Les Luo (jo Luo en langue luo), parfois aussi appelés Nilotes KavirondoLes Nilotes Kavirondo et les Bantous Kavirondo vivent dans la même région mais sont des groupes ethniques différents., vivent dans l'ancienne province de Nyanza au Kenya (Luo du Kenya) et dans le nord de la région de Mara en Tanzanie (Luo Suba).

D'importantes communautés de Luo vivent à NairobiLes Luo représentent la plus importante communauté du bidonville de Kibera et sont concentrés dans les villages de Kisumu Ndogo et de Gatwekera., à Mombasa et à Arusha.

Ethnonymie L'ethnonyme « Luo » signifie « suivre » en langue luo (dholuo).

L'étymologie du mot « kavirondo » a plusieurs origines possibles : de la position prise par les jeunes guerriers pour s'asseoir sur leurs talons. Cette position est appelée kaa virondo en swahili et, péjorativement, wa kavirondo (« peuple qui s'assied sur les talons ») ; d'une corruption des mots swahili kaffir (« païen ») et de rondo (« enduire le corps de boue ») ; du mot bantou-luganda kaba-londo qui est une association de deux autres mots : kabaka (« le roi ») et namu londo (« le tabouret où le roi est couronné »).

Population Selon le recensement de 2009 au Kenya, sont considérées comme Luo, constituant ainsi le quatrième groupe ethnique du pays, après les Kikuyus, les Luhya et les Kalendjins. Ils représentent 13 % de la population Africa :: Kenya, The World Factbook, CIA.. .

En Tanzanie, on évalue à le nombre de Luo Suba.

Langue

Au Kenya, les Luo utilisent trois langues : les deux langues officielles que sont l'anglais et le swahili de la Constitution du Kenya : les langues officielles sont l'anglais et le swahili ; , la langue nationale est le swahili. ainsi que leur langue propre qu'est le luo (toujours enseigné dans l'enseignement primaire). La jeune génération utilise aussi beaucoup le sheng.

En Tanzanie, les Luo Suba utilisent le swahili qui est une langue officielle de factoLa Constitution tanzanienne ne désigne ni langue nationale, ni langue officielle. Seul l'anglais y est repris comme langue de jure. Cependant, celui-ci est, avec le temps, aussi devenu, à côté du swahili, une langue officielle de facto. et le luo. Beaucoup connaissent aussi l'anglais mais il reste très peu de locuteurs de « pur » suba-simbiti.

Religion Dans l'ordre d'importance : anglicanisme, catholicisme, doctrines syncrétistes mêlant foi chrétienne et culte des ancêtres, islam.Pour nommer le Dieu des chrétiens, les Luo ont gardé les mêmes appellations que celles utilisées dans leur ancienne croyance : Nyasaye ou Were ( section détaillée : « Croyances religieuses »).

Origine et histoire vignette|Les différents migrations des Luo depuis la Haute-Égypte jusqu'au Kavirondo. La première origine connue de tous les peuples luo est la région de Thèbes en Haute-Égypte. Après une première migration qui leur fait remonter le Nil puis le Nil Blanc vers les montagnes Nuba au Djanoub Kourdoufan nubien, le groupe émigre dans le Chamal Bahr al-Ghazal toujours en remontant le Nil et, ensuite, le Bahr el-Ghazal. Vers l'an 1300 , une épidémie de charbon décime le bétail et les oblige à pratiquer la pêche.

L'épidémie de peste qui ravage la vallée du Nil à la fin du et la famine qui s'ensuivit poussent les peuples luo à un nouvel exode. Une tradition orale des Luo-Dinka et des Luo-Shilluk du Bahr al-Ghazal relate cet exode : « un certain Dimo était en querelle avec son frère aîné Nyikango pour l'obtention de l'attribut royal représenté par la lance de leur père. Dimo ayant finalement dû s'incliner, il s'exile avec ce qui va devenir l'ensemble des peuples luo vers le sud, laissant la Nubie à son frère. Gilo, le cadet des trois frères, s'expatrie, quant à lui, vers le sud-est pour créer le peuple des AnuakLuo of Bahr al-Ghazal - About Jo-Luo of Bhar El-Ghazal . ». D'autres Nilotes comme les Maasaï et les Kalenjin quittent, également, la Nubie à la même époque. Ceux-ci prennent la direction du sud en passant par l'est des monts Zulia et Elgon, arrivent dans la vallée du Grand Rift et en chassent les populations bantoues venues d'Afrique centrale et présentes, pour leur part, depuis la fin du premier millénaireLes Nilotes (voir aussi le paragraphe « Kenya's People: the Nilotes » pour plus de détails sur les Luo) - bluegecko.org ..

