Georges Auguste Couthon, également connu sous le nom d’Aristide CouthonSur l'origine de ce prénom, voir , première partie, document XX., est un avocat, homme politique et révolutionnaire français, né le à Orcet, guillotiné le , place de la Révolution, à Paris.

Biographie Un notable auvergnat Issu d'une famille de notaires royaux originaire de Saint-Sauves-d'Auvergne (village de Beauberty), Georges Couthon est le fils de Joseph Couthon, un notaire né à Orcet le , mort au même endroit le , et de Marie Lafond (née le ), fille de Georges Lafond, un marchand de bestiaux clermontois. Marié le , le couple a huit enfants, dont quatre morts en bas âgeVoir , où six enfants sont recensés : Pierre Couthon, né le à Orcet, mort le au même lieu, notaire, marié à Marie Milsent, avec laquelle il a un fils, Louis (né en 1800, marié à Rose Catherine Chevrier) ; Françoise, née le à Orcet, morte le au même lieu ; Marie, née le à Orcet, morte le au même lieu ; Georges Auguste ; Gilberte, née le à Orcet, mariée le au même lieu, morte le au même lieu ; Jacques, né le , mort le au même lieu.. Georges est le quatrième enfant du couple et le second fils survivant. Son frère aîné Pierre devant hériter de l'office de notaire de leur père, il se destine au métier d'avocat.

Après avoir étudié le droit auprès d'un procureur royal de Riom, il se rend en à Reims, où il séjourne quelques mois, afin d'y achever ses études à l'université. Muni de son titre, il emménage à Paris le , dans un appartement, au troisième étage, rue Sainte-Avoye, près du Châtelet, et s'inscrit comme avocat au Parlement de Paris. Toutefois, y étant peu connu, il semble avoir eu des difficultés à se trouver une clientèle et quitte son logement en , avant de rentrer à Clermont-Ferrand. Inscrit au nombre des avocats stagiaires le au barreau de la ville, il s'installe dans un appartement du 18 rue Ballainvilliers. Reçu avocat en 1785 au barreau de Clermont-Ferrand, il se fait remarquer « par la douceur et la politesse de ses manières, son caractère bienveillant et serviable », ainsi que son langage clair, précis et persuasif. Par ailleurs, il donne des consultations gratuites aux pauvres et favorise les intérêts des institutions charitables (il est commissaire du bureau de charité de la paroisse de Saint-Genès en ). Grâce à sa bonne réputation, il est, avec Jean-François Gaultier de Biauzat, l'un des trois avocats désignés pour former le conseil judiciaire adjoint à l'assemblée du tiers état, à l'assemblée provinciale, le . En , il adhère à la Société littéraire de Clermont-Ferrand.

Par ailleurs, le , il est initié franc-maçon, à la loge Saint-Maurice (la plus huppée)Fondée le , reconstituée par la Grande Loge le , la loge Saint-Maurice comptait, en 1786, dix officiers nobles, dont le comte de Clermont-Tonnerre. Voir ; ; ; Georges Desdevises du Dezert, L'Église et l'État en France, Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1907, p. 209., à l'Orient de ClermontSur l'Orient de Clermont, voir .Selon , il est initié le , élevé à la maîtrise le , orateur en 1788 et devient premier surveillant le ., soit à une date assez tardive ; mais il est reçu maître dès le , puis élu orateur six jours plus tard. Surnommé l'avocat des pauvres, il a pu être attiré, selon Pierre-Yves Beaurepaire, par le but philanthropique de la maçonnerie. Par ailleurs, son déisme et son attachement à la vertu et à la pureté lui semblent en adéquation parfaite avec les Constitutions d'Anderson.

