La place du Palais-Bourbon est une place du de Paris.

Situation et accès Cette place borde le palais Bourbon par le sud, dans le prolongement de sa cour.

En forme de fer à cheval, elle est située à l'intersection de la rue de l'Université, de la rue Aristide-Briand et de la rue de Bourgogne.

Elle est desservie à quelque distance par les lignes 8 et 13 à la station Invalides, par la ligne 12 à la station Assemblée nationale et par la ligne C du RER à la gare des Invalides.

Origine du nom Cette place doit son nom au palais Bourbon, actuellement le siège de l'Assemblée nationale, devant laquelle elle est située.

Historique Par lettres patentes données à Fontainebleau en , Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, fut autorisé« La place du Palais Bourbon », assemblee-nationale.fr, consulté le 22 mai 2024. : à changer la direction d'une partie de la rue de Bourgogne ; à former une place demi-circulaire au-devant de l'entrée de son palais.

Ces lettres patentes sont registrées au bureau de la Ville de Paris le , et au Parlement de Paris le suivant.

La place est dessinée par l’architecte Antoine-Charles Aubert« Place du Palais-Bourbon », Sites et monuments, , sur Gallica..

En 1778, la place reçoit un commencement d'exécution ; cependant, quelques années après, on juge convenable de substituer à la forme demi-circulaire une place rectiligne formant évasement du côté du palais. Cet endroit, qui porte alors le nom de « place du Palais-de-Bourbon », prend finalement une forme trapézoïdale.

Les constructions riveraines sont établies d'après cette nouvelle disposition, qui a été maintenue par une décision ministérielle du 2 thermidor an V (), signée Bénézech, et par une ordonnance royale du .

Pendant la Révolution, elle a le nom de « place de la Maison-de-la-Révolution ». Le Conseil des Cinq-Cents décide qu'elle prendra le nom de « place du Conseil-des-Cinq-Cents » (1798). Sous l'Empire, on l'appelle « place du Palais-du-Corps-Législatif », puis un arrêté préfectoral du lui redonne sa dénomination de « place du Palais-de-Bourbon », puis de « place du Palais-Bourbon » (1814)Marie-Paul-Prosper Beck, Nomenclature des voies publiques et privées dressée sous la direction de M. Bouvard, Chaix, 1898..

En 1804, tous les bâtiments de la place sont construits.

En 1826, l’administration municipale a le projet d’ériger sur la place une statue du roi Louis XVIII, projet abandonné en 1830L. Michaux, « Place du Palais-Bourbon », Histoire et description des places, squares et avenues de Paris, 1880, sur Gallica.. Seul le socle est finalement construit.

vignette|redresse|gauche|La place lors de la grande crue de la Seine en 1910. En 1848, le gouvernement provisoire de la Deuxième République lance un concours pour une statue allégorique de la République, qui doit être installée sur la place. En 1849, le projet de Jean-Jacques Feuchère est retenu. Un modèle en plâtre est placé sur le socle vide, remplacé par sa version en marbre en 1855. Alors qu'un régime impérial a été instauré par Napoléon III, la statue prend toutefois finalement le nom de La Loi.

En 1883, il est question de déplacer la statue de la Loi, afin de la remplacer par une statue en pied de l’homme d’État Léon Gambetta« Informations », L’Union des Charentes, 3 mai 1883, sur Gallica.. Cela ne se fait pas.

Lors de la crue de la Seine de 1910, la place est recouverte par les eaux. On s’y déplace en barque ou sur des passerelles de bois mises en place pour l’occasion.

En 2000, la place est réaménagée : transformée en zone semi-piétonne, le stationnement automobile y est réduit. L'année suivante, la statue de la Loi est restaurée.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|redresse|Statue La Loi. vignette|redresse|Le café Le Bourbon. vignette|redresse|. Les de la place sont et les « Mise à jour du plan local d’urbanisme de la ville de Paris », Mairie de Paris, 12 octobre 2015.. On peut lire dans le bulletin d’une société historique et archéologique que « les maisons de l’angle de la rue de Bourgogne et de la place du Palais-Bourbon ont été édifiées » avec les pierres de l’ancienne forteresse de la Bastille« Les pierres de la Bastille », Bulletin de la Société scientifique et archéologique de la Corrèze, 1939, sur Gallica.. Le palais Bourbon.

