Les îles de la Madeleine forment un archipel situé au centre du golfe du Saint-Laurent, juste au sud du chenal Laurentien.

L'archipel est composé d'une douzaine d'îles, dont six sont reliées par des bancs de sable. Au début, il a été nommé Menquit en micmac, signifiant ou , morphant au milieu du vers le forme courant : Menagoesenog. D'ailleurs, l'explorateur Jacques Cartier les a nommées initialement , du latin arena (sable). Elles ont été colonisées de façon permanente à partir de 1765 et ses habitants (nommés Madelinots et Madeliniennes) sont répartis dans plusieurs hameaux, réunis au sein de la communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Cette communauté fait partie de la région administrative québécoise de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Géographie

vignette|gauche|300px|Localisation des Îles-de-la-Madeleine (entourées sur la carte). vignette|upright=1.3|Vue aérienne de l'archipel.

L'archipel est situé environ au centre du golfe du Saint-Laurent, trônant sur les hauts-fonds entre la péninsule gaspésienne et l'île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse), à au nord de l'Île-du-Prince-Édouard et à à l'ouest-sud-ouest de Terre-Neuve.

Le territoire, anciennement très boisé, est maintenant l'objet de reboisement continu et est recouvert de forêts à près de 25 %. Il est aussi très dunaire, offrant près de de plages. Au sud de l'archipel se trouvent deux îles très différentes l'une de l'autre : l'île du Havre Aubert est la plus grande, la plus boisée et est habitée par des francophones. La seconde, l'île d'Entrée, habitée par des anglophones, est une petite île non reliée par les dunes, dominée par la plus haute colline (Big Hill) de l'archipel et dotée de quelques arbres seulement, réunis en un petit boisé.

Les îles de l'archipel sont principalement reliées par quatre longues dunes et deux ponts : L'île du Havre Aubert, L'île de la Grande Entrée, L'île du Havre aux Maisons, L'île du Cap aux Meules, L'île aux Loups (où se trouve la localité de Pointe-aux-Loups), La Grosse Île, La pointe de l'Est, dite aussi l'île de l'Est.

Le nombre exact d'îles varie selon le décompte : traditionnellement, l'île de l'Est était comptée comme faisant partie de l'île de la Grande Entrée, les Madelinots détaillant reliées entre elles ; la liste ci-dessus en compte sept, tandis que n'en compte que cinq, regroupant la Grosse Île avec l'île de l'Est et la Grande Entrée en une seule îlehttps://archive.wikiwix.com/cache/20110731171345/http://www.naturequebec.qc.ca/zico/index2.htm?file_name=sites_zico.xml&site=QC009&icon=mm_20_red.png&zoom=11..

L'archipel comprend aussi, détachés du groupe principal : L'île d'Entrée, L'île Brion, Les rochers aux Oiseaux, L'île du Corps-Mort

La MRC des Îles de la Madeleine est constituée de deux municipalités et de huit villages avec une population totale de .

Les habitants vivent à l'heure normale de l'Atlantique (HNA), comme ceux de l'extrême est de la basse Côte-Nord, c'est-à-dire une heure plus tard que dans le reste du Québec, qui vit à l'heure normale de l'Est (HNE).

En raison des fortes tempêtes et des hauts fonds, se sont produits dans les parages de l'archipel depuis 1741, ce qui donne aux Îles-de-la-Madeleine le triste titre du second cimetière marin d'Amérique du NordParafilms Qui fait quoi ? Documentaire 2 août 2013.. Le premier naufrage connu est celui du Essex, en 1741, au Corps-Mort. Le dernier naufrage répertorié (2020) est celui du Nadine, qui coula le , à quelques kilomètres des côtes ; un autre chalutier, le Bout de ligne, avait sombré trois jours auparavant en Gaspésie, à 35 km des côtesRadio Canada du 11 décembre 2020.

Géologie vignette|gauche|Belle-Anse, dans la partie nord de l'île du Cap aux Meules. vignette|gauche|Dune du Nord.

