La Soupe aux choux est un film français réalisé par Jean Girault, sorti en 1981.

Comédie associée à de la science-fiction, adaptation du roman du même nom de René Fallet paru en 1980, le film rassemble les acteurs Louis de Funès (dont c'est l'avant-dernier film), Jean Carmet et Jacques Villeret.

À sa sortie, le film est un succès commercial modéré — en comparaison avec les succès habituels de Louis de Funès. Il reçoit des critiques très négatives, étant souvent qualifié de navet. Cependant, il est considéré comme un film culte par un certain public et réalisa de bonnes audiences à la télévision.

Synopsis Deux septuagénaires qui sont amis de longue date et indispensables l'un à l’autre habitent un hameau isolé sur un plateau entouré de champs et de bois lointains. Claude Ratinier, dit , est un sabotier veuf. Francis Chérasse, dit (il est bossu), est un puisatier célibataire à la retraite. Aucun n'a d'enfants.

Ils sont les derniers habitants du lieu-dit les Gourdiflots situé dans le Bourbonnais. Ils sont très à l'écart de la vie moderne. Leurs deux maisons sont des bâtisses agricoles anciennes en partie en ruine. Négligeant les conseils du docteur, qui les prend pour des fous, chacun consomme quotidiennement cinq à six litres de pinard, et du perniflard.

Le Glaude se rend souvent au cimetière de la commune pour déposer des fleurs sur la tombe de sa compagne et lui décrire les actions de la semaine passée. Il est profondément triste devant la stèle, presque gauche ; et n'ose pas rester ni lui parler longtemps.

vignette|redresse|gauche|Réplique du costume de La Denrée lors de l'exposition sur Louis de Funès à la Cinémathèque, en 2020.

Un beau soir, face aux étoiles, les deux compères font un concours de pets qui déchaine des éclairs. La nuit tombée, alors que les habitants sont au lit, un extraterrestre venu (on le saura plus tard) débarque alors en soucoupe volante dans le jardin.

L'intense luminosité de l'engin réveille le Glaude en toute hâte, lui qui n'a ni rideaux ni volets fermés sur ses fenêtres. L'être d'un autre monde s'est rendu à la porte d'entrée du Glaude et c'est avec un fusil de chasse que l'humain le reçoit. Pour autant, l'extra-terrestre est calme, n'apparaît pas hostile et cherche aussi à communiquer. Il a donc permission de rentrer dans la maison.

Le Bombé, sorti à ce moment-là pour uriner dehors, voit la soucoupe volante garée sur l'herbe et se met à courir en hurlant pour prévenir le Glaude de cette anomalie. L'extraterrestre qui entend les hurlements se trouvait près de la porte d'entrée. Il sort de suite et fige l'importun d'un coup de rayon lumineux. Le Glaude s'alarme de l'immobilité de son ami. Lui tournant autour, il constate cependant que le Bombé est toujours vivant car même s'il est figé comme mort, il ronfle. Le Bombé est muet, avec la bouche et les yeux grands ouverts et figé sur une jambe.

Tant par la voix que par les gestes, le Glaude parle alors au , qu'il baptise . Celui ci répond par ce qui ressemble vocalement à des gloussements de dindon et aussi par des gestes des mains.

vignette|alt=Photo de choux cabus.|Le Glaude prépare sa soupe avec des choux cabus bacalan hâtif.

Comprenant que l'être devant lui a faim, le Glaude fait preuve d'un sens de l'hospitalité honorable, il partage alors amicalement sa soupe aux choux qui mitonne dans une soupière. La Denrée va apprendre à utiliser des couverts et un bol en imitant le septuagénaire. L'extra-terrestre, ravi, parvient à se faire comprendre pour en obtenir davantage et il en emporte sur sa planète dans un pot à lait. Le visiteur envolé, le Bombé recouvre sa mobilité et continue son chemin comme si le temps ne s'était pas figé pour lui. Il raconte au Glaude qu'il a vu une soucoupe volante, mais ce dernier lui ment et prétend qu'il n'y a jamais rien eu.