Les premiers jo Luo arrivés, du Busoga, au Kavirondo pendant le sont ceux du clan des jo Ugenya emmenés par Ajwang' RamogiEn luo, Ajwang signifie que son père est mort avant sa naissance.. Ils s'installent quelque temps dans les environs de Bunalya, au nord du marais de Yala, puis traversent le marais pour occuper l'actuelle Ramogi hill où ils construisent un gunda bur (village protégé par un talus de terre)Jaramogi Oginga Odinga Fundation ..

Bien que le plus ancien ancêtre propre aux jo Luo dont se souvient la tradition orale soit Podho, le père d'Ajwang' Ramogi, c'est ce dernier qui est considéré comme le fondateur et les noms de ses descendants restent, à l'heure actuelle, très présents dans les noms de familles (Omolo, Ragem, Okoth, Julu, Ramogi).

C'est Alego, le descendant direct au cinquième degré d'Ajwang' Ramogi qui, le premier, quitte Got Ramogi (Ramogi hill) pour s'installer à un endroit appelé Nyandiwa de l'autre côté de la rivière YalaCet endroit est situé dans l'actuelle division administrative d'Usigu du district de Bondo..

Les autres clans ont suivi, soit par terre soit par le lac, en vagues successives entre le et le . La première, et la plus importante, est celle des Joka JokEn luo, joka signifie « peuple »., venus, comme Ajwang' Ramogi, du Busoga. Elle est suivie par celle des Joka Jok venus du pays des Alur puis par celle des Joka Owiny venus du pays des Padhola (dans le sud-est de l'Ouganda) et enfin par celle des Joka Omolo venus du Pawir (Royaume du Buganda)Luo in Africa - voir le titre « The Luo of Kenya » .. Les clans les plus puissants étaient menés par Owuor (jo Kisumo), Sahkaria (jo Kano), Dimo (jo Yimbo) et, surtout, Alego (jo Alego). C'est par son « territoire » qu'ont transité tous les nouveaux arrivants avant de conquérir le Kavirondo.

Ces afflux répétés de clans bien organisés chassent les Luhya, entourent les Gusii et englobent les (aussi appelés Abasuba)Les Suba ont tellement été assimilés que leur langue est devenue le luo. Les seuls locuteurs connaissant encore le suba, au Kenya, résident tous sur l'île de Mfangano..

Actuellement, les jo Luo sont composés de (oganda) auxquels il faut ajouter les quinze clans des Suba : +Les clans luo jo Alego jo Asembo jo Gem jo Kabondo jo Kadem jo Kajulu jo Kamagambo jo Kamgundho jo Kano jo Kanyada jo Kanyamkago jo Kanyamwa jo Kanyidoto jo Karachuonyo jo Karungu jo Kasgunga jo Kisumo jo Kwabwai jo Nyakach jo Sakwa jo Seme jo Ugenya jo Uyoma jo Yimbo Abasuba jo Gwassi jo Kaksingri Jo Kamasengre Jo Kaswanga jo Suna Descendance mâle de Podho

Si les mariages inter-tribaux entre Luo et Abasuba sont fréquents et les relations avec les Luhya cordiales, la guerre contre les Gusii et, surtout, les Kalenjin-Nandi pour la possession des points d'eau, de la terre et du bétail sera perpétuelle jusqu'à l'arrivée des Britanniques au début du .

C'est entre 1874 et 1875 que les Luo rencontrent vraisemblablement leur premier explorateur européen en la personne d'Henry Morton Stanley alors qu'il effectue la circumnavigation, dans le sens des aiguilles d'une montre, du lac Victoria au départ de Kaghehi (à l'est de l'actuelle Mwanza) lors de son expédition d'exploration de 1874 à 1877Carte avec les trajets des différentes expéditions d'exploration .

