Les pélargoniums désignent dans la langue commune, les espèces du genre botanique Pelargonium de la famille des Geraniaceae. Les espèces sauvages sont des plantes herbacées, des arbrisseaux, ou des plantes à tubercules (géophytes), aux feuilles alternes et aux fleurs groupées en pseudo-ombelles, majoritairement originaires d'Afrique australe.
Les pélargoniums sont comestibles. Les feuilles sont utilisées pour parfumer des salades, des soupes, des plats de fruits, des gelées, des sorbets, des glaces ou des gâteaux. Une infusion de feuilles est utilisée comme thé...
En horticulture, ces espèces sauvages et les lignées d'hybrides auxquelles elles ont donné naissance, sont généralement nommées (à tort....) dans la langue commune, géraniums (des fleuristes), depuis presque quatre sièclesla première occurrence en français de "géranium" date de 1545, Guillaume Guéroult L’Histoire des plantes mis en commentaires. Le terme qui s'appliquait d'abord aux espèces européennes fut ensuite utilisé pour les plantes de la famille des Géraniacées importées du Cap et cultivées en Hollande, en France (à partir de 1620) puis en Angleterre (exception faite des Pélargoniums des fleuristes ou Pelargonium ×domesticum). Le nom vernaculaire « pélargonium » dont la première occurrence en françaisLes Petits bourgeois, Honoré de Balzac, 1855, (wikisource) « les horticulteurs s’adonnent aux roses, aux dahlias, aux œillets, aux pélargoniums...», cf. cnrtl. Cuvier (et d'autres botanistes contemporains) avait en 1825, proposé de franciser le terme en « pélargone » (Dictionnaire des sciences naturelles) ; Charles d' Orbigny avait lui adopté « pélargonier » (Dictionnaire universel...1847) date de 1855, a toujours du mal à supplanter cette ancienne appellation.
Actuellement, 280 espèces de Pelargonium sauvages ont été répertoriées, en grande majorité (à ) en Afrique du Sud.
Étymologie Le terme de latin scientifique Pelargonium dérive du grec , désignant la cigogneLe mot est formé du radical , « sombre, noir », et de , « brillant, blanc », l'oiseau étant noir et blanc, la forme du fruit du végétal évoquant le bec de l'échassierCNRTL.
Il convient de bien distinguer les noms en latin botanique, écrit en italique, comme Pelargonium, des noms vernaculaires, sans italique, comme « pélargonium » du français commun. Les termes scientifiques évoluent de manière très différente des termes de la langue commune.
Histoire La découverte des Pelargonium par les naturalistes européens est très liée à l'histoire des grandes découvertes qui virent les Européens, à partir du , se lancer dans l'exploration intensive de notre planète. La colonie du Cap (située en Afrique du Sud) sur la route des épices, fut établie en 1691 par les Néerlandais puis passa sous pavillon britannique en 1806.
Avant Linné
Le premier Geranium Africanum (actuellement connu sous le nom de Pelargonium triste L.) à être introduit en Europe, fut probablement découvert par des apothicaires accompagnant les garnisons hollandaises au Cap. Ses grosses racines tubéreuses qui étaient utilisées localement contre la dysenterie lui permirent de mieux survivre au long voyage vers l'Europe où il fut cultivé au début du .
La première culture connue est celle d'un jardinier parisien, nommé René Morin, dont le catalogueRené Morin, « Catalogus plantarum horti Renati Morini », Paris, 1621, in 4 de plantes comportait des Geranium Indicum odoratum flore maculato depuis 1621. Le qualificatif Indicum venait du fait que les spécimens avaient été ramenés sur des navires en provenance d'Inde (et faisant escale au Cap). Morin était spécialisé dans la culture des bulbes, en particulier des tulipes qu'il faisait venir de Hollande.. Il est donc probable qu'il ait aussi obtenu son Geranium Indicum de ce pays.