Une dame du voisinage vient déclarer le lendemain à la gendarmerie du village qu'elle a vu une soucoupe volante durant la nuit, mais son frère téléphone discrètement au gendarme au même moment et la présente , tant ivre que foldingue. Le Bombé, venu au poste déclarer la même chose, se fait gausser et la confrontation est peu plaisante car il se fait illico mettre dehors et devient la risée du village. Lui qui est connu pour être enclin à la boisson, personne ne le croit sur parole.

Il ment au Glaude en prétendant avoir été battu et vouloir mourir. Le Glaude, pas dupe, le prend au mot, fixe une corde et l'invite à se pendre avec raillerie. Le Bombé s'exécute un peu plus tard, mais se rate et heurte durement le sol, son ami ayant en douce tranché une partie de la corde avec son canif.

Avec le même procédé de pets aux étoiles, le Glaude plus tard la Denrée qui revient ; la soucoupe est cachée dans la grange du Glaude et un coup de rayon lumineux à travers la porte du Bombé empêchera toute nouvelle arrivée bruyante de ce dernier. Parlant dorénavant de manière compréhensible, dans un français teinté du patois local, l'être d'un autre monde lui déclare que cette soupe intéresse particulièrement sa planète aseptisée. La Denrée apprend du Glaude la notion de , une perception qui n'existe pas pour les siens. Il aperçoit aussi sur un mur la photo des noces des Ratinier. Surpris de ne pas voir la seconde personne sur la photo, l'extra-terrestre apprend de l'humain que l'épouse est morte il y a dix ans de cela. La Denrée explique que les êtres de la planète Oxo ne conçoivent pas la notion de mort ; les leurs ont des capacités de régénérescence avancée qui leur permettent de vivre deux cents ans de manière cyclique, reprenant vie continuellement (par clonage ou en étant ressuscité, cela n'est pas précisé clairement).

En supplément de la soupe, l'extraterrestre emporte avec lui, confiés amicalement par le Glaude, un louis d'or, ainsi qu'une partie d'une mèche de cheveux de la Francine emportée par le veuf juste avant la fermeture du cercueil.

La revient à la gendarmerie le lendemain. L'officier ne cherche pas même pas à l'écouter à nouveau et se remplace par son effigie oscillante en carton (ce qui n'empêche pas la dame, qui ne fait visiblement pas la différence, de continuer à raconter au carton le deuxième passage de la soucoupe).

Un autre appareil extraterrestre atterrit de nuit. Il est bien plus massif que celui de la Denrée. Quatre êtres masqués de noir déposent un linceul blanc au sol. Une jeune femme se réveille et se lève : c'est Francine, l'épouse du Glaude, ressuscitée par les OxiensOu peut-être clonée à partir de la mèche de cheveux confiée à la Denrée.. Elle a conservé ses souvenirs complets et elle est belle comme à ses vingt ans.

Elle frappe à la porte et le Glaude, stupéfait et heureux, la redécouvre vivante avec une très grande émotion. Francine n'a pas conscience du changement de son âge et elle va s'évanouir de se voir jeune dans le miroir. Spontanément, avec cet écart, elle commence à établir une distance avec son mari septuagénaire : elle lui assène aussi qu'à force de travailler, elle n'a pas vu passer sa première vie ; et qu'ayant la chance d'en avoir une deuxième, elle veut en profiter.

Elle exige de l'argent et va faire des courses au village vêtue comme avant guerre. En chemin, elle est prise en stop par une jeune fille, Catherine Lamouette, qui l'affranchit sur les temps présents. Francine s'habille à la mode de son âge apparent (pantalon ajusté et tee shirt moulant). Elle a une certaine force de caractère. Sa fraîcheur d'esprit éblouit les garçons. Elle a un coup de foudre pour un jeune motard et cette attraction apparaît réciproque.

Revenant chez le Glaude, elle le scandalise par sa nouvelle tenue, ne lui rend pas la monnaie et le choque en prenant un bain de soleil. Le Glaude, furieux, lui enjoint de repartir dans sa tombe. Francine, en colère, se venge en lui révélant qu'elle l'a trompé avec le Bombé pendant qu'il était prisonnier de guerre, quarante ans auparavant. Mais elle se radoucit et lui dit que la faute est prescrite : . Pour autant le compagnon irradie de fureur et lui fait comprendre qu'il ne lui pardonne pas.

