Le foin est un fourrage constitué de végétaux fauchés, séchés et conservés pour l'alimentation des animaux herbivores dans les périodes, mauvaise saison ou période de sécheresse par exemple, dans lesquelles le pâturage n'est pas possible. Il s'agit le plus souvent d'herbe provenant de prairie. C'était autrefois une des conditions d'existence des systèmes de type polyculture-élevage et il était indispensable aux activités utilisant des chevaux (postes, transports, armées...)Pour illustrer l'ampleur du problème, vers 1900, la ville portuaire de New York qui comptait utilisait nécessitant environ de foin par jour|.
Dans les élevages intensifs, il est surtout considéré comme un élément d'ajustement permettant d'atteindre l'indice d'encombrement de la ration nécessaire pour assurer un bon transit digestif.
Dans les élevages orientés vers l'agriculture durable, il est à nouveau très apprécié du moins lorsque le climat y est favorable.
L'ensemble du processus d'élaboration du foin s'appelle la fenaison. La valeur nutritive du foin dépend principalement de sa composition floristique, du stade de récolte de l'herbe et de la qualité de la fenaison (conditions de séchage).
Le foin a aussi été utilisé pour la conservation de la viande ou du fromage.
Étymologie et significations dérivées Du latin fœnum ; picard fein ; provençal fen, fe (Littré) ; poitevin fein.
Foin peut désigner l'ensemble des fleurons tubulaires du capitule (fond) immature de l’artichaut ainsi que la saison des foins ().
Caractéristiques et composition Particularités du foin comme fourrage Un fourrage est constitué de végétaux utilisés pour l'alimentation des animaux, qu'ils soient exclusivement herbivores ou non.
Un fourrage peut comporter des feuilles et des tiges, mais également et à la différence du foin, des racines (betterave fourragère, chou navet, radis fourrager ...), des fruits, des coproduits divers (tourteaux ...).
Le foin est un fourrage constitué uniquement de plantes herbacées séchées et destiné à l'alimentation des animaux herbivores.
Pour être mis en balles à la fin de la fenaison, le foin doit avoir un taux maximal d'humidité compris entre 15 et 25% suivant la densité et la dimension des bottes. Il continue à sécher en balles qui ne doivent pas être entassées tout de suite. Cependant une botte moins serrée risque plus de s'abîmer en cas de fortes pluies. Quant aux petites bottes carrées il vaut mieux les mettre à l'abri le jour même surtout si la météo n'est pas sûre.
Pour être conservé sans risques (moisissures, échauffements voire incendie) le foin doit être engrangé à un taux d'humidité égal ou inférieur à 15 % (sauf séchage en grange).
Composition Voir Fourrage#Plantes de prairies pour une liste de plantes prairiales.
La composition floristique du foin est celle des prairies d'où il provient. Les occasionnelles pertes d'éléments en cours de fenaison (feuilles de légumineuses par exemple) peuvent entraîner une dégradation (fréquent pour la luzerne). Du fait de ces pertes, un foin est toujours légèrement plus riche en éléments ligneux que le fourrage vert correspondant.
Les foins peuvent donc être constitués d'une ou plusieurs espèces, principalement des graminées (Poaceae) ou des légumineuses (Fabaceae).
La composition souhaitable du foin peut éventuellement varier selon les usages et le type d'herbivores à qui ils sont destinés (chevaux ou ruminants, animaux de trait, laitiers, reproducteurs, à viande).
La plupart des éleveurs de chevaux préfèrent utiliser des foins de mélange.
Les éleveurs laitiers apprécient les légumineuses (luzerne, trèfle, lotier) en raison de leur niveau élevé en protéines, part coûteuse de la ration.
