Cet article contient des statistiques sur la démographie du Liban.
Histoire
Dénombrements ottomans et émigration au
Les chrétiens sont plus nombreux à émigrer, notamment aux États-Unis. L'essentiel de ces départs ont lieu après 1890, à cause de la crise de la séricicultureJaulin, Thibaut. « Démographie et politique au Liban sous le Mandat : Les émigrés, les ratios confessionnels et la fabrique du Pacte national ». Histoire & mesure, 2009/1 Vol. XXIV, 2009. 189-210. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-histoire-et-mesure-2009-1-page-189?lang=fr..
Recensement de 1921
Le général Gouraud organise un premier recensement en 1921, afin d'obtenir une base pour organiser les élections en 1922. La comptabilisation des émigrés suscite un débat, les chrétiens y étant surreprésentés. Leur recensement modifierait considérablement le rapport démographique entre les différentes communautés. Le compromis limite le recensement aux émigrés qui paient des impôts.
Le recensement dénombre résidents, dont 50,8 % de chrétiens et 47,7 % de musulmans. En intégrant les émigrés taxés (chrétiens pour 82,5 % d'entre eux), la population arrive à un total de habitants, dont 53,4 % de chrétiens et 45,2 % de musulmans. Ce sont ces derniers chiffres qui servent de base à la représentation des communautés à partir de 1926 dans le système instauré par Henry de Jouvenel.
Recensement de 1932 Le dernier recensement officiel (basé sur l'appartenance communautaire) de la population libanaise fut réalisé en 1932. lorsque le Grand Liban était sous administration de la France, sur mandat de la Société des Nations.
Le recensement de 1932 ne prend en compte que les citoyens libanais résidents au Liban en 1932, c’est-à-dire qu'il exclut les Libanais ayant émigré. Certains villages frontaliers avec la Syrie n'auraient pas été pris en compte dans le recensement. C'est le cas de Wadi Khaled, situé dans le gouvernorat du Akkar, dont la population a échappé au recensement, et est de fait devenue apatride, avant qu'elle ne soit naturalisée par le décret n°5247 de 1994.
Les résultats de ce recensement avançaient les chiffres suivants.
Total des citoyens libanais : 785 542
Chrétiens Maronites : 226 378 soit 28,8 % Grecs orthodoxes : 76 522 soit 9,7 % Grecs catholiques : 46 000 soit 5,9 % Autres (Arméniens en majorité) : 53 463 soit 6,8 % Total : 402 363 soit 51,2 %
Musulmans Sunnites : 194 208 soit 24,7 % Chiites : 135 925 soit 17,3 % Druzes : 53 047 soit 6,8 % Total : 383 180 soit 48,8 %
Évolution des principaux indicateurs démographiques Période.Naissances annuellesDécès annuelsSolde naturel annuelTaux de natalité (‰)Taux de mortalité (‰)Solde naturel (‰)Indice de féconditéTaux de mortalité infantile 1950 - 1955 61 000 24 000 38 000 39,9 15,4 24,4 5,74 90,0 1955 - 1960 70 000 23 000 47 000 39,3 12,7 26,6 5,72 72,8 1960 - 1965 77 000 22 000 55 000 37,6 10,7 26,9 5,69 61,1 1965 - 1970 81 000 21 000 59 000 34,5 9,2 25,3 5,34 53,4 1970 - 1975 83 000 21 000 62 000 31,9 8,1 23,8 4,78 47,0 1975 - 1980 85 000 22 000 63 000 30,5 7,8 22,7 4,31 44,2 1980 - 1985 84 000 21 000 62 000 29,5 7,6 21,9 3,90 40,6 1985 - 1990 78 000 21 000 57 000 26,7 7,3 19,4 3,31 36,8 1990 - 1995 80 000 23 000 57 000 24,8 7,1 17,8 3,00 31,4 1995 - 2000 81 000 26 000 56 000 22,6 7,1 15,5 2,70 28,1 2000 - 2005 69 000 27 000 42 000 17,7 6,9 10,8 2,09 25,6 2005 - 2010 66 000 28 000 38 000 15,9 6,9 9,1 1,86 22,7 2010 - 2015 63 000 29 000 34 000 14,8 7,1 7,7 1,81 18,7
Situation actuelle
La population du Liban est estimée à d'habitants en 2016 d'après The World Factbook publié par la CIA, d’habitants en 2018 selon l'Organisation des Nations unies., puis en 2020.. Les chiffres qui circulent ne sont pas officiels, aucun recensement n'ayant eu lieu depuis le mandat français en 1932.
