Le Coati olivâtre (Nasua olivacea), plus connu sous le nom de Coati de Montagne, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Ce coati (genre Nasua) a eu une histoire taxonomique compliquée : ses populations ont été décrite comme des sous-espèces, puis des espèces, avant de devenir des synonymes. Isolée des autres coatis dans son genre monospécifique Nasuella, il a été reclassé parmi les autres espèces coati qu’au cours des années 2020. Endémique des forêts de haute altitude et des páramos de la chaîne des Andes en Colombie et en Équateur, cet animal diurne et omnivore se caractérise par une taille modeste, un museau effilé adapté au fouissage et un mode de vie social marqué par la vie en clans de femelles. Considéré comme « quasi menacé » (NT) par l'UICN en raison de la fragmentation de son habitat et de la déforestation, il se distingue également par une remarquable tolérance aux modifications anthropiques locales de son environnement. Dénominations Nom scientifique valide : Nasua olivacea J. E. Gray, 1865 selon ; Nom normalisé anglais : Mountain Coati ; Nom vulgaire recommandé en français : Coati olivâtre ; Noms vulgaires typiques en français : Coati de montagneprocyonidés sur le site CIRADCoati des montagnes sur le site Planet' Mammiferes, consulté le 31 mars 2015 ; Autre noms vulgaire : Petit coati de montagne, Coati des montagnes ; Noms vernaculaires : coati.

Taxonomie vignette|gauche|Illustration de ce qui semble être Coati olivâtre par le graveur Ulisse Aldrovandi, 2e moitié de XVIe siècle Si les autorités taxonomiques reconnaissent que le coati olivâtre a bien été décrit officiellement en 1865, un document datant d’une vingtaine d’années auparavant, en 1843, mentionnait déjà l’espèce, mais de manière très succincte, en l'associant simplement au nom de catalogue the olive coati (Nasua olicacea) et en la localisant à Santa Fé de Bogota, en Colombie, sans toutefois en fournir formellement la description scientifique .

Il faut attendre la révision publiée par John Edward Gray en 1865 pour que l'espèce bénéficie d'une véritable formalisation taxonomique . Ce travail de 1865 apporte une description morphologique détaillée qui faisait défaut jusque-là, caractérisant précisément le pelage brun-olive grisonnant de l'animal, la couleur sombre de ses pattes et de ses orbites, ainsi que les anneaux noirs distinctifs de sa queue . De plus, cette publication pose les bases de la discussion sur sa différenciation par rapport à d'autres taxons sud-américains apparentés.

Entre-temps quelques spécimens furent décrits, comme la première sous-espèce Nasua olivacea meridensis par Oldfield Thomas en 1901. Ce taxon est basé sur un spécimen mâle collecté le 6 juin 1897 par Señor S. Briceño dans la région de Mérida, plus précisément dans les montagnes de Culata au Venezuela à 4 000 mètres d'altitude, elle se distingue de la forme nominale de Bogota par la présence d'une ligne sombre plus ou moins prononcée le long du dos, s'étendant à partir des épaules ou se raccordant à la ligne médiane faciale, là où les spécimens de type nominal présentent un pelage uniformément coloré sans aucune trace de raie dorsale .

En 1915, le zoologiste Ned Hollister franchit une nouvelle étape dans l'histoire taxonomique de l'animal en créant un genre distinct, Nasuella, pour isoler le coati olivâtre des autres coatis. Cette scission repose sur des critères ostéologiques et morphologiques, basée sur le meridensis de Thomas : Le nouveau genre se distingue par une taille globale plus réduite, une queue sensiblement plus courte, ainsi que par un crâne fragile pourvu d'un museau allongé, mais très fin en son centre. La dentition présente également une réduction marquée de la taille des dents, dotées de couronnes basses et d'un profil typiquement insectivore, des canines excessivement aplaties en forme de sabre et tournées vers l'extérieur, ainsi que des incisives inférieures très proéminentes.