Souffrant de douleurs articulaires depuis l'enfance (à dix ans, par exemple, un voyage dans le froid et l'humidité, assis dans un char à découvert, provoque un torticolis), il perd progressivement l'usage de ses jambes à partir de 1782Selon une version erronée, son mal serait la suite d’une nuit passée dans un tonneau rempli d’eau glaciale pour ne pas compromettre l'honneur d’une femme qu’il aimait., malgré divers traitements, notamment des bains d'eaux ou de boues. Ainsi, en 1782, il se rend à Néris-les-Bains, près de Montluçon, réputée pour ses eaux sulfureuses. En dépit de ce handicap, il se marie, le avec Marie Brunel, fille du notaire-greffier et lieutenant du bailliage d'Orcet Antoine Brunel âgée de 22 ans.Il semble que Marie Brunel soit née le , même si certains avis la font naître le . Voir le ., avec laquelle il a deux enfants, Antoine-François-XavierSur la vie d'Antoine Couthon, voir et . Conscrit en 1806, sergent dans la Grande Armée jusqu'en 1813, il survit à la bataille de la Bérézina et s'installe comme fabricant de papier. Marié le à Champeix avec Élise-Antoinette Besson, fille de Jacques-François Besson, notaire royal, il a un fils, Jacques-François Couthon, né le à Champeix, mort le à Santa Margherita Ligure lors d'une épidémie – peut-être le choléra –, et occupe les fonctions de vice-consul à Milan de 1854 à 1859. Marié le à Santa Margherita Ligure, Jacques a trois enfants : Élisa-Antoinette, née le à Santa Margherita Ligure, Georges-Joseph, né le à Santa Margherita Ligure, et Marie-Sophie, née le à Santa Margherita Ligure. Voir . Selon , Élisa meurt le à Clermont-Ferrand, Georges en 1870 à Santa Margherita Ligure, Marie le à Clermont-Ferrand., né le à Clermont-Ferrand, mort le à Orcet, et Jean-Pierre-François-Hippolyte, né le à Clermont-FerrandIl serait mort le à Paris selon . Toutefois, , parle d'une disparition . De son côté, , situe sa disparition . Au contraire, pour , Hippolyte . , considère lui aussi qu'il est . Selon , sa mort à Paris est située en 1792 ou 1793..

L'engagement révolutionnaire vignette|gauche|Georges Couthon,Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, 1792.

Député aux États généraux Partisan de la Révolution, il est choisi pour représenter sa paroisse d'Orcet pour les élections aux états généraux. Membre du conseil municipal permanent de Clermont-Ferrand le , il est élu troisième officier municipal de Clermont-Ferrand dès le premier tour de scrutin le ; Jean-François Gaultier de BiauzatCouthon a commencé sa carrière d'avocat dans le cabinet de Biauzat. Voir ., le maire, représentant le département aux états généraux, il préside souvent le conseil municipal.

Fondateur du club des Jacobins de Clermont En , il est l'un des initiateurs de la « Société populaire des Amis de la Constitution », affiliée au club des Jacobins. Le suivant, il devient juge président du tribunal du district de Clermont-Ferrand.

En 1791, il fait paraître sans nom d'auteur une comédie en deux actes intitulée L'Aristocrate converti.

Député à l'Assemblée nationale Le , il est élu député du Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative, le sur 12 avec 283 voix sur 433 votants. Quittant Clermont-Ferrand, il part pour Paris, où il s'installe au (devenu 398 par la suite) de la rue Saint-Honoré, dans la maison du menuisier Maurice Duplay, où demeure Maximilien de Robespierre.

À l'Assemblée, il se distingue dès les premiers jours par son éloquence et ses idées démocratiques ; lors de la discussion concernant le cérémonial à observer lors de la venue du Roi, il propose et fait adopter que les députés le recevraient debout et découverts, mais qu'ils pourraient s'asseoir et se couvrir dès qu'il serait arrivé à la tribune, où il prendrait place dans le fauteuil du président, qu'on l'appellerait désormais , mais ni ni . Le , il prononce un long discours dans lequel il demande l'abrogation totale des droits féodaux. Le , il attaque directement la Cour, qu'il accuse d'être le .

S'il marche encore, en s'appuyant sur une canne, en , l'hiver, très précoce, lui est funeste.. Pendant l'été, il quitte Paris pour prendre les eaux à Saint-Amand-les-Eaux, en Flandre, dans l'espoir de rétablir sa santé. C'est là qu'il apprend la chute de la royauté, qu'il applaudit.