En son centre s'élève La Loi, une statue en marbre de Jean-Jacques Feuchère, représentation allégorique de la loi. Le piédestal portait l'inscription latine : « LEGIS HANC EFFIGIEM FELICITER IMPERANTE NAPOLEONE III. IMPERI. DOMUSQ. IMPERATORIÆ MINISTER PONENDAM CURAVIT. ANNO. M. DCCC. LV. »Troisième section. Actes académiques du 1er janvier 1853 au 3l décembre 1856. In : Mémoires de l'Institut national de France, tome 20, 1861, p. 215., qui fut grattée sous la RépubliqueLe Figaro, « À travers Paris », 1906-09-14..

: café Le Bourbon, très prisé des députés. Jacques Chirac y réunit les signataires de l'« appel des 43 » ministres ou parlementaires gaullistes en faveur de la candidature de Valéry Giscard d'Estaing pour l'élection présidentielle de 1974, ce qui condamne les velléités de Jacques Chaban-Delmas.. Stanislas de Castellane vécut au Son acte de décès (n°780) dans les registres de décès du arrondissement de Paris pour l'année 1959..

: le dandy et homme politique Boni de Castellane (1867-1932) a habité à cette adresse, où il organisa un jour un déjeuner en l’honneur de l’actrice Sarah Bernhardt, dont il raconta plus tard, avec humour, les multiples péripéties« Boni de Castellane », Ric et Rac, 29 octobre 1932, sur Gallica.. En 1914, l’architecte et décorateur Emilio Terry (1890-1969) rachète l’appartement de Boni de Castellane et en fait son domicileBoni de Castellane, Mémoires, Perrin, 1986, .

: en 1905 se situe à cette adresse l’hôtel particulier du comte Bertier de Sauvigny« Le feu chez le comte Bertier de Sauvigny », L’Écho de Paris, 4 décembre 1905, sur RetroNews. ; en 1929, on y trouve le siège de la Fédération nationale des femmes« La gratuité de l’enseignement secondaire », L’Écho de Paris, 17 novembre 1929, sur RetroNews..En 1918, le couple formé par la journaliste Marie-Louise et le dramaturge Jacques Bousquet inaugure dans leur appartement parisien, à cette adresse, un salon qui réunit tous les jeudis plusieurs esprits créatifs tels que Pablo Picasso, Aldous Huxley et Carmel Snow.. Ces salons étaient toujours reconnus comme un « point de ralliement pour les personnes de qualité cosmopolite » en 1966..

: en 1919, on trouve à cette adresse le siège de l’Association pour la répression de la traite des blanchesCatalogue officiel, Exposition nationale (1919 ; Strasbourg), 1919, sur Gallica.. Siège du parti Les Républicains depuis 2024..

: selon Jean Bourguignon, Louis Joseph Marchand y a résidé jusqu'à sa mort en juin 1876Mémoires de Marchand, préface par Jean Bourguignon, Taillandier, page 53.. le président du Conseil Paul Reynaud a vécu ici de 1936 à 1966, comme le signale une plaque en façade.

: anciennement maison AubertJules-Félix Vacquier, « L’hôtel de Waresquiel », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie du , 1921, sur Gallica.. En 1905, on trouve au la Société française de paléologieBulletin des séances de l’Académie de Nîmes, 1905, sur Gallica..

: l’ancien président de la République Jacques Chirac (1932-2019) y a occupé des bureauxPierre Boué-Merrac, Jacques Chirac authentique, 1995., situés au rez-de-chaussée. L’homme politique Charles Pasqua (1927-2015) lui succède quelque temps plus tard, s’installant lui aussi dans « ce modeste rez-de-chaussée »Thierry Desjardins, Pasqua, 1994..

