Ernest Archdeacon (prononcé « Archdec »), né le dans le de Paris et mort le à VersaillesArchives de Paris en ligne, acte de naissance avec mention marginale du décès., est un avocat de renom, d'origine irlandaise. Il se passionne pour tout ce qui vole. Par son action, son mécénat et les nombreux prix qu'il dote, son nom est associé à l'essor de l'aviation française avant la Première Guerre mondiale. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().. Il est le cousin germain d'Edmond Archdeacon.
Biographie
L'Aéro-Club de France Destiné au barreau, Ernest Archdeacon s'oriente vers l'étude des sciences modernes, et tout particulièrement vers celle de l'aérostation et de l'aviation. En 1884, il effectue sa première ascension en ballon.
En 1894, il participe, avec Émile Voigt, à des observations météorologiques à bord du ballon le PionnierLe Matin du 09 juin 1894 (gallica.bnf.fr).
Il fonde le , avec le magnat du pétrole Henry Deutsch de la Meurthe, l’Aéro-Club de France, où il occupe le poste de vice-président. L'Aéro-Club, auquel il consacre une partie de son activité jusqu'à sa mort, est l’autorité chargée officiellement de l’organisation du sport aérien en France. Parmi les autres membres fondateurs, l’ingénieur Gustave Eiffel, le marquis de Fonvielle, le comte Henry de La Vaulx et le comte Henri de la Valette y apportent leur caution. Le premier président de l’Aéro-Club, en 1900, est le marquis Jules-Albert de Dion.
L'automobile Il effectue le premier trajet automobile Paris-Lyon avec Léon Serpollet, dans le véhicule de ce dernier en 1890.
Il est de la première course automobile organisée en 1894, le Paris-Rouen, sur Serpollet ()1894 Grand Prix (team DAN, et suivants)..
En , il termine de la course automobile Paris-Marseille-Paris avec une Delahaye sur pneus Michelin.
En 1897, il rachète les cycles Rouxel et Dubois à Suresnes. Il est alors représentant des automobiles DelahayeLe Véloce-sport, 11 mars 1897, et il finit du Paris-Dieppe avec une voiture de la marque1897 Grand Prix (team DAN)..
Le , il termine de la course Nice-Castellane-Nice.
Mécène de l'aviation française avec Deutsch de la Meurthe En , Deutsch de la Meurthe offre un prix de cent mille francs à la première machine volante capable de parcourir le trajet de Saint-Cloud à la tour Eiffel et retour en moins de trente minutes, ceci avant .. Le , Alberto Santos-Dumont réussit l’exploit avec son dirigeable, franchissant la ligne d’arrivée après et de vol.. Il contribue à la création de la commission d'aviation en 1903.
Après avoir entendu Octave Chanute rapporter les exploits des frères Wright en 1904, Archdeacon souhaite favoriser l'essor du vol motorisé en France.
Dans un article intitulé « Un nouveau sport – Le vol plané », paru dans le de La Vie au grand air du , le journaliste François Peyrey rapporte qu'un aviateur français, le capitaine Ferdinand Ferber, de la alpine, écrivait dès 1903 à Ernest Archdeacon : « Il ne faut pas laisser l’aéroplane s’achever en Amérique. » Archdeacon répond en formant, au sein de l’Aéro-Club de France, une sous-commission des expériences d’aviation, en fondant les concours qui portent son nom, et qu’il dote immédiatement lui-même, en guise de première mise de fonds, d’une somme de La Vie au grand air, , ..
Il fait construire un aéroplane du type Wright, par M. Dargent, modeleur de l’usine aéronautique militaire de Chalais-MeudonPhotographie de l'aéroplane Archdeacon en construction à l'usine de Chalais-Meudon, Archdeacon couché à la place du pilote.. Il est constitué par deux plans parallèles, en bois de frêne, tendus de soie française, haubanés au moyen de cordes à piano. L'article de l'époque décrit ainsi l'aéronef : « Les deux plans, légèrement convexes d’avant en arrière, ont une envergure de , une largeur de et sont distants verticalement de . Surface totale : carrés. La surface portante est un peu moindre, car le brancard supportant l’expérimentateur couché sépare en deux parties égales le plan inférieur. Il comporte deux gouvernails : le gouvernail horizontal de l’avant, destiné à la direction verticale, et qui prépare l’atterrissage en diminuant progressivement la vitesse ; le gouvernail vertical de l’arrière, obtenant la direction dans le plan horizontal, c’est-à-dire la direction proprement dite. L’aéroplane est très robuste malgré un poids de seulement . »La Vie au grand air, , ..
