Le pika à collier (Ochotona collaris) est un petit mammifère (~ ; ~) de la famille des et de l'ordre des lagomorphes, regroupant aussi les lièvres et les lapins. Il vit principalement dans les rocheuses et les régions montagneuses de l'ouest du Canada et du centre et l'est de l'Alaska. Très proche de son cousin le pika américain (O.princeps), il est grandement menacé par les changements climatiques. Le pika à collier occupe la majeure partie de son été à remplir son garde-manger avec de nombreux végétaux pour pouvoir survivre tout l'hiver, puisque c'est une espèce qui n'hiberne pas. Il est ainsi sensible aux étés et aux hivers les plus chauds, la neige lui offrant notamment une protection contre les prédateurs. Certains individus ont parfois été vu en train de se nourrir d'autres animaux pour trouver une source viable de protéine et de matière grasse. La période d'accouplement se trouve entre mai et juin, avec une ou deux portées par an, les jeunes attendant l'année suivante pour à leur tour s'accoupler, préférant se préparer à l'hiver.
L’ordre des Lagomorphes 92 espèces de lagomorphes, dont 9 au Canada. Les lagomorphes regroupent deux familles, les Ochotonidae (c’est-à-dire les pikas, dont le pika à collier fait partie), et la famille des Léporidae, ou léporides (les lapins et les lièvres). Les lagomorphes sont natifs de tous les continents sauf l’Antarctique et l’Australie, et quelques iles telles que Madagascar, ou encore la Nouvelle-Zélande.
Les lagomorphes sont principalement des brouteurs, mais iront jusqu’à devenir charognards durant les périodes un peu rudes.
Anatomie : Identifié principalement par un trait anatomique particulier : leurs incisives, par paires. Ces incisives grandissent pendant toute la vie de l’animal, bien que les incisives antérieures, par exemple, grandissent plus vite que les incisives postérieures. La plupart des lagomorphes ont des yeux rouge brillants, visibles notamment lorsqu’on les prend en photo. Les testicules, comme ceux des marsupiaux, se trouvent devant le pénis et non derrière comme chez les tous les autres mammifères.
Les fossiles : les fossiles les plus anciens datent du Paléocène, c’est-à-dire environ 56 millions d’années, et ont été retrouvés en Chine. La branche de l’ordre qui a évolué vers nos lapins et lièvres modernes vient d’un animal vivant dans les steppes et les prairies asiatiques, victime de choix pour bon nombre de prédateurs. Ils ont évolué de telle façon que la détection de prédateurs et leur évasion devienne plus facile : de longues oreilles, de longues pattes et des grands yeux de chaque côté de la tête, de façon à voir à 360°. Les pikas, eux, ont évolué dans des régions plus montagneuses, pentues et rocheuses, ce qui a eu pour conséquent un corps plus compact, moins fait pour la course que pour se cacher, avec par conséquent des pattes et des oreilles moins développées. vignette|278x278px|Aire de répartition du Pika à collier Écologie : Aucun des lagomorphes n'hiberne, même si les pikas surmontent les rudes hivers en faisant leur réserve de nourriture durant l’été. À cause de leurs courtes pattes, les pikas ne peuvent vivre au-dessus de la neige, contrairement aux Léporides.
Les lapins, plus petits que les lièvres, préfèrent un environnement boisé, sont grégaires et nidicoles. Ils doivent prendre soin de leurs petits car ceux-ci sont fragiles. Les lièvres, eux, préfèrent les espaces plus ouverts, sont plus solitaires et donnent naissance à des petits (levraut) qui nécessitent moins d’attention de leur part. Bien qu’ils nécessitent toujours le lait maternel, ils sont tout de même capables de courir et de se cacher, ce qui n’est pas le cas des lapereaux. Les femelles des lièvres et des lapins sont plus larges que les mâles. La plupart des léporides sont nocturnes, excepté ceux vivant dans les régions hautes de l’Arctique.
La plupart du temps, les léporides ne creusent pas de souterrains, mais préfèrent rester dans de petits trous, dans la terre ou la neige où, alternativement, ils se reposent et ressortent afin de vérifier s’il n’y a aucun prédateur.
