Benjamin Franklin Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API., né le à Boston et mort le à Philadelphie, est un imprimeur, éditeur, écrivain, naturaliste, humaniste, inventeur, abolitionniste, diplomate et homme politique américain.

Fils d'un marchand de suif et de chandelles, la vie de Benjamin Franklin est en grande partie caractérisée par la volonté d'aider la communauté. La fondation des premiers sapeurs-pompiers volontaires à Philadelphie, la première bibliothèque de prêt des États-Unis et l'invention du poêle à bois à combustion contrôlée illustrent son ambition d'améliorer la qualité de vie et l'accès à l'éducation de ses concitoyens. Avec l'invention du paratonnerre, il parvient à écarter le danger que représentait jusqu'alors la foudre.

À l'âge de 42 ans, il se retire du milieu des affaires pour entrer en politique. Il participe à la rédaction de la déclaration d'indépendance des États-Unis, dont il est l'un des signataires. Pendant la guerre d'indépendance, il négocie en France en tant que diplomate non seulement le traité d'alliance avec les Français, mais aussi le traité de Paris. Délégué de la convention de Philadelphie, il participe à l'élaboration de la Constitution des États-Unis.

Son ascension sociale restera longtemps un exemple de réussite par le travail et la discipline. Faisant partie des pères fondateurs des États-Unis, son portrait figure sur les billets de 100 dollars américains.

Biographie Naissance, enfance et adolescence à Boston thumb|right|La maison natale de Benjamin Franklin à Boston.

Benjamin Franklin est né le Selon le calendrier grégorien. Le 6 janvier, selon le calendrier julien encore en vigueur en Angleterre jusqu'en 1752, dans la Milk Street, à Boston. Dernier né d'une fratrie de dix-sept enfants (au sein d'une famille modeste, marquée par une atmosphère puritaine et conformiste, vivant de la fabrication de chandelles et de savons), il est le fils d'un immigré et colon anglais .

Sa famille avait prévu qu'il fasse des études pastorales et pour le préparer à Harvard, son père, avec l'appui de son oncle, l'envoya à la South Grammar SchoolAujourd'hui, Boston Latin school à l'âge de huit ans. Malgré ses très bons résultats, son père fut convaincu qu'il n'avait ni la vocation ni les qualités propres à la vie ecclésiastiqueBenjamin Franklin, une vie américaine de W. Isaacson, .

Il est alors envoyé jusqu'à l'âge de dix ans dans une école d'écriture et d'arithmétique, la George Brownell’s English School, où il acquiert une belle écriture mais ne brille pas en arithmétique.

Le père, reculant devant le coût d'une scolarisation peut-être inutile alors que ses grands fils ont tous appris un solide métier manuel, le rappelle à l'âge de dix ans pour travailler dans son magasin comme artisan en bougies et savons. Cette activité étant loin de satisfaire le jeune Franklin, son père lui accorde alors de découvrir de nombreux métiers : maçon, tonnelier, chaudronnier, qui lui permettent d'acquérir toutes sortes de compétences qui se révéleront utiles dans ses travaux scientifiques. Ses derniers jeux enfantins sont en outre restés légendaires : Benjamin et quelques compagnons d'aventure nagent dans les étangs et font du canoë sur la rivière non loin de chez lui. Ils construisent des chaussées pierreuses à travers les marais pour s'avancer en des points d'observation ou de havre sans se mouiller. Par grand vent au printemps ou en automne, ils font virevolter leurs cerfs-volants. Benjamin, précurseur d'un kitesurf rudimentaire, utilise même la propulsion d'un cerf-volant pour franchir plus vite et plus facilement qu'à la simple nage un plan d'eau..

Le jeune Benjamin Franklin reste surtout intéressé par les livres, à tel point que dans son Autobiographie, il raconte qu'il . Cela pousse son père Josiah, en 1718, à envoyer le jeune Benjamin travailler chez son autre fils James, récemment rentré de Londres et installé comme imprimeur à Boston. Mais James est un patron sévère et acariâtre, prêt à s'emporter en de furieuses colères. Néanmoins, Benjamin, lorsqu'il n'est pas terrorisé, commence réellement à écrire et à lire. Les rencontres avec les clients de l'imprimerie lui ouvrent discrètement les portes de nombreuses bibliothèques, à moins qu'il n'emprunte le soir à la dérobée les ouvrages à l'atelier de reliure..

