Le théâtre des Nouveautés est une salle de spectacle parisienne située 24, boulevard Poissonnière (9e) depuis 1921, mais dont l'emplacement a varié au fil des années.

Il ne doit pas être confondu entre autres avec le théâtre des Nouveautés de Bruxelles dirigé par Jean-Baptiste Meeûs et qui eut également ses heures de gloireLionel Renieu, Histoire des théâtres de Bruxelles..

Historique 1827-1832 : rue Vivienne Par un arrêté ministériel de , Cyprien Bérard est remplacé à la direction du théâtre du Vaudeville par Marc-Antoine Désaugiers. En dédommagement, le ministère de l'Intérieur lui accorde le privilège spécial d'exploiter un nouveau théâtre.

Construite d'après les plans de l'architecte François Debret, le premier théâtre des Nouveautés est inauguré le au 27 bis, rue Vivienne, en face de la Bourse (). Il est édifié à l'emplacement du passage Feydeau qui reliait la rue des Filles-Saint-Thomas au théâtre Feydeau, détruit en 1829. La programmation est composée de vaudevilles, d'opéras-comiques (Hector Berlioz y fut choriste quelques mois) et de pièces satiriques et politiques.

En , Cyprien Bérard transmet son privilège à Nicolas Langlois. Celui-ci va céder l'exploitation du théâtre à Emmanuel Théaulon de Lambert, puis quelques semaines plus tard, à Adolphe Bossange, mais conserve le privilège. Incapable de faire face aux interdictions de la censure et victime de sa rivalité avec la troupe de l'Opéra-Comique, qui refuse de partager son répertoire, Nicolas Langlois dépose le bilan le et le théâtre doit fermer ses portes.

Il est aussitôt repris par l'Opéra-Comique, contraint de quitter la salle Ventadour dont le loyer est trop élevé. En 1840, lorsque la troupe de l'Opéra-Comique prend possession de la salle Favart, alors appelée « salle de la Bourse », elle est remplacée à son tour par la troupe du Vaudeville. Le théâtre ferme définitivement en 1869 et est immédiatement démoli. À son emplacement se trouve aujourd'hui une brasserie nommée en sa mémoire Le Vaudeville.

1866-1873 : rue du Faubourg-Saint-Martin En 1864, la rue Le Peletier est prolongée entraînant la fermeture des Délassements-Comiques, rue de Provence. Une partie de la troupe de Léon Sari emmenée par Lucien Gothi s'installe salle Raphaël, 6 rue du Faubourg-Saint-Martin (), où on donne des spectacles de physique amusante. Charles de Lalande, architecte du propriétaire, M. de Naurois, transforme la salle qui prend le nom de théâtre du Passe-Temps.

Elle est achetée par le journaliste, Jules Rouqette (1828-1888), qui le renomme théâtre des Nouveautés avant de passer la main à Eugène Hugot. Après plus de trente ans d'éclipse, le deuxième théâtre des Nouveautés est inauguré le . Mais un incendie ravage entièrement la nouvelle salle huit mois seulement après son ouverture, le . Reconstruit en moins de trois mois, le théâtre rouvre le . Eugène Hugot est remplacé. Six directeurs se succèdent jusqu'en . Fermé entre le et le en raison de la guerre franco-prussienne, le théâtre rouvre en avec pour directeurs Charles Robin et Le Poitevin de L'Egreville qui laissent leur place après quelques mois à Charles Chincholle puis Arthur Chédivy. Le , le théâtre passe aux mains d'Hippolyte Lemonier qui lui rend son ancien nom de Délassements-Comiques mais ne peut améliorer son sort. Il est démoli définitivement en 1878.

1878-1911 : boulevard des Italiens 157px|vignette|Le théâtre des Nouveautés en 1911. En 1877, Jules Brasseur, vedette de la troupe du théâtre du Palais-Royal, décide d'ouvrir son propre théâtre. En association avec , directrice du Théâtre royal du Parc de Bruxelles, il décide d'édifier une nouvelle salle au 28 boulevard des Italiens, sur l'emplacement où avaient été construits, en 1864, une salle de concert et d'exposition puis, de 1865 à 1869, les premières Fantaisies-Parisiennes, auxquelles avaient succédé en 1875 les Fantaisies-Oller, imaginées par Joseph Oller pour concurrencer les Folies BergèreFerran Canyameres, « Le théâtre des Nouveautés et la grande piscine Rochechouart », L'Homme de la Belle Époque, éditions Universelles, 1946, page 54 et suivantes..

L'architecte Delalande conçoit une bonbonnière à trois étages de , décorée dans le style de Watteau par Auguste Rubé et Philippe Chaperon. Alors qu'il est initialement prévu de le nommer Fantaisies-Parisiennes en référence à la salle bruxelloise du même nom, c'est finalement celui de théâtre des Nouveautés qui est choisi, le théâtre Beaumarchais ayant préempté entre-temps le nom.