Valeur nutritive et digestibilité La qualité du foin, qu'il s'agisse de sa valeur nutritive (énergétique et azotée principalement) ou de sa digestibilité, est très variable. Elle dépend de plusieurs facteurs outre sa composition floristique : du stade de fauchage des herbes. Pour avoir la meilleure qualité énergétique, l'herbe doit être fauchée à un stade relativement jeune avant qu'elle ne soit épiée c’est-à-dire avant que l'épi ne soit visible. des conditions de réalisation de la fenaison (qualité du séchage) qui demande entre 3 et 5 jours de beau temps consécutifs. du temps de séchage. En effet les cellules du fourrage fraîchement coupé continuent à respirer, ce qui entraîne une baisse du taux de sucres et donc de la valeur énergétique. Il faut donc un bon ensoleillement. Le temps peut être raccourci par des méthodes comme l'utilisation de faucheuses-conditionneuses et le séchage en grange, méthode apparue en 1945 et améliorée par l'appoint solaire, qui est régulièrement l'objet de relances. Le principal obstacle à sa diffusion est la complexité de manutention du fourrage qui entraîne des investissements importants.
En définitive, la météo reste la hantise (et parfois le cauchemar) de l'éleveur en période de foins.
La valeur alimentaire des fourrages a fait l'objet de nombreuses études scientifiques et techniques (en France par l'Institut national de la recherche agronomique et les instituts de l'élevage).
Des tables comprenant la valeur des foins sont largement diffusées ; des notes produites par les chambres d'agriculture des régions d'élevage sur la base d'analyse d'échantillons peuvent donner des valeurs corrigées en fonction du contexte climatique. vignette|Vaches charolaises mangeant du foin au cornadis. 2009 Le foin permet de réguler le transit digestif des herbivores, de corriger les effets d'une ration trop énergétique (à base d'herbe de printemps, de grains, de betteraves, de maïs-ensilage, par exemple) ou ne comportant pas d'éléments grossiers. C'est un point fondamental pour les ruminants et encore plus pour les herbivores monogastriques (chevaux ...).
Foin et paille Le foin de prairies et la paille de certaines céréales dites justement céréales à paille sont présents dans toutes les granges ou presque mais ne peuvent être confondus : le foin est de l'herbe séchée, la paille est constituée de la tige de céréales (blé, orge, avoine, seigle), le foin est généralement de couleur vert pâle, quand la paille est de couleur jaune, le foin est composé de feuilles et de tiges fines et jeunes (donc peu de lignine) à la différence de la paille, prélevée sur des plantes matures, qui est constituée de chaumes lignifiés à tiges creuses. Les chaumes sont cireux (la paille brille). l'herbe une fois fauchée ou pâturée continue de pousser. Elle connaît plusieurs cycles végétatifs dans une saison (jusqu'à 4 à 5 cycles). Les plantes de prairies temporaires ou permanentes sont pluriannuelles. Les céréales à paille sont des plantes annuelles. le foin contient moins de cellulose (environ 30 % de cellulose brute) et présente une teneur en matières azotées d’autant plus importante que la proportion de feuilles est élevée ( pour un foin de ray-grass anglais, 2e cycle). La paille contient beaucoup plus de cellulose (42 % de cellulose brute pour la paille de blé) et donc est moins énergétique et moins riche en matières azotées. La digestibilité de la matière organique du foin est bonne, de l'ordre de 60 %. Celle de la paille est en comparaison mauvaise du fait de la forte teneur en cellulose brute, de la présence de cires. Elle est de 35 % seulement. Pour améliorer sa digestibilité ou ses qualités nutritives, la paille peut être traitée avec de l'ammoniac ou de la soude.
Foin et fanes Les fanes sont les résidus générés par la récolte de la partie principale de plantes telles que les légumes-racines, la pomme de terre, les légumineuses après récolte des grains. Ainsi le fanage des restes (feuilles et tiges) d'une culture de luzerne pour la semence ou d'une culture de pois ou d'arachide après récolte des graines ne donne pas du foin mais des fanes (plutôt que de la « paille »).
