vignette|Policier du French Market dans le Vieux carré, illustration datée d'entre 1885 et 1890. Le New Orleans Police Department (NOPD ; en français « département de police de La Nouvelle Orléans ») est la police de la ville de La Nouvelle-Orléans, plus grande ville de la Louisiane, dotée d'environ dirigés par le superintendant Shaun D. Ferguson. Instituée quelques mois avant la vente de la Louisiane par la France en 1803, la police de La Nouvelle-Orléans a une longue histoire d'accusations de racisme et de corruption. Dans les années 1930, alors que le populiste Huey Long dirigeait la Louisiane, elle fut confrontée à une présence inquiétante de la mafia, qui organisa plusieurs attentats.

Dirigée dans les années 1990 par , qui succédait à Joseph M. Orticke, qui avait été le premier Afro-Américain à obtenir ce poste, celui-là tenta d'épurer la police des agents corrompus et continua divers programmes de modernisation (police scientifique, etc.) et de police de proximité. Le NOPD obtint en une accréditation de la (CALEA), organisme créé en 1979 et chargé de certifier les organismes de police américains répondant à des standards de qualité nationaux.

Dirigé lors de l'ouragan Katrina par l'auto-proclamé « flic de rue » , le NOPD fut durablement discrédité par son action lors de cette catastrophe, des centaines d'officiers abandonnant leur poste tandis que plusieurs bavures importantes eurent lieu. L'une de celles-ci, ayant mené à la mort de plusieurs Noirs, est en cours d'enquête en , plusieurs officiers de police risquant la peine de mort. Lors de son investiture, en , en tant que nouveau maire, le démocrate Mitch Landrieu qualifia la police de La Nouvelle-Orléans de « l'une des pires du pays » Campbell Robertson, Police Are Charged in Post-Katrina Shootings, New York Times, et demanda officiellement à l'administration fédérale d'intervenir afin de s'occuper de la corruption et de l'incompétence du département, sujet à d'innombrables accusations de racisme.

Ce contexte historique défavorable a amené la NOPD à devenir l'une des unités de police américaines les plus incompétentes du pays et La Nouvelle-Orléans à devenir la ville la plus violente et la plus dangereuse de tous les États-Unis.

Histoire Période allant du au vignette|Émeutes de 1874 organisées par la White League, qui s'attaqua cette fois non seulement aux Noirs mais aussi aux policiers. En 1866, ces derniers avaient participé au pogrom. Lors de la fondation de La Nouvelle-Orléans en 1718, l'ordre public est une prérogative de l'armée. En 1796, sous l'administration du gouverneur colonial espagnol, le baron de Carondelet, une force de police est évoquée, les autorités s'inquiétant d'une hausse de la criminalité. Le , le maire Étienne de Boré tient la première session du conseil, et nomme un comité pour inspecter les prisons et formuler les règles de police. Il nomme également Pierre Achille Rivery commissaire général de la police, avec 25 hommes à sa tête. Ceux-ci sont rapidement contraints à la démission à la suite de nombreuses plaintes, et la ville autorisée à engager des mulâtres, lesquels sont placés sous l'autorité d'officiers blancs, tandis que la Louisiane est vendue par Napoléon en décembre 1803.

vignette|Patrouille de police, rue Rousseau, années 1890. En 1804, le maire James Pitot crée une patrouille de milice, puis une éphémère Garde de la ville en 1806, abolie deux ans plus tard et remplacée à nouveau par des miliciens. Avec l'urbanisation, en 1817, la ville compte 46 commissaires, et est divisée en quatre districts de police (Vieux carré, Faubourg Tremé, St. Mary et Faubourg Marigny). Devant l'inefficacité de celle-ci, des comités de « vigilantes » sont créés dans les années 1820-1830. En 1836, la ville est divisée en trois municipalités distinctes, chacune dotée d'une force de police autonome.

Le système de police est réorganisé par le maire en 1852, le nouveau chef de la police, John Youenes, ayant 12 officiers et 345 policiers sous ses ordres. Après les élections municipales de 1856, marquées par la violence, le maire demande aux policiers de se désarmer, ce qui provoque la démission de la plupart d'entre eux. Un système de télégraphe est par la suite établi et la discipline renforcée.

En 1862, au début de la guerre de Sécession, le général B.F. Butler instaure la loi martiale, la police passant aux mains des militaires. Le maire est remplacé par le colonel George F. Shepley, qui cumule ce poste avec celui de gouverneur de la Louisiane, et qui nomme le capitaine chef de la police. Le département de police est réorganisé à la fin de la guerre. En , la Ligue des citoyens blancs (White League), assistée de la police menée par le maire , organise un pogrom contre les Noirs, tuant 34 d'entre eux (ainsi que 3 républicains blancs) et en blessant 146.

Avec le Reconstruction Act de 1867, la Louisiane est intégrée au Texas dans le Cinquième district militaire: les élections municipales sont suspendues et le maire et le chef de la police démis de leurs fonctions. Le gouvernement militaire cesse en , le gouverneur Henry C. Warmoth créant alors la « force de police métropolitaine ». La White League organise de nouveaux pogroms en (bataille dite de « Liberty Place »). Des volontaires assistent alors la police sous le nom de Ribbon Force. vignette|Illustration du journal The Mascot, 1889, caricaturant les résultats d'une enquête sur les violences policières. Après son élection en 1888, le maire réorganise à nouveau la police en soumettant les six nouveaux administrateurs du Département de la police aux suffrages des électeurs inscrits. Le surintendant, David C. Hennessy, qui avait été auparavant nommé à la tête de la police, est reconduit dans ce poste par les six administrateurs. Respecté pour son honnêteté et son intransigeance, il est assassiné le , le conseil d'administration le remplaçant par le capitaine John Journee pour l'intérim, puis, en 1891, par Dexter S. Gaster. Une statue est érigée en l'honneur de Hennesy, en 1892, dans le cimetière de Metairie.