On apprend aussi par l'intermédiaire de l'apothicaire et botaniste britannique, Thomas Johnson que le Geranium Indicum fut importé de France en Angleterre par le jardinier John Tradescant. (comme indiqué dans l'édition révisée de The Herball or General Historie of Plants). Ce dernier, grand collectionneur de plantes rares, l'avait fait venir de chez le « fleuriste » (pépiniériste) René Morin qui le cultivait depuis un certain temps dans son jardin du faubourg Saint-Germain. Johnson aurait vu ce Geranium Indicum fleurir pour la première fois en Angleterre en chez Tradescant. Il indiquait en outre qu'il dégageait un parfum suave et musqué la nuit.
En 1635, le médecin botaniste français Jacques Philippe Cornut, lui aussi client des pépinières Morin, décrivit précisément en latin et illustra la plante sous le nom de Geranium Tristeun siècle avant les dénominations binomiales de Linné (Spec. Plant., 1735), c'est pourquoi d'ailleurs Linné gardera ce nom dans son ouvrage de 1635, Canadensium plantarum.
Les premières descriptions botaniques de plusieurs espèces sud-africaines sont dues à Paul Hermann, un botaniste et médecin néerlandais d'origine allemande. Il fut envoyé en 1672 par la V.O.C. à Ceylan et lors de l'escale au Cap, il constitua le premier herbier connu des plantes sud-africaines.. En explorant les affleurements sableux de la Montagne de la Table, il trouva un arbrisseau de de haut aux fleurs roses, qui est actuellement connu sous le nom de Pelargonium cucullatum. Il ne pouvait pas imaginer que cette plante deviendrait l'ancêtre du groupe Regal des superbes géraniums à grandes fleurs des fleuristes.
Hermann retourna par la suite à Leyde en 1680 où il venait d'être nommé professeur de botanique et directeur du Jardin botanique de l'Université de Leyde. Dans sa première publication Horti academici Lugduno-Batavi catalogus. 1687, il donne la description et l'illustration de plantes cultivées de ce Jardin botanique. On y trouve décrites 34 plantes du Cap dont de 9 Geranium Africanum, avec des dénominations latines prélinéennes complexes. Ces Géraniacées seront classées plus tard dans le genre Geranium par Linné puis dans le genre Pelargonium par L'Héritier. Ce furent les premières descriptions de ce qui sera nommé plus tard « Pelargonium ».
La construction d'une première serre au Jardin botanique de Leyde permit de conserver deux Geranium Africanum importants du Cap : le premier Pelargonium zonale (illustré par Jan Moninckx en 1690) et le Pelargonium peltatum ou géranium à feuilles de lierre. Au nouveau Jardin botanique d'Amsterdam, Jan Commelijn reçut aussi des spécimens et identifia une ou deux nouvelles espèces. Ainsi, au début du , les ancêtres des trois principaux groupes des géraniums horticoles modernes, le Zonal, le Géranium-lierre, et le Regal, étaient arrivés en Hollande.
Les échanges de plantes entre l'Angleterre et la Hollande étaient fréquents et vers 1700, on commença à cultiver les Geranium Africanum dans les jardins anglais. Durant les années suivantes, l'exploration de l'Afrique du Sud conduisit à la découverte de nouvelles espèces qui furent ensuite introduites en Europe. En 1772, un jeune collecteur des jardins de Kew, Francis Masson, fut envoyé au Cap pour inventorier la flore locale. Il fut responsable pendant 20 ans, de l'introduction de 102 nouvelles espèces de pélargoniums.
Lorsque Linné fait la synthèse des travaux de botanique de son temps (dans Species plantarum, 1735), il rassemble sous le genre de Geranium, 39 espèces différentes qu'il inclut dans la classe des Monadelphia-Decandria (étamines soudées par leur filet, 10 étamines). Toutes ont en commun leur capsule allongée en forme de bec de cigogne, composée de cinq loges unitaires contenant chacune une graine. Linné subdivise le genre Geranium en 3 sous-classes : la classe « à 7 étamines fertiles » rassemble 20 espèces africaines (comme Geranium triste) la classe « à 5 étamines fertiles » rassemble 3 espèces (comme Geranium cicutarium) la classe « à 10 étamines fertiles » rassemble 15 espèces pour la plupart européennes (comme Geranium robertianum). Le nom vulgaire « geranium » (à l'époque sans accent), qui reflétait prudemment les connaissances scientifiques de l'époque, s'employait donc légitimement pour désigner les géraniums sauvages d'Europe, mais aussi les géraniums introduits en nombre de plus en plus grand d'Afrique du Sud (voir l'histoire de la terminologie dans Geraniaceae). En français, comme en anglais, la langue commune a gardé le nom vulgaire de « géranium » jusqu'à l'époque contemporaine pour désigner ces géraniacées sud-africaines alors que la nomenclature botanique toujours en évolution, avait du mal à faire l'unanimité de la communauté des botanistes sur la dénomination correcte.