Reproduction : Les léporides sont capables de se reproduire à grande vitesse grâce à la courte période de gestation, une probabilité importante d’avoir de grandes portées, la capacité de produire plusieurs portées en une saison, et la capacité d’être mature sexuellement très rapidement. Lorsque les conditions climatiques sont bonnes et les prédateurs peu nombreux, leur nombre peut très vite augmenter et avoir un impact important sur leur environnement.
Tous les lagomorphes sont des ovulateurs avec réflexes, c’est-à-dire que la femelle ovule avec la stimulation apportée par la cour faite par le mâle et la copulation. Il est rare que tous les œufs soient fécondés et viables. La plupart du temps, et sous des conditions de stress telles qu’une surpopulation ou une famine, la résorption de certains embryons provoque la réduction de la taille de la portéePaulo C. Alves, Nuno Ferrand, Klaus Hackländer (eds.), 2008, Lagomorph biology : evolution, ecology, and conservation, Berlin : Springer.
Le pika, c’est quoi ?
Il existe environ 30 espèces de pikas, ce qui correspond à pas moins d’un tiers de tous les lagomorphes, alors que les lapins contiennent 29 espèces et les lièvres 32. Des preuves morphologiques et moléculaires prouvent que les pikas se sont séparés des léporides pendant l’Oligocène, il y a environ 37 Ma. Les ochotonidés sont originaires d’Asie mais ont migré vers l’Amérique du Nord à la fin de cette période. Les pikas modernes (ou Ochotona) sont apparus en premier en Asie, et ont migré en Amérique du Nord au milieu du Pliocène. Les deux seuls genres de pika, Prolagus et Ochotona, sont apparus en Europe au milieu du Pliocène. Après l’extinction du Prolagus, l’Ochotona est devenu le seul représentant de cette famille, se dispersant en 25 fossiles de genres différents.
Aujourd’hui les Pikas sont trouvés en Asie (28 espèces, dont l’Ili Pika) et en Amérique du Nord (2 espèces : le pika à collier et le pika américain).
De nos jours les pikas ne sont pas réellement considérés comme une espèce intéressante à étudier. Par exemple, seulement 3 des 175 présentations à « Second World Lagomorph Conférence » au Portugal avaient pour objet les pikas, alors qu’ils représentent à eux seuls un tiers des lagomorphes.
Les pikas sont des petits mammifères caractérisés par des oreilles rondes et une queue non visible. Leur poids s’élève entre . La plupart des pikas sont diurnes. Comme d’autres lagomorphes, ils n’hibernent pas. Les pikas sont généralement herbivores, bien qu’ils puissent de temps en temps varier leur alimentation. La plupart des espèces construisent des terriers faits de végétation durant l’été et vivent à l’intérieur de ceux-ci durant l’hiver. Un autre trait caractéristique est leur propension à vocaliser.
Les principales différences entre le pika et les léporides : 1/ petite taille (< contre > pour les léporides), 2/ les petites oreilles rondes (<) contre les grandes oreilles des léporides (>) ; 3/ les queues cachés contre les queues petites mais visibles ; les crânes sans processus supraorbital contre les crânes avec un processus supraorbital ; deux paires de prémolaires supérieurs contre 3 paires.
Les pikas occupent deux types d’habitats : les régions rocheuses et montagneuses et les prairies et steppes. Voici un tableau comparatif des différences entre les deux : CaractéristiqueRégions rocheusesPrairiesGrosseur des portéesPetite (1-6 / à 3)Grande (1-12)Portées par an1-23-5Maturité reproductiveL’année suivant la naissanceLes jeunes de l’annéeLongévitéDe 6 à 7 ans± 1 anDensité2-15/haPlus de 300/haVariation dans la densitéRelativement constanteTrès fluctuanteReproductionmonogamieMonogamie, polygynie, polyandrieTerritorialitéSeul ou par coupleFamilleSociabilitéAsocialTrès socialVariété de ComportementsLimitéComplexeVariété de vocalisationLimitéComplexe
Les pikas vivant dans les prairies et les steppes sont concentrés en Asie, et représentent la moitié de la population de pikas dans cette région. En Amérique du Nord, la grande majorité des pikas vivent dans les régions montagneuses.