L'Union européenne estime en 2020 que le Liban a accueilli plus de de réfugiés depuis que la guerre a éclaté en Syrie en 2011, ce qui représenterait environ 30 % de la population du pays.
L'émigration a créé une importante diaspora libanaise qui compte entre de personnes hors du Liban en 2015..
Religions Estimation donnée sur le site de la CIA : Musulmans (Sunnites, Chiites, Ismaéliens, Alaouites) : 67,8 %https://www.cia.gov/the-world-factbook/countries/lebanon/#people-and-society Chrétiens [Catholiques (Maronites, Catholiques romains, Catholiques syriens, Église catholique arménienne, Église catholique chaldéenne, Melkite), Orthodoxes (Église orthodoxe d'Antioche, Église apostolique arménienne, Église syriaque orthodoxe), Assyriens, Coptes, Protestants] : 32,4 % Druzes : 4,5 %
Aucun recensement officiel n'a été fait depuis 1932 pour ne pas alimenter les tensions politiques et religieuses. Cependant les estimations les plus fréquentes avancent les chiffres de 40-45 % pour les chrétiens et de 50-60 % pour les musulmans. La véracité de ces estimations est difficile à évaluer, toutes les communautés ayant tendance à surévaluer leurs effectifs : le Hezbollah avance le chiffre de 65 % de musulmans dont 40 % de chiites alors que l'Église maronite cite le chiffre de 50 % pour les chrétiens. Les chiites sont généralement considérés comme étant la communauté la plus nombreuse et ayant eu la progression démographique la plus forte ces dernières décennies.
D'autres éléments sont à prendre en compte dans l'analyse de la démographie libanaise tel que le taux de fécondité, le taux de natalité mais aussi le taux de mortalité.
D’autres sources avancent en 2024 que les chrétiens composeraient entre 40 à 45% de la population (Chrétiens du Liban), les musulmans 50 à 55% (Musulmans du Liban) et les druzes 4 à 5%.
Apatrides libanais
Le Liban compte une importante population apatride, dont le nombre est cependant extrêmement difficile à estimer en l'absence de recensement officiel ou de statistiques fiables. Il y aurait aujourd'hui entre 27 000MARCH Lebanon, The Plight of the Rightless. Mapping and Understanding statelessness in Tripoli (mars 2019), p. 28, URL : https://www.marchlebanon.org/report/plight-of-the-rightless/ et 200 000 apatrides libanaisFrontiers Ruwad Association, Invisible citizens. Humiliation and a Life in the Shadows (2011), p. 31. Cette estimation est donnée par un représentant de l’UNHCR au Liban, interviewé dans le cadre de cette étude en juin 2011. dans le pays, c'est-à-dire des personnes qui pourraient obtenir la nationalité libanaise, mais en sont privées pour un certain nombre de raisons. Ces estimations ne prennent pas en compte les réfugiés apatrides qui se sont installés au Liban, comme les Palestiniens ou les Syriens.
Réfugiés palestiniens
Les Palestiniens au Liban sont sunnites à plus de 90 %, et à 9 % chrétiens ; ils ne sont pas comptabilisés dans les statistiques démographiques au Liban. Au , étaient enregistrés sur les listes de l'UNRWA. À la fin de 2007, ce nombre était encore plus élevé; l'UNRWA avait enregistré environ réfugiés palestiniensU.S. Committee for Refugees and Immigrants. 2008. World Refugee Survey 2008. La plupart des réfugiés palestiniens vivaient dans 12 camps ainsi que dans d'autres refuges improvisés à travers le pays. Certains avancent un chiffre plus proche de à , car l'ONU n'a pas effacé de ses listes les réfugiés partis dans d'autres pays mais aucune étude fiable ne permet de mesurer cette émigration. Selon des statistiques non officielles qui couvrent la période entre 2011 et 2014, le nombre varie entre et ..