Le Glaude sait maintenant son infortune. Il saisit son fusil de chasse et court chez le Bombé qui est alité avec un bol de pinard. Le Glaude tire juste à côté du lit. Le liquide rouge arrosant le crâne du Bombé le fait paraître ensanglanté ; il avoue la tromperie, et demande théâtralement à être exécuté. Le Glaude change d'avis et lui pardonne avec la même phrase prononcée par Francine, et les deux amis trinquent.

Francine passe en coup de vent, venue sur la moto de son petit ami, pressé et indifférent au Glaude. Elle lui annonce partir à Paris. Le Glaude se résout à l'inévitable départ et s'en retourne effondré, sans montrer à sa compagne le chagrin intense de la (re)voir partir. Il a conscience que la différence d'âge les a séparés, surtout qu'ils n'ont pas pu mettre à plat leurs différends, chacun restant sur ses positions, ne se comprenant plus.

La Denrée est monté en grade grâce à la soupe. Il revient spontanément chez le Glaude. Sur sa planète on a appelé sa soupe aux choux et elle leur a appris la joie. Il invite le Glaude à partir avec lui sur Oxo, vivre jusqu'à 200 ans en bonne santé, et d'emmener avec lui le Bombé, le chat et tout le nécessaire. Le Glaude refuse. Il s'en offusque et prend même violemment la Denrée à partie, mais la tension retombe et ils scellent leur amitié.

Les extraterrestres de la planète Oxo sont passés maitre dans le travail du métal et le louis d'or originel a été dupliqué par milliers. Le Glaude reçoit donc une fortune. Avant de partir, l'extraterrestre lui laisse un poste émetteur lié sur ses ondes personnelles, pour renouer le contact s'il le désire (sans avoir a faire à nouveau un concours de pets).

Pendant ce temps, le maire, qui est une brute épaisse éprise « d'expansion économique », annonce un programme immobilier d'envergure à ses administrés. Le hameau des Gourdiflots subit bientôt la construction d'un lotissement. Cela pourrit la vie du Glaude et du Bombé. Le maire vient faire part aux deux paysans de la suite des travaux : la création d'un parc de loisirs, accompagnant la ville nouvelle à la place de leurs propriétés, ce qui lui vaut d'être expulsé manu militari sous la menace du fusil du Bombé. Furieux, le maire les nargue, fait entourer les demeures des deux amis de clôtures et du parc d'attractions. L'urbanisation est vite menée en quelques mois et les visiteurs venant les voir en se moquant d'eux, les harcèlent, les insultent et leur jettent des cacahuètes, les contraignant à se cloîtrer chez eux.

vignette|Réplique de la soucoupe volante de la Denrée, exposée au musée Louis-de-Funès.

Le Glaude demande alors au Bombé s'il voudrait partir avec lui sur une autre planète, et celui-ci ne croyant même pas cela possible n'accepte que par désespoir. Le Glaude appelle la Denrée qui viendra les chercher à minuit. Entretemps, il passe à la poste envoyer un recommandé à Francine, qui alors travaille péniblement comme serveuse dans un restaurant. Elle y reçoit le colis contenant la fortune en louis d'or apportée par la Denrée. La boîte est accompagnée par une lettre touchante du Glaude lui annonçant qu'il part là où il n'aura pas besoin de ces sous et lui enjoint de les placer à la Caisse d'Epargne. Il lui conseille également de se méfier des hommes, qui tous ne lui ressemblent guère, et lui souhaite infiniment d'être heureuse. Francine, émue par cette preuve d'amour du Glaude, et percevant cela comme un adieu, en pleure.

Le soir, la Denrée revient dans sa soucoupe volante chercher les deux amis et le chat, tandis qu'un autre vaisseau, gigantesque, soulève et emporte les deux maisons. Le Glaude et le Bombé retrouveront ainsi sur Oxo leur univers coutumier. Ils partent en une route joyeuse et arrosée pour vivre heureux sur cet autre monde qui les accepte en amis.

Fiche technique