Dès leurs arrivées en 1898, les jo rachar (« hommes de race blanche » en luo) sont bien accueillis par les Luo que les Britanniques décrivent comme . L'évangélisation s'effectue rapidement et les premiers baptêmes ont lieu dès 1909Albert B. Lloyd, Dayspring in Uganda (chapitre VIII The Gospel in Kavirondo), 1921, Church Missionary Society, Londres..

À partir de 1915, la région au nord du golfe de Kavirondo devient, pour les Africains et grâce à Odera Akang'o, le creuset de la pédagogie scolaire du type « occidental » ainsi que la première région de l'Afrique orientale britannique à maîtriser l'anglais. Beaucoup de personnalités de l'élite kényane dans les domaines des sciences et de la littérature proviennent toujours de cette région.

Les terres occupées par les Luo étant relativement infertiles, ils n'en sont pas dépossédés par les colonisateurs contrairement aux Kalenjin et aux Kikuyu des White Highlands et de la Rift Valley. Ce pourquoi, ils ne participent pas directement à la révolte des Mau Mau entre 1952 et 1956. Cependant, un désir d'indépendance s'installe aussi dans la région grâce à des hommes comme Achieng' Oneko, Walter Odede, Oginga Odinga et Tom Mboya. Argwings Kodhek fut le principal avocat des révoltés Mau Mau devant les tribunaux.

Depuis l'indépendance du Kenya en 1963, les tensions entre Luo et Kikuyu sont continuelles. Les deux groupes ne s'apprécient pas. Non pas à cause d'une différence ethnique mais consécutivement aux divergences de vue politiques qui ont débuté dès 1964 par des affrontements entre Oginga Odinga et Jomo Kenyatta.

Culture Organisation sociale Le système politique est, d'une part, de type féodal, fondé sur des chefs (ruoth au singulier et ruothi au pluriel) de clan mineurs liés à des chefs de clan puissants eux-mêmes plus ou moins inféodés au roi de Buganda. D'autre part, l'acquisition du pouvoir est de type électifGor Mahia, un exemple de ruoth élu.

Le sorcier est considéré comme un sage et joue un rôle social très important. Non seulement il est l'intermédiaire entre le monde des esprits et le monde des vivants et agit comme guérisseur mais s'il est considéré comme le plus sage, il intervient aussi comme médiateur lors d'un meurtre au sein du clan ou lors des combats entre clans.

Enseignement À l'époque pré-coloniale, il existe trois types d'écoles où l'enseignement, dispensé par des spécialistes du (« l'histoire des Luo »), est centré sur l'histoire locale, le lignage, la loi coutumière, les pratiques spirituelles et la climatologie. pour les jeunes enfants : la est une hutte construite au milieu du village (). Selon l'historien Bethwell Allan Ogot, l'enseignement y est prodigué de 19 heures à l'heure du coucher. ; pour les adolescents : le est un endroit choisi par les chefs de plusieurs villages voisins. il est habituellement situé sous un grand arbre à une croisée de plusieurs chemins. Toujours selon B. A. Ogot, l'enseignement y est prodigué de à . On y enseigne aussi l'art de la guerre ; pour les adolescentes : la qui est la hutte d'une femme âgée et respectable du village..

Dès 1906, le révérend anglican (devenu plus tard Primat d'Ouganda) fonde, à Maseno la première école du Kavirondo pour les jeunes africainsCette école, la , existe toujours et à la particularité de dispenser, entre autres, des cours de technique de l'aviation.. Chaque chef de clan fut persuadé, par le révérend et, plus particulièrement, souvent de façon « militaire », par Odera Akang'o d'envoyer un ou deux de ses fils au pensionnat et de contribuer pécuniairement à l'achat d'uniformes scolaires. Grâce à ces deux soutiens, la région au nord du golfe de Kavirondo devient dès 1915, le creuset de la pédagogie scolaire du type « occidental » au détriment de l'enseignement traditionnel pré-colonial qui est alors petit à petit abandonné.

Tradition Les Luo ne pratiquent ni la circoncisionLe fait que les Luo ne pratiquent pas la circoncision augmente, selon plusieurs études et les précisions de l'OMS, le risque de contamination par le SIDA d'environ 60 % ni aucune forme de mutilation génitale féminine.