En 1724, James entreprend l'édition d'un journal, le New England Courant sous le pseudonyme de Dame Silence Dogood. (litt. « Silence Faitdubien »). Le personnage du rédacteur inventé par Benjamin était une vieille veuve, « sainte-nitouche », habitant à la campagneBenjamin Franklin, Une vie américaine W.Isaacson P°42. Sous ce pseudonyme il écrit plusieurs articles, qu'il glisse sous la porte de l'atelier de son frère chaque nuit. Lequel ignore alors quel est l'auteur de ces articles.

Ses textes connaissent immédiatement un grand succès auprès du public. Lorsque James est emprisonné pour avoir critiqué les autorités, pour rappeler la liberté d'expression de la presse, Benjamin publie une citation d'un journal britannique :

Pendant la période d'emprisonnement de son frère, Benjamin Franklin publie seul le New England Courant avant que le titre ne soit interdit. Un subterfuge qui clôt précocement l'apprentissage de Benjamin permet à son frère James interdit de publication de continuer à publier le journal sous le seul nom de Benjamin Franklin en évitant la censure. Mais il ne traite pas mieux son cadet qui reste un apprenti insolent à ses yeux, et selon lui, mérite d'être battu.

La rédaction d'un nouveau contrat d'apprentissage, caché, est à l'origine d'une terrible dispute avec son frère James. Cela pousse Benjamin Franklin âgé de 17 ans à vouloir quitter l'entreprise de son frère pour une autre. Mais James répand sur lui de viles méchancetés, apprenti en rupture d'autorité, en avertissant les autres imprimeurs locaux. Josiah Franklin s'efforce de réconcilier ses deux fils. Mais James, désagréable, pousse Benjamin à quitter Boston pour New York. Il n'y trouve pas d'emploi d'ouvrier imprimeur anglophone. Le vieil imprimeur Bradford, désolé du désarroi de Benjamin, l'héberge gratuitement. Il indique que sa ville a toujours l'âme en grande partie néerlandaise. L'imprimeur cependant lui recommande d'aller à Philadelphie, car il savait que son fils Andrew Bradford également imprimeur y avait une activité plus grande.

Très jeune, Benjamin Franklin comprend que l’écriture est le meilleur moyen de répandre ses idées ; aussi perfectionne-t-il sa prose souple, non pour le principe mais pour se forger un outil. « Écris comme les savants, disait-il, et parle comme le vulgaire ». Il se conforme au conseil donné par la Royal Society en 1667, recommandant « une manière de parler naturelle, sans fioritures ».

Lorsqu’il quitte New York pour Philadelphie, en Pennsylvanie, terre des quakers pacifistes anti-esclavagistes, son bagage intellectuel était celui des couches sociales supérieures. Mais il avait les vertus puritaines du travail soigné, de l’auto-examen minutieux et du désir de s’améliorer. Toutes ses vertus se retrouvent dans son Autobiographie, qui se veut aussi un livre à l'usage de son fils. La section la plus connue de ce récit décrit son programme scientifique d’amélioration personnelle. Une liste de treize vertus : tempérance, silence, ordre, détermination, frugalité, industrie, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté et humilité, et qui s’accompagne pour chacune d’une maxime. Pour la tempérance par exemple : Ses écrits louant l'honnêteté, la prudence (envers la chance) et le travail ont été cités par Max Weber dans L'Éthique protestante et l'Esprit du capitalisme p 46 à p 58, p 67, p 143, p 182 et p 189.

En 1722, Benjamin Franklin s'affirme végétarien. Il écrit sur son carnet les consignes suivantes :

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L'imprimeur de Philadelphie thumb|upright|Poor Richard Almanack 1739.