L'archipel des Îles-de-la-Madeleine est sur le site d'une mer datant de l'époque où les continents étaient réunis (pangée). La mer et elle s'est asséchée en laissant une épaisse couche de sel, sur laquelle s'est ensuite entassée une succession de sédiments de roches volcaniques. La compression des nouvelles couches les a rendues plus denses que le sel sousjacent qui les précédait et celui-ci a tendance à remonter sous forme de bulles, ou colonnes, qu'on appelle dômes salins ou diapirs. Plusieurs diapirs de sel entourent l'archipel et trois gros diapirs supportent trois des îles : l'île du Havre Aubert, l'île du Cap aux Meules et Grosse-Île, où la mine Seleine exploite le sel pour le déglaçage des routes. Ce phénomène de diapirs déformant les couches géologiques supérieures est appelé relèvement isostatique et est dû aux pressions lithostatiques de ces couches.

Une bonne partie du territoire est de formation dunaire, où l'ammophile joue un rôle important dans la fixation du sol. Les falaises nombreuses et colorées présentent aussi différentes structures. Par exemple, lorsqu'elles sont rouges et sculptées en grottes, ce sont des formations sableuses, dont l'effritement fournit les dunes en sable. On y voit aussi des siltites, des argiles, du grès, de l'albâtre, diverses roches volcaniques et du gypse, présent aussi sous forme de diapirs.

Une étude publiée en 2011 a permis de constater l’impressionnante richesse que renferme le patrimoine géomorphologique et géologique des Îles-de-la-MadeleineMassé M.-O., Morissette A., Hétu B., Tita G. et Vigneault B. (2011). Inventaire du patrimoine géomorphologique de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine et identification des stratégies de valorisation géotouristique. Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM), Îles-de-la-Madeleine (Québec), Rapport présenté à la Conférence régionale des élu(e)s Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, iv + 48 p. + annexes. https://www.researchgate.net/publication/271767690_Inventaire_du_patrimoine_geomorphologique_de_l'archipel_des_Iles-de-la-Madeleine_et_identification_des_strategies_de_valorisation_geotouristique. Cette étude a consisté à remonter l’échelle des temps géologiques dans le but de retracer l’évolution du paysage d’aujourd’hui au travers un réseau de sites historiques témoins, soit les géomorphosites. Les géomorphosites sont une représentation de la géodiversité d’un territoire, c'est-à-dire la diversité du monde abiotique.

Faune Mammifères vignette|Renard roux chassant à Fatima, près du quai de Cap-aux-Meules.

Plusieurs espèces de phoques côtoient les îles, comme le phoque gris ou le phoque commun ; le phoque du Groenland et le phoque à capuchon sont deux espèces qui viennent mettre bas en hiver sur les eaux du golfe du Saint-Laurent. La faune du golfe contient également quelques rorquals et dauphins.

L'archipel compte peu de mammifères terrestres, comparativement aux autres régions du Québec. Parmi les principales espèces indigènes, on retrouve le renard roux, la souris sylvestre, le rat surmulot et le campagnol des champs. Contrairement au reste du Québec au sud du , les îles ne compteraient aucune présence de loup, mais il y a des coyotes.

L'écureuil roux a été introduit sur l'archipel à la fin des années 1970 et s'y est très bien adapté. Une étude de densité de population a révélé une densité d'écureuils plus élevée qu'ailleurs au kilomètre carré, due en grande partie à la quasi-absence de prédateurs. Cette espèce se retrouve seulement sur les îles de Havre-Aubert, Cap-aux-Meules et Havre-aux-Maisons. Le lièvre d'Amérique était présent sur les îles dans le passé et la population a été détruite. En 1994, un projet de réintroduction du lièvre a eu lieu sur l'île du Havre Aubert. Aujourd'hui, on retrouve ce dernier sur cette île et sur l'île du Cap aux Meules, et la population se porte bien. Par le passé, un élevage de vison d'Amérique a eu cours sur l'île du Havre Aubert. Quelques individus se sont échappés de leur lieu de captivité et on retrouve maintenant une petite population dans les étangs bordant la lagune du Havre-aux-Basques. Également, on y trouve des poissons de tous genres.