L'inauguration a lieu le . Après la mort de Brasseur en 1890, la direction passe au fils de son ancienne associée, Henri MicheauAlbert Vanloo, Sur le plateau, souvenirs d'un librettiste , Ollendorff, Paris, 1917, , []., qui fait du théâtre des Nouveautés une des scènes les plus originales et les plus importantes de Paris, permettant à une nouvelle génération d'auteurs tels qu'Alphonse Allais, Alfred Capus ou encore Georges Feydeau de faire leurs débuts au théâtre et connaître leurs premiers succès.

Le , après la de Champignol malgré lui, Henri Micheau doit malgré tout fermer son théâtre en raison du percement de la rue des Italiens.

Depuis 1921 : boulevard Poissonnière L'actuel théâtre des Nouveautés s'établit au 24, boulevard Poissonnière () en 1921 sous l'impulsion de Benoît-Léon Deutsch (1892-1982) qui en assure la direction avec la collaboration de Gilbert Dupé.

Construite par l'architecte Adolphe Thiers et dotée de , la salle est inaugurée le avec La Journée des surprises de Jean Bouchor. La programmation est consacrée aux opérettes, dont celles de Maurice Yvain, et aux comédies.

Gilbert Dupé succède entièrement à Benoît-Léon Deutsch de 1961 à 1973. Denise Moreau-Chantegris prend la relève en .

En 2010, Pascal Legros rachète le théâtre. La même année, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont font partie les Nouveautés, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associésLes Nouveautés sur le site officiel des Théâtres parisiens associés..

Répertoire

Années 2000 2005 : 1,2,3 Sardines de Sylvie Audcoeur, David Basant, Olivier Yéni, mise en scène Jean-Luc Moreau () 2005 : Hold-up de Jean Barbier, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Jacques Balutin et Henri Guybet () 2006 : Clémentine de Jean Barbier, mise en scène Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, avec Jean-Pierre Castaldi et Marthe Mercadier () 2007 : La Valse des pingouins de Patrick Haudecœur, mise en scène Jacques Décombe () 2007 : Eric Baert, le gentleman imitateur, mise en scène Olivier Lejeune () 2008 : Ma femme est parfaite de Jean Barbier, mise en scène Éric Hénon, avec Patrice Laffont et Vannick Le Poulain () 2008 : Ma femme s'appelle Maurice de Raffy Shart, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Georges Beller et Maurice Risch () 2009 : Ma femme est folle de Jean Barbier, mise en scène Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, avec Georges Beller et Steevy Boulay () 2009 : Un oreiller ou trois ? de Ray Cooney et Gene Stone, adaptation Stewart Vaughan et Jean-Claude Islert, mise en scène Olivier Belmondo, avec Delphine Depardieu et Paul Belmondo ()

Années 2010 vignette|Loges du théâtre des Nouveautés. 2010 : Panique au ministère de Jean Franco et Guillaume Mélanie, mise en scène Raymond Acquaviva, avec Amanda Lear () 2010 : Barbara d'amour de Bruno Agati, Roland Romanelli () 2010 : Attention c'est show de Roland Magdane () 2010 : Drôle de couple de Neil Simon, mise en scène Anne Bourgeois, avec Martin Lamotte () 2010 : Le Gai Mariage de Gérard Bitton et Michel Munz, mise en scène José Paul et Agnès Boury, avec Patrick Zard () 2010 : Motordu de PEF, mise en scène Bruno Denecker () 2011 : Mon meilleur copain d'Éric Assous, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Dany Brillant et Roland Marchisio () 2012 : Un stylo dans la tête de Jean Dell, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Francis Perrin () 2012-2015 : How to Become Parisian in One Hour? de et avec Olivier Giraud 2013 : Cher trésor de Francis Veber, mise en scène Francis Veber, avec Gérard Jugnot () 2014 : Le Placard de Francis Veber, avec Élie Semoun et Laurent Gamelon 2015 : Le Tombeur de Robert Lamoureux, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Michel Leeb et Guy Lecluyse 2019 : Compromis de Philippe Claudel, mise en scène Bernard Murat, avec Pierre Arditi, Michel Leeb et Stéphane Pezerat 2021 : Un chalet à Gstaad écrite et mise en scène par Josiane Balasko, avec Josiane Balasko, Armelle, Philippe Uchan et Stéphan Wojtowicz 2022 : Une situation délicate de Alan Ayckbourn, adaptation française Gérald Sibleyras, mise en scène Ladislas Chollat, avec Gérard Darmon, Clotilde Courau, Max Boublil et Élodie Navarre 2022 : Qu'est-ce que sexe ? de Richard Heering, mise en scène par Gérard Moulevrier, avec Michel Leeb

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Nicolas Brazier, « Théâtre des Nouveautés », Chroniques des petits théâtres de Paris : depuis leur création jusqu'à ce jour, Allardin, 1837,

Articles connexes Liste des théâtres et opéras de Paris Théâtre Édouard VII Théâtre Fontaine

Liens externes

Site officiel du théâtre des Nouveautés

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