Sans le moindre argent, il s'établit alors à Philadelphie, où il trouve une place d'apprenti-imprimeur chez Keimer, grâce à l'appui du fils Bradford.

Le hasard veut qu'il rencontre rapidement le gouverneur de la Pennsylvanie, , qui lui adresse force louanges sur la qualité de son travail et lui propose de fonder sa propre imprimerie à Philadelphie. Keith, le prenant sous son patronage, rédige une lettre de recommandation pour convaincre le père de Benjamin Franklin de l'aider financièrement. Le retour de Benjamin comme fils prodigue à Boston en 1724 est un échec complet. Le père refuse l'avance financière et Benjamin ne parvient pas à se réconcilier avec son demi-frère James. Le gouverneur lui promet alors des lettres de crédit pour lui permettre d'acheter le matériel d'imprimerie à Londres en AngleterreDans L'aventure coloniale, Daniel Boorstin (Les Américains, Collection Robert Laffont, 1991) décrit les difficultés matérielles spécifiques des imprimeurs dans les colonies britanniques, à commencer par le manque de caractères typographiques (dont la fabrication est strictement contrôlée par le pouvoir britannique), la médiocre qualité du papier et de l'encre d'imprimerie, de même que le manque de presse ( et suivantes)..

Benjamin Franklin part en Angleterre, mais le gouverneur ne lui fait jamais parvenir les lettres de crédits. Le gouverneur était réputé pour ses promesses, qu'il avait pour habitude de ne jamais tenir, ce que Franklin apprit trop tard. Grâce à l'appui et l'affection paternelle du vieux marchand quaker Denham, Franklin ne désespère pas. Toujours animé par l'idée de créer sa propre imprimerie, Benjamin Franklin travaille alors dix-huit mois à Londres comme imprimeur chez Samuel Palmer, où il accumule une petite épargne, surtout en donnant des cours de natation en fin de semaine. Terminant sa formation, il apprend surtout les dernières techniques en matière d'impression et s'initie à la science, notamment à la physique et la chimie, l'optique et la mécanique. Franklin se sent bien à Londres, mais le bon Denham qui repart vers l'Amérique lui rappelle de manière paternelle son premier objectif. Plusieurs rencontres lui permettent de revenir en Amérique en tant que commerçant avec un Anglais pour associé.

De retour à Philadelphie, la disparition brutale du bon marchand Denham, qui s'était associé à son projet, condamne autant son entreprise que son installation par manque de capital suffisant. Elle le force à reprendre une activité d'ouvrier imprimeur à l'imprimerie Keimer dans laquelle il avait déjà été apprenti. Une dispute à propos de son salaire le décide définitivement à fonder sa propre imprimerie. Auparavant, chez Keimer, un ouvrier issu d'une famille fortunée, Meredith, s'associe à parts égales avec lui pour fonder son entreprise. Il lui prête en premier lieu l'argent qui lui faisait défaut afin de faire venir le matériel d'impression d'Angleterre. En attendant, pendant une période de trois mois il travaille toujours pour son ancien patron et imprime des billets de banque pour la colonie du New Jersey.

Le métier d'imprimeur le met en contact avec les rudes réalités de l'entreprise. Modeste, contraint de rembourser ses emprunts, il n'est que le directeur et homme à tout faire alors que Meredith, insouciant, se contente de vivre de ses revenus.

En 1729, il fait l'acquisition de l'imprimerie et du journal d'un concurrent, la Pennsylvania Gazette. Cela lui permet de publier régulièrement des chroniques et des éditoriaux qui en font bientôt le quotidien le plus lu de l'Amérique coloniale.

Pour développer l'économie de Philadelphie il défend l'idée d'y imprimer aussi du papier monnaie de l'État de Pennsylvanie, et par la même occasion en obtient le marché. Ce contrat très lucratif lui permet de rembourser ses dettes. Il parvient même à racheter les parts de son partenaire imprimeur, Meredith. Par la même occasion, il ouvre une boutique vendant du papier, des parchemins et divers autres articles.

Le , il est élu imprimeur officiel du gouvernement de la Pennsylvanie.