Oiseaux vignette|gauche|Les Fous de Bassan sont l'une des espèces d'oiseau de mer qui nichent dans l'archipel.

Plus de ont été répertoriées aux îles de la Madeleine, mais c'est approximativement d'oiseaux qui fréquentent annuellement l'archipel. Ces oiseaux possèdent différents statuts : nicheurs, migrateurs, résidents, espèces hivernantes et visiteurs. Les oiseaux marins, de rivage et la sauvagine représentent la majorité des espèces qui compose l'avifaune des Îles de la Madeleine. On peut également observer des rapaces et des passereaux.

Plusieurs des oiseaux nicheurs vivent en colonie : le Fou de bassan, la mouette tridactyle, le grand Héron, le cormoran à aigrettes, le guillemot à miroir, le macareux moine, le petit pingouin Le pluvier siffleur, une espèce en voie de disparition mondialement, niche seulement sur les plages des Îles-de-la-Madeleine, en ce qui concerne le Québec. Entre le et le , il est recommandé d'éviter les aires de reproduction identifiées par des panneaux de signalisation. Deux autres espèces d'oiseaux fréquentant les îles de la Madeleine, la sterne de Dougall et le grèbe esclavon, sont également sur la liste des espèces menacées.

Parmi les migrateurs se retrouvent fréquemment les oiseaux de rivages : les bécasseaux, les pluviers, les chevaliers, les Tournepierre, le courlis corlieu et la barge hudsonienne.

Quant aux résidents, ils sont peu nombreux. On compte environ , de la corneille d'Amérique, très répandue, au rare harfang des neiges. Notons enfin que le nombre d'individus et d'espèces atteint son maximum à la fin de l'été et au début de l'automne, quand les oiseaux migrateurs font leur halte dans l'archipel.

Insectes Les Îles de la Madeleine abritent des Melanoplus madeleineae, une espèce endémique d'orthoptèreCriquet des Îles-de-la-Madeleine (Melanoplus madeleineae) évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2016. vignette|Les Îles subissent les courants du golfe du Saint-Laurent.

Flore

Les dunes couvrent 30 % de la superficie totale des Îles. Elles sont recouvertes d'Ammophile à ligule courte qui retiennent le sable. Autres plantes comme la sabline faux-péplus, la gesse maritime, le caquillier édentulé, la smilacine étoilée, la camarine noire et la hudsonie tomenteuse, sont aussi présentes.

Dans les marais et prés salés on trouve d'espèces comme le carex, le scirpe et la Spartina, le Jonc de la Baltique, la glauce maritime, la salicorne d'Europe et la Limonie de Nash.

Les tourbières sont formées principalement pour sphaigne. On trouve certaines plantes insectivores comme la sarracénie pourpre et le rossolis à feuilles rondes; aussi comme la calopogon tubéreux et la Linaigrette à large gaine. Dans les marais d'eau douce pousse le iris versicolore, le trèfle d'eau, le Rubanier à gros fruits, la Potentille des marais et la kalmia à feuilles étroites.

La forêt de sapin, Épinette noire et Épinette blanche peu développée peu contenir Mélèze laricin et Épinette rouge et abrite plantes comme le cornouiller du Canada, le streptope rose, le gadelier glanduleux, le ronce du mont Ida, le thé du Labrador, le cypripède acaule, la clintonie boréale, la maïanthème du Canada, la linnée boréale et le monotrope uniflore.

Dans les champs, les prairies et le bord de la route, on trouve : marguerite blanche, bouton d'or, trèfle rouge, trèfle blanc, trèfle alsike, trèfle pied-de-lièvre, vesce jargeau, mélilot jaune, verge d'or, immortelle blanche, épilobe à feuilles étroites et orge agréable entre autres.

Écologie Le milieu de l'archipel est constamment balayé par le vent et subit l'influence de différents courants du golfe. Ce qui y vit y demeure fragile et vulnérable devant l'érosion. Ce processus est accéléré par les changements climatiques et la diminution des glaces hivernales et de la banquise qu'ils provoquent. La destruction des glaces agit d'ailleurs directement sur la disponibilité des aires de reproduction pour les phoques. Eau