour un match contre l'Italie à Rome.. André Boniface est retenu pour une tournée en Argentine l'été 1954 ; la France l'emporte deux fois et le jeune Landais marque deux essais lors du deuxième test match.
Retenu cette fois pour l'entame du Tournoi des Cinq Nations 1955 contre l'Écosse, André Boniface marque un essai lors de la large victoire , avec quatre essais inscrits. Il joue le deuxième match victorieux, un déplacement en Irlande gagné . André Boniface est d'abord retenu pour jouer contre l'Angleterre avant de se blesser et de déclarer forfait. La France remporte un nouveau Tournoi avec trois victoires et une défaite, s'inclinant contre le pays de Galles pour le dernier match du Grand Chelem.
André Boniface est retenu au poste de trois-quarts centre dans un groupe élargi de joueurs pour un match de pré-sélection nationale au stade de la Croix du Prince, à Pau en .. L'Écosse domine et gagne le premier match du Tournoi des Cinq Nations 1956. La France et André Boniface jouent mieux contre l'Irlande pour une victoire . Maurice Prat donne à Guy Stener dans le trou, celui-ci sert Boniface, qui trompe deux défenseurs par deux crochets successifs aplatit. Le centre landais et ses partenaires concèdent une courte défaite au pays de Galles. André Boniface se blesse et manque le dernier match du Tournoi. André Boniface est retenu au poste d'ailier contre la Tchécoslovaquie, il marque un essai dans un match disputé après une partie de pré-sélection nationale en .. Parmi les joueurs testés, figurent le jeune ailier montois Christian Darrouy, coéquipier d'André Boniface.
Pour le premier match du Tournoi des Cinq Nations 1957, l'Écosse domine la mêlée française et prive de ballons les trois-quarts ; la France perd à Colombes.. Lucien Rogé prévu comme trois-quarts centre pour affronter l'équipe d'Irlande dans le cadre de la deuxième journée du Tournoi., déclare forfait ; André Boniface est décalé de l'aile au centre et son coéquipier en club, Christian Darrouy, prend sa place d'ailier.. Les Irlandais s'imposent .. Jack Kyle et ses coéquipiers dominent le match. André Boniface joue le dernier match perdu du Tournoi contre le pays de Galles.. La France a perdu tous ses matchs, elle est dernière avec la cuillère de bois.
Alors que Christian Darrouy compte déjà cinq sélections en équipe nationale dont deux à l'aile aux côtés d'André Boniface, il remporte la Coupe Frantz-Reichel 1956-1957 avec Guy Boniface et les jeunes du Stade montois..
Lors de la saison 1957-1958, André Boniface est rejoint par son frère Guy au centre du Stade montois. , se souvient André Boniface.
Lors de la deuxième journée du Tournoi des Cinq Nations 1958, la France s'incline au stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes contre l'Angleterre; après avoir subi trois essais dont un transformé et un but de pénalité, soit le score le plus sévère concédé par les Français à Colombes depuis trente ans, et une sixième défaite consécutive dans le Tournoi, les sélectionneurs de l'équipe de France remplacent toute la ligne d'attaque par celle de Lourdes : Antoine Labazuy, Pierre Tarricq, Maurice Prat, Roger Martine, Henri Rancoule. Cette décision est le début d'une mise à l'écart du Landais de l'équipe de France jusqu'en 1961, à l'exception d'une rencontre en 1959.
Lors de la saison de championnat de France de rugby à XV 1958-1959, le au Parc Lescure de Bordeaux, sous la direction d'Albert Ferrasse en tant qu'arbitre, les coéquipiers d'André Boniface affrontent le Racing club de France en finale, ils s'inclinent .. Les Landais comptent pourtant neuf internationaux en titre ou à venir : une équipe complète, avec des avants solides (Pierre Cazals, Pierre Pascalin, Jean-Baptiste Amestoy, Paul Tignol, Jean-Roger Bourdeu), un demi de mêlée confirmé (Pierre Lacroix), une ligne de trois-quarts avec trois internationaux (Christian Darrouy, André et Guy Boniface). Avant la mi-temps, les Franciliens prennent un avantage de avec un essai transformé et un but marqué en début de match. Si Guy Boniface marque un essai, la victoire est acquise aux Parisiens.
Guy et André Boniface en équipe de France