La valeur des fanes de légumineuses est supérieure à celle des pailles de céréales et équivalente à un foin médiocre à moyen et peut remplacer le foin en cas de pénurie. Le foin du pré au stockage
Pour obtenir une bonne conservation, il est nécessaire que le taux d'humidité de l'herbe soit ramené à 15 - 20 % maximum, alors que l'humidité initiale de l'herbe avoisine .Ce séchage se fait généralement au soleil et au vent, mais il existe des techniques de séchage du foin en grange par ventilation forcée.
Évolution des techniques de fanage
Le fanage est probablement bien plus ancien que l'agriculture. Ce n'est en effet dans le principe qu'une technique particulière de cueillette. Dans la nature, les herbivores savent se nourrir des herbes desséchées dans les prairies en cas de sécheresse ou même sous la neige et on peut penser que les chasseurs du Paléolithique s'en servaient pour confectionner des appâts ou dissimuler leurs pièges tout en attirant le gibier. Dès cette période l'herbe à faner a été récoltée à la main ou à la faucille. Elles ont été constituées de silex placés sur des manches puis fabriquées en métal.
Les faucilles, faux, serpes, volants (grande faucille), sapes (petites faux), fourches à 2 ou 3 doigts (bois ou fer) et râteaux en bois sont assez bien représentés dans les registres archéologiques et iconographiques du Moyen-Âge. L'usage de la faux s'est répandu au Moyen-Âge pour la fauche des prés (comme l'illustrent les très riches heures du duc de Berry), permettant de travailler environ trois fois plus vite qu'à la faucille, ce qui constituait une petite révolution.
Le foin était mis en petites meules ou meulons (nom variable suivant les régions : mulons en Poitou et Charentes, veilloches en Vienne et au Québec, ...) où il finissait de sécher avant d'être transporté ou utilisé sur place. Dans les régions à climat humide, ces meules étaient placées sur des supports en bois (siccateurs) aérés par le bas et permettant la circulation de l'air. Dans les régions excessivement humides (îles de l'Atlantique Nord comme les Féroé), on pratique même du séchage sur fil à la manière des draps. Une fois sec, le foin pouvait être rentré en grange ou rassemblé dans une grande meule à l'extérieur généralement dans la cour de la ferme. Savoir faire la meule pour que le foin reste au sec était un art.
La révolution fourragère à partir de 1650 (culture de prairies artificielles comme le trèfle) donne de nouvelles opportunités de foins. Cependant son développement est entravé par les pratiques communautaires obligatoires (vaine pâture, assolement triennal). Il faut donc attendre la suppression politique de ces obligations (1790 en France) pour que ces cultures se développent. Le coût des animaux et du matériel, notamment des attelages de transport est un autre frein.
La mécanisation du fanage commence vers 1840 en Amérique du Nord avec la construction en série des premières faucheuses à lame alternative puis de la faneuse mécanique et du râteau-andaineur à décharge intermittente (dit râteleuse) vers 1850. Ce fut une avancée considérable pour l'élevage des herbivores.
La motorisation de l'agriculture puis l'invention de la prise de force et des transmissions hydrauliques ont ensuite permis de concevoir des outils demandant plus de puissance et fonctionnant suivant des principes variés. Les presses à foin modernes permettent de se passer de meules.
Salage On pouvait autrefois (lorsqu'il n'y avait pas de gabelle) saler le foin autant pour améliorer sa conservation que pour fournir du chlorure de sodium aux animaux pour qui il est indispensable. Cette pratique n'est plus d'actualité depuis que l'on conditionne le foin en bottes denses, les animaux reçoivent le sel en blocs à lécher ou dans le complément minéral de la ration.
Conditionnement et stockage Aujourd'hui le foin n'est plus guère ramassé en vrac sauf dans le cas du séchage en grange. Dans ce cas, les andains sont ramassés avant d'être secs à l'aide d'une remorque autochargeuse.