Le pika à collier, ou pika du nord, Ochotona collaris Cette espèce est grandement menacée par les changements climatiques, et notamment par le réchauffement. Lorsqu’il tombe moins de neige pendant l’hiver, le pika à collier ne profite plus de l’isolation offerte par une neige dense et compacte, ce qui provoque sa mort à cause du froid.
Localisation Se trouvent dans les régions montagneuses du sud-est de l’Alaska, et pour le Canada, dans les régions montagneuses du Yukon, l’ouest des Territoires du Nord-Ouest et une petite portion du nord-ouest de la Colombie-Britannique ainsi que dans les monts Mackenzie. La plus grande partie de l’habitat du pica à collier se trouve dans les écorégions Taïga de la Cordillère, Cordillère boréale et Taïga des plaines, une petite partie se trouvant dans les écozones Taïga des plaines et Maritime du PacifiqueSmith, C.A.S., J.C. Meikle et C.F. Roots (éd.). 2004b. Ecoregions of the Yukon Territory: biophysical properties of Yukon landscapes, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Bulletin technique du CRAPAC 04-01, Summerland (Colombie-Britannique). La vallée de la rivière Liard constitue probablement une barrière écologique définissant la limite sud de l’aire de répartition du pica à collierTate, D., comm. Pers. 2011. Correspondance par courriel à S. Carriere, août 2011. Conservation Biologist, Parcs Canada, Réserve de parc national Nahanni, Ft. Simpson (Territoires du Nord-Ouest). L’aire de répartition du pika à collier s’élève à 60% au Canada, soit , réparti comme suit : 69% au Yukon, 25% dans les Territoires du Nord-Ouest et 6% dans le nord de la Colombie-BritanniqueCOSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pica à collier (Ochotona collaris) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 56 p. (www.registrelep-sararegistry.gc.ca/defau).
Anatomie À peu près de la taille d’un cochon d’Inde, sa fourrure est plus grise que son cousin le pika américain, avec des teintes noires grisonnantes ainsi que quelques touches blanches. En été, certains adultes auront, au niveau de la tête et des épaules, des nuances rousses. Le pelage du ventre est d’un blanc crémeux. Il tient son nom, pika à collier, d’un collier de pelage gris clair autour de son cou, de sa gorge jusqu’à ses oreilles. Ce collier est plus visible en été. Le pika à collier n’a qu’une mue par an, alors que son cousin américain en a 2.
Les pattes avant possèdent 5 griffes, mais le premier en partant de l’intérieur, le pollex (ou encore le pouce chez l’homme), ne laisse pas toujours son empreinte au sol. Les pattes arrière ont quant à elles 4 griffes. Ils laissent rarement des traces sur le sol, à part peut-être en hiver sur la neige.
Formule dentaire : I : 2/1, C : 0/0, P : 3/2, M :2/3, où I, C, P et M correspondent respectivement à incisives, canines, prémolaires et molaires. Cette formule permet de cartographier la dentition de tout être vivant et ne prend en compte que la moitié du haut et du bas. Il faut donc multiplier par 2 pour obtenir la dentition complète. Ainsi : 2+1+3+2+2+3 = 13x2 = 26 dents. Les pikas possèdent une molaire supérieure de moins que les léporides.
Taille Ces chiffres s’appliquent pour les populations Canadiennes à l’âge mature.
Mâle et femelle, à l’âge adulte, sont de même taille.
Taille totale :
Taille de la queue :
Taille des pattes :
Taille des oreilles :
Poids moyen des adultes : en Alaska, en Colombie Britannique et de dans le Yukon / petits : inconnus.
Structure sociale et cycle vital Comme dit précédemment, les pikas sont diurnes. Ils hivernent, mais n’hibernent pas, c’est-à-dire qu’ils restent actifs, même en hiver, et passent la plupart de leur temps sous la neige.