Jusqu'en 2009, le coati olivâtre incluait généralement le taxon meridensis en tant que sous-espèce. Cependant, cette dernière espèce est globalement plus petite, possède en moyenne une queue un peu plus courte, des dents nettement plus petites, un pelage brun olive plus pâle, et porte habituellement une raie sombre au milieu du dos (par opposition au coati olivâtre, dont le pelage est plus roussâtre ou noirâtre, et généralement dépourvu de raie dorsale médiane sombres). Lorsque les deux espèces étaient combinées, elles étaient évaluées comme constituant des Données insuffisantes par l'UICN, mais suite à leur scission, le coati olivâtre est considéré comme Quasi menacé. Mais à la suite d'une analyse génétique menée en 2020, l’American Society of Mammalogists considère actuellement N. meridensis comme un synonyme de N. olivacea.

Phylogénie

Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notamment les espèces de Coatis, illustrées dans le cladogramme ci-dessous :

Sous-espèces +Liste des sous-espèces de Nasua olivacea selon : Sous-espèce nom et auteurDescriptionSynonymes Nasua olivacea olivacea(J. E. Gray, 1865) 150px|sans_cadre|centréForme nominale connue de Colombie. Elle présente un pelage uniforme sur le corps sans trace de raie dorsale, bien que l'espèce puisse parfois inclure des nuances plus roussâtres ou noirâtres.Nasua olivacea quitensis(Lönnberg, 1913) 150px|sans_cadre|centréSous-espèce un peu plus petite et plus sombre, avec des anneaux moins distincts sur la queue, connue de l'Équateur.Nasua olivacea quitensis Lönnberg, 1913Nasuella olivacea quitensis Wozencraft, 2005

Description Le coati olivâtre est un petit procyonidé, mesurant environ la moitié de la taille des coatis roux (Nasua nasua), avec une longueur de la tête au corps de 36 à 39 cm et une longueur de queue de 20 à 24 cm . D'autres sources indiquent que les coatis des montagnes peuvent atteindre une longueur totale de 36 à 80 cm, pour une moyenne de 50 cm . Sa tête est fine, prolongée par un museau long et flexible . Sa mâchoire abrite 40 petites dents dotées de couronnes basses et de crêtes acérées . Grâce à ses membres antérieurs puissants et à ses chevilles réversibles, il est capable de descendre des arbres la tête la première . De plus, sa longue queue lui sert de balancier pour s'équilibrer lorsqu'il grimpe dans les arbres .

Son pelage, épais et rêche, varie du brun-olive au roux . Les individus de Colombie et du Venezuela possèdent un sous-poil brun noirâtre, tandis que ceux d'Équateur ont un sous-poil blanchâtre . Sa queue est gris-jaunâtre avec des anneaux noirs et est souvent maintenue dressée lors des déplacements .

Écologie et comportement vignette|gauche|Un coati de montagne fouillant le sol à la recherche de nourriture. Répartition géographique et habitat Le coati olivâtre est endémique de la chaîne des Andes en Colombie et en Équateur . Spécialiste de haute altitude, il fréquente les forêts de nuages et le páramo, s'élevant généralement de 1 300 mètres à plus de 4 250 mètres d'altitude , ou plus généralement au-dessus de 2 000 mètres selon certaines sources. Ses milieux englobent les forêts tropicales humides et les zones montagneuses de la région néotropicale .

Une population isolée a également été mise au jour plus au sud dans la région d'Apurímac et de Cuzco au Pérou, soit à plus de 1 000 km au sud de sa limite de distribution habituelle . Bien qu'elle y ait été provisoirement rattachée, elle pourrait constituer un taxon distinct et non décrit .

