alt=Une illustration de l'ACV : de l'extraction des matières premières à la fin de vie en passant par la fabrication, le transport, la distribution, l'utilisation, la valorisation des déchets|vignette|Illustration du cycle de vie d'un objet manufacturé. L'analyse du cycle de vie (ACV) est une méthode d'évaluation normalisée (ISO 14040 et 14044) permettant de réaliser un bilan environnemental multicritère et multi-étape d'un système (produit, service, entreprise ou procédé) sur l'ensemble de son cycle de vie.
Son but est de connaître et pouvoir comparer les impacts environnementaux d'un système tout au long de son cycle de vie, de l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication à son traitement en fin de vie (mise en décharge, recyclage…), en passant par ses phases d'usage, d'entretien et de transport.
L'ACV permet ainsi : de quantifier les contributions aux impacts environnementaux d'un système (par étape de cycle de vie ou par sous-système : composants, matériaux utilisés, procédés) afin d'en dégager des pistes d'écoconception ou d'amélioration du bilan environnemental du système ; de comparer du point de vue environnemental deux systèmes ayant la même fonction, à quantité de service rendu égale (voir la notion d'unité fonctionnelle).
L'ACV est : une procédure, c'est-à-dire une suite d'étapes standardisées ; un modèle mathématique de transformations permettant de faire correspondre des flux à leurs impacts environnementaux.
Introduction et contexte Positionnement en matière d'analyse de soutenabilité L'ACV est une méthode d'analyse permettant de compléter la connaissance de la soutenabilité du système étudié. Elle n'inclut ni les éléments économiques, ni les éléments sociaux. Les systèmes étudiés sont considérés comme en fonctionnement normal, les accidents sont donc exclus. Les impacts étudiés ont lieu dans la biosphère et non dans la technosphère. Ce qui arrive au sein de l'environnement de production n'est donc pas développéEuropean Union (2010), résumé et Guide détaillé : « International Reference Life Cycle Data System (ILCD) Handbook » - General guide for Life Cycle Assessment ; EUR - Scientific and Technical Research Reports; 978-92-79-19092-6. Ces éléments précités, non inclus dans l'ACV, sont les objets d'autres études comme, l (ERA), évaluation des risques environnementaux, ou encore des études reprenant le cadre de travail de l'ACV, le coût du cycle de vie (en anglais , LCC), l'analyse sociale du cycle de vie (AsCV, en anglais S-LCA pour Social Life Cycle Assessment).
L’analyse sociale du cycle de vie (AsCV) est un outil permettant d’identifier les effets sociaux et socio-économiques potentiels sur différentes parties prenantes (par exemple : travailleurs, communautés locales, consommateurs) tout au long de la chaîne de valeur des produits et services. L’AsCV est encadrée et reconnue au niveau international par les « Lignes directrices pour l’analyse sociale du cycle de vie des produits », publiées en 2009 au Québec... L'outil s’appuie sur les lignes directrices ISO 26000:2010 pour la responsabilité sociale et les lignes directrices du Global Reporting Initiative (GRI)..
Tous ces éléments, gravitant dans le domaine de la « pensée en cycle de vie », visent à compléter l'ACV.
Historique de la méthode Les premiers travaux relevant de l'ACV datent des années 1970. Ces origines sont relatées dans les travaux de 1996 de Boustead et Hunt, respectivement au Royaume-Uni et aux États-Unis d'Amérique .
Les premières méthodes d'évaluation des impacts environnementaux, telles que nous les connaissons toujours aujourd'hui sous la forme de l'ACV, remontent à 1992, soit environ vingt ans après les prémisses de la méthodologie. Mentionnons l'EPS (Environmental Priority Strategy), basée sur une modélisation orientée dommage exprimée en valeur monétaire, le modèle Swiss Ecoscarcity Ecopoints fondé sur le « principe de la distance à la cible » et la méthode de 92 du CML avec une orientation « problème »section d'introduction, sur europa.eu..
Vocabulaire et définition Selon la logique de l'ACV, les flux constitutifs d'un produit se décomposent selon deux dimensions, deux sphères : la technosphère représente l'ensemble des activités et produits humains (production, transformation, consommation) ; l'écosphère représente principalement l'environnement naturel. D'une certaine manière l'écosphère englobe la technosphère et est donc source de toutes les matières premières et réceptacle de tous les déchets de la technosphère.
Afin de réaliser une ACV, tout système est décomposé en processus élémentaires et chaque processus élémentaire reçoit et émet des flux. À l'image des deux sphères (eco et techno), il existe deux types de flux : les flux élémentaires qui proviennent (ressources) ou sont à destination (déchets) de l'écosphère ; les flux économiques qui proviennent (intrant) ou sont à destination (extrant/produit) de la technosphère.
Reformulation hors champ économique Idéalement, seuls des flux élémentaires devraient entrer et sortir du système, les flux économiques ne devraient que servir à joindre les processus élémentaires entre eux (hormis le produit final qui est un flux économique qui sort du système). Cependant ceci nécessiterait de prendre en compte trop de sous-systèmes comme tout ce qui sert à produire l'électricité nécessaire à un processus élémentaire. Par conséquent, il est fréquent que des processus élémentaires, comme l'approvisionnement d'électricité, soient simplifiés comme des processus dont on connaît les impacts environnementaux agrégés (les impacts de chaque processus élémentaire de la production d'électricité n'apparaissent plus individuellement, mais agrégés en impacts globaux).