Leur naturalisation est improbable en raison de l'opposition des différentes communautés : chrétiens, chiites et druzes redoutent de diluer leurs électorats. De plus une partie de l'opinion publique libanaise considère que la naturalisation des réfugiés est un cadeau à Israël (en cela la position du Liban n'est pas différente de la Syrie, de l'Égypte ou des pays du Golfe), car cela reviendrait à reconnaître de fait l'existence de l'État hébreu dans les frontières de la Palestine : les Palestiniens demeurent donc des « invités ». Malgré tout, leur retour dans une Palestine économiquement exsangue est incertain, même après un accord de paix. Du reste la majorité d'entre eux sont des Palestiniens réfugiés après le conflit de 1948 et non de celui de 1967, c'est-à-dire qu'ils viennent de territoires qui ne feront pas partie d'un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.
En , le premier recensement des réfugiés palestiniens au Liban évalue leur nombre à Le Bureau central des statistiques palestinien annonce les principaux résultats du recensement général de la population et du logement dans les camps et rassemblements palestiniens au Liban.
La diaspora libanaise
Les chrétiens y sont surreprésentés et un retour partiel, mais improbable, pourrait changer la balance démographique du pays. La diaspora est majoritairement constituée de chrétiens. La diaspora n'est pas comptabilisée dans les statistiques et les décomptes officieux de la population globale du pays (près de 3 600 000 personnes). Ce décompte des citoyens expatriés a lieu dans la plupart des pays du monde mais pas au Liban où les expatriés ont obtenu le droit de vote pour les dernieres elections (une des principales revendications des communautés chrétiennes est le droit de vote pour les émigrés). Là encore les effectifs sont sujets à caution. Il y a plus de 10 millions de personnes d'origine libanaise dans le monde mais ce chiffre prend en compte l'émigration libanaise depuis le . Or beaucoup de ces descendants de Libanais ont été assimilés par leur pays d'accueil et ne considèrent plus le Liban comme leur pays, le seul critère de distinction devrait alors être la détention de documents d'identité libanais en bonne et due forme. La diaspora libanaise moderne (post-1975), dont les membres sont susceptibles de jouer un rôle sur la scène politique locale, compterait entre un et deux millions de personnes.
L'émigration a fortement augmenté ces dernières années pour toucher l'ensemble de la société, y compris les communautés musulmanes et druzes (notamment les grandes familles telles que les Hamadé ou Amadet). Les classes moyennes supérieures (c'est-à-dire les personnes éduquées sans être fortunées) et les classes les plus pauvres sont les plus touchées par l'émigration. Selon une étude publiée dans le journal libanais de langue arabe Assafir. en 2002, 27 % des Libanais qui choisissent l'expatriation sont des chiites et 30 % des maronites. Les sunnites semblent être les moins enclins à l'expatriation. De nombreuses actions sont menées par des organismes internationaux, pour fédérer l'ensemble de la diaspora. C'est entre autres l'action de cheikh Khaled Frarid Hamadé à travers le ministère de l'immigration.
Les naturalisés Ce sont des ressortissants arabes (majoritairement syriens mais aussi des palestiniens ou des bédouins) qui ont été naturalisés en masse en 1994 (décret 5247 du ) dans des conditions qui ont été très contestées par la communauté chrétienne. La plupart ne vivent pas au Liban et une partie a été inscrite sur les listes électorales des régions chrétiennes pour influer sur les élections. Le nombre exact est sujet à contentieux, les estimations allant de 87 000 (ce qui correspond au nombre de naturalisations contestées par le ministre de l'intérieur Elias el-Murr en et non pas à l'ensemble des naturalisations) à plus de 400 000 (Forces libanaises, Ligue maronite). Les chiffres les plus courants se situent entre 150 000 et 300 000 naturalisés.
Parmi les naturalisés de 1994, on compte un grand nombre d'apatrides libanais (Maktoum al-Qayd, Qayd al-Dars), bien que ceux-ci ne représentaient pas la majorité des naturalisés. Malgré cette naturalisation de "masse", il reste une très importante population apatride au Liban aujourd'hui.
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