Après avoir été exposé au Parc de l'Aéro-Club de France au coteau de Saint-Cloud durant le mois de février, le planeur est acheminé au mois de mars par voie d'eau à Berck. Les premières expériences se déroulent au mois d' sur les dunes de 20 à de haut, d'abord sur celles de Merlimont, ensuite sur celles dominant la plage de Berck-Bellevue au nord de la commune de BerckCompte rendu d'Ernest Archdeacon lors de la séance de travail de l'Aéro-Club de France du .. Les expérimentateurs sont Gabriel Voisin, un jeune et hardi Lyonnais qui s’est dévoué corps et âme au « plus lourd que l’air », et le capitaine Ferdinand Ferber, un aviateur La Vie au grand air, , 21 avril 1904..
Il essaye ces planeurs, tout d'abord sur les dunes et plages de Berck puis, munis de flotteurs, sur la Seine entre Boulogne-Billancourt et Sèvres, créant ainsi l'ancêtre de l'hydravion qui réussit plusieurs envols, tracté par un bateau entre les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres (environ ).
L'Aéro-Club de France lance un prix pour le premier vol de plus de vingt-cinq mètres d'un plus lourd que l'air. Ce prix est remporté par Alberto Santos-Dumont le à Bagatelle, sur le biplan 14bis construit à Boulogne-Billancourt par Gabriel Voisin.
En , Ernest Archdeacon double le prix Deutsch de la Meurthe pour le premier kilomètre en circuit fermé réalisé par un plus lourd que l'air pour le porter à , somme considérable pour l'époque puisqu'elle représente environ vingt fois les gains annuels d'un travailleur professionnel de l'automobile à ParisEmmanuel Chadeau, L'industrie aéronautique en France 1900-1950, de Blériot à Dassault, Paris, Fayard, 1987..
En , Ernest Archdeacon procède à l'expérience consistant à remorquer un aéroplane, du type Wright, lesté de sable et reposant sur une glissière, au moyen d’une automobile d'une puissance de , à la façon d’un cerf-volant. La manœuvre, qui se déroule au champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux, s'achève par la chute de l'appareil qui est cependant parvenu à s'élever à une trentaine de mètres de hauteurLa Vie au grand air, , ..
En 1906, il effectue des essais d’hélice sur une motocyclette, l'aéromotocyclette avec Alessandro Anzani. Cette aéromotocyclette, empruntée à la maison Buchet, était équipée d'un moteur de entraînant une hélice placée à l'avant d'un tube en acier d', lui conférant ainsi une vitesse chronométrée de lors d'un essai sur la route du champ d’épandage d’AchèresCollectif, Les Grands Dossiers de l'Illustration - L'épopée de l'Aviation - histoire d'un siècle 1843-1944, Sefag et l'Illustration, 1987.La Vie au grand air, , ..
Le prix le plus important qu'il dote (de ) est le « », en partenariat avec Henry Deutsch de la Meurthe. Initialement, le prix ne devait être que de , mais il est doublé le , chacun des deux hommes mettant de sa poche , une somme qui sera ensuite remise à l'aviateur qui effectuera un vol de sans endommager son aéroplane à l'atterrissageLe 25 mars 1904 dans le ciel : Grand Prix de l’aviation : la dotation est doublée.. Le prix Archdeacon-Deutsch de la Meurthe est remporté par Henri Farman le à Issy-les-Moulineaux.
Le de la même année, Ernest Archdeacon devient le premier passager de l'histoire de l'aviation en accompagnant Henri Farman sur le biplan Voisin amélioré.
Comme la plupart des Français, Archdeacon reste sceptique quant à la réalité des vols des frères Wright jusqu'à ce que ceux-ci répètent leurs démonstrations en France, en , près du Mans.
L'espéranto Archdeacon parlait aussi l'espéranto, qu'il apprit en 1908. Il publie Pourquoi je suis devenu espérantiste (Paris, Fayard, 1910, ), avec une préface d'Henri Farman, puis devient président du groupe parisien d’espéranto en 1923. Élu président de la Société Française pour la Propagation de l'Espéranto (aujourd’hui Espéranto-France) en 1926Heroldo de Esperanto 19 (463), 11 mai 1928, consultable en ligne, il fut jusqu'à la fin de sa vie un avocat fervent de cette langue internationale. Il était encore président de la SFPE en 1940Heroldo de Esperanto 3 (1043), février 1940, consultable en ligne.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Espéranto-France
Liens externes
The Pioneers An Anthology Ernest Archdeacon (1863 - 1950) Pourquoi je suis devenu espérantiste (couverture)
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