Éco-profil L'« éco-profil » (ou « profil environnemental », distinct du « profil environnemental régional » ou du « profil environnemental local ») est un élément de la démarche d'écoconception et/ou d’évaluation environnementale (quantitatif et/ou qualitatif)Leclerc, A. (2004). « L'application de l'analyse de cycle de vie simplifiée à la pratique du design industriel pour la conception de produits ou services à moindre impact environnemental ». C’est une sorte de « carte d’identité » environnementale d’un produit ou service qui peut être utilisée pour la conception d’un objet ou de structures complexes comme un véhicule, un bâtiment à haute qualité environnementale, une zone d'aménagement concerté (ZAC)Colombert, M., Chastenet, C. D., Diab, Y., Gobin, C., Herfray, G., Jarrin, T., ... & Trocmé, M. (2011). Analyse de cycle de vie à l’échelle du quartier: un outil d’aide à la décision ? Le cas de la ZAC Claude Bernard à Paris (France). Environnement Urbain/Urban Environment, (Volume 5)., ou un écoquartier Musy, M. M., La Villettes, E. P., & Grison, M. D. (2012), Éco-profil: un outil d’assistance à l’éco-conception architecturale , notamment pour les approches d’économie circulaire et de types Analyse du cycle de vie.L’écoprofil est aussi le nom de la méthode permettant d’aboutir à ce type de profilMusy, M. M., La Villettes, E. P., & Grison, M. D (2012), Éco-profil: un outil d’assistance à l’éco-conception architecturale , PDF, Thèse de 246 pages, Présentée et soutenue publiquement le 11/12/2012 pour l’obtention du grade de Docteur de l’Université de Lorraine (Spécialité : Sciences de l’architecture)., qui se présente généralement comme issu d’une modélisation décrivant les impacts environnementaux direct et indirects d’un produit (par exemple un objet produit en fonderie à partir d’un mouleRimoux, L., & Corson, B. (2010). « Intégrer l'éco-conception de pièces moulées en fonderie ». Fonderie magazine, (8), 22-35 (résumé)) ou d’un service (sur l’eau, l’air, le sol, les services écosystémiques et les écosystème) dans un contexte moyen.Selon les cas il est réalisé de manière plus ou moins approfondie, mais selon une méthode scientifique, publiée, répétable et vérifiable. Il peut faire partie de la « déclaration environnementale ». Certains auteurs le classe parmi les outils de l’éco-innovationTyl, B., Legardeur, J., & Baldacchino, C. (2011), Développement d’un outil de créativité pour la génération d’éco-innovations. Communication présentée au Congrès International sur l’Analyse du Cycle de Vie, Lille, France. Document, 6..
Bases de données d'éco-profils Des modèles fins sont nécessaires pour définir de nouveaux cadres européens (en cours d’élaboration en 2017-2018) aux ACV d’équipements électriques et électroniques, et pour la bonne gestion de cette filière de déchets. Ils aideront à clarifier les volumes et qualité de matières premières et de substances (additifs) utilisées (et éventuellement gaspillés en fin de vie). Pour aider les fabricants à écoconcevoir leurs produits afin d’économiser des ressources et limiter l'emploi de produits dangereux et mieux gérer le recyclage (y compris en réintégrant dans les processus des matières recyclées ou des composants réutilisables)Environnement magazine (2017), DEEE : Plus de 60 matériaux modélisés -; La première base de données en vue d'évaluer l'impact environnemental des DEEE vient d'être publiée par Eco-systèmes et Récylum, les deux éco-organismes qui, soutenus par l'ADEME, ont mené ces travaux pendant 18 mois. En , une base de données réunies par le réseau international « Life Cycle Data Network » propose plus de 60 matériaux « modélisés » (acier, aluminium, verre, PP, ABS...) retrouvés dans les appareils ménagers (PAM, GEM, lampes, tubes fluorescents, écrans plats) et dans les appareils professionnels (blocs d'éclairage, équipement médicaux ou des bâtiments, etc.) dont plusieurs résines (ABS, ABS-PC, PC, PBT, PP, PS, PET). Les éditeurs de logiciels d'ACV peuvent utiliser cette base de données pour améliorer et rendre plus comparables entre elles les ACV. Ce travail est basé sur les entrées/des installations de récupération et recyclage (de la collecte à la « fin de vie » ou réutilisation des matériaux). Les éco-organismes ont fait une modélisation des fractions sortantes et mesuré la part de chaque fraction envoyée au recyclage (ex. : refonte d’aluminium, d’acier ou valorisation énergétique en cimenterie) Seuls certains ICV (inventaires de cycle de vie) détaillent la composition des plastiques additivés (ABS avec ou sans RFB ou contenant des charges (pigment, minéraux, métaux). Ce travail doit donc encore être complété (dès 2017) par l’analyse d’autres types d'équipements professionnels puis être périodiquement mis à jour. Environ 50 sites de traitement de DEEE ont été « modélisés » et près de 15 filières valorisant et/ou éliminant chaque matière. Tous ces prestataires ont été évalués pour leur consommation énergétique et en eau. Dans le même temps d’autres bases de données commencent à fournir des écoprofils (disponibles pour huit résines et plastiques recyclés en ) permettant aux industriels de choisir s’ils le souhaitent des plastiques recyclés en ayant une meilleure idée de leur empreinte environnementale. Les transformateurs de matières plastiques travaillant pour l'emballage, le bâtiment ou l'automobile vont désormais pouvoir choisir entre résines vierges et matières régénérées en France, en fonction de leurs propriétés environnementales.
Standardisation La série de la norme ISO 14040 fournit de la documentation pour chacune des étapes de l'analyse du cycle de vie : ISO 14040 : Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Principes et cadre ; ISO 14041 : (obsolète) Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Définition de l'objectif et du champ d'étude et analyse ; ISO 14042 : (obsolète) Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Évaluation de l'impact du cycle de vie ; ISO 14043 : (obsolète) Management environnemental - Analyse du cycle de vie - Interprétation du cycle de vie ;