: hôtel de Waresquiel (anciennement hôtel d’Herbouville) ; construit en 1787 pour Claude-Louis de Saisseval, l’hôtel change plusieurs fois de propriétaire pendant la Révolution puis est racheté en 1811 par Charles-Joseph Fortuné, marquis d’Herbouville et, quelques décennies plus tard, par Maurice-Paul comte de Waresquiel, dont le chiffre, autrefois doré, orne les balcons du troisième étage. En 1868, l’empereur d’Autriche, François-Joseph , y est reçu dans un boudoir au deuxième étage (encore visible en 1920).En 1925, l’immeuble abrite le siège du journal hebdomadaire L'Opinion, publié sous la direction de Maurice Colrat« Le journal de la semaine », L’Homme libre, 15 juin 1925, sur RetroNews.. En 1937, on y trouve le siège du Comité français du Rassemblement universel pour la paix« Comité Français du Rassemblement Universel pour la Paix. Subvention », Rapports et délibérations / Conseil général du département de l’Aveyron, , sur Gallica.. Entre les deux guerres, la grand-mère de l’historien Emmanuel de Waresquiel y tient un salonEmmanuel de Waresquiel, Voyage autour de mon enfance, Tallandier, 2022, .. L'immeuble est l’objet de travaux de reconstruction en 1946-1951 par l’architecte Auguste Perret, le commanditaire étant le comte Arnold de Waresquiel« Immeuble pour M. de Waresquiel, place du Palais-Bourbon, Paris 7e : travaux de réparation : 1946-1951 », Fonds Perret, Auguste et Perret frères, 535 AP..À partir de 1975, l’immeuble devient le siège du Parti socialiste, dès lors surnommé au sein du parti le « 7 bis ». Le futur président de la République François Mitterrand y occupe, occasionnellement, un bureau au et dernier étageAndré Salomon, PS, la mise à nu, Robert Laffont, 1980.. En 1985, le PS revend l’immeuble pour de francs. Son nouveau propriétaire en fait de même quelque temps plus tard pour de francs. En 1990, l’immeuble est racheté par un marchand de biens pour plus de de francs. Ce dernier, estimant alors avoir été spolié, intente diverses actions en justice contre les anciens propriétaires de l’immeuble, dont le PSChristophe Dubois, « Le PS empêtré dans ses opérations immobilières », Le Parisien, 15 février 2002.. Le , sans rapport avec les faits précédents, six personnes sont arrêtées par la police devant le bâtiment alors qu’elles sont en train de charger dans deux voitures des sacs de faux dinars du Bahreïn pour un montant de d’euros« France : le trésor des Pieds Nickelés », Jeune Afrique, 2 décembre 2009.. En , plusieurs responsables nationaux du parti, à la recherche d'un QG de campagne pour Lionel Jospin, alors probable candidat à l'élection présidentielle de 2002, visitent les lieux mais l'affaire ne se conclut pas. Comme pour l'ensemble des bâtiments de la place, façades et toitures sont .

: Pierre-François Palloy se fait construire la maison à l'angle de la rue de Bourgogne et de la place.. : siège du parti politique Union des droites pour la République (UDR).

Personnalités ayant habité place du Palais-Bourbon Liste de personnalités ayant habité sur la place mais dont l’adresse précise n’est pas connue : La Fayette (1757-1834), officier et homme politiqueÉtudes, Compagnie de Jésus, 1915, sur Gallica.. Josée Laval (1911-1992), fille de Pierre Laval, figure du régime de Vichy, y emménage en 1937 dans un appartement où a vécu le prince MdivaniDocumentaire, Les carnets de Josée Laval, 2018, version longue TV, 25 minute.. Pierre Le-Tan (1950-2019), dessinateurPierre Groppo, « Pierre (très) précieux », Vanity Fair n°87, mars 2021, p. 32-33.. François Léotard (1942-2023), homme politique, y a occupé un « minuscule deux-pièces »Daniel Schneidermann, Tout va très bien, Monsieur le Ministre, Paris, 1987..

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie . Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, Société d’histoire et d’archéologie du , Le Faubourg Saint-Germain : Palais Bourbon, sa place, Institut néerlandais, 1987.

Articles connexes Liste des voies du de Paris Palais Bourbon

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris « Photo de la place le 29 janvier 1910 lors des inondations de Paris », sur Gallica. « Recueil iconographique : la place du Palais-Bourbon », Bibliothèque historique de la ville de Paris.

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