En revanche, il blâme publiquement les massacres de Septembre.

Député à la Convention Le , il est réélu député du Puy-de-Dôme à la Convention nationale, le sur 11 , sur 695 votants.

Il refuse d'abord de s'engager dans la lutte qui oppose Girondins et Montagnards, mais, lié d'amitié avec RobespierreOn conserve une lettre de Robespierre à Couthon datée du où il l'appelle . Voir ., il prend position en sa faveur quand il est attaqué, par Barbaroux en octobre et Louvet en novembre, et finit par rejoindre les bancs de la Montagne devant les attaques répétées de la Gironde contre la Commune de Paris et les menaces fédéralistes. Il indique à la tribune des Jacobins que la prépondérance des Girondins au sein des institutions, et en particulier au sein du Comité de Constitution, lui a . Cité dans .. Lors du procès de Louis XVI, il vote la peine de mort sans appel ni sursis.

Représentant en mission dans le département du Loiret Le , il est envoyé en mission dans le Loiret pour y rétablir l'ordre et la circulation des grains. Le 2 et le , la Convention le charge par décret, avec Goupilleau de Montaigu et Michel, d'organiser la réunion à la France de la principauté de Salm, intégrée dans le département des Vosges. Rappelés le suivant, les trois députés sont de retour à Paris au plus tard le .

Le , il contribue à la chute des Girondins mais demande que l'on use de modération à l'égard des vaincus et se propose comme otage pour tranquilliser Bordeaux sur le sort de ses députés. Il est également l'un des rédacteurs de la Constitution de l'an I.

Membre du Comité de salut public vignette|gauche|Mandat d'arrêt de Danton et de ses amis, signé par les membres du Comité de Salut public et du Comité de Sûreté générale le (Archives nationales, Paris). vignette|Couthon à la Convention nationale en 1793, dessin de Vivant Denon, Metropolitan Museum of Art.

Adjoint au Comité de salut public le et chargé de la correspondance générale, il est nommé membre du comité lors du renouvellement du . Le lendemain, il présente un rapport sur la révolte de Lyon dans lequel il réclame des mesures énergiques mais s'oppose à ce que la ville soit déclarée , ne voulant pas qu'on confonde les bons citoyens avec les mauvais. Défenseur des paysans, il fait voter, via le décret du 17 juillet 1793, comme il l'avait demandé en à l'Assemblée législative, l'abolition complète, inconditionnelle sans indemnité ni recours possible de la part des seigneurs, des droits féodaux et le brûlement des titres féodaux. Ce texte radicalisait le décret précédent du , qui reconnaissait dans certains cas le droit aux seigneurs de contester devant un tribunal cette dépossession inconditionnelle de leurs titres féodaux. De même, le , Couthon prend un arrêté contre les anciens privilèges prévoyant notamment, dans son premier article, la destruction de , ainsi que le comblement des , des citernes et des , dans son département.

Représentant en mission, siège de Lyon, et massacres Le , il est envoyé en mission à l'armée des Alpes et dans le Rhône-et-Loire avec Châteauneuf-Randon et Maignet, afin de faire rentrer Lyon dans le rang. Le , sa mission est élargie à la Lozère, mais il ne s'y rend pas. Après s'être assuré du Puy-de-Dôme, où il lève des troupes, il prend la tête d'une armée de hommes et fait le siège de Lyon, dont les autorités ont passé outre aux tentatives de conciliation en faisant guillotiner Chalier. Entré dans la ville le , il mène une répression modérée : n'appliquant qu'en partie le décret de la Convention qui prescrit sa destruction, il ne fait abattre que quelques maisons. Il est rappelé à Paris le ; la répression deviendra extrêmement violente avec la désignation de Collot d’Herbois et de FouchéSur la modération de la répression menée par Couthon, voir la lettre du lyonnais Cadillot à Robespierre, sans date, des pièces justificatives à la suite du rapport Courtois, , citée par ; ; . . À son arrivée, il reçoit les félicitations de l'Assemblée.

vignette|gauche|redresse=0.8|Couthon.