Première moitié du vignette|Lynchage d'Italo-Américains en 1891 après l'assassinat du chef de la police Hennessy. La police fut réorganisée en 1904: le , le maire devint responsable de la police, avec le pouvoir de nomination sur les deux commissaires et un inspecteur de police, le titre de superintendant étant abrogé. John Journee devint l'inspecteur jusqu'au , remplacé par E.S. Whitaker, puis en par William J. O'Connor qui resta en fonction jusqu'à sa mort en .

En 1911, James W. Reynolds, qui s'était fait une réputation d'honnêteté et était montée à la tête du service des détectives, obtint ce poste. En , la police était forte de 399 employés; fin 1915, elle disposait de 520 hommes, dont 126 surnuméraires. Assassiné en 1917 par un officier licencié, l'inspecteur Reynolds créa une brigade des mœurs (Vice Squad) chargée notamment d'interpeller les mendiants.

Remplacé peu après par Frank T. Mooney, celui-ci institua un système de fichiers de délinquants. En , le colonel Guy Molony devint superintendant et accentua encore la motorisation des forces de police amorcée sous Reynolds. La police détenait alors 33 automobiles et 21 motos, et commença à prendre en charge les problèmes de circulation routière. Un Juvenile Bureau (Bureau de l'enfance) fut créé en 1922 avec un officier et une policière. La police de La Nouvelle-Orléans fut alors reconnue, en 1922, comme la seule de tous les États-Unis disposant de services de premiers soins dans tous ses commissariats. Les gaz lacrymogènes furent également utilisés à partir de cette époque, héritage de la Première Guerre mondiale. En 1925, Thomas Healy devint superintendant, achetant 5 motos blindées allant à une vitesse de 100 miles par heure (), opération qui fit l'objet d'une campagne de presse sous le nom de 100 miles per hour police service.

En , le capitaine Theodore Ray devint superintendant, alors que la mafia italo-américaine commençait à pénétrer les salles de jeux de La Nouvelle-Orléans et à rivaliser avec les gangs antérieurs. Meyer Lansky s'était en effet installé dans la ville, bientôt accompagné de Frank Costello, chassé de New York après l'élection, en 1933, du maire Fiorello La Guardia, et qui avait été invité à s'occuper des salles de jeux par le gouverneur de fait de la Louisiane, le populiste Huey Long John Dickie (2004), Cosa Nostra. La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éd. Perrin, 2007, 259 et 267 (chapitre V) . En 1937, , proche de Lucky Luciano, fut ainsi arrêté par des agents fédéraux à La Nouvelle-Orléans pour trafic de stupéfiants.

Les années 1930 furent ainsi marquées par les attentats à la dynamite et les assauts de la mafia. Ray démissionna dès , remplacé par le colonel Hu B. Myers, qui démissionna également en , étant remplacé par George Reyer. Celui-ci mit en place à partir de un système unidirectionnel de communications radiophoniques, allant du commissariat aux policiers.

Après la Seconde Guerre mondiale vignette|Crypte de la police du NOPD dans le . Hormis les victimes des émeutes de la White League de 1874, on recense 109 policiers morts en fonction entre 1856 et 2010, dont environ 70 tuésThe Officer Down Memorial Page. Après la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de la police (Police Board) fut abrogé, ses fonctions étant transférées au maire. En 1947, une unité d'urgence fut créée, qui deviendra la . Un Bureau d'enquête fut créé en 1947, avec trois policiers spécifiquement chargés d'enquêter sur des policiers mis en cause. Les fichiers de la police furent aussi coordonnés au niveau national, à partir de 1967, avec le (NCIC). Le chef de la police Giarrusso institua également un département chargé de la communication publique en , afin d'améliorer l'image de la police alors que le mouvement des droits civiques prenait une ampleur importante.

Diverses unités spécialisées furent créées sous Clarence B. Giarrusso, le frère du précédent chef de la police, nommé chef de la police par le maire Moon Landrieu : l'Urban Squad, chargée des quartiers populaires; la Felony Action Squad, chargée des braquages et vols à main armée; l'Alcohol Safety Action Division, chargée de la sécurité routière et de la prévention de l'alcoolisme. En , Giarruso devint l'un des 21 hauts responsables de la police des différentes forces américaines à avoir suivi le programme d'entraînement pour les cadres de la FBI Academy de Quantico.

Entre le et le , plusieurs officiers de police furent tués lors d'affrontements avec . Ancien de la US Navy où il s'était plaint de racisme, puis de la section new-yorkaise des Black Panthers, ce dernier initia une série de meurtres à partir de la fin 1972 tirant sur des policiers; le premier visa un policier noir. En tout, il tua 9 personnes, dont 5 policiers. Essex est mentionné dans la reprise d' par Gil Scott Heron (célèbre pour sa chanson-poème, The Revolution Will Not Be Televised). Ces événements furent commémorés par la police le .

En 1978, lorsqu' devint maire, il nomma un panel de citoyens chargé d'interroger les candidats à la superintendance de la NOPD. C'est l'ancien commissaire de Birmingham (Alabama), James C. Parson, qui obtint le poste. Dès 1979, il fut confronté à la colère des policiers en raison d'un programme de restrictions budgétaires. Ayant mis fin à celle-ci par la négociation, il dut démissionner en après le décès de l'officier Gregory Neupert, étant remplacé par intérim par Henry M. Morris.

vignette|Police montée lors du Mardi gras de 1984.