Activité et comportement social Le coati olivâtre est un animal diurne et territorial . Les mâles adultes vivent et se nourrissent en solitaires, tandis que les femelles se déplacent en groupe ou en clans de cinq à douze individus. Au sein de ces structures, une hiérarchie de dominance s'établit où les liens sociaux se traduisent par des séances de toilettage mutuel et une défense collective face aux prédateurs . Des observations récentes indiquent par ailleurs des comportements de coopération qui dépassent le cercle familial strict, impliquant également des femelles sans lien de parenté direct ; cette solidarité optimise la survie des jeunes, accroît l'efficacité de la recherche alimentaire et renforce la vigilance contre les prédateurs .

Face aux menaces, les clans de femelles et de jeunes émettent un aboiement d'alarme lorsqu'un danger, tel qu'un jaguar, est détecté . Les femelles plus âgées tentent alors de repousser la menace tandis que le reste du groupe grimpe rapidement dans les arbres pour se mettre à l'abri .

Les mâles marquent leur territoire à l'aide de marques odorantes et s'en servent pour repousser leurs rivaux lors des périodes de reproduction . Le contact physique et le toilettage participent également à l'entretien de la cohésion du groupe .

Régime alimentaire et écologie Le coati olivâtre est un animal omnivore qui se nourrit principalement d'insectes et d'autres invertébrés terrestres . Grâce à son museau puissant, il fouille activement le sol à la recherche de coléoptères, d'orthoptères, de myriapodes, d'hyménoptères et de crabes terrestres . Sa diète comprend également des petits vertébrés tels que des amphibiens, des reptiles et des rongeurs, ainsi que des œufs, des fruits et des débris végétaux .

Il est considéré comme un spécialiste de la recherche de petits animaux vivant dans le sol et le sous-sol . Cette activité de fouissage est particulièrement intense : des chercheurs ont ainsi dénombré plus de 5 000 trous de fouille laissés par un groupe sur une surface de seulement 35 mètres carrés . Les méthodes d'alimentation varient par ailleurs selon le sexe et le mode de vie : les mâles, qui fourragent en solitaires, capturent davantage de lézards et de rongeurs que les femelles et les jeunes qui se déplacent en clans .

Bien qu'il fréquente les forêts de haute altitude, l'espèce ne requiert pas nécessairement des habitats vierges et se montre relativement tolérante envers les milieux anthropisés . Elle est ainsi observée dans des écosystèmes naturels et modifiés de Colombie, avec des fréquences de détection particulièrement élevées près des peuplements de bambous du genre Chusquea en altitude, tout en restant assez commune dans les fragments forestiers situés à proximité de grandes villes comme Bogota et Medellín .

Sur un plan écologique, en se nourrissant d'insectes et d'autres invertébrés, le coati des montagnes contribue probablement à la régulation de la microfaune. Sa consommation occasionnelle de fruits favorise la dispersion des graines, tandis que son activité de fouissage participe à l'aération du sol . Reproduction et cycle de vie Bien qu'aucun renseignement direct ne soit disponible spécifiquement pour le coati olivâtre, ces données sont généralisées à partir des connaissances issue des autres espèces de coati. Les mâles sont vraisemblablement polygames. Durant la saison de reproduction annuelle qui se déroule de février à mars, les mâles adultes solitaires intègrent temporairement un clan de femelles, s'accouplant avec plusieurs d'entre elles tout en défendant le groupe contre les rivaux par le marquage olfactif et l'agression physique . Après la saison des amours, les mâles sont à nouveau chassés du groupe par les femelles .

Après une période de gestation de 74 à 77 jours, la femelle s'isole du clan peu de temps avant la mise bas . Elle donne naissance à une portée de trois à six jeunes nu et aveugles dans un nid construit dans les arbres . À la naissance, les nouveau-nés sont très peu développés : leurs oreilles s'ouvrent au bout du quatrième jour et leurs yeux au bout du onzième. Vers l'âge de trois à quatre semaines, ils commencent à explorer les environs, mais la mère veille à les maintenir confinés jusqu'au retour de la famille au sein du clan vers la cinquième semaine .