Les aléas historiques de la nomenclature après Linné L'origine du terme Pelargonium, utilisé actuellement pour désigner ces plantes, remonte à Dillenius, un botaniste d'origine allemande qui travailla en Grande-Bretagne. En 1732, il suggéra que les espèces de Geranium Africanum avec des fleurs irrégulières et des pétales de taille inégale puissent être appelées Pelargonium, terme formé sur le modèle de Geranium, mais à partir de pelargós (πελαργός) « cigogne ». Il ne fit toutefois pas usage de son néologisme. Quelques années plus tard, Johannes Burman d'Amsterdam, en 1738, fit un usage marginal du terme pour quelques espèces. Et 1753, quand Linné dans son œuvre fondatrice de la nomenclature binomiale, Species Plantarum, traite des géraniums européens et africains, il n'utilise que le genre Geranium.
À la veille de la Révolution de 1789, le magistrat et botaniste parisien, Charles L'Héritier, se trouvait à Londres où il put avoir accès pendant un an à l'herbier de Banks sur les géraniums africains. Il y travailla à un grand texte inachevé, intitulé Geraniologia., illustré par plusieurs peintres et graveurs dont Pierre-Joseph Redouté, dans lequel il proposait de séparer le genre Geranium de Linné en trois genres : deux nouveaux genres, appelés Pelargonium et Erodium et le reliquat de l'ancien genre. Le premier regroupant les espèces possédant une corolle irrégulière (zygomorphe) et le second regroupant les espèces dont les filets des capsules sont barbus et en spirale. Restaient sous le genre Geranium, les espèces à corolle régulière (actinomorphe).
Pris dans le maelstrom de la Révolution, L'Héritier partisan d'une monarchie constitutionnelle, délaissa momentanément l'étude des plantes pour se lancer dans l'action politique qui allait donner les principes fondateurs des institutions politiques modernes de l'Europe. Il participa aux réformes, conduisit un bataillon de gardes nationaux et devint juge d'un tribunal révolutionnaireL'Héritier. Son travail botanique inachevé ne fut pas publiéune partie des manuscrits sont au Conservatoire Botanique de Genève, cf. ch. Augustin Pyrame de Candolle racheta son herbier de . Ses idées botaniques furent reprises ici et là par quelques auteurs. Ainsi, à Londres, William Aiton recopia un manuscrit inédit de L'Héritier, intitulé Compendium Generalogium pour rédiger le catalogue de plantes des Jardins de Kew, Hortus Kewensis (1789). Aiton adopta les genres, Erodium et Pelargonium, mais garda la classe linnéenne de Monadelphia-Heptandria. La proposition de L'Héritier ne fut largement acceptée qu'au siècle suivant grâce aux travaux de Carl Ludwig Willdenow et d'Augustin Pyrame de Candolle (cf Classification de Candolle mise en pratique dans Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis édition 1824-1873, voir Gallica Prodomus). William Henry Harvey, colonial Treasurer au Cap, publie en 1860 Flora Capensis, ouvrage dans lequel il sépare les Pelargonium en 15 sections, dont beaucoup sont des fusions des sections proposées par de Candolle.
Description Les espèces du genre Pelargonium sont des arbustes, arbrisseaux, plantes herbacées ou géophytes à racines tubéreuses. Les tiges sont herbacées, subsucculentes, succulentes ou ligneuses.
Les feuilles sont alternes, entières ou composées. thumb|upright=0.8|Inflorescence de pélargonium